Tendances et évènements régionaux

Le président syrien Bachar al-Assad a prêté serment pour un deuxième mandat de sept ans devant le Parlement, après avoir été largement plébiscité lors d’un référendum présidentiel organisé en mai. Cet événement coïncide avec l’échec des tentatives occidentales en général, et états-uniennes en particulier, visant à accentuer les pressions sur la Syrie dans le but de l’isoler. _ L’Union européenne vient d’exprimer son attachement au dialogue avec Damas ; la France de Nicolas Sarkozy essaye de replâtrer les relations bilatérales qui se sont gravement détériorées lors des trois dernières années du mandat de Jacques Chirac. La visite en Syrie, ce mardi, de l’émissaire français Jean-Claude Cousseran, est l’illustration parfaite de cette nouvelle approche française ; aux États-Unis, la majorité démocrate et de nombreux secteurs du parti républicain mettent aussi l’accent sur la nécessité de reprendre le dialogue et la coopération avec la Syrie. Ceux qui parient sur la poursuite des pressions sur Damas misent sur une guerre israélienne dont on attend de plus en plus parler dans les cercles politico-militaires israéliens et dans les couloirs de la Maison-Blanche.
Le discours de Bachar al-Assad prononcé lors de la prestation de serment est très attendu dans les milieux politiques libanais, arabes et occidentaux. Cet intérêt reflète un fait : Damas joue un rôle central dans la région, notamment dans les dossiers libanais, irakien et palestinien. Et ce rôle ne peut être ignoré par ceux qui tentent de régler les crises qui secouent le Moyen-Orient pour empêcher qu’elles ne s’étendent à d’autres pays. Mais certaines capitales arabes ne veulent toujours pas reconnaître le poids de la Syrie et continuent d’intervenir à différents niveaux pour entraver le retour du dialogue entre Damas et les capitales occidentales. C’est ainsi que l’Arabie saoudite a souhaité le report d’une première visite de Cousseran en Syrie. Toutefois, ce contact a finalement eu lieu. La détermination de la France poussera-t-elle Riyad à réviser ses positions ? Le royaume se résignera-t-il à revenir à la formule de l’axe tripartite arabe (Riyad-Damas-Le Caire) qui a constitué, ces deux dernières décennies, un plafond qui a permis aux Arabes de résister aux pressions de Washington ?

Presse et agences arabes et internationales

• George Bush a appelé lundi à la tenue d’une conférence internationale à l’automne pour relancer les pourparlers de paix au Proche-Orient, demandé aux Palestiniens de choisir Mahmoud Abbas et dénoncé le Hamas.
« Le monde peut faire plus pour bâtir les conditions de la paix, aussi j’appelle à la tenue d’une conférence internationale cet automne » a déclaré le président lors d’une allocution solennelle à la Maison-Blanche.
« Les participants clés à cette réunion seront les Israéliens, les Palestiniens et leurs voisins dans la région », a-t-il dit, en précisant que la secrétaire d’État Condoleezza Rice la présiderait.
« Les pays arabes devraient participer activement à la promotion des négociations de paix », a aussi estimé M. Bush. « Le lancement d’une initiative par la Ligue arabe a représenté un premier pas bienvenu » et « les pays arabes devraient donner suite à cette initiative en mettant fin au mythe selon lequel Israël n’existe pas, en mettant un terme aux incitations à la haine dans leurs médias et en envoyant des ministres en Israël », a-t-il souligné.
Le président Bush a aussi affirmé que les Palestiniens étaient face à un « choix crucial » et que prendre le parti du Hamas « réduirait à néant » la possibilité d’un État palestinien. Le président palestinien Mahmoud Abbas au contraire permettrait aux Palestiniens « de réaffirmer leur dignité et leur avenir et d’établir leur Etat », selon lui.
George W. Bush a aussi demandé au Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza, de renoncer à la violence, de reconnaître la légitimité d’Israël et le « gouvernement légitime palestinien ». « Un État palestinien ne sera jamais créé par la terreur », a-t-il ajouté.
Le Hamas a dénoncé la proposition de Bush de tenir à l’automne une réunion internationale de paix.
« Nous condamnons cette conférence états-unienne qui vise à servir les intérêts de l’ennemi sioniste (Israël) », a affirmé à l’AFP Ismaïl Radwan.
« Cette conférence va permettre de renforcer les pressions exercées sur Mahmoud Abbas (le président palestinien) pour qu’il fasse plus de concessions et séparera encore plus profondément la bande de Gaza de la Cisjordanie tout en semant la division entre Palestiniens », a ajouté le porte-parole.

