Tendances et événements régionaux

La diplomatie arabe s’active sur les différents dossiers chauds de la région. Selon des informations sûres, ce sont les Etats-Unis qui se tiennent derrière la réactivation du quartette arabe qui comprend l’Egypte, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie.
Une source diplomatique arabe révèle l’existence de divergences entre les membres du quartette sur les dossiers libanais et palestinien. Ces désaccords seraient essentiellement dus à des considérations internes à chacun de ces quatre pays et aux difficultés grandissantes rencontrées par l’Administration Bush avec l’approche du début de la campagne pour les présidentielles qui devraient probablement voir l’entrée d’un démocrate à la Maison-Blanche. Le prochain président abandonnera sans doute la politique des néo-conservateurs ardemment défendue par George Bush.
Cette même source invite les observateurs à noter les divergences entre les Arabes au sujet des moyens de régler les différends inter-palestiniens et inter-libanais. Alors que certains restent fermes et ne soutiennent aucun compromis, d’autres appellent au dialogue et font preuve d’une plus grande souplesse. En parallèle, de nombreuses capitales occidentales souhaitent poursuivre la politique d’ouverture à l’égard de Damas après que les relations avec la Syrie aient été très tendues au lendemain de l’invasion de l’Irak. Des Etats arabes sont également déterminés à améliorer leurs relations avec la Syrie, une tendance apparue à la faveur du sommet de Riyad, le 28 mars dernier.
Dans ce cadre, des informations font état d’une démarche égypto-saoudienne en direction de la Syrie, dont les premiers éléments pourraient apparaître dans les tous prochains jours.

Presse Internationale

Les agences de presse et médias arabes et internationaux se sont longuement étendus sur la rencontre entre le président américain George W. Bush et son homologue russe Vladimir Poutine, dans la résidence familiale de Kennebunkport.
Les deux chefs d’Etat devaient continuer ce lundi dans ce cadre détendu leurs discussions informelles pour apaiser les tensions récentes.
M. Poutine a été accueilli à son arrivée sur le sol américain par Bush père qui l’a accompagné jusqu’à la maison surplombant l’Atlantique et l’a aussitôt emmené faire du bateau avec son fils pour donner le ton de la rencontre.
Les deux présidents ont eu ensuite en présence de leurs ministres des Affaires étrangères une conversation « amicale » dans une « ambiance conviviale » autour d’un dîner de homard, avant d’aborder les questions de politique internationale.
Après un petit déjeuner en tête-à-tête, les deux présidents pourraient encore repartir pour une promenade en bateau propice à l’évocation des sujets sur lesquels Washington et Moscou ont des divergences profondes.
Les relations entre les Etats-Unis et la Russie sont à leur plus bas depuis longtemps.
M. Bush qui appelle le président russe son « ami Vladimir » mise sur l’air marin et les vertus du homard, la grande spécialité de cette région balnéaire parsemée de petits ports de pêche tranquilles, pour décrisper les relations.
Celles-ci ont surtout été affectées par le projet des Etats-Unis d’étendre leur bouclier antimissile à l’Europe.
M. Poutine attend de son homologue une réponse directe à la proposition qu’il a faite le 8 juin de partager une station radar exploitée par la Russie en Azerbaïdjan comme alternative au projet américain.
Les deux hommes auront moins de 24 heures dans la maison où George W. Bush passait ses étés quand il était enfant et où son père a reçu les grands de ce monde pour aborder aussi les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord, la situation au Proche-Orient.
Ils parleront peut-être aussi du statut du Kosovo dont M. Bush défend l’indépendance, ce à quoi la Russie, alliée traditionnelle de la Serbie, est très fermement opposée. Le dossier iranien sera également au menu.
La police britannique a indiqué progresser rapidement dans son enquête sur les trois attentats manqués de Londres et de Glasgow, aux liens « évidents » et pour lesquels elle a procédé à une cinquième arrestation.
L’enquête, la plus importante depuis les attentats du 7 juillet 2005, avance « extrêmement vite », a déclaré le chef de la section antiterroriste de Scotland Yard Peter Clarke.
Il a confirmé que de nouvelles informations émergeaient « d’heure en heure », soulignant que les liens entre les trois tentatives d’attentats à la voiture piégée étaient « de plus en plus évidents ».
La police a procédé à cinq arrestations : deux hommes avaient été arrêtés à Glasgow (Ecosse) samedi, après l’attentat contre l’aéroport, visé par une voiture en feu ; un homme de 26 ans et une femme de 27 ans l’ont été dans la nuit de samedi à dimanche sur une autoroute du Cheshire (nord-ouest) ; un autre homme a été arrêté dimanche à la mi-journée à Liverpool (nord-ouest).
La police a également procédé à plusieurs perquisitions, à Liverpool et près de Glasgow, ainsi qu’à Newcastle (nord).

