L’assemblée générale de l’ONU a saisi la Cour de justice sur un sujet brûlant en lui demandant son opinion sur la barrière de sécurité d’Israël. Pour les Anglo-Américains et les autres puissances clé, la barrière n’est ni unique, ni illégale. Le gouvernement britannique a construit des barrières similaires en Irlande du Nord entre les communautés et la plupart sont encore en place et, à Bagdad, la Coalition dirigée par les États-Unis a fortifié tout un quartier. Ces pays ne doivent pas rester neutres car si la barrière était déclarée illégale par la Cour, cela empêcherait les nations démocratiques de gérer leurs problèmes de sécurité.
Pour Israël, cette barrière doit diminuer le nombre d’attentats suicide dans le pays et éviter de mener de nouvelles incursions en Cisjordanie. Les Palestiniens et les opposants à Israël présentent la construction de la barrière comme une annexion territoriale, même l’administration Bush l’a qualifiée de « problème ». En réalité, seuls huit kilomètres sur les 180 forment un mur, le reste n’est composé que d’une clôture, facile à construire, facile à démonter. Pourtant, les opposants, parmi lesquels on trouve Kofi Annan, affirment que la barrière pourrait nuire définitivement au processus de paix israélo-palestinien. Pour d’autres, comme Henry Kissinger, au contraire, cette barrière, en limitant le nombre d’attaques, peut relancer le processus de paix.
Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’opinions politiques et il ne faut pas en faire un sujet juridique. Affirmer qu’un État vivant quotidiennement sous la menace d’attentats suicide n’a pas le droit de se défendre, même passivement en construisant une barrière, suggère que le vrai problème des opposants est l’existence d’Israël. Les opposants estiment que la barrière s’oppose à la convention de Genève de 1949, mais il faudrait qu’ils démontrent que cette barrière entraîne un « traitement inhumain » des Palestiniens.
S’ils veulent continuer à pouvoir se défendre, le Royaume-Uni, les États-Unis et les autres nations doivent soutenir la légalité de la barrière israélienne.

Source
International Herald Tribune (France)
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« In defense of the fence », par David B. Rivkin et Darin R. Bartram, International Herald Tribune, 19 janvier 2004.