Je suis heureux de vous retrouver aujourd’hui pour cette nouvelle conférence de presse.

Je commencerai par évoquer la situation internationale et la crise du Liban. La France a condamné hier le drame de Cana, acte injustifiable qui a bouleversé tous nos compatriotes. Après la mort de quatre soldats de la Finul, après les tirs de roquette répétés contre Israël, c’est une nouvelle preuve de la radicalisation du conflit. Cet engrenage choque profondément chacun d’entre nous : j’en suis convaincu, la violence appelle la violence, elle nourrit le sentiment d’injustice et de haine de toutes les parties. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une réponse rapide de la communauté internationale, suivant les étapes proposées par le président de la République :

- Première étape : la cessation immédiate des hostilités pour un cessez-le-feu durable. C’est la condition nécessaire pour alléger les souffrances intolérables des populations civiles. C’est aussi la base d’un règlement politique du conflit. Les Nations unies ont adopté cette nuit une déclaration déplorant les pertes civiles et appelant à l’arrêt des violences. Israël a annoncé un arrêt des bombardements aériens durant 48 heures. C’est, pour la France, un premier pas, mais un pas insuffisant au regard des enjeux actuels. Nous devons tous ensemble redoubler d’efforts pour parvenir à la cessation immédiate des hostilités demandée par le président de la République. Elle est attendue par les populations, souhaitée par la grande majorité des Etats et indispensable à la mise en place d’une solution politique durable.

- Deuxième étape : un accord politique entre toutes les parties. Il doit permettre de garantir la sécurité d’Israël et de rétablir la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire. Les éléments d’une solution sont connus.

- Troisième étape : le déploiement d’une force internationale sous mandat des Nations unies. Comme le président de la République l’a rappelé, l’envoi de cette force internationale et une éventuelle participation française n’ont de sens qu’après la mise en place d’un accord politique soutenu explicitement par toutes les parties concernées. La France a présenté hier un projet de résolution au Conseil de sécurité qui veut prendre en compte tous les éléments du conflit : à la fois les questions de sécurité, de frontières et de maintien de la paix. Nous souhaitons son adoption le plus rapidement possible. Nous sommes évidemment prêts à nous concerter avec tous nos partenaires, et notamment les Américains, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, nos partenaires européens et les pays arabes, pour parvenir à un accord à New York le plus rapidement possible.

J’ai eu l’occasion de présenter la position française à l’ensemble des formations politiques la semaine dernière. Je me réjouis de constater l’unité de vue, le très large consensus qui s’est exprimé à cette occasion. Elle est un atout pour notre pays dans sa volonté de participer pleinement à la définition d’une solution diplomatique à la crise. Je suis naturellement disposé à apporter à ces formations politiques, régulièrement, les éléments d’information nécessaires. Nous avons besoin de cette unité nationale qui renforce la voix et la capacité de la France sur la scène internationale.

Un règlement rapide est d’autant plus nécessaire que, dans l’ensemble du Moyen-Orient, la situation reste instable. Les violences quotidiennes en Irak comme les ambitions nucléaires de l’Iran nous rappellent la nécessité d’un engagement fort de la communauté internationale :

- Philippe Douste-Blazy est aujourd’hui au Liban pour la troisième fois depuis le 12 juillet, afin de marquer notre solidarité avec le peuple libanais et continuer à avancer vers la recherche d’une solution politique.

- Nous continuons à travailler activement avec les autres pays européens, la Russie, la Chine et les Etats-Unis à une solution politique à la crise iranienne : une résolution a été adoptée ce matin au Conseil de sécurité des Nations unies.

S’agissant des ressortissants français au Liban, le gouvernement reste pleinement mobilisé pour évacuer ceux qui le souhaitent. Je tiens à saluer les militaires français et les agents de l’Etat, les bénévoles et les associations, qui travaillent sans relâche dans des conditions difficiles et souvent dangereuses. (…)./.

Source
France (Premier ministre)