« L’avènement d’un Irak libre et autonome privera les terroristes d’une
base d’opération, discréditera leur idéologie obtuse et donnera de
l’élan aux réformateurs de toute la région. Ce sera un coup décisif
contre le terrorisme, un coup qui touchera le coeur de son pouvoir, et
ce sera aussi une victoire pour la sécurité de l’Amérique et du monde
civilisé.
 »
George Bush, le 24 mai 2004

L’action présidentielle

Aujourd’hui, dans un discours à l’Ecole militaire de l’armée de terre
de Carlisle (Pennsylvanie), le président Bush a donné les grandes
lignes de la stratégie des Etats-Unis en Irak et fait part d’un plan
en cinq points afin de réaliser les objectifs américains dans la
région. Notre coalition a un objectif clair, que tout le monde
comprend, et c’est de voir le peuple irakien aux commandes de l’Irak
pour la première fois depuis des générations. La tâche de l’Amérique,
en Irak, ce n’est pas seulement de vaincre l’ennemi, c’est de donner
de la force à un ami - un gouvernement libre et représentatif qui
servira son peuple et se battra pour lui. Plus vite cet objectif sera
atteint, plus vite notre travail sera accompli.

Le président a précisé les cinq étapes de son plan qui vise à
instaurer la liberté et la démocratie en Irak. Les Etats-Unis :

 transmettront l’autorité à un gouvernement irakien souverain ;

 aideront à instituer la stabilité et la sécurité nécessaires à la
démocratie ;

 continueront à reconstruire l’infrastructure du pays ;

 encourageront un plus grand appui international ;

 se rapprocheront d’une élection nationale qui donnera de nouveaux
dirigeants qui jouiront de l’appui du peuple irakien.

1. Le transfert de l’autorité à un gouvernement irakien souverain

 Le 30 juin, la pleine souveraineté sera transférée à un gouvernement
composé de citoyens irakiens.

 A ce moment-là, l’Autorité provisoire de la coalition, dirigée par
l’ambassadeur Paul Bremer, cessera d’exister et ne sera pas remplacée.

 Les Irakiens gouverneront leurs propres affaires. La principale
responsabilité du gouvernement provisoire d’Irak sera d’assumer la
gestion des activités quotidiennes du gouvernement irakien et des
ministères, d’accroître la sécurité et de préparer le pays en vue de
l’organisation d’une élection nationale.

La nouvelle ambassade des Etats-Unis - Le nouvel ambassadeur des
Etats-Unis auprès de l’Irak, M. John Negroponte, sera responsable de
la nouvelle ambassade et garantira que toutes les ressources des
Etats-Unis et les efforts déployés seront mobilisés pour aider les
Irakiens à renforcer la sécurité et la démocratie dans leur pays.

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad aura le même but que n’importe
laquelle des autres ambassades américaines, à savoir garantir de
bonnes relations avec une nation souveraine.

Les Etats-Unis et d’autres pays continueront à offrir des conseils
techniques afin d’aider les ministres du gouvernement irakien, mais
ces ministres rendront des comptes au nouveau premier ministre d’Irak.

Le gouvernement irakien provisoise - L’envoyé spécial des Nations
unies, M. Lakhdar Brahimi, a donné les grandes lignes d’un cadre
sous-tendant un gouvernement provisoire.

Ce cadre prévoit un président, deux vice-présidents et un premier
ministre à la tête d’un cabinet composé de 26 ministres qui
superviseront les divers ministères, de la santé, à la justice en
passant par la défense.

Le président sera le chef d’Etat et le premier ministre sera le chef
de gouvernement.

Le nouveau gouvernement sera guidé par un conseil national dont les
membres seront choisis par des Irakiens représentant la diversité de
leur pays.

Ce gouvernement temporaire fonctionnera en vertu de règles définies
par la Loi administrative de transition (TAL). Cette loi prévoit une
déclaration des droits à caractère historique pour le peuple irakien
et une feuille de route conduisant à un gouvernement permanent élu en
2005.

