Réseau Voltaire

Discours 2007 du président George W. Bush sur l’état de l’Union

| Washington D. C. (États-Unis)
+

(Extraits relatifs à la politique étrangère des États-Unis)

Immigration

Offrir de l’espoir et des possibilités dans notre pays exige un régime d’immigration digne des États-Unis, notamment des lois qui sont équitables et des frontières dont la sécurité est assurée. Lorsque nos lois et nos frontières ne sont guère respectées, les intérêts de notre pays subissent un préjudice. Pour assurer la sécurité de nos frontières, nous sommes en train de doubler les effectifs de nos patrouilles et de financer la mise en place de nouvelles infrastructures et de nouveaux dispositifs techniques.

Toutefois, même en prenant toutes ces mesures, nous ne pouvons pas assurer totalement la sécurité de nos frontières si nous ne mettons pas fin aux pressions qui s’y exercent, et cela exige un programme d’admission temporaire de travailleurs. Nous devrions établir une voie légale et régulière pour que des travailleurs étrangers puissent venir travailler dans notre pays à titre temporaire. Il s’ensuivra qu’ils n’auront pas à tenter de venir clandestinement et que nos agents frontaliers seront libres de poursuivre les contrebandiers de stupéfiants, les criminels et les terroristes. Nous appliquerons nos lois en matière d’immigration sur le lieu de travail et donnerons aux employeurs les moyens de vérifier le statut légal de leurs travailleurs, de sorte qu’il n’y ait plus d’excuse à la violation de la loi. Il nous faut maintenir la grande tradition du creuset qui accueille et assimile les nouveaux venus. Il nous faut également régler le statut des immigrés en situation irrégulière qui sont déjà dans notre pays, sans animosité et sans amnistie.

Les opinions sont bien arrêtées dans cette enceinte lorsqu’il s’agit de l’immigration. Ayons un débat sérieux, civil et concluant, de sorte que vous puissiez voter, et que je puisse promulguer, une loi réformant l’ensemble du droit de l’immigration.

Énergie

Offrir de l’espoir et des possibilités dépend d’un approvisionnement stable en énergie qui assure le fonctionnement de l’économie américaine et qui maintient propre l’environnement des États-Unis. Depuis trop longtemps, notre pays dépend du pétrole de provenance étrangère. Cette dépendance nous laisse plus vulnérable à des pays hostiles et aux terroristes qui pourraient causer des perturbations immenses dans la livraison du pétrole, faire augmenter le cours du pétrole et porter gravement atteinte à notre économie.

Il est dans notre intérêt essentiel de diversifier l’approvisionnement énergétique de notre pays, et c’est la technologie qui nous permettra de progresser. Il nous faut continuer de changer la façon dont les États-Unis produisent de l’électricité, en ayant davantage recours à la technologie du charbon épuré, à l’énergie solaire et éolienne ainsi qu’à une énergie nucléaire non polluante et sans risque. Il nous faut poursuivre les travaux de recherche sur les batteries pour des véhicules hybrides et électriques et accroître l’emploi de véhicules diesel propres et de biocarburants. Nous devons continuer d’investir dans de nouvelles méthodes de production de l’éthanol, à l’aide de copeaux de bois, d’herbes, de déchets agricoles, etc.

Nous avons fait beaucoup de progrès grâce aux bonnes mesures prises à Washington et à la forte participation du marché. Maintenant, des progrès encore plus considérables sont à notre portée. Ce soir, je demande au Congrès de se joindre à moi pour réaliser un grand objectif. Fondons-nous sur les travaux que nous avons faits pour réduire la consommation d’essence aux États-Unis de 20 % au cours des dix prochaines années, ce qui permettrait de réduire l’ensemble de nos importations de l’équivalent des trois quarts de tout le pétrole que nous importons à l’heure actuelle du Moyen-Orient.

Pour atteindre cet objectif, nous devons augmenter l’approvisionnement en carburants de remplacement, en fixant une norme obligatoire exigeant une production de 133 milliards de litres de carburants renouvelables et de remplacement en 2017, soit près de cinq fois plus que l’objectif actuel. En même temps, il nous faut réformer et moderniser les normes en matière d’économies de carburant pour les voitures de la même manière que nous l’avons fait pour les véhicules utilitaires légers et conserver ainsi quelque 32 milliards de litres d’essence en 2017.

