Les élections dans les territoires palestiniens ont-elles été démocratiques ?

J’ai parlé avec les deux groupes d’observateurs les plus importants : celui du Parlement européen et celui de la Fondation Carter. Pour eux deux, les élections se sont déroulées de manière raisonnable, sans tensions particulières. Le scrutin a été bien organisé et s’est bien passé.

Comment réagissez-vous face à la victoire du Hamas ?

Je m’attendais à une montée en puissance du Hamas mais tous les observateurs ont été surpris par l’ampleur de sa victoire. Il est difficile d’en analyser les raisons. Le Hamas a fait une très bonne campagne, d’un point de vue technique, en allant chercher des candidats issus de la société civile, apparemment étrangers à l’organisation. Il tire les bénéfices de son action sociale, en particulier à Gaza. Les divisions au sein du Fatah, la présentation de deux listes puis leur fusion, la corruption, ont également joué un rôle.

Comment doivent réagir les Occidentaux ?

Les Européens et les Américains sont pour l’instant sur la même ligne. Nous reconnaissons la validité des élections. Mais nous disons que la démocratie et la violence ou le terrorisme ne sont pas compatibles. Il serait étrange que nous, qui avons mis au point la feuille de route sur les négociations entre Israéliens et Palestiniens, nous acceptions un parti palestinien qui ne reconnaît pas Israël. Nous attendons les premières déclarations du Hamas.

Est-il possible de nouer des relations avec un gouvernement dirigé par un parti qui est inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ?

A ce stade, le Hamas reste sur cette liste. Il faut attendre de voir comment les choses évoluent avant de trancher. Mais il serait difficile d’avoir des contacts de haut niveau, impossible même d’avoir des contacts politiques. La démocratie ne se réduit pas aux élections : elle implique un comportement conforme à l’Etat de droit et au respect de la loi. La légitimité ne naît pas seulement du vote mais aussi de l’action. Il faut éviter de reconnaître un groupe terroriste pour la simple raison qu’il a gagné un scrutin. Un groupe terroriste ne devient pas légitime simplement parce qu’il a gagné des élections. L’espoir de tout le monde est que l’obligation d’agir, de s’inscrire dans un processus politique, aura des effets positifs sur le Hamas.

Réf : Le Conseil de l’Union Européenne