De nombreuses fonctions du gouvernement ont déjà été transférées.
Douze ministères gouvernementaux sont déjà sous le contrôle direct
d’Irakiens. De nombreuses villes et municipalités ont maintenant un
conseil ou gouvernement municipal dont les membres ont été élus.

2. Etablir la stabilité et la sécurité en Irak, conditions nécessaires
de la démocratie

 Les forces de la coalition et le peuple irakien ont les mêmes
ennemis : les terroristes, les milices illégales, et les partisans de
Saddam Hussein qui se dressent contre le peuple irakien et son avenir
en tant que nation libre. En agisssant en alliés, nous défendrons
l’Irak et vaincrons ces ennemis.

 Après le transfert de la souveraineté, les forces américaines et
autres resteront en Irak et opéreront sous commandement américain dans
le cadre d’une force multinationale qui aura été autorisée par les
Nations unies.

 Les forces américaines resteront sous commandement américain et
auront des règles d’engagement clairement définies.

 Les effectifs militaires américains demeureront à leur niveau actuel
de 138.000 soldats tant que cela sera nécessaire. Le général Abizaid
et les autres commandants en Irak évaluent constamment le niveau des
effectifs dont ils ont besoin pour remplir leur mission. S’ils ont
besoin de forces supplémentaires, elles leur seront fournies.

 Les tactiques de nos militaires resteront souples. Les commandants
sur le terrain seront attentifs aux conditions locales.

 Les forces de sécurité irakiennes : les forces militaires,
policières et frontalières irakiennes ont commencé à assumer des
responsabilités plus larges. Elles devront, en fin de compte, être les
premiers défenseurs de la sécurité de l’Irak.

 Les forces militaires, policières et frontalières irakiennes ont
commencé à assumer des responsabilités plus larges. Elles devront, en
fin de compte, être les premiers défenseurs de la sécurité de l’Irak.
Nous souhaitons que les forces irakiennes acquièrent de l’expérience
et de l’assurance dans leur combat contre les ennemis de leur pays.
Nous voulons que le peuple irakien sache que nous faisons confiance à
ses capacités grandissantes, dont nous appuyons le développement. Dans
le même temps, Fallouja doit cesser d’être un sanctuaire pour
l’ennemi, et les auteurs d’actes de terrorisme devront répondre de
leur actions.

 Dans les villes de Nadjaf, de Karbala et de Koufa, la plupart des
actes de violence ont été commis à l’instigation d’un jeune imam
radical qui commande une milice illégale. Ces ennemis se camouflent
derrière une population civile innocente, entreposant des armes et des
munitions dans des mosquées et lançant des attaques à partir de sites
religieux. Nos soldats ont traité ces sites avec respect tout en
démantelant systématiquement la milice illégale. Nous voyons également
des Irakiens assumer eux-mêmes davantage de responsabilités en matière
de rétablissement de l’ordre. Ces dernières semaines, les forces
irakiennes ont expulsé des éléments de cette milice du bureau du
gouverneur de Nadjaf. Hier, une unité irakienne d’élite a débusqué une
cache d’armes dans une grande mosquée de Koufa. Des chefs chiites
respectés ont demandé à la milice de se retirer de ces villes. Des
Irakiens ordinaires ont défilé pour protester contre les militants.

 L’Irak et ses forces armées seront les principaux partenaires au
sein de la Coalition. Les forces irakiennes seront sous contrôle civil
irakien et placées sous commandement national irakien. Un partenariat
très étroit sera instauré avec les institutions irakiennes, doté de
mécanismes de coordination et de consultation, à l’appui des mesures
que prendra le gouvernement provisoire irakien en vue d’organiser des
élections au début de l’année prochaine.

 Dans certains cas, les premiers résultats des forces irakiennes ont
été décevants. Nous avons tiré les leçons de ces échecs et avons pris
des mesures en vue d’y remédier.

 Pour bien fonctionner, les unités de combat doivent avoir un sens de
cohésion : c’est pourquoi nous avons prolongé et intensifié leur
entraînement.