• L’impatience grandissante des républicains et les demandes incessantes des démocrates pour obtenir un retrait des troupes ont conduit le président George Bush, sérieusement affaibli, à mettre en garde le Congrès contre toute tentation d’amputer ses pouvoirs de chef des armées.
Mais la grogne monte : deux influents sénateurs républicains ont déposé vendredi un projet de loi exigeant que le président présente à la mi-octobre un plan prévoyant à partir de fin 2007 un retrait des GI’s d’Irak.
Selon le texte mis au point par Richard Lugar et John Warner, le président devrait présenter au Congrès un nouveau plan une fois connue l’évaluation définitive de la situation sur le terrain que le commandant des forces US en Irak, le général David Petraeus, doit présenter le 15 septembre.
Ils « sont en gros convaincus que l’Irak est une cause perdue », résume Steven Smith, professeur à la Washington University de Saint Louis (centre). « Ils cherchent à convaincre d’autres collègues républicains d’exprimer leur opposition à la politique du président », ajoute-t-il.
Dimanche, le conseiller à la sécurité nationale du président Bush, Stephen Hadley, a relativisé cette initiative en soulignant qu’elle « n’appelle pas à un plan de retrait ou à une date butoir arbitraire ». Les deux sénateurs « disent aussi que nous allons devoir maintenir notre engagement en Irak sous une forme ou sous une autre pour une durée considérable », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision Fox News.
La semaine passée a été le théâtre de débats tendus sur l’Irak, qui n’ont fait dévier de leurs positions ni l’opposition démocrate, ni la Maison-Blanche. Un rapport d’étape publié jeudi par la Maison-Blanche —avant le rapport définitif attendu mi-septembre— a jugé « insatisfaisants » les progrès en Irak, pour près de la moitié des objectifs assignés à Bagdad par le Congrès.
Samedi, M. Bush a voulu voir dans ce document une preuve de la validité de sa stratégie. « Ce rapport montre que les circonstances peuvent changer, que des progrès peuvent être faits et que la bataille en Irak peut être gagnée », a-t-il dit.
Cet avis est loin d’être partagé. Le jour même de la publication du rapport, la Chambre des représentants a voté en faveur d’un calendrier de retrait exigeant que les troupes soient retirées d’Irak au plus tard le 1er avril 2008. Un projet de loi identique est en attente au Sénat.
L’initiative des deux sénateurs républicains révèle que, d’ici septembre et la publication du rapport définitif, la marge de manœuvre du président risque d’être sérieusement réduite.

• L’ancien ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Zahhar (Hamas), a rendu public un document secret qui prouve, selon lui, l’implication d’un service de sécurité palestinien dans des activités d’espionnage contre des hauts responsables du Hamas. Cité par des agences de presse arabes et internationales, M. Zahhar a révélé que ce document fait état d’une réunion états-uno-palestinienne destinée à « améliorer les capacités et les techniques d’espionnage contre des cadres du Hamas ». Ce document remonte à l’année 1998 et mentionne une « promesse états-unienne » de fournir une aide pour améliorer la surveillance de l’ancien chef du Hamas, Abdel Aziz el-Rantissi, assassiné par les Israéliens. Ce même document parle d’actions d’espionnage et de surveillance menées par les services de sécurité palestiniens au profit de l’État hébreu.

• Les médias israéliens ont cité le général de réserve Eyal Ben-Reuven, commandant du front Nord lors de la Deuxième guerre du Liban, selon lequel l’armée israélienne se prépare à une guerre totale dans la région. L’officier déclare qu’en cas de guerre avec la Syrie, l’armée israélienne sera confrontée à de multiples défis : les Syriens savent qu’ils seront dans une position de faiblesse et qu’il devront s’attendre à une frappe contre des installations militaires et civiles. Mais ils prévoient de bombarder en profondeur le territoire israélien dans le but d’enregistrer des acquis dans un éventuel processus de règlement politique et pour accentuer les dissensions au sein de la société israélienne. Le général ajoute que la mission de l’armée israélienne sera rapide et concentrée, et visera à mettre à l’abri le « ventre mou » d’Israël pour empêcher les Syriens d’atteindre leur objectif.

• Les médias israéliens et les agences de presse internationales rapportent que le département de l’immigration et de l’intégration sociale de l’Union européenne a noté un net accroissement du nombre d’Israéliens qui sollicitent des passeports européens, en comparaison avec les chiffres des années précédentes. Selon des rapports parvenus au ministère israélien des Affaires étrangères, le nombre d’Israéliens qui se sont rendus auprès des ambassades de Hongrie, Pologne, République Thèque, Slovaquie, Chypre, Malte, Lituanie, Estonie et Slovénie, pour obtenir des passeports, a augmenté. Ces passeports permettent à ceux qui les détiennent de circuler librement dans toute l’Union européenne.

