Tendances et événements régionaux

La libération du journaliste britannique de la BBC, Alan Johnston, qui avait été enlevé le 12 mars à Gaza, constitue un grand succès pour le Hamas et a bénéficié d’une importante couverture des médias arabes et internationaux. Le mouvement islamiste palestinien a ainsi tenu les promesses qu’il avait faites après qu’il eut étendu son contrôle sur l’ensemble de la Bande de Gaza, le 15 juin.
La libération d’Alan Johnston, qui détient le « record » de la plus longue détention à Gaza pour un étranger avec 113 jours de captivité, a été obtenue suite à des pressions exercées par le Hamas. « Sans les pressions vraiment fortes du Hamas je serai encore dans cette pièce pour longtemps », a déclaré le journaliste, lors d’une conférence de presse à Gaza, en compagnie du Premier ministre Ismael Haniyeh.
Le Hamas a réussi là où l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas avait échoué durant les mois précédents.
M. Haniyeh lui a remis deux cadeaux avant de mettre un terme à la conférence de presse qui s’est tenue dans ses bureaux à Gaza : un drapeau palestinien dont il a enveloppé le journaliste et une boite sur laquelle était gravée la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est. « Le gouvernement palestinien dans la bande de Gaza est sérieux dans sa volonté d’imposer la sécurité et d’assurer la stabilité à l’intérieur de ce territoire. Nous voulons la sécurité également en Cisjordanie et à Jérusalem », a assuré M. Haniyeh.

Cette libération constitue donc un succès incontestable pour le Hamas qui a réussi à réduire significativement l’état de chaos qui régnait à Gaza. Pendant ce temps, le chef du cabinet de crise palestinien, Salam Fayad, est confronté à de sérieuses difficultés et semble avoir les mains liées par l’engagement de Mahmoud Abbas à désarmer les mouvements de résistance palestiniens. Une mesure qui a même été rejetée par les Brigades al-Aqsa, la branche armée du Fatah de M. Abbas. L’Autorité palestinienne subit de fortes pressions israéliennes et états-uniennes pour désarmer les factions, même au prix d’une guerre civile.
Les experts du dossier palestinien affirment que la période à venir va être marquée par des développements importants, surtout que le Hamas a défini les contours d’un projet de dialogue inter-palestinien, après avoir fait preuve d’une grande ouverture politique à Gaza parallèlement à un renforcement de son emprise sécuritaire. Les habitants de la Bande commencent d’ailleurs à ressentir une nette différence notamment au niveau du recul du banditisme, du trafic de drogue et de la déstabilisation. Autant de fléaux qui répandaient un climat d’angoisse et d’insécurité.

Presse Internationale

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (QUOTIDIEN ETATS-UNIEN)
Dans un article qu’il a signé, l’ancien secrétaire d’État, Henry Kissinger, propose à l’administration Bush un programme politique facilitant aux troupes US et à leurs alliés une sortie du marécage irakien. M. Kissinger préconise la mise en place d’un processus diplomatique permettant d’assurer un soutien interne pour faciliter la conclusion d’un accord inter-irakien, au cas où les acteurs locaux seraient incapables d’arriver à un compromis. L’ancien secrétaire d’État précise que l’objectif des États-Unis devrait être d’aboutir à un accord international sur l’Irak, qui permettrait de tester les réelles intentions des voisins de ce pays et de voir si les autres États sont prêts à transformer en politiques cohérentes des principes généraux. Selon lui, cet accord constituera un cadre juridique et politique pour condamner les parties qui seraient tenter d’en violer les clauses.

ADB (AGENCE DE PRESSE ALLEMANDE)
Contrairement à ce qui avait été annoncé le 29 juin, la liste européenne des organisations terroristes ne contient pas le nom du Hezbollah libanais. Le parti dont le nom est cité, et qui a provoqué une certaine confusion, est une formation liée à la Ligue des Moujahidine active dans le Cachemire, entre l’Inde et le Pakistan. L’Union européenne va geler les actifs de cette organisation conformément aux normes fixées au lendemain des attaques du 11 septembre 2001. La liste européenne comprend les noms de 35 personnes, ainsi que le Mouvement Hamas et l’organisation Moujahidine Khalq (Opposition armée iranienne).