La réalisation de ces objectifs ambitieux réduira considérablement notre dépendance envers le pétrole de provenance étrangère, mais elle ne la supprimera pas. Il nous faut donc, tout en continuant de diversifier notre approvisionnement énergétique, augmenter aussi la production nationale de pétrole d’une façon respectueuse de l’environnement. En outre, afin de protéger notre pays contre des perturbations qui toucheraient gravement notre approvisionnement en pétrole, je demande au Congrès de doubler le volume actuel de notre réserve stratégique de pétrole.

Les États-Unis sont sur le point de faire des progrès technologiques qui nous permettront d’avoir une vie moins tributaire du pétrole. Ces technologies nous aideront à devenir de meilleurs gestionnaires de l’environnement, et elles nous aideront à faire face au grave problème des changements climatiques mondiaux.

La guerre mondiale contre le terrorisme

Pour nous tous qui nous trouvons dans cette salle, il n’y a pas de plus grande responsabilité que de protéger la population de ce pays contre le danger. Cinq années ont passé depuis que nous avons vu les scènes et ressenti la douleur que les terroristes peuvent causer. Nous avons eu le temps de faire le bilan. Nous avons ajouté nombre de protections essentielles afin de protéger notre territoire. Nous sommes convaincus que les horreurs de ce matin de septembre n’étaient qu’un aperçu de ce que les terroristes pourraient nous réserver - si nous ne les arrêtions pas.

Avec le recul du temps, nous en arrivons à débattre les causes du conflit et la voie que nous avons empruntée. De tels débats sont essentiels lorsqu’une grande démocratie est confrontée à de grandes questions. Il n’en demeure pas moins qu’une question a certainement été résolue, et c’est que pour remporter la guerre contre le terrorisme, il nous faut porter le combat chez l’ennemi.

Depuis le début, l’Amérique et ses alliés ont protégé notre peuple en restant sur l’offensive. L’ennemi sait que les jours d’un sanctuaire confortable, de déplacements faciles, de financement régulier et de libres communications sont révolus depuis longtemps. Pour les terroristes, la vie n’est plus la même depuis le 11 septembre.

On mesure souvent les succès remportés dans cette guerre par rapport aux événements qui ne se sont pas produits. Nous ne pouvons connaître l’ampleur exacte des attaques que nous et nos alliés avons empêchées, mais voici quelques exemples de ce que nous savons : nous avons arrêté un complot d’Al-Qaïda qui prévoyait d’écraser un avion détourné dans le bâtiment le plus haut de la côte ouest. Nous avons démantelé une cellule terroriste d’Asie du Sud-Est qui préparait des agents pour commettre des attaques sur le territoire des États-Unis. Nous avons découvert une cellule d’Al-Qaïda qui mettait au point le bacille du charbon pour l’utiliser lors d’attaques contre l’Amérique. Et, pas plus tard qu’en août, les autorités britanniques ont mis à jour un complot portant sur l’explosion en vol, au-dessus de l’océan Atlantique, d’avions de ligne à destination des États-Unis. Pour chacune des vies sauvées, nous avons une dette de reconnaissance vis-à-vis de ces courageux fonctionnaires qui consacrent leur vie à débusquer les terroristes et à les arrêter.

Tout succès remporté contre les terroristes est un rappel des ambitions sans limites de cet ennemi. L’esprit diabolique qui a inspiré le 11 septembre et qui s’en est réjoui est toujours actif de par le monde. Et tant que cela sera le cas, l’Amérique sera une nation en guerre.

Dans l’esprit des terroristes, cette guerre a commencé bien avant le 11 septembre et elle ne cessera pas tant que leur vision extrémiste ne sera pas réalisée. Ces cinq dernières années nous ont donné un aperçu bien plus net de la nature de cet ennemi. Al-Qaïda et ses partisans sont des extrémistes sunnites, possédés par la haine et commandés par une idéologie sévère et étroite. Considérez n’importe quel principe lié à la civilisation et leur objectif est tout le contraire. C’est avec des menaces qu’ils prêchent, avec des balles et des bombes qu’ils instruisent (...) et ils promettent le paradis pour le meurtre d’innocents.

