La situation en Palestine est entrée dans un tunnel sombre après les incidents de Gaza et leurs répercussions politiques et économiques. Israël tente par tous les moyens de jeter de l’huile sur le feu et d’exploiter les dissensions entre le Fatah et le Hamas pour poursuivre ses attaques contre les mouvements de Résistance palestiniens, qui provoquent tous les jours des morts et des blessés.
Selon des sources bien informées, la campagne politico-militaire israélienne va aller crescendo dans les semaines à venir conformément au plan suivant :

- Accroissement des pressions contre le cabinet de crise de Salam Fayyad pour la prise de mesures concertées avec Israël afin de pourchasser les mouvements de Résistance, y compris les factions du Fatah favorables à la poursuite de la lutte armée. Ainsi, la politique du bâton et de la carotte qui a miné les accords d’Oslo puis la Feuille de route, et qui s’est terminée par l’encerclement de Yasser Arafat dans la Mouqataa avant son assassinat, revient en force. Le président Mahmoud Abbas et son équipe accepteront-ils de tremper leurs mains dans le sang palestinien pour servir des intérêts américains et israéliens en contrepartie d’une promesse de la levée du blocus financier et économique imposé à l’Autorité palestinienne ?

- Resserrement du blocus économique et militaire contre la Bande de Gaza, qui sera soumise à une guerre d’usure en préparation à une invasion totale dont les plans ambitieux sont actuellement peaufinés par le nouveau ministre de la Défense, Ehud Barak. Celui-ci espère qu’une victoire facile contre le Hamas paverait la voie à accession au poste de Premier ministre.

Presse arabe

Les médias arabes et internationaux se sont intéressés au discours du président palestinien, Mahmoud Abbas, qui a exclu mercredi tout dialogue avec le mouvement Hamas qu’il a accusé d’avoir tenté de l’assassiner.
Il a par ailleurs appelé, lors d’un discours devant le Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (CCOLP), à la tenue d’une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien.
« Pas de dialogue avec les putschistes, les meurtriers et les terroristes », a lancé M. Abbas, dans une violente diatribe sans précédent contre le Hamas qui contrôle la bande de Gaza depuis le 15 juin. « Notre objectif principal est d’empêcher que le chaos ne se propage à la Cisjordanie », a-t-il dit.
Accusant des « éléments régionaux », qu’il n’a pas nommés, d’avoir participé à la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, il a affirmé que ce dernier souhaitait instaurer un « Émirat » dans le territoire palestinien. « Il s’agit d’un plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Emirat, un mini-État, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes », a affirmé M. Abbas. « Il s’agissait d’un plan prémédité sur lequel se sont mis d’accord les dirigeants du Hamas à Gaza et à l’étranger, avec des éléments régionaux ».
M. Abbas, dont c’est le premier discours depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, a aussi accusé les islamistes d’avoir fait échouer le dialogue pour parvenir à un règlement de la crise inter-palestinienne. « J’ai mis en œuvre des moyens considérables, y compris la poursuite du dialogue, avant et après les accords de la Mecque, avec patience et tolérance, afin de régler les problèmes intérieurs et éviter une guerre civile, un bain de sang et progresser sur la voie de la démocratie », a-t-il poursuivi.
Il a affirmé que le Hamas avait tenté de l’assassiner. « J’ai reçu des informations en provenance de Gaza selon lesquelles ils voulaient m’assassiner », a dit M. Abbas.
Réagissant à ce discours, un porte-parole du Hamas, Aymane Taha, a accusé le dirigeant palestinien de mensonges. Ce discours est « d’un genre burlesque, rempli de mensonges et de fausses vérités ».
« Nous appelons à la reprise des négociations -les conditions actuelles ne les empêchent pas- et cela dans le cadre d’une conférence internationale sur laquelle nous nous serons mis d’accord » avec les Israéliens, a encore dit M. Abbas.
Le CCOLP, qui compte 130 membres, est une instance intermédiaire de l’OLP habilitée à prendre les décisions capitales au sein de la centrale palestinienne, qui chapeaute l’Autorité dont M. Abbas est le président.

