En sélectionnant John Edwards, John Kerry tente de redonner du jus à sa campagne qui en manque sincèrement. Mais cette tactique ne devrait pas plus fonctionner que pour Bob Dole et Walter Mondale. Ni Edwards, ni les discours de Kerry sur son expérience à la Apocalypse Now ne changeront la perception de base du public sur son caractère : cérébral, arrogant et distant.
Toutefois, cette image n’est pas nécessairement mauvaise car c’est peut-être justement le profil que cherchent les électeurs cette année après la succession de crises qu’a connu les États-Unis depuis 3 ans et demi. Les électeurs cherchent peut-être un président moins excitant, faisant la paix avec la France, ne polarisant plus la planète et ne creusant plus les déficits. Or, depuis qu’il gagne les primaires, Kerry tient un discours centriste. Il fait des propositions en matière d’emploi ou sur l’Irak que ne désavouerait pas Bush. Rien à voir avec les vociférations de Michael Moore ou de George Soros demandant un départ immédiat quel que soit le dirigeant au pouvoir.
Il ne propose pas une vraie alternative à Bush, mais ce n’est pas grave car les électeurs se prononceront plus sur ce qu’ils pensent du sortant dans leur vote que sur son opposant. Il a juste à se positionner en recours crédible.

Source
Los Angeles Times (États-Unis)

« Let Sleeping Pols Lie->http://www.latimes.com/news/opinion...] », par Max Boot, Los Angeles Times, 8 juillet 2004.