Tendances et évènements régionaux

Deux gouvernements et un conflit politique ouvert : telle est l’image qu’offre la scène palestinienne après les derniers événements marqués par la prise de contrôle de la Bande de Gaza par le Hamas. Des analystes internationaux affirment qu’Israël projette de réactiver l’ancienne idée de la répartition des rôles entre l’Egypte et la Jordanie, déjà évoquée au lendemain de la guerre de 1967. La gestion de Gaza serait confiée au Caire et celle de la Cisjordanie à Amman. La mise en œuvre d’un tel scénario servirait exclusivement les intérêts d’Israël car il empêcherait l’émergence d’un État palestinien incarnant les aspirations identitaires des Palestiniens.
Après les derniers événements dramatiques, les experts pensent que le mouvement Hamas et confronté à plusieurs défis simultanés :
- 1 Présenter un modèle de pouvoir différent que celui qui était pratiqué par le Fatah. Il devrait prouver sa capacité à intégrer dans le jeu politique tous les autres mouvements palestiniens qu’ils soient islamistes ou laïques. Il doit aussi assurer les moyens nécessaires pour la poursuite de la lutte contre l’occupation israélienne à un moment où les informations font état de l’intention du nouveau ministre de la Défense, Ehud Barak, d’envahir la Bande de Gaza en y envoyant, dans les trois prochaines semaines, 20000 soldats.
- 2 Expliquez aux différents mouvements politiques palestiniens que le conflit actuel n’est pas une lutte pour le pouvoir entre le Fatah et le Hamas mais l’illustration des divergences entre un courant qui veut poursuivre la résistance et un autre qui est prêt à accepter des accords bradant les droits nationaux palestiniens.
- 3 Intensifier les efforts destinés à produire un accord politique interne ayant comme priorité la poursuite de la lutte contre l’occupation israélienne et le refus de partager la Palestine en deux territoires, Gaza et la Cisjordanie, le premier contrôlé par le Hamas et le second par le Fatah.
- 4 Initier une campagne médiatique énergique et transparente expliquant la vérité sur ce qui s’est passé et les orientations futures du Hamas, la priorité étant de se préparer à faire face à une éventuelle invasion israélienne et au massacre que Barak s’apprête à commettre dans les semaines à venir.

Presse internationale

HAARETZ (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
- L’Italie a proposé à la Syrie de l’aider à sortir de son isolement international en contrepartie de garanties que son contingent déployé au Sud du Liban dans le cadre de la Finul ne sera pas attaqué par le Hezbollah ou par d’autres organisations. L’Italie avait par ailleurs proposé à plusieurs reprises ces derniers mois d’envoyer des troupes multinationales dans la Bande de Gaza. Les messages italiens à la Syrie prouvent que malgré les bonnes intentions de Rome, le déploiement d’une force internationale ne mettra pas fin aux tirs de roquettes contre Israël et la poursuite de la contrebande d’armes vers la bande, car les Italiens finiront par conclure des accords avec le Hamas.
- Uzi Benziman écrit que pendant longtemps, les cercles du pouvoir en Israël s’étaient fermement opposés à une intervention internationale dans les arrangements de sécurité frontaliers. Mais cette règle a été brisée lors de la Deuxième guerre du Liban (Juillet 2006) avec le déploiement de la Finul à la frontière Nord. Aujourd’hui, Israël souhaite avec force la réédition de ce modèle sur le point de passage de Philadelphia après le chaos de Gaza. Ce chaos a poussé Ehud Olmert à se rendre à Washington pour examiner les moyens de sauvegarder les flancs d’Israël.
La violence sanglante à Gaza, qui a commencé à se déplacer vers la Cisjordanie, est avant tout l’œuvre des Palestiniens. Mais l’État hébreu trouvera du mal à convaincre les autres qu’il n’a pas joué un rôle de premier plan dans la détérioration actuelle. Soit à travers sa politique avec les Palestiniens, soit via sa riposte à la victoire du Hamas aux élections législatives.

