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Manifestation à Ramallah, le 3 juin 2006
Photo Xinhua.

Un sondage effectué le 3 juin par Near East Consulting, un organisme sis à Ramallah, en Palestine, montre que l’écrasante majorité des Palestiniens soutient l’Accord des Prisonniers, cet accord inter-factions signé en mai dernier [1] par un membre représentant chacun des mouvements Fatah, Hamas, Jihad Islamique, FPLP et FDLP (les signataires étant incarcérés à la prison de Hadarim, en Israël). Ce document reconnaît implicitement Israël ; il avalise, entre autres, un État palestinien établi sur les territoires occupés par Israël lors de la guerre de juin 1967.

Les médias ont accordé beaucoup d’attention à cet Accord des Prisonniers en partie parce qu’il avalise l’initiative de la Ligue Arabe (le Plan saoudien), adopté à l’unanimité par les pays arabes lors du sommet arabe de Beyrouth, en 2002, au plus fort de la seconde Intifada. En appelant à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967 en échange de la paix avec Israël, tant le Plan saoudien que l’Accord des Prisonniers reflètent le consensus international sur la Palestine existant depuis le milieu des années 1970. Israël a totalement ignoré l’initiative arabe, en dépit de ce soutien massif chez les Palestiniens.

Mais l’Accord des Prisonniers est aussi devenu le point focal de la crise actuelle de la vie politique palestinienne interne : le président de l’Autorité palestinienne et vice-président du mouvement Fatah Mahmoud Abbas a préconisé la tenue d’un référendum national sur le document en question, au cas où le Hamas n’en ferait pas un élément de son programme officiel. Le Hamas a d’abord qualifié le projet de référendum d’Abbas d’ « illégal » pour finalement accepter le document. Sans surprise, cette polémique a bien plus de ramifications qu’il n’en transparaît dans les médias.

Dans le cas d’espèce, l’information omise et cachée à l’opinion publique permet aux États-Unis, à Israël et à leurs alliés de continuer à justifier le blocus économique imposé aux territoires palestiniens - un état de siège qui menace la société palestinienne de ruine totale. Dans leur empressement à privilégier un programme régional pro-américain et antidémocratique, ces pays, coalisés contre le mouvement national palestinien (et qui incluent, hélas, l’Egypte et la Jordanie) ont créé de toutes pièces le genre de crise humanitaire à laquelle on s’attend normalement uniquement à la suite d’une catastrophe naturelle.

Nulle mention n’est faite de ce que les dirigeants du Hamas disent effectivement, ni à d’informations cruciales, comme les efforts états-uniens visant à mettre sur pied une milice de 3 500 hommes autour du bureau d’Abbas, en vue de favoriser une guerre civile, ni l’approbation récente, par Israël, d’une large cargaison d’armes et de munitions à partir de l’Égypte et de la Jordanie, destinées à équiper la Garde Présidentielle (« palestinienne »). Abbas, qui est soutenu par les États-Unis, ambitionne de porter à 10 000 hommes l’effectif de sa garde prétorienne. Il vise, par ailleurs, toujours avec le soutien états-unien, à créer un gouvernement de l’ombre qui saperait le gouvernement palestinien légitime actuel, contrôlé par le Hamas [2].