 Pour bien remplir leur mission, les unités de combat doivent avoir
le sentiment de se battre pour l’avenir de leur patrie, non pas pour
une puissance occupante quelconque : c’est pourquoi nous veillons à ce
que les forces irakiennes soient placées sous commandement irakien.

 Pour se battre efficacement, elles doivent être encadrées le mieux
possible : c’est pourquoi nous avons amélioré la sélection et la
formation des commandants et des sous-officiers irakiens.

 A la demande du président Bush, et avec l’appui des autorités
irakiennes, les Etats-Unis accélèrent leur programme visant à aider à
former les Irakiens à défendre leur pays.

 Une nouvelle équipe d’officiers supérieurs analyse actuellement
chacune des unités des forces de sécurité irakiennes.

 Le président Bush a demandé à cette équipe de superviser la
formation d’une force de 260.000 soldats, policiers et autres
effectifs de sécurité.

 Cinq bataillons de l’armée irakienne sont actuellement sur le
terrain, et huit autres devraient s’y adjoindre le 1er juillet.
L’objectif final est une armée irakienne de 27 bataillons prêts à
défendre leur pays.

3. Poursuivre la reconstruction de l’infrastructure irakienne

 Des progrès considérables à ce jour. Les Etats-Unis et leurs
partenaires sont déterminés à améliorer les conditions de vie du
peuple irakien et à investir dans l’infrastructure et dans l’économie
du pays. Les Etats-Unis consacrent plus de 20 milliards de dollars à
des projets de reconstruction et de développement en Irak.

 La Coalition a déjà aidé les Irakiens à rénover plus de 2.200
écoles, 240 hôpitaux et 1.200 cliniques, à réparer des ponts, à
renforcer le réseau électrique et à moderniser le système de
communications.

 La production pétrolière de l’Irak dépasse maintenant les 2 millions
de barils par jour, ce qui a rapporté à l’Irak près de 6 milliards de
dollars jusqu’ici cette année. Ces fonds vont à aider le peuple
irakien.

 Une nouvelle monnaie a été introduite. Le Conseil de gouvernement
irakien a adopté une nouvelle loi qui ouvre le pays aux
investissements étrangers pour la première fois.

 Une économie fondée sur le secteur privé est en train de se
développer. Des commerces ont ouvert leurs portes, la population peut
s’acheter des antennes paraboliques et divers articles destinées à
améliorer la qualité de la vie, et des entreprises privées ainsi que
divers services tels que les cybercafés, naguère interdits, voient le
jour.

 L’appui international. Grâce en partie aux efforts de l’ancien
secrétaire d’Etat, M. James Baker, un bon nombre des plus gros
créanciers de l’Irak se sont engagés à réduire considérablement la
dette irakienne accumulée par l’ancien régime. A la demande de la
Coalition, 37 pays, ainsi que le FMI et la Banque mondiale, ont
annoncé des engagements totalisant jusqu’ici 13,5 milliards de
dollars.

 Un système carcéral moderne. Le nouvel Irak aura également besoin
d’un système carcéral humain et bien supervisé. Sous la férule du
dictateur, des prisons comme celle d’Abou Ghraib étaient synonymes de
mort et de torture. Cette même prison est devenue le symbole de la
conduite honteuse de quelques soldats américains qui ont déshonoré
leur pays et méprisé nos valeurs. L’Amérique financera la construction
d’une prison moderne de sécurité maximale. Lorsque la construction en
sera achevée, les détenus d’Abou Ghraib y seront transférés. Ensuite,
avec l’approbation du gouvernement irakien et afin de symboliser le
renouveau de l’Irak, nous démolirons la prison d’Abou Ghraib.

 Le défi de la reconstruction. Au long des décennies du régime de
Saddam Hussein, l’infrastructure irakienne s’est désagrégée tandis que
tout l’argent allait à des palais, à des guerres, à des programmes
d’armement. Nous faisons des progrès. Mais il reste encore beaucoup de
travail à faire. Même après le 30 juin, les Etats-Unis aideront les
autorités irakiennes à faire face aux problèmes causés par la
dégradation de l’infrastructure du pays.

