Réseau Voltaire
Rwanda : la France complice de génocide
21 articles
 
11 janvier 1995
Enterrement sans fanfare pour un « Appel » qui dérange
L’Appel Rwanda a été lancé fin août 1994, alors que l’opération "humanitaire" de la France faisait encore la « une » des médias. Malgré - ou à cause ? - ses prises de position virulentes contre cette opération et contre la manière dont les médias en rendaient compte, cet Appel a recueilli de nombreuses signatures, dont celles de plusieurs personnalités (Pierre Bourdieu, Didier Daeninckx, René Dumont, Mgr Gaillot, Albert Jacquard, Renaud, etc.).
Avant le Sommet franco-africain de Biarritz de novembre, l’Appel fut envoyé, accompagné de la liste des signataires, à plus de quarante médias, pour qu’ils en informent leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs.
Début décembre, voulant mesurer l’écho rencontré par leur Appel dans les rédactions, ses initiateurs leur ont demandé, par lettre, s’ils en avaient pu en rendre compte. A ce jour, le bilan est le suivant : La Croix et Le Soir (Bruxelles) ont signalé qu’ils l’avaient bien reçu, Le Canard enchaîné (...)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Radio Paris ment
Entretien avec Jean-Pierre Chrétien
par Mehdi Ba
20 septembre 1995
Les situations rwandaise et burundaise exigeraient « une grande rigueur dans l’information et l’identification précise des faits et des acteurs, sans tomber dans les clichés ethniques qui ont été les vecteurs du génocide », affirme Jean-Pierre Chrétien, collaborateur éminent du Centre de recherches africaines, mais aussi fidèle auditeur de Radio France Internationale (RFI). Il déplore « subir depuis des mois le contraire dans les propos du correspondant de RFI, comme dans ses écrits au Monde : simplification ethnique incessante, parti pris pro-hutu (au sens de favorable aux thèses hutuistes), même si tout cela est habilement mis dans la bouche "d’observateurs" ou de "diplomates" ou de Dupont quelconques rencontrés sur la route ou dans les hôtels ».
 
 
 
22 octobre 1995
Dans notre précédent numéro, une interview de Jean-Pierre Chrétien, directeur de recherches au CNRS, abordait la question du traitement par les médias français du génocide rwandais. Des notes venaient compléter les propos que nous avions recueillis. Ces notes étaient identifiées explicitement comme émanant de la rédaction. Toutefois, l’une d’entre elle, fortement polémique, a pu laisser croire que M. Chrétien l’avait inspirée ou y avait souscrit : la note affirmait que « les mauvaises langues (nombreuses à la rédaction de Maintenant) ont dans l’idée que Stephen Smith (journaliste à Libération) bénéficie de contacts trop étroits avec les services spéciaux français", desquels il pourrait percevoir "une quelconque compensation (un salaire ?!) ».
C’est bien volontiers que nous précisons ici que cette hypothèse inquiétante ne nous a pas été soufflée, et que notre entretien avec Jean-Pierre Chrétien ne visait pas à obtenir confirmation de nos suspicions en la matière. Le contenu de cette note ne devait rien à des (...)
 
 
 
20 mars 1996
A force de pousser le bouchon trop loin, le journaliste Stephen Smith finira bien par se griller. Le 27 février dernier, son quotidien, Libération, se fendait de quatre pages (plus la couverture) 100% « smithiennes » pour révéler à ses lecteurs que le FPR (décrit comme une dictature tutsie martyrisant le Rwanda depuis un an et demi) se serait livré au massacre délibéré de « plus de 100 000 Hutus ».
De semblables rumeurs courent depuis des mois qui sont lourdes de conséquences : discréditer coûte que coûte l’actuel gouvernement rwandais et suggérer sa mise sous tutelle internationale ; dissuader les réfugiés de rentrer dans leur pays, où un « deuxième génocide » (celui des Hutus « exterminés » par le FPR et son armée) aurait démarré simultanément au « premier » et se poursuivrait toujours ; imposer les « représentants » de ces réfugiés (les massacreurs d’hier) comme interlocuteurs pour un partage du pouvoir...
Autant d’objectifs que ne désavoueraient pas les « exilés » de la « Troisième voie » rwandaise. Ni les (...)