Nos ennemis sont très explicites à propos de leurs intentions. Ils veulent renverser des gouvernements modérés et établir des havres de sécurité à partir desquels ils prépareraient et exécuteraient de nouvelles attaques contre notre pays. En tuant et en terrorisant les Américains, ils veulent obliger notre pays à se retirer du monde et à abandonner la cause de la liberté. Ils seraient alors libres d’imposer leur volonté et de répandre leur idéologie totalitaire. Ecoutez cet avertissement de Zarqawi, ce terroriste aujourd’hui mort : « Nous sacrifierons notre sang et nos corps pour mettre fin à vos rêves, et ce qui vous attend est encore pire. » Oussama Ben Laden a quant à lui déclaré : « La mort est préférable à la vie sur cette Terre avec des incroyants parmi nous. »

Ces hommes n’ont pas l’habitude de parler pour ne rien dire et ils ne représentent qu’une partie du mouvement islamique radical. Ces derniers temps, il est devenu évident que nous sommes confrontés à un danger croissant de la part d’extrémistes chiites qui sont tout aussi hostiles à l’Amérique et tout aussi déterminés à dominer le Moyen-Orient. On sait que beaucoup prennent leurs ordres du régime iranien qui finance et arme des terroristes comme le Hezbollah, un groupe qui se place juste derrière Al-Qaïda pour ce qui est des vies américaines qu’il a prises.

Les extrémistes chiites et sunnites sont les visages différents de la même menace totalitaire. Mais quels que soient les slogans qu’ils scandent, lorsqu’ils massacrent des innocents, ils ont les mêmes objectifs malfaisants. Ils veulent tuer des Américains... tuer la démocratie au Moyen-Orient... et obtenir les armes qui leur permettront de tuer sur une échelle encore plus atroce.

Cela fait six ans que nous avons été attaqués, et j’aimerais pouvoir vous dire qu’il n’y a plus de danger. Mais ce n’est pas le cas. En conséquence, notre gouvernement maintient sa politique qui consiste à utiliser tous les moyens légaux et pertinents du renseignement, de la diplomatie, de l’application des lois et de l’action militaire pour faire notre devoir, débusquer ces ennemis et protéger le peuple américain.

Cette guerre ne se limite pas à l’affrontement des armes - il s’agit d’une lutte idéologique, et la sécurité de notre nation est en jeu. Pour gagner, nous devons éliminer les conditions qui inspirent la haine aveugle et qui ont poussé 19 hommes à monter dans des avions pour venir nous tuer. Ce que craignent le plus les terroristes, c’est la liberté - les sociétés où les hommes et les femmes font leurs propres choix, agissent selon leur conscience et vivent de leur espoir et non de leur rancune. Les peuples libres ne sont pas attirés par les idéologies violentes et mauvaises, et la plupart choisissent une meilleure voie lorsqu’on leur en donne la chance. Donc, nous agissons dans l’intérêt de notre propre sécurité en aidant les modérés, les réformateurs et ceux qui s’expriment avec courage en faveur de la démocratie. La question fondamentale de notre époque est celle de savoir si l’Amérique aidera les hommes et les femmes du Moyen-Orient à bâtir des sociétés libres et à jouir des droits de l’humanité tout entière. Comme je le dis, au nom de notre sécurité... nous le devons.

Ces deux dernières années, nous avons vu le désir de liberté se répandre dans le Moyen-Orient élargi, et nous avons été ramenés à la réalité par la féroce réaction de l’ennemi. En 2005, le monde a regardé les citoyens libanais lever la bannière de la Révolution du cèdre... expulser les occupants syriens... et choisir de nouveaux dirigeants par un scrutin libre. En 2005, le peuple de l’Afghanistan a défié les terroristes et élu un parlement démocratique. Et en 2005, les Irakiens ont organisé trois élections nationales - pour choisir un gouvernement de transition... adopter la constitution démocratique la plus progressiste du monde arabe... et ensuite élire un gouvernement en vertu de cette constitution. Malgré les menaces incessantes des meurtriers dissimulés en leur sein, près de 12 millions d’Irakiens sont allés voter dans une démonstration d’espoir et de solidarité que nous ne devrions jamais oublier.