YEDIOT AHARONOT (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
En temps de crise et de guerre, les citoyens israéliens se préoccupent de leur sécurité. Mais les faits montrent que de nombreux abris sont négligés, saturés ou non utilisables. La ville de Tel-Aviv est-elle prête pour la prochaine guerre ? Lorsque le secrétaire général du Hezbollah a menacé pour la deuxième fois de prendre pour cible le centre d’Israël (en juillet 2006), les employés de la municipalité de la ville se sont empressés d’inspecter 200 abris. Les faits étaient inquiétants : les abris étaient utilisés comme dépôts ou comme salles d’exposition. Les portes de sortie étaient pourries ou fermées. Les installations électriques mauvaises et dangereuses.

THE GUARDIAN (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
La balance du débat interne au sein de la Maison-Blanche penche une nouvelle fois en faveur de l’option militaire contre l’Iran avant le départ du président George Bush dans 18 mois. Cette transformation fait suite à une évaluation à laquelle ont procédé la Maison-Blanche, le Pentagone et le Département d’Etat, le mois dernier. L’Administration états-unienne continue de focaliser son attention sur l’Iran en dépit des grandes difficultés auxquelles elle est confrontée en Irak. Le secrétaire d’État adjoint chargé du dossier iranien, Nicholas Burns, a informé les participants à la réunion d’évaluation que les manœuvres diplomatiques contre l’Iran pourraient se poursuivre jusqu’en janvier 2009. Mais cela a déplu à George Bush et au vice-président Dick Cheney.

Tendances et évènements au Liban

La polémique autour du quorum parlementaire nécessaire à la séance d’élection du prochain président de la République a connu des développements dramatiques ces dernières heures. Il est désormais clair qu’après la position exprimée par le Bloc tripolitain à la rencontre de La Celle Saint-Cloud —refusant de participer à l’élection sans le quorum constitutionnel des deux tiers—, et la défection du député Abdallah Hanna, au moins dix députés sont pratiquement sortis de la majorité actuelle d’une manière officielle ou officieuse. Cela signifie que le 14-mars ne dispose plus de la majorité absolue pour élire unilatéralement un président de la République issu de ses rangs. Le Patriarche Nasrallah Sfeir a couronné ce développement en affirmant, sans ambages, lundi, que le quorum des deux tiers était nécessaire pour la séance d’élection. La position du prélat maronite constitue une réponse indirecte aux membres du 14-mars qui militaient en faveur de l’élection d’un président les dix derniers jours du mandat d’Emile Lahoud quel que soit le nombre de députés.

Analystes et journalistes ont établi un lien entre ce développement spectaculaire qui prive le 14-mars d’une carte majeure que Washington souhaitait utiliser, et la visite à Damas de l’émissaire français Jean-Claude Cousseran, attendu mercredi à Beyrouth. Cette visite traduit l’échec des pressions états-uniennes et saoudiennes destinées à torpiller l’ouverture française vis-à-vis de la Syrie.

Dans les milieux de l’opposition, on s’attend à d’autres défections de députés du 14-mars, ce qui provoquerait un changement fondamental dans le paysage politique libanais.

Résumé d’articles relatifs au Liban

• La presse libanaise a souligné que l’armée libanaise continuait à gagner du terrain sur les islamistes du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, où les échanges de tirs à l’arme légère se poursuivaient.
Le drapeau libanais a été hissé sur une petite colline prise lundi par les soldats, alors que les islamistes semblent désormais repliés dans un secteur restreint localisé à l’extrémité sud du camp, le quartier de Haysassa.
Lundi, trois soldats avaient été tués, ce qui avait porté à cent le nombre de militaires morts depuis le début des combats, le 20 mai, autour de Nahr al-Bared, un camp de réfugiés palestiniens où s’était retranché le groupuscule sunnite.
L’armée avait lancé la semaine dernière la phase finale de la bataille contre le Fatah al-Islam, un groupe qui revendique des liens idéologiques avec Al-Qaïda, avançant immeuble par immeuble dans le camp en ruines.
Ces affrontements, les plus meurtriers depuis la fin de la guerre civile en 1990, ont déjà fait environ 200 morts, un chiffre difficile à confirmer puisque le nombre d’islamistes tués, dont les corps sont restés à l’intérieur du camp, est inconnu.
Selon l’armée, deux militants du Fatah al-Islam et deux combattants du groupe palestinien FPLP-CG, dont le chef du FPLP-CG dans le camp, Abou Nabil, se sont rendus lundi.
Selon le témoignage d’Abou Nabil, cité par un responsable du FPLP-CG dans le Nord du Liban, Fatah al-Islam a perdu dans les combats son numéro deux, Abou Houreira.
Les seuls civils toujours dans le camp, initialement peuplé de 31 000 réfugiés qui ont fui par vagues, sont les femmes et les enfants des islamistes, selon un porte-parole de l’armée.