La chaîne Sky News, s’appuyant sur des sources policières, estimait dimanche soir qu’au moins un suspect majeur était encore en fuite.
Les trois attentats manqués avaient conduit les autorités à relever le niveau d’alerte terroriste à son maximum, ce qui selon le ministère de l’Intérieur signifie qu’un nouvel attentat pourrait être imminent.
La sécurité a ainsi été renforcée dans tous les lieux publics, en particulier les gares et les aéroports.
Signe de la nervosité ambiante, le terminal 3 de l’aéroport londonien d’Heathrow, le plus important d’Europe, a été fermé pendant près de deux heures dimanche soir, après une fausse alerte à un colis piégé.
Le Premier ministre Gordon Brown, en poste depuis cinq jours seulement, a laissé entendre que ces trois tentatives d’attentats portaient la marque d’Al-Qaïda, qui n’a encore jamais utilisé cette méthode en Europe. « Il est clair que nous avons affaire d’une manière générale à des personnes qui sont associées avec Al-Qaïda » a déclaré M. Brown sur la BBC, ajoutant que le Royaume-Uni ne « céderait pas » et ne se laisserait pas « intimider », face à une menace « qui va durer ».
Une nouvelle réunion du comité Cobra, la cellule de crise du gouvernement a eu lieu dimanche, la quatrième depuis vendredi, occasion pour la ministre de l’Intérieur Jacqui Smith de rappeler à la vigilance les Britanniques.
Les deux personnes arrêtées pendant la nuit dans le Cheshire ont été conduites à Londres pour y être interrogées. Elles sont liées à la fois à l’attentat de Glasgow et à ceux de Londres, a précisé la police.

Deux voitures piégées avaient été découvertes vendredi à 2h00 du matin près de Piccadilly Circus dans le centre de Londres, un quartier très fréquenté même de nuit. L’une d’elles se trouvait près d’une discothèque.
A l’intérieur, la police a découvert des dizaines de litres d’essence, des bonbonnes de gaz et un très grand nombre de clous.

HAARETZ (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
Tzivi Bar’eel a estimé que le Hezbollah est la première victime de l’attentat contre la patrouille espagnole de la Finul qui a fait six morts, le dimanche 24 juin. Les Nations unies et le gouvernement libanais savent pertinemment que ce n’est pas le Hezbollah qui a commis cet attentat, mais une organisation terroriste qui combat aujourd’hui l’armée libanaise dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared. Le journaliste a évoqué des similitudes entre le Hezbollah et le Hamas, précisant toutefois qu’il n’y a pas de liens entre les deux mouvements. La situation délicate du Hezbollah au Liban est différente de celle du Hamas à Gaza. Mais en dépit des circonstances qui ne sont pas les mêmes, les deux mouvements ont une influence décisive sur ce qui ce passe dans leurs deux pays respectifs.

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a officiellement nommé le ministre des Affaires stratégiques, Avigdor Liberman, au poste de responsable du sabotage du programme nucléaire iranien. Depuis sa nomination, M. Liberman, qui jouit d’un soutien sans faille de la part des services relevant de la présidence du Conseil, est confronté à de graves difficultés provenant des autres services et institutions concernés par le dossier iranien. Contrairement à ce qui était le cas lorsque Amir Peretz était à la tête du ministère de la Défense, les relations entre Liberman et le nouveau ministre de la Défense, Ehud Barak, sont saines.

Presse Arabe

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdul Rahman ibn Hamad Al-Attiyah, a annoncé que les ministres de la Défense et les chefs des services de renseignements des pays membres du CCG vont tenir une réunion, mardi, à Riyad, pour examiner la dégradation de la situation au Moyen-Orient et ses éventuelles répercussions sur les Etats du Golfe. M. Attiyah a déclaré que les graves développements dans la région, notamment en Irak, ont incité les dirigeants du CCG à organiser cette réunion.