Les journaux arabes ont accordé une large couverture à l’affaire des vingt-quatre garçons squelettiques, dont certains étaient attachés à des lits, découverts la semaine dernière par les forces irakiennes et états-uniennes dans un orphelinat de Bagdad.
Agés de 3 à 15 ans, les garçons étaient nus dans une pièce noire sans fenêtres. La plupart d’entre eux étaient attachés à des lits et trop faibles pour se tenir debout une fois les liens défaits. D’autres étaient couchés à même le sol et ne bougeaient pas, au point que les militaires « croyaient qu’ils étaient tous morts ».
Lorsque les militaires sont entrés dans l’orphelinat d’Al-Hanan, dans l’ouest de la capitale, le personnel de l’établissement public était sur place : trois femmes qui affirmaient être des gardiennes et deux hommes, un directeur et un vigile. L’un des enfants, que les médecins croyaient mort, avait « le corps couvert de mouches et était incapable de bouger. Nous avons dû bouger sa tête et la tenir pour être sûr » qu’il était vivant, a affirmé un sergent US.
D’après un reportage de CBS, le personnel de l’orphelinat s’emparait des biens pour les revendre sur des marchés.

La presse arabe a repris les propos du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov selon lesquels la Russie estime que les missiles iraniens ne représentent « aucune menace ». En visite à Téhéran où il participe à une rencontre des cinq chefs de la diplomatie des pays riverains de la mer Caspienne, le ministre a dit : « Nous ne voyons aucune sorte de menace de l’Iran. Par conséquent, nous ne comprenons pas pourquoi, pour justifier l’installation d’un système américain de défense antimissile en Europe, il faut utiliser le prétexte d’une réelle menace iranienne ».
La Russie a récemment appelé Washington à « geler » son projet d’extension de son bouclier antimissile à l’Europe, qui prévoit l’installation d’un radar en République tchèque et de missiles intercepteurs en Pologne. Moscou estime que ce projet vise avant tout à étendre le bouclier américain à proximité des frontières russes. Les États-Unis ont insisté sur le fait que ce système visait à parer les menaces d’États comme l’Iran. « Nous avons présenté de nombreuses études et avis de professionnels sur l’absence d’une telle menace iranienne », a encore dit M. Lavrov. Il a rappelé l’offre faite par le président Vladimir Poutine de mettre à disposition du projet états-unien la station radar de Gabala, située en Azerbaïdjan et louée par la Russie.
Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a indiqué le 15 juin que le radar de Gabala pourrait à la rigueur compléter, mais pas remplacer, le dispositif états-unien.
Sergueï Lavrov avait estimé le 9 juin dernier que le projet états-unien pouvait « sérieusement compliquer les efforts » en vue d’un règlement de la crise nucléaire iranienne.

AL KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Dans un article qu’il a signé, l’ancien député arabe de la Knesset, Azmi Bishara, a critiqué la formation d’un cabinet de crise par le président palestinien Mahmoud Abba. Il a estimé que les Palestiniens ne sont plus uniquement sous occupation mais ont maintenant un cabinet de crise sous occupation. Selon lui, Israël et les États-Unis s’étaient opposé à l’accord inter-palestinien de la Mecque qui constituait un camouflet à certains courants de l’Autorité palestinienne qu’ils ont longtemps appuyé et renforcé, même face à Yasser Arafat. Les deux pays ont cependant laissé faire car ils savaient pertinemment que le Fatah était très faible et ne résisterait pas devant une offensive du Hamas. Les scénarios en gestation visent à consacrer les deux entités palestiniennes qui se balanceront au bord du gouffre, voire tomberont dedans. C’est ce que Ehud Olmert qualifie de chance historique pour Israël. Il faut miser sur une médiation arabe pour éviter qu’un tel scénario ne se produise, de même qu’il est impératif d’unifier toutes les factions palestiniennes au sein de l’OLP.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
Alimenté par le conflit en Irak, le flux des réfugiés a recommencé à s’accroître dans le monde pour la première fois en cinq ans, s’alarme le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés.
Selon le HCR, le nombre des réfugiés a atteint en 2006 son niveau le plus élevé depuis 2002 et s’est accru de 14% par rapport à 2005, soit 1,2 million de réfugiés supplémentaires. Une situation due en grande partie à la présence hors de leur pays d’un million et demi d’Irakiens qui ont trouvé refuge principalement en Syrie et en Jordanie, a noté le HCR dans un rapport intitulé « Tendances mondiales en 2006 ».
Les Afghans constituent le groupe le plus important de réfugiés dans le monde avec 2,1 millions de ressortissants domiciliés dans 71 pays différents. Ils sont suivis par les Irakiens (1,5 million), les Soudanais (686000), les Somaliens (460000), et les réfugiés originaires de la République démocratique du Congo et du Burundi (400000 chacun).
En ajoutant les 4,3 millions de réfugiés palestiniens, qui relèvent de l’UNRWA, le nombre total de réfugiés dépasse les 14 millions de personnes dans le monde.
Le Pakistan arrive en tête de la liste des pays accueillant le plus grand nombre de réfugiés (2,1 millions) suivi par l’Iran. Ces deux Etats reçoivent 20% du total des réfugiés dans le monde, a relevé le HCR.
Les États-Unis arrivent en troisième position, précédant la Syrie et la Jordanie qui se rangent pour la première fois parmi les premiers pays d’accueil. Environ 500000 Irakiens ont trouvé refuge dans ces deux pays depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.
Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées l’an dernier dans leur propre pays, notamment en Colombie, en Irak, au Liban, au Sri Lanka, au Timor-Leste et au Soudan, a relevé le HCR. C’est en Colombie que l’organisation enregistre le plus grand nombre de tels déplacés, près de 3 millions

