La secrétaire d’État des États-Unis, Mme Condoleezza Rice, a déclaré à la séance d’ouverture de la 60e Assemblée générale des Nations unies, le 17 septembre, que l’Organisation des Nations unies devait être prête à faire front à l’Iran, cet État qui mettait en danger la paix du Moyen-Orient en raison de sa recherche de l’arme nucléaire.

Si les moyens diplomatiques faillissent à persuader l’Iran de renoncer à son programme nucléaire, « le Conseil de sécurité devra se saisir de cette question », a déclaré Mme Rice dans sa première allocution devant l’Assemblée générale réunie au siège des Nations unies à New York.

Le Conseil de sécurité, a-t-elle dit, « doit pouvoir affronter les grands défis, tels le terrorisme et la prolifération nucléaire, surtout lorsqu’il s’agit de menaces réelles et que des États comme l’Iran risquent de saper l’efficacité du régime international de non-prolifération nucléaire ».

La secrétaire d’État a rappelé qu’après avoir accepté de négocier avec l’Europe, ou plus précisément avec la troïka européenne composée du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, l’Iran a rompu ces pourparlers et relancé son programme nucléaire.

« L’Iran doit reprendre les négociations avec la troïka et abandonner à jamais son ambition de se doter d’une capacité d’armement nucléaire », a déclaré Mme Rice.

L’Agence internationale de l’énergie atomique, basée à Vienne, doit étudier le 19 septembre la question de savoir si elle doit en référer au Conseil de sécurité des Nations unies en vue d’éventuelles sanctions contre l’Iran.

Par ailleurs, Mme Rice a déclaré à l’assemblée de chefs d’État et de gouvernement que l’expérience confirmait la vérité universelle selon laquelle la force, l’efficacité et la pertinence d’une institution internationale dépendaient entièrement de ce qu’en faisaient ses États membres.

La première fonction de l’ONU consiste à contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales, a-t-elle dit.

« En 1945, les menaces les plus graves à la paix et à la sécurité se manifestaient entre des États et se trouvaient largement circonscrites à leurs frontières. Mais aujourd’hui, les menaces les plus sérieuses auxquelles nous ayons affaire se manifestent à l’intérieur des États et filtrent à travers leurs frontières : des menaces transnationales telles que le terrorisme, la prolifération d’armes, les maladies pandémiques et la traite des personnes », a déclaré la secrétaire d’État.

D’autre part, Mme Rice a invité les États membres de l’ONU à approuver et à promouvoir « une révolution durable de réforme » au sein de cette organisation : « La Déclaration finale du Sommet de l’ONU, à laquelle ont souscrit tous les chefs d’État et de gouvernement cette semaine, exprime l’avis unanime selon lequel une reforme est impérative. À nous, maintenant, (...) de mettre en œuvre les réformes vitales qui rendront l’ONU plus transparente. »

Si l’Organisation des Nations unies veut devenir un moteur de changement au XXIe siècle, elle doit d’abord se transformer elle-même, a souligné la secrétaire d’État américaine : « Les États-Unis se félicitent de la volonté de tous les dirigeants de créer une nouvelle Commission de consolidation de la paix » qui serait chargée d’aider les États, à la fin d’un conflit, à mettre en place des programmes de reconstruction et des services publics efficaces une fois les hostilités terminées.

La Déclaration finale prévoit en outre la création d’un Conseil des droits de l’homme destiné à remplacer la Commission des droits de l’homme. Mme Rice a déclaré que ce nouvel organe devrait avoir moins de membres et être moins polarisé et plus crédible.

Mme Rice a également indiqué que les États-Unis appuyaient la notion d’un élargissement du Conseil de sécurité : « Nous soutenons depuis longtemps l’idée d’un siège permanent pour le Japon. Nous estimons en outre que les pays en développement méritent une représentation accrue au sein du Conseil. »