Personne ne devrait être surpris d’apprendre, pour reprendre les propos de Muhammad Nazzâl, membre du gouvernement Hamas en exil, que « le Hamas ne capitulera pas devant un quelconque chantage. » [3]. Or le référendum d’Abbas était essentiellement un chantage. Il n’y avait nul besoin de soumettre l’Accord des Prisonniers au suffrage populaire. Le soutien massif de la population palestinienne à cette initiative, ainsi qu’à d’autres, est depuis longtemps vérifié. La plupart des commentaires blâment le Hamas, qui refuse d’obéir aux injonctions d’Abbas. Le Hamas demeure la raison pour laquelle les États devraient soutenir le blocus économique et politique imposé à la Palestine, même si cela a pour seul résultat d’alimenter la « guerre au terrorisme » en ajoutant une nouvelle organisation à la liste noire des ennemis régionaux. Qualifier le Hamas d’ « organisation terroriste » masque toutefois la réalité. Ses dirigeants politiques et son programme électoral et gouvernemental [qui diffèrent de sa Charte] ont mis en avant des exigences à la fois raisonnables et modérées. L’acceptation d’un État palestinien indépendant fait partie depuis longtemps de son agenda stratégique. Sa réputation de mouvement « éradicateur » découle pour partie de sa réticence à acter unilatéralement, en l’absence d’une réciprocité israélienne, un État dont la politique extrémiste, depuis cinquante ans, a transformé le paysage physique de la Palestine à un point tel que les perspectives d’un authentique règlement pacifique sont aujourd’hui plus sombres qu’elles ne l’avaient jamais été.

Dans ses derniers commentaires sur la décision prise par Abbas de procéder à ce référendum, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a résumé l’appréciation de cette initiative par son gouvernement au fait qu’elle serait susceptible d’établir un pont en direction de pourparlers de paix avec Israël. Il a notamment déclaré : « Le référendum est un jeu interne entre une faction et une autre. Il ne signifie rien, quant au tableau plus général des chances que s’instaure un quelconque dialogue entre nous et les Palestiniens. Ce référendum est dénué de signification ». [4] Quel qu’en soit, par conséquent, le résultat - « succès » ou « échec » - il n’aura aucune conséquence sur les efforts visant à la reprise de négociations, ni en tant que levier permettant de mettre un terme au blocus mortel imposé aux territoires [palestiniens].

A la question que lui posait le correspondant de Newsweek et du Washington Post, Lally Weymouth, le 26 février dernier, de savoir quel genre de règlement le Hamas était prêt à accepter, le nouveau Premier ministre palestinien du Hamas, Ismail Haniyyéh, répondit : « ceux qui garantiront la création d’un État palestinien ayant Jérusalem pour capitale, à l’intérieur des frontières de 1967 ». Weymouth poursuivit ses questions : « Reconnaissez-vous Israël ? ». Ce à quoi Haniyyéh répondit : « Si Israël déclare qu’il donnera un État aux Palestiniens et qu’il leur restituera tous leurs droits, alors nous sommes prêts à le reconnaître ». [5] Cette opinion englobe l’exigence de réciprocité qui est celle du Hamas.

Au cours d’une interview de Wolf Blitzer, sur CNN, quatre jours après l’élection du Conseil Législatif Palestinien, le nouveau ministre du Hamas des Affaires étrangères Mahmoud Zahhâr (considéré comme un dur du parti) fit observer : « Nous pouvons accepter d’établir notre État indépendant dans les territoires occupés [en 1967] ». A l’instar de Haniyyéh et d’autres membres du Hamas, Zahhâr insiste sur le fait qu’une fois créé un État selon ces critères, une trêve de longue durée « pouvant tenir dix, vingt, voire cent ans » s’ensuivra, qui mettra un terme à la situation de conflit armé entre Israël et les Palestiniens [6].

Ghazi Hamad, porte-parole du gouvernement Hamas, a fait aux journalistes, le 10 mai dernier, les commentaires suivants : « Oui, nous acceptons un État indépendant dans les territoires palestiniens occupés par Israël lors de la guerre de juin 1967 au Moyen-Orient. Cette position n’a rien de nouveau, et elle est déclarée officiellement dans notre plate-forme de gouvernement ». [7] Désireux de clarifier la position du Hamas sur l’appel à référendum lancé par Abbas, le porte-parole parlementaire du Hamas, Aziz Duweïk, a expliqué que cette position n’a rien à voir avec un manque d’enthousiasme pour une solution à deux États. « Tout le monde, au Hamas, dit « oui » à la solution à deux États », a-t-il dit, poursuivant : « Le problème provient du fait que les Israéliens, jusqu’ici, n’ont pas dit qu’ils reconnaissaient les frontières de 1967, entre les deux États en question ». [8]

