Le rituel est devenu familier : l’administration Bush signe un nouvel accord commercial de libre-échange qui a le soutien de tous les secteurs de l’économie américaine, qui inclut les standards de la réglementation du travail et de l’environnement, qui favorisera nos exportations dans un marché important, mais les syndicats états-uniens s’y opposent et demandent au Congrès de le rejeter en affirmant que le partenaire commercial n’a pas une législation du travail assez étendue. Ce scénario s’est récemment répété, mais pas avec une démocratie émergente, avec l’Australie, un pays qui n’est classé que derrière la Norvège, l’Islande est la Suède dans l’index de développement humain.
Cette épisode montre quels sont les buts de ceux qui utilisent les questions du droit du travail comme excuse pour s’opposer au commerce. Si les États-Unis ne peuvent pas faire de commerce avec l’Australie, avec qui en feront-ils ? Si nous adoptions les critères des isolationnistes économiques nous ne pourrions plus commercer. Leur argument est que nous ne pouvons pas faire de commerce avec des pays pauvres dans lesquels on ne dispose pas de conditions de travail identiques aux nôtres alors même que c’est le commerce qui peut aider au développement de ces pays. L’administration Bush a une stratégie en trois points visant à ce que les accords respectent les normes de travail et d’environnement :
- Nos partenaires doivent s’engager à améliorer leurs lois environnementales sous peine d’amendes en cas de non-respect de leurs engagements.
- Nous travaillons avec nos partenaires pour améliorer leurs lois et pratiques. Cela a permis des améliorations concrètes au Chili, au Maroc et au Guatemala.
- Nous nous assurons que les lois sont bien respectées dans les pays partenaires. Nous fournissons également une aide économique aux pays n’ayant pas les moyens d’améliorer les conditions de travail.
Nos accords commerciaux reflètent nos valeurs.

Source
Washington Post (États-Unis)
Quotidien états-unien de référence, racheté en août 2013 par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

« Helping Labor Through Trade », par Robert B. Zoellick, Washington Post, 19 avril 2004.