Le mois dernier, le gouvernement suisse a invité des personnalités du monde entier à célébrer l’Accord de Genève, un plan de paix israélo-palestinien qui prévoit une séparation des deux États, le partage de Jérusalem, l’abandon de certaines colonies et la renonciation au droit au retour à leur foyer pour les réfugiés palestiniens.
Ce texte a été présenté comme une source de grand espoir et la preuve qu’il y avait des partenaires pour la paix. Pourtant, c’est le désespoir qu’il entraîne chez une majorité de Palestiniens car il démontre une réelle incompréhension du fondement de leur lutte pour leur liberté et leur droit : la reconnaissance du droit à leur foyer. Ce texte par conséquent, loin de combattre l’idéologie d’Ariel Sharon, la reconnaît.
La rencontre de Camp David entre Bill Clinton, Ehud Barak et Yasser Arafat avait déjà échoué sur cette question. La gauche israélienne n’a jamais voulu reconnaître ce principe et face au refus d’Arafat de l’abandonner, elle a commencé à le présenter comme un terroriste. En abandonnant le droit au retour, les négociateurs cèdent à l’ultimatum israélien et perdent toute chance de pouvoir réellement représenter les Palestiniens qui refusent dans leur grande majorité qu’il soit abandonné sous la pression.

Source
The Guardian (Royaume-Uni)

« The hope of Shatila », par Karma Nabulsi, The Guardian, 8 janvier 2004.