Le docteur Brian Jones, qui travailla comme expert au ministère de la Défense britannique aux côtés du défunt David Kelly, s’étonne dans The Independent de la récente annonce du recrutement de 1 000 nouveaux agents par le MI5, le service de renseignement intérieur britannique. Pour lui, il ne peut s’agir que d’un aveu de l’échec de la politique de Tony Blair en matière de lutte contre le terrorisme puisqu’il s’agit d’une reconnaissance implicite de ce que les services ne sont pas efficaces en l’état ou que la guerre au terrorisme ne fait qu’accroître le risque d’attentat sur le sol britannique. On peut toutefois émettre une autre hypothèse : ce recrutement participe au virage autoritaire pris par la démocratie britannique et orchestré par David Blunkett. Cette tournure n’est pas le fait du seul Royaume-Uni et est directement liée à la coopération des polices européennes avec le FBI et aux pressions exercées par Washington depuis le 11 septembre. Le sociologue spécialiste de questions policières, Jean-Claude Paye, dresse le compte rendu des pertes de droits pour les citoyens européens qu’occasionne la collaboration en matière de terrorisme hors de tout contrôle démocratique. Comme nous l’avions écrit dans nos colonnes à propos de la loi Perben II, l’auteur arrive à la conclusion que ce qui semble être des modifications du droit dans un cadre strictement national est en réalité le fruit de négociations secrètes avec l’administration Bush.
Ce type d’échanges entraîne un péril pour les droits des justiciables et les libertés individuelles en Europe et s’accompagne d’une évolution des mentalités dans les administrations européennes qui rend plus difficile encore un retour en arrière. On le constate dans les propos tenus par Armand Laferrere, membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, dans le Jerusalem Post. Pour justifier la loi sur le port des signes religieux dans les écoles, il affirme qu’elle était indispensable pour contrer les fondamentalistes qui prennent le contrôle d’une communauté musulmane française qui ne s’intègre pas. La justification invoquant les principes de laïcité a totalement disparu au profit d’un discours faisant référence implicitement au « choc des civilisations ». Il importe d’observer qu’une règle non-écrite, strictement respectée, interdit aux conseillers des ministres français de prendre la parole dans la presse. M. Laferrere n’ayant pas été invité à démissionner, cette tribune dans la presse israélienne doit être comprise comme engageant M. Sarkozy [1]

Dans une interview au journal El Periodico, l’ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Barak, Shlomo Ben Ami revient sur le mur du gouvernement Sharon. Avec l’ambiguïté dont il est désormais coutumier, il apporte son soutien au mur tout en déplorant qu’il n’entre pas dans un accord de paix. Il demande à l’Europe de ne pas s’attaquer à Ariel Sharon, dont il est censé être un opposant, et réaffirme que le conflit est la faute des seuls Palestiniens qui refusent d’abandonner le terrorisme et le « droit au retour ».
Le collectif « Trop, c’est trop ! » prend l’exact contre pied des propos de Ben Ami dans Le Monde. Les intellectuels français condamnent fermement le mur israélien et apportent leur soutien critique à l’initiative de Genève. Ils demandent que la communauté internationale s’appuie sur le texte Beilin-Rabbo pour aller encore plus loin et susciter un traité de paix qui respectera les résolutions de l’ONU et les droits des Palestiniens.

Au lendemain de la démission du gouvernement russe, l’ancien diplomate Vladimir Fédorovski s’inquiète dans Le Figaro de la place importante de l’armée et des services de renseignement autour de Vladimir Poutine. Rappelant que le président russe a eu de nombreuses images publiques différentes par le passé, il s’interroge sur la tournure que prendra son prochain mandat présidentiel et l’autonomie dont il disposera.

Enfin, The Independent reproduit un discours de l’ancien chef des inspecteurs en désarmement en Irak, Hans Blix, à l’université d’Edimbourg. Ce dernier feint de croire que les services de renseignement nationaux ont fait simplement des erreurs en Irak. Il demande par conséquent un renforcement des pouvoirs des inspections internationales dans la lutte contre la prolifération.

[1] Interrogé par téléphone, le cabinet du ministre de l’Intérieur nous a déclaré ignorer la prise de position de M. Laferrere dans le Jerusalem Post et s’est engagé à nous rappeller dans l’après-midi pour nous confirmer s’il était ou non mandaté. Au moment de publier cet article, à 22h, nous n’avions toujours pas reçu de réponse.