LOS ANGELES TIMES (QUOTIDIEN AMERICAIN)
Joe Galloway écrit que les démocrates estiment qu’il n’est plus dans leur pouvoir de faire quoi que ce soit sinon se résigner et voter pour le financement de la guerre en Irak. Le fin mot de l’histoire est « la peur », cet héritage que George Bush, Dick Cheney et leurs légions de faucons néo-conservateurs lâches vont léguer. Ces gens ont planté la peur dans le cœur du peuple états-unien dès le lendemain des attentats du 11 septembre et en ont fait un refrain inlassablement ressassé. Dès que les mauvaises nouvelles (pour eux) pointent à l’horizon, ils brandissent le drapeau rouge, orange ou jaune. Le système national d’alerte contre la menace terroriste est devenu comme un panneau de signalisation routière qui fonctionne à longueur de journée, à l’exception du feu vert qui ne clignote jamais.

UPI (UNITED PRESS INTERNATIONAL)
Le général de réserve et député à la Knesset, Efi Eitam, a présenté son rapport à la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Sécurité sur l’aptitude des officiers supérieurs israéliens. Un important rapport publié par le Surveillant de l’État d’Israël, il y a six mois, affirmait que l’ancien chef d’état-major, le général Dan Halutz et de nombreux officiers, étaient inaptes à conduire la guerre contre le Liban en juillet-août 2006. À l’issue de ce rapport, la Knesset a chargé le général Eitam de faire sa propre évaluation. Or cet officier estime qu’une partie des problèmes rencontrés par l’armée israélienne lors de cette guerre a résulté du fait que des officiers supérieurs n’avaient pas les qualifications nécessaires pour accomplir leurs missions. Les carences se situent aussi bien au niveau de compétences que de l’entraînement.

TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
Trois mois environ avant les attentats manqués en Grande-Bretagne, un responsable d’Al-Qaida en Irak avait averti en avril un ecclésiastique britannique de prochaines attaques contre des cibles britanniques et qu’elles seraient effectuées par « ceux qui vous soignent », rapporte mercredi le Times. « Ceux qui vous soignent vous tueront », a déclaré euphémiquement le responsable de la nébuleuse terroriste à Andrew White, vicaire anglican, à l’occasion d’une réunion religieuse à Amman en Jordanie, selon le quotidien britannique.
Sept des huit suspects arrêtés à ce jour dans l’enquête sur les attentats manqués de Londres et Glasgow seraient médecins, selon des sources policières et les médias, la plupart travaillant pour le service de santé britannique.
« Il (le responsable d’Al-Qaida) m’a dit comment ils allaient détruire les Britanniques et les Américains. Il m’a dit que les plans avaient déjà été dressés et qu’ils détruiraient bientôt les Britanniques. Ceux qui vous soignent vous tueront, a-t-il dit », a indiqué le vicaire anglican au Times. White a indiqué qu’il avait communiqué cette mise en garde à un haut responsable au Foreign Office, mais en ne rapportant pas précisément pas ces termes.
Interrogé par l’AFP, une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a répondu que « le responsable en question ne se souvenait pas avoir eu une telle conversation » avec le vicaire anglican. Andrew White a précisé que le membre d’Al-Qaïda avait la quarantaine et prévenu que les attaques devaient avoir lieu dans les prochaines semaines et viseraient en premier lieu les Britanniques.

