Les propos de Dick Cheney critiquant la politique de Vladimir Poutine ont fait la « une » mais ils masquaient la vraie nouvelle : désormais, le dirigeant sûr de lui, c’est le président russe, et le dirigeant à la tête d’une nation divisée, c’est George W. Bush. L’arrogance palpable de la Maison-Blanche au début du mandat du président états-unien est désormais lointaine, mais on retrouve cette attitude au Kremlin. On voit la même chose apparaître chez Hugo Chavez et en général chez tous les dirigeants de pays pétroliers ou gaziers. Les pétrocrates sont riches tandis que Bush et les Européens sont sur la défensive.
Cette assurance de Poutine se manifeste sur différents points. La situation en Tchétchénie est en train de s’améliorer pour les Russes qui désengagent progressivement leurs troupes pour laisser la place aux forces de sécurité tchétchènes. La Russie se montre également en position de force dans le dossier iranien par rapport aux autres pays. Enfin, elle compte sur le gaz qu’elle vend à l’Europe pour empêcher l’Ukraine et la Géorgie de rejoindre l’OTAN. Mais Poutine ne devrait pas aller trop loin et pousser exagérément son avantage, c’est le sens du message de Cheney.

Source
Washington Post (États-Unis)
Quotidien états-unien de référence, racheté en août 2013 par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

« Putin’s Hubris », par Jim Hoagland, Washington Post, 19 mai 2006.