Les différents cercles israéliens connaissent un débat de plus en plus animé sur la pertinence de la politique du gouvernement d’Olmert et de l’Administration US depuis que le mouvement Hamas a pris le contrôle de la Bande de Gaza, le 15 juin, après avoir battu les services de sécurité dirigés par Mohammed Dahlan, lesquels bénéficiaient d’un appui financier et logistique états-unien.
Des médias européens et israéliens ont procédé à une évaluation négative de cette politique basée sur l’isolement et les pressions multiformes. L’ancien ministre israélien Shlomo Ben Ami a signé un article dans lequel il exprime des doutes sur les capacités réelles du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à liquider le Hamas. Le ministre pense que faire assumer à M. Abbas et à ses services cette lourde tâche va accélérer non pas la fin du Hamas mais leur propre chute. Ben Ami estime qu’envoyer armes et argent à l’Autorité palestinienne ne règlera pas le problème, tant que Washington et Tel-Aviv refusent de donner la moindre contrepartie politique à Mahmoud Abbas. Bien au contraire, cela contribuera à renforcer le Hamas et les organisations palestiniennes qu’il qualifie de radicales. D’autres articles parus dans la presse israélienne avait appelé le gouvernement Olmert à ne pas chercher à isoler le Hamas et à entamer un dialogue avec le mouvement islamiste après la libération du journaliste britannique Alan Johnston, grâce à de fortes pressions exercées par le Hamas. Des appels également justifiées par l’apparition de profondes divergences au sein même du Fatah de Abbas dont la branche armée, les Brigades Al-Aqsa, ont rejeté la décision de désarmer prise par le cabinet de crise dirigé par Salam Fayyad.

Presse et agences internationales

EL PERIODICO (QUOTIDIEN ESPAGNOL)
Que le Parti socialiste ouvrier et le Parti populaire espagnols décident de ne pas ouvrir une bataille politique après les pertes subies par le contingent espagnol déployé dans le cadre de la Finul, au Sud du Liban, serait une bonne chose. L’Espagne est aujourd’hui confrontée à une affaire d’État qui nécessite le plus large consensus national. L’opposition doit demander des informations et des précisions au ministre de la Défense, responsable de l’absence d’un système de brouillage électronique au sein du transport de troupes blindé visé par la bombe. L’opinion publique doit par ailleurs savoir que lorsque nous envoyons des soldats dans des régions à conflits, ils doivent user des moyens adéquats pour accomplir leur mission.

EL PAIS (QUOTIDIEN ESPAGNOL)
Les relations entre le nouveau Premier ministre britannique Gordon Brown et son prédécesseur Tony Blair, commençaient à se détériorer ces derniers temps. Brown estimait que le transfert du pouvoir convenu depuis des années, et qui se faisait parfois de manière secrète, ne se fait pas assez rapidement. Mais il partage avec Blair la conviction que le Parti travailliste doit se positionner au centre gauche. Toutefois, sur le plan humain, ils sont dans des positions antagonistes. Blair a plutôt des penchants catholique, de fortes relations sociales et croit en l’Europe. Son successeur est un homme austère, fils d’un pasteur anglican et préfère garder ses distances en optant pour les relations officielles.

EL MUNDO (QUOTIDIEN ESPAGNOL)
Les présidents Georges Bush et Vladimir Poutine sont tombés d’accord sur un seul point lors de leur dernier sommet : le refus de voir l’Iran posséder l’arme nucléaire, car cela risque, selon eux, de déstabiliser l’ensemble de la région. Le défi de la prolifération nucléaire rapproche les positions des États-Unis et de la Russie. Mais beaucoup de points séparent les deux présidents dont les mandats touchent à leur fin. Le plus marquant est l’absence de confiance réciproque dans une monde qui n’est plus unipolaire, et le recul des libertés en Russie. Toutefois, cela ne devrait pas empêcher la poursuite de la coopération bilatérale.

YEDIOT AHARONOT (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
Le journal publie un rapport sur les mémoires de l’espion Marcus Klingberg qui travaillait pour les Soviétiques et qui vit aujourd’hui en France. Les services de renseignements israéliens ont été ainsi surpris de découvrir qu’un autre espion avait été recruté pour travailler pour le compte des Soviétiques. Un savant israélien de renom a également été condamné à la prison pour avoir donné des informations à l’Union soviétique. Le Mossad qui avait averti ce savant que les Soviétiques tenteraient de le recruter ne savaient pas qu’il travaillait déjà pour eux. Marcus Klingberg révèle dans ses mémoires que son épouse, Vanda, était elle aussi une espionne russe, alors que les services de renseignements israéliens avaient toujours assuré qu’elle n’était pas au courant des activités d’espionnage de son mari.

