La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a pris une décision qui fixe un dangereux précédent en violant le droit des citoyens à requérir une justice fédérale traitant leur plainte. La question que je posais était : le Serment d’allégeance est-il constitutionnel ? Le serment qui affirme que nous sommes une nation « Under God » [1] est récité quotidiennement dans les écoles publiques, dont celle fréquentée par ma fille. Comme je suis athée, elle doit donc réciter quotidiennement que les orientations religieuses de son père sont fausses.
Cette situation me touche personnellement et cela me donne le droit qu’une cour traite mon cas. Mais ce ne fut pas le cas car la cour estimait qu’elle ne pouvait pas se prononcer car je n’avais pas la garde de ma fille et que sa mère n’est pas opposée au contenu du Serment d’Allégeance. Elle a donc présenté cela comme une affaire familiale. Ce qui n’a pourtant rien à voir car j’ai commencé à me battre contre la mention « Under God » en 1998, quand la mère de ma fille et moi étions seulement amis et mon objectif est de défendre la loi de séparation des Églises et de l’État.
Si une école rétablissait la ségrégation est-ce qu’une mère noire divorcée ne pourrait pas porter plainte au motif que son mari soutien cette politique ? Si une école publique enseignait le créationnisme, est-ce qu’un père divorcé ne pourrait pas porter plainte sous prétexte que l’autre parent est un fondamentaliste ? Et que se passe-t-il si l’un des parents est d’accord quand un professeur fait lever ses élèves tous les jours pour leur faire dire que les athées sont des citoyens de second ordre ? C’est ce qui est en train de se passer.
Les institutions sont censées défendre les droits des citoyens, mais le Congrès a brisé la règle qui veut que les institutions ne se prononcent pas sur les questions religieuses, puis les cours de justice ont violé le droit de dénoncer ce comportement.
Que Dieu bénisse l’Amérique !

Source
New York Times (États-Unis)
Le New York Times ambitionne d’être le premier quotidien global au travers de ses éditions étrangères.

« Pledging Allegiance to My Daughter », par Michael Newdow, New York Times, 21 juin 2004.

[1] NDLR : Cette expression signifiant à la fois « sous l’attention de Dieu » ou « sous le commandement de Dieu » étant difficilement traduisible, nous avons décidé de la laisser telle quelle. Le « serment d’allégeance » est récité tous les jours par les écoliers états-uniens et présente les États-Unis comme une nation « Under God ».