L’Europe ne fonctionne pas convenablement. Elle produit trop de règles et de régulations et elle est trop centralisée et inflexible. Elle a par ailleurs un triste bilan de fraude et de gaspillage. Ce système étrangle l’économie européenne et cela a de sérieuses implications sur les emplois et la croissance. La productivité par travailleur est 20 % plus basse en Europe qu’aux États-Unis. Selon le ministère des Finances, si l’Europe avait adopté le modèle américain, nous aurions créé 28 millions d’emplois.
Je veux que l’Europe change et que Bruxelles rende des pouvoirs à la Grande-Bretagne. La pêche, l’aide au développement et le chapitre social sont des sujets que les conservateurs voudraient voir traiter à l’échelon national. La semaine dernière, c’est le ministre des Affaires étrangères néerlandais qui a affirmé vouloir un retour des questions sociales et culturelles ainsi que d’une partie de la politique agricole commune au niveau des États. Ces suggestions doivent être étudiées pour leur mérite avant d’être considérées comme des affronts à l’idéal européen. Si certains pays veulent s’intégrer davantage, qu’ils le fassent, mais qu’ils n’obligent pas les autres à les imiter. Le marché commun n’oblige pas à ce que nous ayons une politique sociale, industrielle ou fiscale commune.
Nous serons inflexibles, tout comme l’avait été Margaret Thatcher et cela s’avérera payant. Nous sommes membres du Parti populaire européen c’est vrai, mais ce parti comprend en son sein des partis extrêmement eurosceptiques et cela nous permet de faire changer l’Europe de l’intérieur. La Grande-Bretagne apporte beaucoup à l’Europe et nous devons obtenir davantage. Il faut que nos relations soient fixées par un meilleur accord avec l’Union européenne. Seuls les conservateurs peuvent l’obtenir.
Il y a 60 ans, les soldats britanniques se sont battus pour la liberté. S’ils se sont sacrifiés, c’est parce qu’ils se battaient pour un État-nation. Voilà pourquoi je suis hostile à l’abandon de pouvoir au profit de Bruxelles.

Source
Daily Telegraph (Royaume-Uni)

« If Labour had its way, Britain would cease to be a nation state », par Michael Howard, Daily Telegraph, 9 juin 2004.