Efrain Rios Montt, général retraité ayant dirigé le Guatemala au début des années 80 et s’étant rendu coupable d’ « acte de génocide » d’après la commission vérité de l’ONU, se présente à la présidence du Guatemala ce week-end [1]. Durant sa campagne, il a utilisé une photo le représentant en compagnie de Ronald Reagan, à une époque où le président états-unien le qualifiait de « démocrate » et rejetait les accusations contre lui tout en l’aidant militairement. Depuis, on a trouvé des centaines de charniers. Une commission vérité de l’ONU a référencé des dizaines de milliers de crimes commis par le gouvernement guatémaltèque et un beaucoup plus petit nombre commis par les guérillas gauchistes. Bill Clinton a présenté ses excuses au Guatemala pour l’aide apporté par les États-Unis aux tortionnaires et a aidé financièrement le pays pour que, avec l’aide de l’ONU, on assiste à un retour du droit.
Malgré tout, aujourd’hui, seuls deux dirigeants ont été inculpés et ces accusations ne sont advenues qu’après l’assassinat de nombreux témoins et la fuite du pays de nombreux juges, enquêteurs et procureurs qui avaient été menacés. Rioss Montt et ses officiers n’ont jamais été jugés pour les massacres des années 80 et aujourd’hui, il a une chance d’arriver au second tour de l’élection présidentielle. Quel que soit le vainqueur de cette élection, il faudra éviter que le Guatemala ne retombe dans la violence causée par les groupes armés en lien à la fois avec le gouvernement et le crime organisé.
Pour prévenir un retour à la guerre civile, les États-Unis et le monde doivent soutenir la commission vérité de l’ONU au Guatemala ; Ce pays à une position stratégique dans la région et Washington doit l’aider à nettoyer le désastre humain qu’il a contribué à provoquer.

Source
Washington Post (États-Unis)
Quotidien états-unien de référence, racheté en août 2013 par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.

« Party To Mass Murder ? », par Daniel Wilkinson, Washington Post, 12 novembre 2003.

[1] NDLR : L’élection a eu lieu et Rios Montt a finalement obtenu 17 % des voix à l’élection et n’est pas parvenu à atteindre le second tour de l’élection présidentielle