Depuis deux ans, nous vivons en Occident dans le mythe selon lequel nous allons mettre la Russie à genoux et faire entrer l’Ukraine dans l’Union européenne et l’Alliance atlantique. Nous allons juger Vladimir Poutine et faire payer la Russie. Aujourd’hui, ce mythe se heurte à la réalité : Moscou dispose désormais d’armes dévastatrices, sans équivalent en Occident. Elles rendent tout espoir de victoire de nos coalitions impossible. Nous allons devoir reconnaître notre méprise. Il ne s’agit pas de nous excuser pour nos erreurs, mais de nous en libérer.
Il ne faut pas s’étonner que la Russie ait dépensé tant d’argent pour miniaturiser des centrales nucléaire et en doter ses vecteurs : missiles 9M730 Bourevestnik et torpilles Status-6 Poseïdon. Les États-Unis dispersent leur technologie nucléaire en dotant l’Australie et la Corée du Sud de sous-marins à propulsion nucléaire, et en autorisant des missiles à longue portée pour l’Ukraine. Mais à ce jeu là, le Pentagone est techniquement dépassé.
D’un coup, la Russie a prit le dessus : elle disposait déjà d’armes très sophistiquées en avance sur ses rivaux, mais commençait juste à les produire en série. Maintenant, elle a des lanceurs à propulsion nucléaire, que ce soient des missiles (entrés en service, le 26 octobre) ou des torpilles (entrées en service, le 29 octobre). Ils sont déjà opérationnels. L’équilibre du monde a changé : la Chine est devenue le première puissance économique, la Russie est devenue la première puissance militaire. Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. L’Occident n’a plus la capacité d’imposer sa volonté.
Pendant que la propagande des États profonds convainc les opinions publiques que la Russie est mauvaise, on prépare sous nos yeux les armées à la guerre. Le chef d’état-major de l’armée de Terre française, le général Pierre Schill vient d’annoncer à l’Assemblée nationale qu’il prépare la prochaine guerre contre la Russie. Tandis que le vice-Premier ministre polonais a annoncé qu’il allait intercepter l’avion présidentiel de Vladimir Poutine. Seul contre tous ses alliés, Donald Trump tente de préserver la paix mondiale.
Infographie NR
Les dirigeants états-uniens poussent le président Donald Trump a revenir à la politique d’Hillary Clinton de division de la Russie et de la Chine. Mais celle-ci s’est forgée avec la guerre en Ukraine et se poursuit malgré les sanctions états-uniennes contre les puissances achetant des hydrocarbures russes. Certes la politique de Richard Nixon contre l’alliance Mao-Khrouchtchev avait été fructueuse pour Washington mais, se souvenant de leur histoire, Beijing et Moscou ont compris que, divisés, ils seraient inévitablement mangés, l’un après l’autre, par les Occidentaux.
Après que Radosław Sikorski, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères polonais, ait déclaré que son pays pourrait intercepter l’avion de Vladimir Poutine par ce qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), la Russie a préféré reporter le sommet des chefs d’États russe et états-unien prévu en Hongrie.
Nous reproduisons le texte de l’intervention de Thierry Meyssan à Magdebourg (Allemagne), lors de la conférence organisée par le magazine Compact, « Amitié avec la Russie » , le 4 novembre 2023. Il y explique ce qui constitue, selon lui, la différence fondamentale entre les deux conceptions de l’ordre du monde qui s’affrontent aujourd’hui du Donbass à Gaza : celle du bloc occidental et celle à laquelle se réfère le reste du monde. Il ne s’agit pas de savoir si cet ordre doit être dominé par une puissance (unipolaire) ou par un groupe de puissances (multipolaire), mais s’il doit être, ou non, respectueux de la souveraineté de chacun. L’auteur s’appuie sur l’histoire du Droit international, tel que le Tsar Nicolas II et le Prix Nobel de la Paix Léon Bourgeois l’ont conçu.
En contestant la version officielle des attentats du 11-Septembre, Thierry Meyssan a ouvert un débat mondial. Mais l’essentiel de son livre sur le sujet était une étude de sciences politiques pronostiquant l’évolution que suivraient les États-Unis après ces crimes. Le problème n’est pas de savoir comment les attentats ont été commis, mais pourquoi ce jour-là, les États-Unis ont réagi en violant leur propre Constitution, pourquoi ils ont appliqué dans les jours suivants de très profondes réformes de leurs institutions qui ont changé leur nature. Thierry Meyssan avait pronostiqué la transformation de l’Empire américain que nous constatons avec la planification de la chute de Kaboul. Tout ce qu’il avait annoncé a été confirmé au cours des vingt dernières années.