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a voulu traduire sa générosité envers le président Mahmoud Abbas, en commençant à transférer à partir de dimanche les millions de dollars de taxes fiscales et douanières collectées dus à l’Autorité palestinienne. « Nous avons décidé d’un mécanisme de transfert de ces fonds gelés et l’argent sera versé en plusieurs paiements à compter d’aujourd’hui à l’Autorité palestinienne », a indiqué un haut responsable israélien.« Le transfert de ces fonds sera effectué sur une période de six mois », a-t-il ajouté, en précisant que le montant des sommes dues était de 400 millions de dollars, une fois déduites les dettes de l’Autorité palestinienne envers Israël.
Ehud Olmert avait annoncé le 25 juin lors du sommet israélo-arabe de Charm el-Cheikh, en Egypte, l’intention de son gouvernement de « transférer sur une base régulière » à l’Autorité palestinienne les taxes fiscales et douanières collectées par Israël.
Cette mesure avait été annoncée pour épauler le président Mahmoud Abbas et le gouvernement de crise qu’il a mis en place après sa décision de limoger le cabinet du Premier ministre Ismael Haniyeh issu du Hamas dans la foulée de la prise de contrôle de la bande de Gaza le 15 juin par le mouvement.
Le gouvernement israélien avait approuvé le « principe » du transfert de la dette due aux Palestiniens à la veille du sommet de Charm el-Cheikh qui a réuni, outre MM. Olmert et Abbas, le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie.
Les fonds collectés par Israël d’un montant de quelque 600 millions de dollars proviennent de la TVA et des taxes douanières prélevées sur les produits destinés aux Palestiniens transitant par l’Etat hébreu.
Olmert s’était aussi engagé à libérer 250 membres du Fatah (sur les 11000 détenus dans les prisons israéliennes).
Par ailleurs, le gouvernement de Haniyeh a déployé quelque 200 agents de sécurité à la frontière entre la Bande de Gaza et l’Egypte.
Le roi de Jordanie, Abdallah II, a mis en garde contre les « répercussions catastrophiques » d’une éventuelle séparation entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Il a appelé les parties concernées à rattacher ces deux régions et à en faire une unité indivisible pour sauvegarder les intérêts et l’avenir du peuple palestinien.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül, a nié l’existence d’un accord secret signé en septembre 2003 avec les Etats-Unis conformément auquel Ankara s’engage à ne pas envahir le Nord de l’Irak, en contrepartie d’une aide états-unienne d’1 milliard de dollars. « Si un tel accord avait été signé, mon gouvernement n’aurait pas entrepris autant de démarches pour convaincre les États-uniens d’accroître la coopération et la coordination militaire contre les éléments du PKK kurde.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN EMIRATI)
Les Israéliens déploient d’intenses efforts pour creuser le fossé entre le Fatah et Hamas pour que les deux mouvements palestiniens continuent à s’entretuer. De la sorte, l’Etat hébreu veut faire diversion afin que l’opinion publique internationale oublie les crimes commis contre le peuple palestinien.

Talks-Shows audiovisuels arabes

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)

Couverture de l’actualité

Le colonel Mounir Maqdah, chef des milices du Fatah au Liban
Le mouvement Fatah au Liban va prochainement proposer une solution à la crise de Nahr el-Bared où l’armée affronte Fatah al-Islam depuis le 20 mai dernier.
Le plan consiste à déployer une force d’interposition palestinienne composer de 300 hommes.
90% des effectifs de cette force d’interposition ont déjà été rassemblés.

Tendances et événements au Liban

La décision du président George Bush d’interdire l’entrée des États-Unis à des personnalités politiques de l’opposition libanaise et à de hauts responsables syriens continuent de susciter diverses réactions. Les commentaires mettent l’accent sur la nature politique de cette mesure qui n’aura aucune répercussion pratique, vu que les personnalités visées n’ont aucune relation avec les États-uniens et ne se rendent pas ou peu aux États-Unis.
Les réactions soulignent dans leur ensemble un précédent dans l’utilisation d’une mesure légale contre des personnalités à cause de leurs opinions et convictions politiques. Cette décision est d’autant plus bizarre qu’elle vient d’une grande puissance qui prétend nuit et jour défendre les valeurs de la démocratie, de la liberté d’expression et le droit à la différence.
Une source dirigeante de l’opposition affirme que la mesure états-unienne illustre à quel point les alliés des États-Unis ont Liban (le 14-mars et le gouvernement de Fouad Siniora) sont dans une situation difficile et ont besoin d’une telle décision pour remonter leur moral et celui de leurs partisans.
La mesure de Bush est en fait dirigée contre des personnalités dont les noms ne sont pas apparus dans cette liste et qui commençaient à revoir leurs calculs et leurs positions en prévision d’un rapprochement avec l’opposition. Il s’agit donc d’une mise en garde à ces personnalités pour qu’elles ne rejoignent pas les rangs de l’opposition, ce qui pourrait changer radicalement l’équilibre de forces dans le pays. De la sorte, George Bush leur signifie que toute personne qui traite avec l’opposition libanaise est criminelle, après avoir fait de même avec tous ceux et celles qui entretiennent de bonnes avec le Hezbollah, qui est pourtant un des plus grands partis politique, sinon le plus grand, du Liban.
Drôle de démocratie que celle défendue par George Bush !