Presse Arabe

De nombreux journaux arabes ont évoqué la décision du cabinet de crise palestinien, qui a récupéré 118 millions de dollars sur ses fonds bloqués par Israël, de verser les salaires d’une armée de fonctionnaires impayés depuis plus d’un an, tout en excluant ceux associés au Hamas.
Ils ont aussi indiqué que le Premier ministre issu du Hamas, Ismael Hanniyeh, a rejeté l’équation de « la nourriture et les médicaments en contrepartie de concessions politiques ».
Hanniyeh a tenu ces propos après une manifestation de plusieurs centaines de fonctionnaires, à Gaza, qui ont refusé que leur gagne pain soit utilisé comme arme.
Pendant ce temps, l’Autorité palestinienne a repris sa coopération sécuritaire avec Israël. Dans ce cadre, les mouvements de résistance palestiniens ont rejeté ce qu’ils ont appelé « l’israélisation » des points de passage après la substitution du passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, par ce lui de Karm Abou Salem.
A Hébron, l’armée israélienne a abattu un jeune garçon qu’elle avait pris pour « un homme armé ».

Les quotidiens libanais As Safir (Indépendant, proche de l’opposition) et koweitien Al Qabas, ont commencé à publier conjointement une série d’articles, d’enquêtes et de reportages sur la guerre de juillet-août 2006 entre le Liban et Israël. Ces dossiers comportent des témoignages inédits de combattants du Hezbollah qui ont participé aux plus importantes batailles au cours desquelles l’armée israélienne a été défaite. Le dossier fait aussi le point de la reconstruction de l’après-guerre et de ce qui n’a toujours pas été reconstruit dans les différentes régions libanaises.

AL KHALIJE (QUOTIDIEN EMIRATI)
La situation sur la scène palestinienne est arrivée à un point dangereux qui menace d’une catastrophe nationale qui risque de balayer tous les sacrifices consentis pour la cause palestinienne ces soixante dernières années. Le conflit entre le Hamas et le Fatah a dépassé le stade des divergences de points de vue. Des facteurs internes et externes sont venus se greffer sur ce conflit, le compliquant davantage.

Tendances et événements au Liban

Les informations se multiplient et se précisent sur le nombre et le rôle des cadres d’origine saoudienne actifs dans les groupes impliqués dans les événements qui secouent le Liban depuis des semaines. Aussi bien au sein du groupe Fatah al-Islam, qui combat l’armée libanaise depuis le 20 mai dans le camp de Nahr al-Bared, que des cellules dormantes ou actives démantelées dans plusieurs régions du pays du Cèdre.

L’ambassadeur d’Arabie saoudite à Beyrouth, Abdel Aziz Khoja, avait reconnu dès les premiers jours des combats, que quatre ressortissants saoudiens font partie des morts de Fatah al-Islam. Depuis, un mur de silence s’est abattu sur ce dossier de la part des milieux officiels, très embarrassés par le fait que de nombreux ressortissants d’Arabie saoudite, leur principal allié, font parties de ces groupes jihadistes.
Les chiffres réels du nombre de morts saoudiens sont beaucoup plus élevés qu’on ne le pense. Des dizaines de combattants saoudiens se trouvent toujours à l’intérieur de Nahr el-Bared et de fébriles tractations sont en cours pour leur assurer une porte de sortie. En tout, il y aurait plus d’une centaine de combattants saoudiens, dont des cadres supérieurs, à Nahr el-Bared et ailleurs. Ils sont financés par des familles saoudiennes bien connues. Ce phénomène s’explique par les arguments suivants :
- Ce qui se passe actuellement serait une extension de la guerre entre al-Qaida d’un côté, les États-Unis et leurs alliés occidentaux de l’autre. Ce qui expliquerait la diversité des nationalités des combattants étrangers tués ou capturés au Liban (Saoudiens mais aussi Maghrébins, Tchétchènes, Afghans etc…).
- Ce qui se passe fait partie de la stratégie de réorientation états-unienne révélée par le célèbre journaliste Seymour Hersh en février, et reprise, depuis, par de nombreux experts occidentaux. Le vice-président Dick Cheney et le prince saoudien Bandar Ben Sultan ont décidé de financer des groupes sunnites pour faire face au Hezbollah et à l’Iran au Moyen-Orient. Les facilités obtenues par les combattants saoudiens et arabes, dont beaucoup sont entrés normalement via l’aéroport de Beyrouth, plaident en faveur de cette hypothèse.