AGENCE FRANCE PRESSE
La rébellion opérant dans le nord du Yémen a affirmé avoir accepté une proposition gouvernementale de cessez-le-feu, mettant fin à un conflit qui a fait des milliers de morts depuis 2004. « En réponse à l’appel du président Ali Abdallah Saleh, nous confirmons notre volonté d’accepter de mettre fin aux violences et à ne plus faire couler le sang », a affirmé le chef des rebelles Abdel Malek Al-Houti, dans un communiqué publié par le ministère de la Défense. Le chef rebelle a également exprimé son « respect pour le système républicain (du Yémen) » et son « adhésion à la constitution et aux lois » du pays.
L’agence officielle Saba avait annoncé que le Yémen « arrêterait immédiatement » ses opérations militaires contre les insurgés s’ils acceptaient de mettre un terme à leur mouvement de rébellion.
Abdel Malek Al-Houti a ajouté que la rébellion était tombée d’accord avec le gouvernement sur un ensemble de conditions, grâce à une médiation du Qatar.
Mais un responsable du parti du Congrès Populaire Général CPG), au pouvoir, a déclaré qu’aux termes de cet accord, les chefs rebelles, dont Houti, seraient exilés au Qatar. Ils ne seront pas autorisés à pratiquer une quelconque activité politique ou médiatique susceptible de nuire au Yémen, ni à quitter le Qatar sans permission du gouvernement yéménite, a ajouté ce responsable, parlant sous le couvert de l’anonymat.
En vertu de cet accord, les rebelles devront remettre leurs armes au gouvernement qui en échange reprendra le contrôle de la région et reconstruira les zones détruites pendant les combats, a-t-il encore indiqué.
Cette rébellion avait commencé en 2004 dans les environs de Saada, une région montagneuse et pauvre habitée en grande majorité par des zaïdites. Branche du chiisme, le zaïdisme est minoritaire au Yémen, pays à majorité sunnite, mais majoritaire dans le nord. C’est Badreddine Al-Houti et ses fils Abdel Malak et Yahia qui dirigent la rébellion.

WASHINGTON POST (QUOTIDIEN EATST-UNIEN) Dans un article publié dans le quotidien, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, estime que la diplomatie ferme et patiente a permis une nouvelle réalisation, modeste en apparence mais énorme dans sa portée humanitaire. Le président soudanais a enfin accepté le déploiement dans le Darfour d’une force conjointe des Nations unies et de l’Organisation de l’unité africaine. Malgré cela, l’inquiétude persiste car l’accord peut échouer. Il faudra plusieurs mois avant l’arrivée des premières unités et une période encore plus longue avant le déploiement de tout le contingent estimé à 23 000 hommes. Aussi, est-il probable que les combats se poursuivent même s’ils sont moins intenses, en dépit des appels répétés à un cessez-le-feu.

PRESSE ARABE

AL-CHARQ AL-AWSAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
Il y a une tentative d’ouvrir un nouveau front au Sud du Liban après le tir de trois roquettes katiouchas sur le Nord d’Israël. Une voiture de location portant une plaque d’immatriculation bleue est arrivée du village de Taybé vers celui de Edeissy dans le district de Marjayoun. Les passagers ont tiré les roquettes. L’une d’elles est tombée près d’un poste de la Finul. Le Hezbollah s’est empressé de nier toute responsabilité dans cette attaque. Des sources militaires israéliennes ont accusé un groupe palestinien d’être à l’origine des tirs.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Les États-Unis s’activent dans le but d’internationaliser l’affaire des armes du Hezbollah et s’efforcent de convaincre les Arabes de transporter cette question au Conseil de sécurité dans le cadre de la résolution 1701. Washington a tâté le terrain auprès de certaines capitales arabes pour évaluer les réactions à une telle mesure. Les pays arabes concerné ont averti les États-Unis de la gravité d’une telle démarche sur la stabilité et la sécurité au Liban et dans la région, surtout que le pays ne s’est pas encore remis des retombées de la formation du tribunal international chargé de juger les assassins de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Ce tribunal a été adopté sous la Chapitre VII par le Conseil de sécurité.

AL-WATAN (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
Selon le ministre saoudien de l’Intérieur, l’Iran détiendrait plusieurs personnes recherchées par Riyad. Les deux pays ont signé un accord de sécurité prévoyant l’extradition des repris de justice. Des milliers de partisans d’Al-Qaida ont fuit l’Afghanistan pour l’Iran à travers la frontière commune entre les deux pays. Entre 2 000 et 3 000 membres de l’organisation de Ben Laden, de diverses nationalités, auraient été arrêtés par les autorités iraniennes. Il y a peu de temps, Téhéran avait annoncé le démantèlement de l’un des plus importants réseaux terroristes appartenant à Al-Qaida, actif dans la région de la frontière irano-pakistanaise.

AR-RIYAD (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
Le ministre saoudien de l’Intérieur. Nayef Ben Abdel Aziz, a assuré que les États du Golfe ne permettront pas que leurs territoires soient utilisés comme base de départ à une éventuelle attaque contre l’Iran. De même qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Iran de prendre pour cible les pays arabes voisins s’il est attaqué par les États-Unis. Le ministre a appelé Téhéran à ne pas se mêler des affaires intérieures irakiennes, soulignant que la même appartenance communautaire (chiite) ne peut être utilisée comme prétexte pour s’ingérer dans les affaires de l’Irak.