PRESSE SYRIENNE
La presse et les médias syriens ont rapporté l’information de la fermeture unilatérale par la Syrie du point de passage frontalier de Joussé, entre la localité libanaise de Kaa (Nord de la plaine de la Békaa) et la ville syrienne de Homs. Ils ont précisé qu’après la fermeture de ce passage, il ne restait plus que le point de Masnaa encore ouvert entre les deux pays. Deux autres passages situés au Liban-Nord avaient été fermés avec le début des combats entre l’armée libanaise et Fatah al-Islam.

Résumés des journaux télévisés des médias arabes

Les médias arabes se sont focalisés sur la situation en Palestine et les dernières déclarations du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Le haut tribunal libyen a fixé au 11 juillet prochain la date du verdict dans le procès en appel des 5 infirmières bulgares et du médecin palestinien. Ces derniers ont été condamnés à mort après l’injection du virus du sida à des centaines d’enfants libyens.

AL-ARABIYA (CHAINE SAOUDIENNE)
La levée du drapeau israélien sur un stade sportif au Caire a suscité des vives réactions de la part de parlementaires égyptiens du parti national au pouvoir et de l’opposition. Ils ont estimé que cet acte était « humiliant à l’égard des Égyptiens ».

AL-ALAM (CHAINE IRANIENNE ARABOPHONE)
Sept martyrs palestiniens sont tombés lors de combat avec les soldats israéliens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.

Chaîne satellitaire syrienne
La situation dans la région et les relations arabo-européennes ont été passés en revue lord d’une entretien entre le président (syrien) Bachar el-Assad et l’ancien Chancelier allemand Gerhard Shroeder.

Tendances et événements au liban

Le cabinet d’union nationale s’est imposée comme question essentielle dans les rencontres de la délégation de la Ligue arabe en visite à Beyrouth, surtout que Amr Moussa, qui a déjà effectué deux tournées au Liban ces sept derniers mois, connaît les détails de la crise libanaise et les positions des différents protagonistes. M. Moussa a entendu de la bouche du président de la République Emile Lahoud et du chef du Législatif Nabih Berri, que la formation d’un tel gouvernement constitue la démarche naturelle pour tout règlement de la crise. Le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, s’est pour sa part aligné sur la position du leader de l’ancienne milice chrétienne des Forces libanaises, Samir Geagea, qui a déclaré qu’avant de discuter de la formation d’un cabinet d’union, il fallait s’entendre sur son programme.
Une source de l’opposition souligne de son côté que les points de discorde entre les Libanais sont connus de tout le monde et que l’endroit naturel et idéal pour en débattre n’est autre qu’un cabinet d’union nationale. Elle craint que le 14-mars ne prenne des options destructrices qui pourraient aller jusqu’à l’élection d’un président de la République à la majorité absolue, alors que la tradition constitutionnelle veut que le quorum pour cette élection soit les deux tiers des députés. Même le député et ancien ministre de la Justice, Bahige Tabbara, proche compagnon de Rafic Hariri et membre du Courant du Futur, a estimé que les deux tiers sont nécessaires.
L’opposition pense que l’argument du 14-mars, selon lequel un dialogue sur le programme du gouvernement d’union avant la formation d’un tel cabinet, est destiné à gagner du temps pour imposer des faits accomplis servant l’agenda américain. Aussi, fait-elle assumer au gouvernement toute probable détérioration des relations entre le Liban et la Syrie. Elle soupçonne également le 14-mars d’être impliqué avec des groupes d’opposition syriens désirant procéder à des actes de subversion à partir du territoire libanais. Des informations font état de l’implication de certains cadres de la confrérie des Frères musulmans syriens, dirigée par Sadreddine Bayanouni, dans les incidents de Nahr el-Bared. Les liens entre Bayanouni et le 14-mars ont été tissés par l’ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, qui a fait défection pour créer un front commun avec les Frères musulmans.