Ce que voyant, un ennemi perspicace a ajusté ses tactiques et, en 2006, il s’est vengé. Au Liban, des assassins ont tué Pierre Gemayel, un membre influent de la Révolution du cèdre. Et les terroristes du Hezbollah, avec l’appui de la Syrie et de l’Iran, ont attisé le conflit dans la région et cherchent maintenant à saper la légitimité du gouvernement élu du Liban. En Afghanistan, les talibans et les combattants d’Al-Qaïda ont tenté de reprendre le pouvoir en se regroupant et en attaquant l’armée afghane et les forces de l’OTAN. En Irak, Al-Qaïda et d’autres extrémistes sunnites ont détruit l’un des endroits les plus sacrés de l’islam chiite, la Mosquée dorée de Samarra. Cette atrocité, qui visait un lieu de prière musulman, a été conçue de façon à provoquer des représailles de la part des Chiites irakiens - et cela a réussi. Des éléments extrémistes chiites, dont certains reçoivent des appuis de l’Iran, ont créé des escadrons de la mort. Il en est résulté une tragique escalade de la fureur et des représailles sectaires qui continue aujourd’hui.

Ce n’est pas pour cela que nous sommes allés en Irak, mais c’est la lutte dans laquelle nous nous trouvons impliqués. Chacun d’entre nous souhaite que cette guerre finisse rapidement et que nous soyons vainqueurs. Pourtant, ne pas tenir nos promesses, abandonner nos amis et négliger notre sécurité ne nous ressemble pas. Mesdames et Messieurs : aujourd’hui, à cette heure même, nous avons encore les moyens de décider de l’issue de cette bataille. Alors retrouvons notre résolution, et modifions le cours des événements vers la victoire.

Nous sommes en train de mettre en œuvre une nouvelle stratégie en Irak. Il s’agit d’un plan qui exige plus du gouvernement élu de l’Irak, et qui donne à nos forces sur le terrain les renforts dont elles ont besoin pour achever leur mission. Notre objectif est un Irak qui instaure l’État de droit, qui respecte les droits de son peuple et garantit sa sécurité, et qui est un allié dans la guerre contre le terrorisme.

Afin de faire des progrès vers cet objectif, le gouvernement irakien doit stopper la violence d’origine confessionnelle dans la capitale. Toutefois, les Irakiens ne sont pas encore prêts à le faire par leurs propres moyens. C’est pourquoi nous sommes en train de déployer des renforts de plus de 20.000 soldats et marines en Irak. La vaste majorité de ces troupes iront à Bagdad, où elles aideront les forces irakiennes à nettoyer et sécuriser les divers quartiers de la ville, et serviront de conseillers au sein d’unités de l’armée irakienne. Avec les Irakiens à la tête des opérations, nos forces aideront à sécuriser la ville en pourchassant les terroristes, les insurgés et les escadrons de la mort. Dans la province d’Anbar - où les terroristes d’Al-Qaïda se sont rassemblés et où des forces locales ont commencé à manifester la volonté de les combattre - nous expédions 4.000 marines supplémentaires qui ont ordre de débusquer les terroristes et de les éliminer. Nous n’avons pas chassé Al-Qaïda de sa terre d’accueil en Afghanistan pour la laisser trouver refuge dans un Irak libre.

Les Irakiens veulent vivre en paix, et maintenant il est temps que leur gouvernement agisse. Les dirigeants irakiens savent que notre engagement n’est pas indéfini. Ils ont promis de déployer plus de leurs propres troupes afin de sécuriser Bagdad - et ils doivent le faire. Ils ont promis de s’opposer à tous les extrémistes violents, quelle que soit leur faction ou leur parti politique. Ils doivent tenir leur promesse et lever les restrictions inutiles qui pèsent sur les forces irakiennes et coalisées, afin que ces troupes puissent accomplir leur mission d’instauration de la sécurité pour la population de Bagdad. Les dirigeants se sont engagés envers une série d’étapes menant à la réconciliation - partager les revenus du pétrole entre tous les citoyens irakiens... consacrer la richesse de l’Irak à la reconstruction du pays... et prendre la responsabilité de la sécurité dans toutes les provinces. Mais pour que tout cela ait lieu, la sécurité doit régner à Bagdad. Notre plan aidera le gouvernement irakien à reprendre le contrôle de sa capitale et à tenir ses engagements.