• La presse a également donné une place importante à l’attaque contre un véhicule de la Finul qui a été légèrement endommagé par l’explosion d’un engin de faible puissance à Qasmiyé, dans le sud du Liban.
Un porte-parole de la Finul a précisé que le véhicule de la police militaire « a été touché par une faible charge explosive placée à quelques mètres du véhicule ».
L’explosion a légèrement endommagé le véhicule. Aucune victime n’est signalée. Le véhicule touché appartient au bataillon tanzanien.
Une équipe d’enquêteurs de la Finul a été envoyée sur place. L’armée libanaise a immédiatement bouclé les lieux de l’explosion, sur le pont de Qasmiyé, situé sur le route principale longeant le littoral et menant vers le Nord, à environ 8 kilomètres de la ville portuaire de Tyr.
Ce pont enjambe le fleuve Litani, frontière naturelle du Liban sud marquant la limite nord de la zone de déploiement de la Finul. Les Casques bleus y ont installé un poste d’où ils contrôlent les véhicules de la Finul traversant le fleuve.
Le Hezbollah et le mouvement Amal, tout puissants dans cette région, ont « condamné » dans un communiqué conjoint cette attaque. « Nous exprimons notre désapprobation et notre condamnation de l’attaque qui a visé la Finul dans le sud et dont l’objectif est de mettre en cause la stabilité dans cette région », ont déclaré les deux mouvements.
De son côté, le Premier ministre Fouad Siniora a "dénoncé vigoureusement" une "opération terroriste".
Le 24 juin, le contingent espagnol de la Finul avait été visé par un attentat à la voiture piégée près de Khiam, dans la partie est du Liban sud. Six soldats de ce contingent avaient été tués.
L’attentat a été imputé par les autorités libanaises et la presse espagnole à des extrémistes sunnites.

Al-Akhbar (Proche de l’opposition)
Deux développements majeurs ont marqué le paysage politique local : la décision de la France de prendre une initiative en direction de la Syrie en dépêchant l’ambassadeur Jean-Claude Cousseran à Damas, et le fait que le président du Parlement, Nabih Berri, ait réussi à convaincre le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, à revenir prochainement au Liban pour y reprendre ses démarches entre le pouvoir et l’opposition.
M. Cousseran se rendra en Syrie la semaine prochaine. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est désormais convaincu de la nécessité de reprendre le dialogue avec Damas.
Par ailleurs, le député Ghassan Tuéni (14-mars) a remis à M. Berry un message du ministre Marwan Hamadé annonçant que le 14-mars était disposé à reprendre le dialogue.

• Les journaux libanais ont reproduit la mise en garde du général Michel Aoun (chef chrétien de l’opposition) au gouvernement qu’il a accusé de précipiter le Liban dans un gouffre. Le général Aoun a assuré que sa rencontre avec le député Saad Hariri (chef de la majorité parlementaire, 14-mars) aura lieu dès le retour de ce dernier de l’étranger. « Entre la catastrophe et la solution, nous sommes toujours disposés à choisir la solution », a dit le leader de l’opposition, qui a par ailleurs rendu hommage à la résistance du peuple libanais lors de l’agression israélienne de l’été dernier. Il s’est remémoré, à cette occasion, « les héros qui sont tombés pour défendre la patrie », en allusion aux combattants du Hezbollah qui ont fait échec à l’invasion de l’armée israélienne.

Audiovisuel libanais

AL-MANAR (HEZBOLLAH)
Emission : Entre parenthèses
Azmi Bishara, penseur arabe et ancien député à la Knesset
La Résistance libanaise a su comment faire face à la supériorité technologique de l’armée israélienne.
Il n’y a aucun remède à la défaite de l’armée israélienne au Liban l’été dernier. Le problème réside dans la crise que l’homme israélien vit au quotidien. Il n’a plus l’impression de combattre pour une cause noble et sacrée, contrairement aux résistants libanais.
Lors de la guerre de l’été dernier, les Israéliens ont utilisé tout type d’armes à l’exception de la combe atomique.
L’alliance quadripartite au Liban (Hezbollah, Amal, PSP de Walid Joumblatt et Courant du Futur) ne doit pas s’effrondrer. Au contraire, elle doit être élargie pour regrouper aussi le mouvement du général Michel Aoun.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.