L’acceptation d’un référendum sur sa destitution par Hugo Chavez a surpris tous ceux qui pensaient que le dirigeant autocrate ferait tout pour l’empêcher. Toutefois, ce référendum n’a pas été obtenu facilement car l’opposition a dû faire face à ses différences et surmonter les obstacles légaux mis en place par le gouvernement. Les observateurs étrangers, le Carter Center et l’Organisation des États américains, ont dû rester dans le pays en dépit des menaces visant à limiter ou interdire leur présence.
Toutefois, tant que l’opposition et la communauté internationale sont résolus à organiser un référendum, le coût pour Chavez d’empêcher ce vote était trop lourd et les condamnations internationales auraient fini par lui nuire. C’est à cause de cette pression internationale que Pinochet au Chili, puis Ortega au Nicaragua, durent abandonner le pouvoir. Entre temps, Manuel Noriega au Panama qui n’avait pas accepté de quitter le pouvoir a dû en payer le prix. Il était déjà difficile pour les dirigeants autoritaires de résister à la vague de démocratisation des années 80 en Amérique du Sud, mais cela est encore plus dur aujourd’hui où, à l’exception de Cuba, tous les pays de l’hémisphère sont des démocraties, même imparfaites. En outre, l’Organisation des États américains s’est désormais décidée à promouvoir la démocratie dans sa charte et s’en est prise aux excès antidémocratiques au Pérou, au Guatemala ou au Paraguay. L’Organisation des États américains a joué un rôle déterminant dans la crise au Venezuela en parvenant à trouver un accord entre l’opposition et le gouvernement sur la tenue d’un référendum. _Aujourd’hui toutefois, la question du Venezuela n’est pas réglée car il faudra s’assurer que le référendum ne donne pas lieu à une fraude ou refuse l’accès des observateurs sous prétexte qu’ils sont soutenus par la National Endowment for Democracy. Toutefois, ce référendum est un signal fort pour les dirigeants autoritaires potentiels.

Source
Christian Science Monitor (États-Unis)

« While risky, Chávez recall shows global pressure works », par Mark Feierstein, Christian Science Monitor, 15 juin 2004.