Ses missions commerciales en sont le témoignage

Par Charles W. Corey

Rédacteur du « Washington File »

Dakar (Sénégal) - De l’avis de M. Lloyd Pierson, administrateur adjoint de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) chargé de l’Afrique, les missions commerciales que cette agence maintient à Nairobi (Kenya), Gaborone (Botswana), Accra (Ghana) et désormais à Dakar sont un bon exemple de l’attachement que le gouvernement Bush porte à l’expansion du commerce et au développement économique aux quatre coins de l’Afrique.

S’adressant aux journalistes à l’occasion du récent Forum de AGOA (Loi sur la croissance et les possibilités en Afrique) qui s’est tenu à Dakar, M. Pierson a déclaré : « Ce n’est pas seulement d’exportations à destination des Etats-Unis qu’il est question, bien que cela soit un sujet important, mais c’est aussi de ce que nous pouvons faire pour appuyer le développement économique dans l’ensemble du continent, sur une base nationale, sur une base régionale et sur une base continentale. »

Et d’ajouter : « Et l’effet de toutes ces activités, ce sera la création de nombreux emplois », une situation qui s’accompagnera du soutien social et de la participation aux activités de la communauté qui sont le dénominateur commun d’entreprises responsables.

M. Pierson a expliqué que, par le truchement de ses missions commerciales, l’USAID a fortement accru le nombre des partenariats entre les secteurs privé et public, qui se chiffrent aujourd’hui à 105 en Afrique, et précisé qu’il en avait signé sept nouveaux au cours des trois semaines précédentes.

Dans le cadre de ces partenariats, a-t-il indiqué, des organisations du secteur privé signent des accords avec l’USAID en vue de la mise en oeuvre d’un vaste éventail de programmes portant sur la santé, l’éducation et le développement qui encouragent la responsabilité sociale et aident les collectivités.

Il a rappelé à son auditoire que le développement était urgent car le chômage atteignait un taux ahurissant dans bien des pays africains, tant dans les régions rurales qu’urbaines. « Plus nous ferons pour encourager le développement économique - aux plans des revenus, de l’emploi et des activités communautaires - mieux la communauté se portera. La meilleure façon d’aider les pauvres, c’est d’atténuer leur pauvreté, et c’est en partie la stratégie que nous suivons par le biais des missions commerciales », a-t-il souligné.

Ces accords entre les secteurs public et privé sont très divers et comprennent notamment un accord avec la Fondation Nike en Ethiopie, un accord portant sur les noix de cajou au Mozambique, et un accord avec un diamantaire en Angola.

Prenant la parole à son tour, Mme Lisa Yarmoshuk, qui représentait la mission commerciale de l’USAID à Gaborone, a fait remarquer aux journalistes que son personnel, à l’instar de celui des autres missions commerciales, concentrait également ses efforts sur l’amélioration et la simplification des moyens de transport et des formalités douanières.

« On nous parle d’inefficacité lorsqu’il s’agit de faire parvenir les marchandises aux marchés ou d’obtenir des données pour la mise au point de produits, et les coûts et délais associés au commerce s’en trouvent accrus », a-t-elle dit, ajoutant que son personnel, de même que celui des autres missions, s’efforçait d’ouvrir des « couloirs de transport » pour faciliter l’acheminement des produits aussi bien à l’intérieur d’un pays que d’un pays à l’autre.

Les missions commerciales, a-t-elle précisé, ont adopté une stratégie à plusieurs volets afin d’éliminer les obstacles tarifaires et commerciaux pour les principales routes commerciales, qu’elles se trouvent dans la région même qui les concerne ou en dehors.

Pour sa part, M. Scott Allen, responsable de la mission commerciale de l’USAID à Nairobi et conseiller commercial, a fait valoir que toutes les missions s’intéressaient aux questions importantes, notamment à la politique commerciale, au renforcement des moyens, à la facilitation du commerce et aux questions commerciales.

« Tout en encourageant la compétitivité - et pas seulement le commerce - nous essayons aussi de faire prendre conscience des questions importantes telles celles liées au sexe, au VIH/sida, à l’environnement », a-t-il dit, ajoutant que les relations publiques et la dissémination des informations étaient aussi à leur ordre du jour.

Reprenant la question de l’inefficacité mentionnée par Mme Yarmoshuk, il a noté qu’il fallait 60 jours pour acheminer un gros conteneur du port de Mombasa, au Kenya, jusqu’à l’est de la République démocratique du Congo.

« Pour ceux d’entre vous qui sont familiers avec la géographie des Etats-Unis, imaginez un conteneur placé sur un camion qui partirait de Seattle, Etat de Washington, (sur la côte ouest) pour aller à Des Moines, Iowa, (au centre du pays). S’il fallait 60 jours pour le transport de ce conteneur, il y aurait une révolution aux Etats-Unis », a-t-il fait remarquer, ajoutant qu’un tel voyage s’accomplissait en principe en deux jours aux Etats-Unis.

Le directeur de la mission commerciale de l’USAID à Accra a, quant à lui, précisé que son personnel concentrait ses efforts sur l’expansion du commerce dans cinq domaines : les vêtements fabriqués industriellement ; l’artisanat, notamment les articles destinés à la décoration des habitations ; le poisson et les fruits de mer ; le beurre de karité (substance grasse utilisée dans l’alimentation, la fabrication de savons et celle de bougies) et les noix de cajou.

« Dans ces domaines, nous travaillons directement avec les chefs d’entreprises africains et nous nous sommes rendu compte que lorsque nous les aidons à assister à des foires commerciales aux Etats-Unis, c’était une bonne façon de les mettre en contact avec d’éventuels acheteurs américains », a-t-il déclaré.

Selon lui, la mission à Accra travaille aussi avec des organisations régionales telles que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour faciliter le commerce dans la région et uniformiser les normes sanitaires et phytosanitaires de façon que les marchandises puissent être exportées aux Etats-Unis.

L’AGOA, a fait remarquer Mme Amanda Hilligas, conseillère de l’USAID pour les questions liées à l’AGOA, a remporté un succès incontestable partout en Afrique, mais il faudrait maintenant concentrer les efforts sur la diversification du commerce entre l’Afrique et les Etats-Unis.

« A cette fin, nous mettons en oeuvre des stratégies nationales au Swaziland, au Botswana, au Lesotho et en Namibie, pour aider ces pays à diversifier leurs exportations au lieu de se concentrer sur celle des vêtements », a-t-elle précisé.