À peine rendu public, le rapport de la Commission consultative Baker-Hamilton sur la guerre en Irak est violemment critiqué par les officiers supérieurs.

Stars & Stripes, le quotidien interne des forces armées états-uniennes, donne la parole à divers généraux qui condamnent tous les conclusions de la Commission. Selon eux, le rapport illustre une volonté politico-économique de sortie de crise, mais ne tient pas compte des réalités militaires de terrain. La Commission propose de retirer 150 000 hommes d’ici la fin 2008 et de laisser sur place 20 000 conseillers pour encadrer les forces irakiennes. Au regard de l’expérience vietnamienne, les généraux affirment que le processus d’irakisation du conflit suppose une formation préalable de plusieurs années des forces nationales. Selon eux, en cas de retrait précipité des GI’s, les insurgés ne manqueraient pas de s’attaquer aux conseillers US et l’armée irakienne serait dans l’incapacité de tenir le terrain. Ce serait la plus sûre recette pour une « humiliation nationale ».

L’état-major, qui s’est appuyé sur le Parti démocrate pour obtenir la démission de Donald Rumsfeld, persiste à réclamer plus d’hommes et plus de moyens pour poursuivre la guerre, sans limites budgétaires. Pour le sénateur John McCain, il est temps de « mettre le paquet » : « Il n’y a qu’une chose de pire que des fantassins et des marines épuisés : des fantassins et des marines vaincus ».