Presse arabe

- Les journaux arabes se sont longuement étendus sur la 103ème session ministérielle du Conseil de coopération du Golfe, qui a clôturé ses travaux vendredi soir à Djeddah, en Arabie saoudite. Les ministres des Affaires étrangères des six pays du CCG ont évoqué les développements au Moyen-Orient, notamment en Palestine, au Liban, en Irak et l’évolution du dossier nucléaire iranien. Ils ont également passé en revue les avancées au niveau de la politique de défense commune.
Dans le communiqué final, les ministres ont appelé au retour de la situation à Gaza telle qu’elle prévalait avant que le Hamas ne contrôle la Bande, le 15 juin.
Sur le plan libanais, le CCG a invité toutes les parties politiques à reprendre le dialogue pour faire échec à ceux qui tentent de déstabiliser le pays. Il a appelé les protagonistes à déployer les efforts nécessaires pour régler la crise actuelle. Les ministres ont également évoqué la situation en Irak et au Darfour.

- Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Sud bin-Faisal, a réaffirmé le droit des peuples à maîtriser l’énergie nucléaire, appelant à un règlement pacifique de la crise du nucléaire iranien. Il a par ailleurs précisé que la visite du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, en Arabie saoudite et en Syrie, prévue dimanche, s’inscrit dans le cadre des concertations permanentes entre les États arabes.
Le ministre a tenu ces propos lors d’une conférence de presse tenue en marge de la réunion ministérielle du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

- Selon l’Agence de presse britannique Reuters, le Haut commissariat des réfugiés (HCR) des Nations unies a accusé les pays donateurs d’avoir abandonné la Syrie et la Jordanie à leur sort dans une situation critique. Ces deux pays accueillent des centaines de milliers de réfugiés irakiens. Et tous les jours, des milliers de nouvelles personnes fuyant l’Irak franchissent la frontière avec ces deux pays. Ron Redmond, haut responsable au HCR, a précisé que la Syrie et la Jordanie abritent sur leur territoire le plus grand nombre de réfugiés irakiens. Pourtant, ils n’ont reçu aucune aide de la communauté internationale.

Talk-shows audiovisuels arabes

(APPARTIENT A L’HOMME D’AFFAIRES IRAKIEN NAZMI OUJI)
Couverture de l’actualité
Pete Domenici, sénateur US (Washington)
Je n’approuve pas la poursuite de la stratégie actuelle mise en œuvre en Irak par l’Administration Bush.
Je soutiens une stratégie qui sortirait les GI’s des opérations de combat et les mettrait sur le chemin du retour vers leur patrie.

AL-ALAM (TELEVISION IRANIENE ARABOPHONE)
Couverture de l’actualité
Raëd Kazimi, représentant du courant sadriste irakien à Damas
Le courant sadriste (dirigé par Moqtada al-Sadr) rejette catégoriquement la nouvelle loi sur le pétrole approuvée mercredi par le gouvernement de Nouri Maliki. La main-d’œuvre irakienne est complètement absente de tous ces projets et de ces investissements prévus par cette loi.
Conformément à la nouvelle loi, aucun expert irakien ne peut être employé ou recruté que cinq ans après le lancement d’un projet. Ce qui signifie que les compétences irakiennes sont mises à l’écart du développement du secteur pétrolier.
L’écoulement du pétrole est confié à des sociétés et des compagnies étrangères qui feront ce qu’elles voudront sans que personne ne les inquiète.

Tendances et évènements au Liban

Les déclarations et les commentaires de l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Jeffrey Feltman, (lors d’une longue interview accordée à une télévision libanaise jeudi soir) ont provoqué des réactions de colère dans de nombreux secteurs politiques et ont suscité une vague d’interrogations dans des milieux classés au centre (neutres). Certaines réactions ont estimé que l’ambassadeur a enfreint toutes les règles diplomatiques et a agi comme du temps des représentants des puissances coloniales qui se permettaient d’interférer dans les affaires des pays colonisés pour donner des instructions et définir des orientations.
M. Feltman a assuré qu’un nouveau président de la République serait élu quel que soit le nombre de députés présents, sous-entendant que les États-Unis passaient outre le quorum requis des deux tiers. Il a aussi demandé au commandant en chef de l’armée et au gouverneur de la Banque centrale de ne pas avoir de relations avec un nouveau gouvernement que le président Emile Lahoud pourrait éventuellement nommer. Ces prises de positions sont une ingérence flagrante dans les affaires internes du Liban et M. Feltman n’a même pas pris la peine de préserver les formes en faisant croire que les alliés des États-Unis au Liban avaient leur mot à dire. Il a donné d’eux l’image peu glorieuse de simples exécutants des décisions de Washington.
Pendant ce temps, la France déploie de sérieux efforts pour faire réussir la rencontre inter-libanaise de La Celle Saint-Cloud, prévue entre le 14 et le 17 juillet, sous les auspices du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. D’autre part, les regards se tournent vers Damas qui accueille ce dimanche le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, en provenance d’Arabie saoudite.
Certains analystes estiment que les États-Unis et leurs alliés libanais considèrent que toutes les initiatives internationales et arabes destinées à régler la crise libanaise ne sont qu’un passe-temps, en attendant la date de l’élection présidentielle que le 14-mars et les États-Unis veulent organiser unilatéralement sans consulter les autres forces politiques libanaises. Ces mêmes analystes mettent en garde contre un plan visant à semer le chaos et l’anarchie au Liban pour justifier la tenue de la séance de l’élection présidentielle à l’extérieur du Liban sous une couverture internationale dans le but de porter à la présidence l’ancien député Nassib Lahoud. M. Lahoud a été choisi comme candidat unique par le 14-mars sur une recommandation US afin que ses relations familiales en Arabie saoudite puissent être exploitées. Il est le beau-frère du roi Abdallah.
Si ce scénario est mis en œuvre, cela signifie que les États-Unis ont décidé de provoquer une explosion généralisée au Liban.