D’autres dirigeants que lui sont tout aussi explicites : « Le Hamas est clair, en matière de solution historique et de solution intérimaire. Nous sommes prêts à accepter les deux : les frontières de 1967, un État, des élections et un accord après une période d’établissement de la confiance de dix à quinze années  », a commenté Ussama Hamdan, Représentant du Hamas au Liban. [9] Particulièrement significatif est le fait que ses observations ont été faites en 2003, c’est-à-dire bien avant la victoire du Hamas (janvier 2006). C’est d’ailleurs l’occasion d’attirer l’attention sur le fait que la plupart des commentaires officiels portant sur cette question remontent sont antérieurs aux élections.

Parmi les autres porte-parole du Hamas qui ont fait explicitement référence à l’acceptation d’un État palestinien indépendant sur les territoires de 1967, on trouve le Sheikh Ahmad Hajj Ali, un dirigeant des Frères Musulman et un candidat à la députation investi par le Hamas, actuellement emprisonné en Israël (il a été interviewé en juillet 2005) ; Muhammad Ghazzâl, porte-parole du Hamas également emprisonné actuellement en Israël (septembre 2005) ; Hasan Yûsif, dirigeant politique de Cisjordanie (août 2005) et le Manifeste Electoral du Hamas, lui-même, qui en appelle, dans son article 5:1, à « l’adhésion à l’objectif de vaincre l’occupation de 1967 et de créer un État palestinien ayant Jérusalem pour capitale ». [10]

En 1989, le chef spirituel du Hamas, Sheikh Ahmad Yâsîn (assassiné par Israël en mars 2004) déclara : « Je ne veux pas détruire Israël. Nous voulons négocier avec Israël, afin que le peuple palestinien, tant en Palestine qu’à l’extérieur, puisse vivre en Palestine. Alors, le problème cessera d’exister ». [11] Abdel Aziz Rantisi, un dur du Hamas, assassiné par Israël en avril 2004, avait dit en 2002 que « l’Intifada [avait pour but] de contraindre Israël à se retirer à l’intérieur de ses frontières de 1967 ». Ceci « ne signifie pas que le conflit arabo-israélien serait terminé, mais bien plutôt que la résistance armée face à Israël prendrait fin ». [12]

Dans un rapport publié en 2004 par le prestigieux International Crisis Group, cet organisme indiquait : « Durant la première Intifada (1987 - 1993), les dirigeants du Hamas proposèrent diverses formules en vue d’un retrait israélien aux frontières du 4 juin 1967, en échange d’une trêve de plusieurs décennies [hudnah] ». Ce même rapport relève qu’au cours d’une rencontre, en mars 1988, avec le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres, puis en juin 1989 avec le ministre israélien de la Défense Rabin, le dirigeant du Hamas [aujourd’hui ministre palestinien des Affaires étrangères] Mahmûd Zahhâr, avait proposé de manière explicite un retrait israélien jusqu’aux frontières de 1967, auquel ferait suite un accord négocié permanent. Cette offre fut rejetée. [13]

Dans un article publié par CounterPunch le 24 février 2004, j’écrivais que les dirigeants du Hamas avaient prôné « clairement et de manière répétée » un État palestinien indépendant sur les territoires occupés par Israël en 1967. [14] Je reçus de nombreux e-mails, demandant la « preuve » de cette assertion et me traitant de traître, de menteuse, de nazie, de complice des terroristes et d’antisémite. Les déclarations incluses dans le présent article devraient contribuer à faire un sort à ces accusations. De fait, les déclarations faites en la matière par les membres du Hamas ne sont qu’un petit échantillonnage de déclarations similaires faites au fil des années et qui appartiennent au domaine public [bien qu’elles n’aient pas été couvertes par les médias].