RÉSUMÉ DES JOURNAUX TÉLÉVISÉS ARABES

Les dissensions qui opposent les Palestiniens étaient au centre des informations des médias arabes surtout après la formation d’un nouveau cabinet par le président de l’Autorité palestiniennes, Mahmoud Abbas. En parallèle, le mouvement Hamas contrôle toute la Bande de Gaza. Des informations circulent sur une série de mesures sévères en vue d’isoler Gaza. La dégradation sécuritaire dans le camp de Nahr el-Bared au Liban-Nord continue de faire l’objet d’une couverture médiatique généreuse.

AL JAZEERA (CHAINE QATARI)
Des échanges de tirs intermittents entre l’armée libanaise et le groupe extrémiste sunnite Fatah al-Islam ont été enregistrés pendant la journée hier. Dans la nuit, les combats sont devenus violents. Dans le même temps, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, arrive demain à Beyrouth, en vue de réunir les différentes parties libanaises autour d’une table de dialogue.

AL-ARABIYA (CHAINE SAOUDIENNE) Le parti du président français, Nicolas Sarkozy, a remporté la majorité des sièges lors des élections législatives.

ANB (CHAINE APPARTENANT A L’HOMME D’AFFAIRES IRAKIEN, NAZMI OJI)
Le Premier ministre irakien, Nouri Maliki, a déclaré que l’armée états-unienne encouragera l’émergence de nouvelles milices si elle continue à fournir des armes à des tribus irakiennes. M. Maliki a insisté que de telles décisions étaient du ressort de son gouvernement.

AL HURRA (CHAINE ARABOPHONE DU DEPARTEMENT D’ETAT US)
Le Hezbollah a nié toute relation avec le tir de katiouchas sur la colonie israélienne de Kiryat Shmona. Le parti de Dieu a signalé des mouvements de blindés à la frontière des fermes libanaises de Chebaa.

TALKS SHOWS AUDIOVISUELS ARABES

AL-ALAM (CHAINE IRANIENNE ARABOPHONE)
Émission : Entretien spécial
Invité : Manouchehr Mouttaki, ministre iranien des Affaires étrangères
- Les États-Unis ne sont pas dans une posture qui leur permet de lancer une nouvelle guerre dans la région.
- Je mets en garde Israël contre une nouvelle attaque du Liban.
- J’appelle les pays arabes et islamiques à appuyer la réconciliation inter-palestinienne et de mettre fin aux combats fratricides.
- L’Iran est en train de faire un suivi à plusieurs niveaux et Téhéran démontrera à l’opinion publique internationale que les États-uniens ne se sont pliés à aucune loi en Irak.

AL JAZEERA (CHAINE QATARI)
Couverture spéciale des événements en Palestine et de la formation du cabinet d’urgence
Invité : Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne (Ramallah)
- « Les milices » du Hamas sont hors-la-loi car elles ont pratiqué la désobéissance civile contre la légitimité palestinienne et ses institutions.
- Selon le décret présidentiel que j’ai émis, toute personne ou groupe qui ont une relation avec ces milices seront jugés selon les lois et les directives de l’état d’urgence.

Tendances et évènements au Liban

Salam Fayyad, chef du cabinet d’urgence (Ramallah)
- Le nouveau gouvernement mettra des plans qui visent à mettre fin au chaos qui règne dans la Bande de Gaza.
- Le plus important est l’unité organique, législative et politique entre la Cisjordanie et Gaza.

Ismaël Haniyeh, Premier ministre démis de ses fonctions (Gaza)
- Mon gouvernement continuera à exercer ses fonctions surtout que la formation d’un cabinet d’urgence n’existe pas dans la Constitution palestinienne.

Sami Abou-Zahri, porte-parole du mouvement Hamas (Gaza)
- Le président palestinien, Mahmoud Abbas, est en train de faire de la « prostitution politique ». Il participe, avec certaines parties arabes, à une conspiration visant à isoler le mouvement Hamas pour servir des intérêts israéliens et états-uniens.