Résumés des manchettes des journaux libanais

AD-DIYAR (PROCHE DE L’OPPOSITION)
L’émissaire français Jean-Claude Cousseran est attendu au Liban dans les prochaines heures pour préparer la rencontre inter-libanaise de Paris qui doit réunir des personnalités de second rang du pouvoir et de l’opposition.

AS-SAFIR (INDEPENDANT, PROCHE DE L’OPPOSITION)
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri (Opposition), a estimé que toute attaque contre la Finul ou l’armée libanaise risque de provoquer l’effondrement de l’Etat au Liban.

AL-AKHBAR (PROCHE DE L’OPPOSITION)
Un plan de reconstruction du camp palestinien de Nahr al-Bared est sous étude. Il vise essentiellement à implanter définitivement au Liban les (450000) réfugiés palestiniens.

Journaux et agences de presse ont rapporté que le groupe intégriste sunnite Jound al-Cham (Les soldats du Levant), qui a affronté l’armée libanaise début juin, s’est auto-dissous et n’a plus aucune existence. Cette information provient d’un autre groupe intégriste Esbat al-Ansar (La Ligue des partisans), qui précise que des responsables des deux groupes se sont rencontrés pour débattre de la dissolution de Jound al-Cham. 23 miliciens de Jund al-Cham ont rejoint Esbat al-Ansar. Les autres ont désarmé et son rentrés chez aux.

Le commandant en chef de l’armée libanaise a déclaré que le « sang des soldats martyrs ne fera l’objet d’aucun marchandage » et a appelé les différentes forces politiques libanaises à faire des concessions mutuelles. Le général Michel Sleiman a ajouté que ce n’est pas l’armée qui a choisi le timing des combats de Nahr el-Bared mais les terroristes de Fatah al-Islam qui ont lâchement attaqué et tués les soldats. Le général a précisé que la question de l’armement palestinien au Liban sera examinée dans le cadre du dialogue et d’un compromis.

Résumés des journaux télévisés des médias libanais

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Les habitants de la banlieue sud de Beyrouth ont échappé de justesse à une catastrophe lorsqu’une partie d’un pont en construction s’est effondrée. Cet incident montre à quel point le gouvernement de Fouad Siniora prend à la légère la reconstruction des infrastructures détruites lors de l’agression israélienne de juillet 2006.

LBC (FORCES LIBANAISES, 14-MARS)
Les dossiers militaires et sécuritaires sont en ébullition. Par contre, les dossiers politiques semblent bloqués à cause des conditions rédhibitoires des uns et des autres.

Talk-Shows libanais

NTV (INDEPENDANTE, SENSIBLE AUX THESES DE L’OPPOSITION)

Emission « La semaine en une heure »

Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre (Opposition chrétienne)
(Le Premier ministre) Fouad Siniora classe les Libanais en pro-syriens et part à Washington quémander un soutien contre une partie de son peuple.
J’ai plusieurs fois rappelé à Siniora que l’opposition n’est pas basée à l’extérieur du pays et qu’elle faisait partie intégrante du tissu social et politique national.
Il est indispensable de former un cabinet de sauvetage qui devrait être le cadre pour un dialogue.
Le quorum de la séance d’élection du président de la République est les deux tiers des députés.
L’opposition va boycotter les élections partielles si le décret de convocation du corps électoral n’est pas signé par le président de la République.
Les députés et les notables de la circonscription du Metn vont déposer un recours en invalidation contre le décret du gouvernement d’organiser les partielles avec ou sans la signature du président.
Nous appuyons sans réserves l’armée libanaise. Les Palestiniens doivent savoir que la sécurité fait partie de la souveraineté du Liban.