Bien entendu, on trouvera beaucoup de commentaires de dirigeants du Hamas, au fil des années, bien moins conciliants, voire même incendiaires et souvent dérangeants. Affirmer le contraire serait malhonnête. Néanmoins, la tendance, en particulier ces dernières années, est orientée vers une politique plus conciliante, et surtout plus réaliste. Comme l’a écrit Mouin Rabbani, un analyste de Crisis Group : « A propos du Hamas, je n’hésite pas à dire que ce mouvement, pris dans son ensemble, s’est essentiellement réconcilié avec un règlement à deux États en tant qu’option stratégique, mais qu’il n’a pas adopté cette position de manière formelle, en tant que position organisationnelle. Yasîn, Rantisi, Abû Shanab, Mash’al, etc., ont tous fait des déclarations allant dans ce sens. En ont-ils fait d’autres, qui les démentiraient ? Certes. Mais je pense qu’on peut conclure sans risque de se tromper que les décisions stratégiques ont été prises. Simplement, la tactique n’a pas encore été décidée ; quant aux modalités, elles viendront en dernier ». La question, pour nous, est la suivante : allons-nous, ou non, donner au Hamas la chance de traduire ses propos en actes ? Rabbani écrit : « Autant il serait naïf de prendre ces déclarations pour argent comptant, autant ce serait folie que de ne pas les mettre à l’ épreuve ». [15]

Comme le fait observer Menachem Klein dans un récent article publié par Ha’aretz, « Les textes politiques du Hamas indiquent que, pour l’instant, cette organisation n’est pas fondamentaliste ». [16]. Le Hamas s’est éloigné des exigences idéologiques de sa Charte, adoptant un pragmatisme qui s’efforce de répondre aux questions du moment, sans tomber dans les mêmes pièges que le Fatah et l’Autorité palestinienne à direction Fatah, au fil des années. Il a respecté une trêve unilatérale au cours des seize mois écoulés - même si cette trêve, après l’attaque à l’artillerie lourde israélienne du 9 juin dernier contre une plage du Nord de la bande de Gaza, qui a causé la mort de sept civils palestiniens, dont six membres d’une même famille, risque de prendre fin. Le Hamas a également accepté de soutenir des négociations entre Abbas et Israël.

Le rejet, par le Hamas, de la convocation d’un référendum par Abbas sur l’Accord des Prisonniers n’a rien à voir avec la volonté de ce mouvement d’accepter un État palestinien indépendant instauré sur les territoires de 1967. Il a, en revanche, tout à voir avec son opposition à ceux qui, au sein du Fatah et en Israël, aux États-Unis et dans l’Union européenne, qui font absolument tout ce qui est en leur pouvoir afin de faire tomber le gouvernement Hamas - et ce, de la manière la plus retorse qui soit : en affamant la population palestinienne jusqu’à résipiscence, et en lui imposant les diktats illégaux de seigneurs de la guerre anti-démocrates à l’intérieur des territoires palestiniens occupés, comme le chef de la milice du Fatah financée par les États-Unis et ancien chef des Services de la Sécurité Préventive, Muhammad Dahlân.

Dans un article publié par le Financial Times le 8 juin, Henry Siegman commentait des observations formulées à la télévision israélienne par l’expert israélien de la sécurité Ephraim Halevy. Il écrivait : « Pourquoi Israël devrait-il se préoccuper de la question de savoir si le Hamas reconnaît, ou non, son droit à l’existence ? », s’est interrogé M. Halévy. « Israël existe. Que le Hamas le reconnaisse, ou non : cela n’ajoute ni ne retranche rien à ce fait irréfutable. En revanche, quarante ans après la guerre de 1967, il n’existe [toujours] pas d’État palestinien. La question politiquement pertinente qui se pose, par conséquent, est celle de savoir si Israël reconnaît le droit des Palestiniens à avoir un État ? Et non l’inverse ». [17] De fait, jusqu’à ce qu’Israël accepte - en actes - de se retirer jusqu’à ses frontières de 1967, le Hamas ne doit pas tomber dans le piège où le Fatah, sous la direction de Yâsir Arafât, était tombé - à savoir : le piège consistant à faire de plus en plus de concessions, en échange de moins en moins de concessions, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à concéder. Actuellement, le programme israélien (soutenu par les États-Unis) d’annexion / cantonisation semble sur le point de mettre à la tragédie palestinienne un horrible point final. Toutes les manœuvres auxquelles on assiste servent à dissimuler ce fait. Y compris toutes les controverses autour du référendum.

