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Fil diplomatique
Documents diplomatiques, discours et communiqués officiels
 
Berne (Suisse) | 9 avril 2003
Le Conseil fédéral suisse a attendu la chute de Bagdad pour répondre à un fax du département d’État adressé le premier jour des hostilités contre l’Irak. Les États-Unis souhaitaient bloquer les avoirs en Suisse de l’État irakien. Il semble en effet que le gouvernement irakien ait transféré d’importantes réserves d’or, au début de l’année 2003, en vue de financer de l’extérieur une longue guérilla contre les forces de la Coalition. La Confédération helvétique, qui se considère comme neutre dans ce conflit, a déjà refusé le survol de son territoire par les avions de la Coalition (excepté les vols humanitaires) et l’expulsion des diplomates irakiens (suspectés d’utiliser ces avoirs pour acheter des armes). Persévérant dans la même ligne, elle répond au département d’État que, au regard de son droit interne, le blocage et le déblocage de fonds ne sont décidés qu’en application d’une résolution de (...)
 
 
 
 
 
8 avril 2003
En recevant le président George W. Bush à Belfast, le Premier ministre Tony Blair entendait montrer aux Britanniques qu’il n’était pas le valet des États-Unis, mais un partenaire traitant d’égal à égal. Cependant, le sommet a échoué à définir clairement le futur de l’Irak. Le " rôle fondamental " reconnu à l’ONU se limite en fait au déploiement des agences humanitaires. Le gouvernement de l’Irak échoit dans l’immédiat aux États-Unis seuls. Il devrait céder la place, dans un second temps, à un gouvernement provisoire composé d’Irakiens cooptés par les vainqueurs. Puis, à terme, des institutions élues seraient établies. Aucun calendrier n’ayant été fixé, le pouvoir est confisqué par Washington et Londres est privé du bénéfice de sa collaboration militaire. Le seul point que Tony Blair ait obtenu est de confirmer l’intégrité territoriale de l’Irak, qui avait déjà été actée au sommet des Açores, mais qui était remise en cause par la forte participation kurde aux opérations (...)