Résumés des manchettes des journaux libanais


Les consultations effectuées à Beyrouth par le secrétaire général de la Ligue arabe et de la délégation arabe qui l’accompagne ont été le principal sujet traité par la presse libanaise.

Al-Hayat (quotidien saoudien)
Grâce à ses médiations et ses rencontres avec les différentes composantes du tissu politique libanais, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a réussi à les convaincre de se réunir autour d’une table de dialogue sous son patronage.

An-Nahar (Proche du 14-mars)
La délégation arabe en quête d’une solution à la crise libanaise a décidé de prolonger son séjour en vue de rétablir le dialogue entre toutes les parties libanaises. La délégation pourrait rencontrer le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah.

Al-Anwar (independant.)
L’armée libanaise contrôle la totalité du nouveau camp de Nahr el-Bared. Les survivants de Fatah al-Islam se sont repliés vers l’ancien camp.

Résumés des bulletins télévisés au Liban


La visite au Liban du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et de la délégation arabe qui l’accompagne, a été le principal sujet traité par les médias libanais.

AL-MANAR (TELEVISION DU HEZBOLLAH)
La mission de Amr Moussa est difficile. C’est à travers ses déclarations qu’on peut le comprendre et qu’il faut plus de consultations pour aboutir à des solutions. Des concertations qui ne sont pas seulement libanaises et arabes.

NTV (INDEPENDANTE. SENSIBLE AUX THESES DE L’OPPOSITION)
Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, a le don d’utiliser des termes qui portent plusieurs sens et ne décèle pas la vraie position de la Ligue arabe.

NBN (PROCHE DU PRESIDENT DU PARLEMENT, NABIH BERRI)
La délégation arabe essaie difficilement de se frayer un chemin parmi les mines dans sa quête d’une solution à la crise.

LBC (FORCES LIBANAISES, 14-MARS)
Une source diplomate arabe déclare que la mission de la délégation arabe a de petits espoirs d’aboutir à une solution. C’est une mission réaliste, surtout avec les ingérences régionales et internationales au Liban. Ajoutons les relations sensibles du Liban avec certains pays arabes.

FTV (APPARTIENT À LA FAMILLE HARIRI)
Les efforts de la délégation arabe coïncident avec la fermeture totale de la Syrie de ses frontières avec le Liban au niveau de la région du Kaa, sans donner des explications.

Talks shows audiovisuels libanais

AL-MANAR (TELEVISION DU HEZBOLLAH)
Emission « Quoi de plus ? »
Michel Samaha, ancien ministre
La délégation arabe a été formée suite à la Conférence arabe avec des conditions états-uniennes. Elle vient traiter de la question des frontières avec la Syrie et non pas des menaces israéliennes. Elle vient pour dire que ce n’est pas Israël qui est l’ennemi mais la Syrie et l’Iran, et cela c’est la pensée des régimes arabes.
La majorité parlementaire au Liban n’accepte pas de discuter du cabinet d’union nationale. Les propos de Walid Joumblatt (leader druze-14-mars) à Dick Cheney sur le renversement du régime syrien sont un appel à la guerre civile dans la région et à la guerre de 100 ans. C’est-à-dire faire du Liban une deuxième Somalie.

NBN (PROCHE DU PRESIDENT DU PARLEMENT, NABIH BERRY)
Emission « En résumé »
Ghassan Tueni, député de Beyrouth, 14-mars
Si tous les Libanais avaient soutenu l’armée libanaise en 1975 et s’ils lui avaient assuré une couverture politique, on aurait pu éviter la guerre civile.
Avec Nabih Berri, le chef du Législatif, est d’accord pour un découpage électorale basé sur le caza (la petite circonscription réclamée par les chrétiens). Le Patriarche Nasrallah Sfeir a donné son feu vert.