Le Fatah devrait avoir appris la leçon, désormais, et ne pas tomber entre les mains des maîtres états-uniens et israéliens en raison de sa seule soif de pouvoir local. Le fait qu’il ne semble pas avoir retenu la leçon devrait suffire à expliquer pourquoi il a été écarté du pouvoir, en janvier dernier. Quant au Hamas, il a d’excellentes raisons pour exiger qu’Israël, sur les instances des États-Unis, apporte le premier des gages de sa bonne foi.

Traduction
Marcel Charbonnier

Publié avec l’aimable autorisation de Counterpunch.

[1] http://www.nearestconsulting.com ; communiqué de presse : The Palestinian National Dialogue and call for a Referendum Survey #2, 3 June 2006.

[2] Voir « PA Chief Abbas aims to expand presidential guard », by Ze’ev Schiff, Haaretz, 28 May 2006. http://www.haaretz.com _ Voir aussi : « Talking to Hamas », by Alastair Crooke in Prospect, issue 123, June 2006.

[3] Ibid, Ze’ev Schiff, Haaretz, 28 May 2006.

[4] « Abbas sets Referendum for July 26 ; Hamas rejects Poll », Mijal Grinberg and Assaf Uni, Haaretz, 10 June 2006. http://www.haaretz.com

[5] « We do not wish to throw them into the sea », Interview between Lally Weymouth and Ismail Haniyeh in the Washington Post, Sunday 26 February 2006.

[6] « Hamas leader sets condition for truce », on CNN World website, 29 January 2006. http://www.cnn.com/2006/World/meast...

[7] « Abbas delays referendum decision », BBC News, Tuesday 6 June 2006.http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/mi...

[8] « Hamas says ready to accept Palestinian statehood in 1967 border », in China View, 10 May 2006 ; http://news.xinhuanet.com/English/2...

[9] « Enter Hamas : the challenges of political integration », International Crisis Group Report no. 49, Amman/Brussels ; 18 January 2006. First edition (preliminary) report. http://www.crisisgroup.org

[10] Ibid ; The Hamas Electoral Manifesto also states, « Yes to a free, independent and sovereign state on every portion of the West Bank, Gaza Strip and Jerusalem without conceding any part of historic Palestine. » This, of course, will raise red flags for some, which is why I include it here. I do not want to be accused of leaving out important statements or phrases. As with other statements, however, it must be measured against current realities both military and political. http://www.crisisgroup.org

[11] « Dealing with Hamas », International Crisis Group Report no. 21, Amman/Brussels ; 26 January 2004. From an interview in An-Nahar (Jerusalem), 30 April 1989. Quoted in Ziad Abu Amr, Islamic Fundamentalism. Op. cit. p.76

[12] « Enter Hamas : the challenges of political integration », International Crisis Group report no. 49, 18 January 2006. http://www.crisisgroup.org

[13] « Dealing with Hamas », International Crisis Group report no. 21, 26 January 2004. Amman/Brussels. http://www.crisisgroup.org

[14] « For Those Who Haven’t Noticed : Watching the Dissolution of Palestine », 24 February 2006 ; CounterPunch, edited by Alexander Cockburn and Jeffrey St. Clair, http://www.counterpunch.org

[15] Mouin Rabbani ; personal correspondence. Also in « Enter Hamas » the ICG preliminary report on Hamas from 18 January 2006. http://www.crisisgroup.org

[16] « Hamas’ Contradictory Voices », by Menachem Klein, Haaretz, 2 June 2006

[17] « The Issue is not Whether Hamas Recognizes Israel », by Henry Siegman, Financial Times, 8 June 2006.