Mes chers concitoyens, nos commandants militaires et moi avons soigneusement soupesé les options. Nous avons discuté toutes les approches possibles. Si j’ai choisi finalement cette voie, c’est parce qu’elle offre la meilleure chance de succès. Vous êtes nombreux, dans cet hémicycle, à comprendre que l’Amérique n’a pas le droit d’échouer en Irak, parce que vous savez qu’un échec aurait des conséquences funestes et de grande ampleur.

Si les forces américaines devaient se retirer avant que l’ordre ne soit rétabli à Bagdad, le gouvernement irakien serait envahi par des extrémistes de tous bords. Nous pourrions alors nous attendre à une bataille épique entre les extrémistes chiites soutenus par l’Iran et les extrémistes sunnites appuyés par Al-Qaïda et les partisans de l’ancien régime. La contagion de la violence pourrait gagner l’ensemble du pays, et la région tout entière pourrait se trouver absorbée dans le conflit.

Pour l’Amérique, c’est un scénario de cauchemar. Pour l’ennemi, c’est l’objectif. Le chaos est son meilleur allié dans cette lutte. Et du chaos irakien il ressortirait un ennemi enhardi et renforcé par de nouveaux asiles, de nouvelles recrues, de nouvelles ressources, et une détermination encore plus grande de nuire à notre pays. Permettre une telle chose serait ignorer les leçons du 11 septembre et s’attirer la tragédie. Or, mesdames et messieurs, rien n’importe plus à ce moment de notre histoire que la réussite de l’Amérique au Moyen-Orient, sa réussite en Irak, car il s’agit d’épargner au peuple américain ce danger.

Voilà où en sont les choses ce soir, en leur état actuel. Je me suis entretenu avec nombre d’entre vous en personne. Je vous respecte, vous et les arguments que vous avancez. Nous avions démarré largement unis sur le plan de nos hypothèses et de nos convictions. Et quel qu’ait été votre vote, vous n’avez pas voté pour l’échec. Notre pays poursuit une nouvelle stratégie en Irak, et je vous demande de lui donner une chance d’aboutir. Et je vous demande de soutenir nos forces sur le terrain, ainsi que celles qui sont aujourd’hui en route.

La guerre contre le terrorisme que nous livrons aujourd’hui est une lutte générationnelle qui continuera longtemps après que vous et moi aurons cédé nos fonctions à d’autres. C’est pourquoi il importe d’œuvrer de concert de manière à ce que notre pays aille jusqu’au bout de ce grand effort. Les deux partis et les deux branches doivent travailler en consultation étroite. C’est pourquoi je propose d’établir un conseil consultatif spécial sur la guerre contre le terrorisme, composé de membres éminents du Congrès représentant les deux partis politiques. Nous partagerons nos idées sur la façon de permettre à l’Amérique de relever tout défi auquel elle aura à faire face. Et nous montrerons à nos ennemis à l’étranger que nous sommes unis dans notre objectif de victoire.

L’une des premières mesures que nous pouvons prendre ensemble consiste à étoffer les rangs de notre appareil militaire, de manière à ce que les forces armées des États-Unis soient à même de répondre aux défis du lendemain. Ce soir, je demande au Congrès d’autoriser une augmentation de 92.000 soldats de la taille de notre armée et de notre corps de marines d’active au cours des cinq prochaines années. Une deuxième tâche que nous pouvons accomplir ensemble est de concevoir et de créer un corps de réserve civile. Ce corps fonctionnerait à la manière d’une réserve militaire. Il allégerait le fardeau des forces armées en nous permettant de confier à des civils pourvus de qualifications cruciales des missions à l’étranger en tant que de besoin. Et il offrirait à des citoyens de tous les États-Unis qui ne portent pas l’uniforme une occasion de participer à la lutte déterminante de notre époque.

