L’absence d’une réelle intégration des pays du Cône Sud, de l’Amérique latine et des Caraïbes a occupé le centre des débats et a été soulignée par de nombreux délégués lors de la présentation de leurs rapports en commission et en assemblée plénière.

Le chilien Jaime Estay, professeur de la Benemérita Université Autonome de Puebla, au Mexique, mit le doigt sur la plaie en signalant que le bilan de 30 années de supposée intégration de la région, qui devrait faciliter le bien-être et la multiplication des liens entre les peuples et les pays est négatif.

Il a souligné qu’aucune des nombreuses associations qui prolifèrent, comme la Communauté des Caraïbes, le MERCOSUR, la Communauté Andine des Nations, le Marché Commun Centre américain et même l’Association Latino américaine d’Intégration n’a réussi à obtenir de changements appréciables.

Cette réalité, dit-il, peut se vérifier dans le petit commerce intra régional existant et son manque d’attrait pour les grandes villes locales.

Il précise qu’un nouvel espoir, non exempt de défis, est né avec l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), et le projet de la Communauté Sud américaine des Nations (CNS), qui sont des alternatives aux traités de libre commerce (TLC) grace auxquels les Etats unis travaillent à recoloniser leur ancien pré carré.

Jaime Fuchs, de l’Université argentine des Mères de la Place de Mai, connu pour son long passé de militant de gauche, a déclaré que l’ALBAsera finalement la voie à prendre, parce que non seulement elle propose des solutions économiques, mais c’est également un projet qui peut résoudre les problèmes sociaux.

Il souligna les avancées intégrationnistes du MERCOSUR, qui s’est exprimé avec force dans les dernières réunions et sommets, d’autant plus, après l’intégration au groupe du Venezuela, faisant référence au sommet MERCOSUR de juillet 2006, à Córdova, en Argentine, durant lequel s’est approuvé l’agenda social pour réduire la pauvreté, favoriser la culture, l’éducation et la santé des peuples de la région en question.

Cependant, regrette t-il, ce qui est divulgué par la presse bourgeoise, insiste sur les points de désaccord, non pas sur les accords profitables, comme ceux signés par Cuba qui sont une coopération et aussi une manière de dépasser le blocus imposé par les Etats unis contre l’île.

Il a commenté que les avancées intégristes rencontrent généralement l’opposition des oligarchies des pays quelles touchent, car ces dernières représentent toujours, en fin de compte, les intérêts impérialistes.

Pour sa part, Didier Opertti, secrétaire général de l’Association Latino américaine d’Intégration (ALADI), constate que devant l’intégration qui s’entrevoit, en Amérique du Sud, les peuples espèrent plus de résultats, ce pour quoi il serait temps d’accélérer le processus ; une des solutions serait d’intégrer le solutions régionales aux stratégies nationales.

Pour que cette intégration soit défendable, il faut simplifier le processus et ne pas le mesurer sur le plan du commerce technocrate, mais aussi sous l’angle de la prise de conscience des communautés.

Les spécialistes en économie politique ont exposé la nécessité de travailler ensemble avec les mouvements sociaux pour construire des alternatives de changements révolutionnaires en Amérique latine et dans la Caraïbe.

Les participants d’une session de travail de la Société Latino américaine d’Economie Politique (SEPLA) se sont également prononcé en faveur d’une meilleure intégration avec les forces sociales pour faire face à la domination impérialiste de la région.

Antonio Elías, professeur uruguayen faisant partie du Comité Directeur de l’organisation, a déclaré que 2007 serait une année décisive en ce qui concerne le travail d’articulation interne et le fonctionnement, il faut absolument que la manière de réfléchir et mettre en œuvre du point de vue académique soit en adéquation avec la vie sociale et la fasse progresser.

La SEPLA est une organisation qui réfléchit en terme d’action politique et d’économie, a-t-il expliqué, avant d’annoncer une rencontre avec des mouvements sociaux, en septembre prochain, à Montevideo, Uruguay et en novembre, l’échange académique annuel, à Caracas, au Venezuela.

Jonathán Quirós Santos, chercheur au Centre d’Etudes de l’Economie Mondiale (CIEM), affirme que le soi disant commerce libre entre pays riches et pays pauvres est un concept hégémonique du point de vue socio économique et doit être remplacé.

L’expert a assuré que si l’on ne change pas d’exigences et de méthodes envers les pays pauvres, ceux-ci ne pourront jamais accéder aux marchés et aux quotas qui correspondent à leur population et à leurs nécessités.

Il a rappelé que de nombreuses richesses proviennent et sont produites dans les pays sous développés, alors que leur répartition et leur bénéfice profitent à des cercles de pouvoir ou à à des transnationales, qui adoptent des mesures protectionnistes, comme l’Union Européenne.

L’économiste cubain a insisté sur la nécessité que la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International aient une vision globale de ces réalités pour qu’ils aident les pays pauvres, d’autant plus qu’il n’existe aucun précepte déontologique, principe ou loi, obligeant les Etats Unis, l’Europe ou le Japon à redistribuer les bénéfices d’un commerce aussi inégal soit-il.

Il faut œuvrer pour que l’intégration des pays du Cône Sud, de l’Amérique latine et des Caraïbes se fasse pour le bénéfice des peuples, conclurent tous les experts en Economie, Sciences Sociales et Sociologie présents.

Source
Agence Cubaine de Nouvelles
L’Agence Cubaine de Nouvelles (ACN) est une division de l’Agence d’information nationale (AIN) de Cuba fondée le 21 mai 1974.

[www.cubainfo.ain.cu]