Résumés des articles relatifs au Liban

L’armée libanaise a poursuivi ses opérations dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, où des combats l’opposent depuis plus de six semaines à des membres du groupe intégriste sunnite Fatah al-Islam.
Aux abords du camp situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Tripoli, la deuxième ville du Liban, des échanges de feu nourris étaient entendus.
« Des combattants du Fatah al-Islam ont tenté d’avancer vers des immeubles proches de la bordure du camp pour tirer en direction des soldats. L’artillerie de l’armée a riposté pour les faire reculer et faire taire les francs tireurs », a dit à la presse le porte-parole de l’armée.
Des tirs sporadiques d’armes automatiques entre soldats et tireurs embusqués avaient été entendus dans la journée.
« Il y a des mouvements de troupes au sol. Nous ratissons des immeubles » à l’intérieur du camp, avait alors déclaré ce porte-parole. Moins de 1000 civils seraient encore présents dans ce camp de réfugiés palestiniens, qui comptait avant le début des combats, le 20 mai, quelque 31000 habitants.
En dépit d’une situation sanitaire et humanitaire dégradée, selon des sources à l’intérieur du camp, les organisations de secours n’ont pu délivrer ni vivres ni eau depuis le 20 juin.

Fatah al-Islam, idéologiquement proche d’Al-Qaida, est apparu dans le camp en novembre 2006. Il compte des combattants palestiniens mais aussi d’autres nationalités, dont des Saoudiens, des Irakiens ou encore des Syriens, selon l’armée libanaise.
Les combats ont éclaté après une série d’embuscades et d’attaques contre l’armée libanaise dans la région dans lesquelles 27 soldats avaient été tués.
Depuis le début des affrontements au Nord du Liban, 170 personnes ont été tuées, dont 85 militaires et au moins 65 islamistes.

REUTERS (AGENCE DE PRESSE BRITANNIQUE)
Le chef de la Finul au Liban-Sud, le général italien Claudio Graziano, n’a pas exclu d’autres attaques contre ses troupes après l’attentat qui a fait 6 morts du contingent espagnol, le 24 juin. Le général a refusé d’établir un lien entre ce qui se passe dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, au Nord du Liban, où l’armée libanaise affronte Fatah al-Islam, et l’attaque contre la patrouille espagnole. Il a précisé qu’il attendait les résultats de l’enquête détaillée menée par les autorités libanaises, la Finul et l’Espagne. « Nous sommes déterminés à avoir de bonnes relations avec les habitants car la résolution 1701 et la mission de la Finul reposent sur le soutien de la population », a-t-il dit. Il a ajouté que les règles d’engagements sont assez fermes.

QPA (L’AGENCE DE PRESSE QATARI AL QABAS)
L’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al Thani, a reçu le chef de l’opposition chrétienne libanaise, le général Michel Aoun. Les entretiens ont porté sur les développements au Liban.

AL AKHBAR (PROCHE DE L’OPPOSITION)
- Le président de la République, le général Emile Lahoud, examine la possibilité de dissoudre le Parlement actuel qu’il juge « anticonstitutionnel ».
- Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, pourrait visiter Damas entre le 7 et le 9 juillet.

AS SAFIR (INDEPENDANT, PROCHE DE L’OPPOSITION)
Les dangers sécuritaires étouffent les Libanais et paralysent leur vie quotidienne.

AN NAHAR (INDEPENDANT, PROCHE DU 14-MARS)
Les aveux des combattants de Fatah al-Islam sont consignés et documentés. Et le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleiman, rejette l’option des deux gouvernements.

Résumés des journaux télévisés des médias libanais

AL MANAR (HEZBOLLAH)
L’émissaire français, Jean-Claude Cousseran, va ouvrir les canaux de contacts entre les différentes parties libanaises dont des représentants devraient se rencontrer à Paris entre le 14 et le 17 juillet.

LBC (FORCES LIBANAISES, 14-MARS)
La démarche de Jean-Claude Cousseran s’est accompagnée d’une promesse du Premier ministre français, François Fillon, de lancer des initiative en faveur de la paix au Liban et au Moyen-Orient.