Tendances et évènements au Liban

La plupart des analystes ont tenté de comprendre les raisons et d’évaluer les conséquences de la soudaine escalade politique provoquée par les partisans du gouvernement au Liban. Celle-ci a atteint son pic avec les violentes attaques du député Saad Hariri contre le Hezbollah et l’Iran et les propos du chef druze Walid Joumblatt selon lesquels la crise libanaise est une question de vie ou de mort. Cette escalade s’est traduite par la décision du gouvernement d’organiser des élections législatives partielles pour remplacer les députés assassinés Pierre Gemayel et Walid Eido avec ou sans la signature du président de la République Emile Lahoud.
Les milieux loyalistes s’étonnent que cette escalade soit qualifiée de « soudaine » alors qu’elle intervient après l’assassinat de Walid Eido. Ceux-ci considèrent que ce qui se passe actuellement au Liban est un coup d’État dont est responsable l’opposition, et plus particulièrement le président de la Chambre, Nabih BerrI, qui a paralysé la Chambre. Sans compter l’attitude négative du président Emile Lahoud qui bloque toutes les décisions du gouvernement de Fouad Siniora. C’est dans ce contexte que la coalition du 14-mars a décidé d’adresser des messages fermes indiquant qu’elle n’était plus disposée à cohabiter avec cette situation et qu’elle était déterminée à faire échec à toutes les tentatives de blocage du pouvoir et des institutions. Sa décision d’organiser les partielles serait peut-être un test avant l’élection unilatérale d’un président de la République sans le quorum requis des deux tiers des députés.
Une source dirigeante de l’opposition affirme, quant à elle, que tout ce qui se passe aujourd’hui au Liban et dans la région répond aux exigences de l’agenda états-unien. Le 14-mars exerce un chantage sur l’opposition qui refuse coûte que coûte de se laisser entraîner dans une guerre civile. Les loyalistes, appuyés par les États-Unis, sont responsables du sabotage de l’initiative française. Cette source s’interroge sur le sens des propos de Saad Hariri qui ne sont en rien liés au contexte politique local. Les déclarations de M. Hariri sont en contradiction avec l’attitude de l’Arabie saoudite qui a sollicité, il y a quelques mois, la participation de l’Iran à un effort concerté pour empêcher une explosion de la situation au Liban. En fait, les critiques virulentes de Saad Hariri sont en phase avec l’escalade états-uno—israélienne contre Téhéran. Le chef du Courant du Futur sait pertinemment que le Hezbollah, qui a consenti les plus grands sacrifices pour l’indépendance et la souveraineté du Liban, ne peut pas être questionné sur son patriotisme. C’est plutôt le 14-mars qu’il faut interroger sur le lien entre l’escalade qu’il a provoqué et le changement intervenu à Gaza.
L’opposition, elle, propose des solutions purement libanaises à la crise, basées sur la formation d’un gouvernement d’union nationale où toutes le composantes politiques de la société participeraient au pouvoir.

Résumé des manchettes des journaux libanais

AN-NAHAR (PROCHE DU 14-MARS)
Des « missiles inconnues » défient la Finul et tombent sur Israël. Le Hezbollah nie toute relation avec cet incident et Olmert refuse de répondre.

AS-SAFIR (INDEPENDANT. SENSIBLE AUX THESES DE L’OPPOSITION)
Les dissensions politiques s’amplifient et aucune solution arabe en vue.
Le patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, et le chef de l’État, Émile Lahoud, ont appelé à accélérer la formation d’un gouvernement d’union nationale.

AL AKHBAR (PROCHE DE L’OPPOSITION)
Le chef du Législatif a appelé la majorité parlementaire à dialoguer autour d’un cabinet d’union qui réunirait pouvoir et opposition.

TALKS SHOWS AUDIOVISUELS LIBANAIS

NBN (PROCHE DU CHEF DU LEGISLATIF NABIH BERRY-OPPOSITION)
Émission L’autre dimension
Invité : Elie Fezrzili, ancien ministre
- Les contacts entre les Européens et les Syriens ne se sont pas arrêtés et leurs résultas se manifesteront bientôt.
- Je crois que des développements, dans ce sens, auront lieu à la fin de l’année, dont en tête, des négociations difficiles concernant le Liban.

NTV (INDEPENDANT. SENSIBLE AUX THESES DE L’OPPOSITION)
Émission : Le discours de la semaine — Invité : Charles Ayoub, rédacteur en chef du quotidien Ad-Diyar
- Le tir de roquettes contre Israël est une mise en garde adressée à l’État hébreu selon laquelle s’il envahit Gaza, le front du Sud s’embrasera et les Palestiniens du Liban ne resteront pas les bras croisés et tireront leurs missiles vers Israël.
- Les personnes qui ont tiré ces katiouchas l’ont fait de leur propre chef. Il existe des factions palestiniennes capables de se mouvoir surtout que ce genre de missiles est transportable par des voitures civiles. Il faut attendre le résultat des enquêtes de la Finul et de l’armée libanaise.
- Je doute que ça soit la Syrie qui ait donné l’ordre de tirer ces missiles surtout qu’elle a accepté la résolution 1701 des Nations unies.