Talks Shows audiovisuels libanais

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Émission Le discours de l’heure
Michel Samaha, ancien ministre (Opposition) interdit d’entrée aux États-Unis
La rencontre inter-libanaise prévue en France ne permettra pas d’opérer une percée dans le mur de la crise libanaise.
Lorsque l’émissaire français Jean-Claude Cousseran a décidé de visiter Damas, le député (du 14-mars) Walid Eido a été assassiné. Le sang de la victime a été de nouveau exploité et les choses ont changé du jour au lendemain au Liban.
L’opposition va faire tomber le gouvernement actuel par des voies démocratiques et va former un nouveau cabinet à sa place.

Informations relatives au Liban

- Plusieurs journaux libanais ont cité une source française qui met en garde contre une anarchie constitutionnelle au Liban qui viendrait s’ajouter au chaos politique et à la déstabilisation sécuritaire. Selon cette source, si les Libanais n’arrivent pas à s’entendre sur une vision commune pour faire face aux échéances à venir, à travers la formation d’un cabinet d’union nationale, le pays risque de s’enfoncer dans une indescriptible anarchie constitutionnelle. Les Libanais doivent saisir l’opportunité de la rencontre inter-libanaise de La Celle Saint-Cloud pour surmonter ces défis et régler leurs différends.

- Le département de la communication et de l’information du Hezbollah a critiqué les ingérences du pouvoir libanais dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Le parti a dénoncé les pressions exercées par les avocats de certaines victimes proches du gouvernement libanais pour obtenir la destitution du juge chargé d’instruire ce dossier, Elias Eid. Pour le Hezbollah, cette affaire est une violation flagrante du principe de la séparation des pouvoirs. Le département a mis l’accent sur la nécessité de poursuivre les investigations jusqu’à ce que les auteurs de l’assassinat soient démasqués. Il a par ailleurs dénoncé l’utilisation par le 14-mars de l’enquête Hariri pour régler des comptes avec tous ceux qui ne partagent par leurs idées politiques.

- Selon le quotidien Al-Akhbar (proche de l’opposition) qui cite la première chaîne de télévision israélienne, les négociations entre le Hezbollah et Israël pour la libération des deux soldats israéliens, capturés le 12 juillet 2006, se poursuivent d’arrache-pied. Les médiateurs allemands multiplient les va-et-vient entre Tel-Aviv et Beyrouth, et le Hezbollah les auraient informé qu’il préférait que l’échange ait lieu avant le mois de septembre prochain. Le parti souhaite que l’État hébreu réponde positivement à ses demandes mais il n’est pas disposé à donner la moindre information sur l’état de santé des deux soldats faits prisonniers.

Résumé des manchettes des principaux journaux libanais

AN-NAHAR (INDEPENDANT, PROCHE DU 14-MARS)
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a assuré que la rencontre inter-libanaise en France n’entrave pas les démarches arabes visant à régler la crise libanaise. Le journal assure par ailleurs que l’enquête sur l’assassinat de l’ancien ministre Pierre Gemayel (14-mars) le 21 novembre 2006 est terminée et montre que Fatah al-Islam est responsable du meurtre.
D’autre part, le général Michel Aoun (Chef chrétien de l’opposition) a répondu à Samir Geagea (14-mars) en annonçant sa candidature à la présidence de la République. Le général Aoun a par ailleurs reçu un appel téléphonique de Saad Hariri en prévision d’une prochaine rencontre entre les deux hommes.

AS-SAFIR (INDEPENDANT, PROCHE DE L’OPPOSITION)
Le danger de voir le Liban sombrer dans l’anarchie constitutionnelle motive de nombreuses démarches internes et externes.
D’autre part, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad va prochainement visiter la Syrie, alors que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, va bientôt se rendre à Téhéran. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Mousa, est quant à lui chargé du dossier des discussions entre les Arabes et l’Iran.

AD-DIYAR (PROCHE DE L’OPPOSITION)
La polémique bat son plein entre Michel Aoun et Samir Geagea qui se livrent une véritable guerre verbale au sujet de l’élection présidentielle et de l’élection législatives partielle, prévue le 5 août.