Nos concitoyens peuvent avoir confiance en l’issue de cette lutte, car nous ne la menons pas seuls. Nous avons en place une stratégie diplomatique destinée à rallier le monde à la lutte contre l’extrémisme. En Irak, les forces multinationales opèrent sous mandat des Nations unies, et nous collaborons avec la Jordanie, l’Arabie saoudite, l’Égypte et les États du Golfe afin d’accroître le soutien apporté au gouvernement irakien. Les Nations unies ont appliqué des sanctions à l’Iran, en soulignant que le monde ne permettrait pas à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Avec les autres membres du Quatuor, à savoir l’ONU, l’Union européenne et la Russie, nous poursuivons une diplomatie destinée à contribuer à instaurer la paix en Terre sainte, et nous visons à la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité. En Afghanistan, l’OTAN a pris l’initiative en vue de repousser les talibans et l’offensive d’Al-Qaïda : c’est la première fois que l’Alliance a déployé des forces à l’extérieur de la région de l’Atlantique Nord. Avec nos partenaires chinois, japonais, russe et sud-coréen, nous menons une diplomatie intensive visant à établir une péninsule coréenne exempte d’armes nucléaires. Et nous continuerons de nous exprimer en faveur de la liberté dans des pays comme Cuba, le Bélarus et la Birmanie, et d’éveiller la conscience du monde en vue de sauver le peuple du Darfour.

Sida, paludisme

La politique étrangère des États-Unis ne se limite pas à la guerre et à la diplomatie. Notre travail dans le monde se fonde aussi sur une vérité intemporelle : à ceux qui ont beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé. Nous entendons l’appel qui nous est lancé à nous attaquer aux défis de la faim, de la pauvreté et de la maladie, et c’est précisément ce à quoi s’emploie l’Amérique. Nous devons continuer de lutter contre le VIH/sida, surtout en Afrique, et, parce que vous avez financé notre Plan d’aide d’urgence à la lutte contre le sida, le nombre de personnes recevant des médicaments vitaux est passé de 50.000 à plus de 800.000 en trois courtes années. Je vous demande de continuer à financer notre lutte contre le VIH/sida. Je vous demande aussi d’accorder 1,2 milliard de dollars sur cinq ans à la lutte contre le paludisme dans 15 pays d’Afrique. Je vous demande de financer le Compte du millénaire, de façon à ce que l’aide américaine parvienne aux populations qui en ont besoin, dans les pays où la démocratie progresse et où la corruption recule. Et continuons de soutenir l’expansion du commerce et l’atténuation de la dette qui offrent la meilleure chance d’améliorer les conditions de vie et d’éliminer la pauvreté.

Articles sous licence creative commons

Vous pouvez reproduire librement les articles du Réseau Voltaire à condition de citer la source et de ne pas les modifier ni les utiliser à des fins commerciales (licence CC BY-NC-ND).

Soutenir le Réseau Voltaire

Vous utilisez ce site où vous trouvez des analyses de qualité qui vous aident à vous forger votre compréhension du monde. Ce site ne peut exister sans votre soutien financier.
Aidez-nous par un don.

Comment participer au Réseau Voltaire ?

Traducteurs de niveau professionnel : vous pouvez nous aider à rendre ce site accessible dans votre langue maternelle.

L'invasion turque du Rojava
Tout ce que l’on vous cache sur l’opération turque « Source de paix » (3/3)
L’invasion turque du Rojava
par Thierry Meyssan
Le Kurdistan, imaginé par le colonialisme français
Tout ce que l’on vous cache sur l’opération turque « Source de paix » (2/3)
Le Kurdistan, imaginé par le colonialisme français
par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire
 
486. La « nation indispensable » est-elle « indispensable » ?
« Horizons et débats », n°22, 14 octobre 2019
La « nation indispensable » est-elle « indispensable » ?
Partenaires
 
485. « Opération Libero »
« Horizons et débats », n°21, 30 septembre 2019
« Opération Libero »
Partenaires
 
L'Otan derrière l'attaque turque en Syrie
L’Otan derrière l’attaque turque en Syrie
par Manlio Dinucci, Réseau Voltaire