4. Un soutien international à un Irak libre

 Etablir un ferme appui international. Aujourd’hui, les Etats-Unis et
la Grande-Bretagne ont présenté un nouveau projet de résolution au
Conseil de sécurité afin d’aider l’Irak à avancer vers un gouvernement
autonome. Le président a demandé au secrétaire d’Etat Powell de
coopérer avec ses homologues du Conseil afin d’obtenir les résultats
suivants :

 approuver le calendrier que les Irakiens ont adopté ;

 exprimer le soutien international au gouvernement provisoire irakien
 ;

 réaffirmer l’engagement du monde envers la sécurité des Irakiens ;

 encourager d’autres membres de l’ONU à participer à cet effort.

 Le mois prochain, le président se rendra à Istanbul pour participer
au Sommet de l’OTAN et il remerciera les 15 alliés de l’OTAN qui,
ensemble, ont déployé 17.000 soldats en Irak.

 La Grande-Bretagne et la Pologne dirigent chacune une division
multinationale qui assure la sécurité de régions importantes du pays.
L’OTAN elle-même fournit des renseignements précieux, des
communications et un soutien logistique à la division commandée par la
Pologne.

 Lors du Sommet, les dirigeants discuteront du rôle de l’OTAN dans la
construction de l’Irak et la sécurisation de sa démocratie.

5. Préparer la tenue d’élections nationales libres d’ici à janvier
2005

 Equipe électorale de l’ONU. Une équipe des Nations unies est à
l’heure actuelle en Irak en train d’aider à constituer une commission
électorale indépendante qui supervisera une élection nationale
ordonnée et précise.

 Par ces élections, le peuple irakien choisira une assemblée
nationale de transition qui sera la première instance nationale
réellement représentative jamais élue librement en Irak.

 Cette assemblée sera la législature de l’Irak, et elle choisira un
gouvernement de transition doté de pouvoirs exécutifs.

 L’assemblée nationale provisoire rédigera une nouvelle constitution
qui sera présentée aux Irakiens par référendum vers la fin de 2005.

 Dans le cadre de cette nouvelle constitution, l’Irak élira un
gouvernement permanent à la fin de l’année 2005.

Achèvement de la transition

 Nous réussirons. Achever ces cinq étapes vers un gouvernement
irakien élu ne sera pas facile. Il y aura vraisemblablement plus de
violence avant et après le transfert de la souveraineté.

 Les terroristes et les partisans de Saddam préféreraient voir les
Irakiens morts plutôt que libres.

 Le président Bush, nos partenaires de la coalition et le peuple
irakien ne laisseront pas les terroristes déterminer l’avenir de
l’Irak. Les troupes américaines sont en Irak pour défendre notre
sécurité et faire des Irakiens un peuple libre.

 Nos ennemis terroristes cherchent à imposer un régime de style
taliban dans tout le Moyen-Orient, à former plus de tueurs et exporter
la violence. Ils cherchent à choquer, effrayer et démoraliser le monde
civilisé, espérant ainsi le pousser à l’échec et au repli. Ils
échoueront.

 Assurer la sécurité de l’Amérique et du monde. Nous croyons que la
liberté peut améliorer et changer les vies dans le Grand Moyen-Orient,
comme elle l’a fait en Asie, en Amérique latine, en Europe de l’Est et
en Afrique. Nous croyons que lorsque tous les peuples du Moyen-Orient
seront finalement autorisés à vivre, à penser, à travailler et à
observer leur culte comme des hommes et des femmes libres, ils
reconquerront la grandeur de leur propre héritage. Et lorsque ce jour
viendra, l’amertume et la haine brûlante qui alimentent le terrorisme
s’effaceront et disparaîtront. L’Amérique et le monde entier seront
plus en sécurité lorsque l’espoir sera revenu au Moyen-Orient.