Tendances et événements régionaux

Le célèbre expert militaire égyptien, le général Salaheddine Salim, a déclaré que 80 000 mercenaires étrangers se trouvent en Irak où ils sont au service des États-Unis et d’Israël. Chacun d’entre eux touche un salaire mensuel moyen de 14 000 dollars. Lors d’une conférence donnée au club de la presse égyptienne au Caire, le général Salim a ajouté que Washington et Tel-Aviv mettent sur pied au Moyen-Orient des armées de mercenaires pour provoquer et alimenter des conflits confessionnels, sectaires et communautaires dans le but de morceler neuf États de la région dont l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak, le Liban, le Soudan et la Somalie. L’objectif ultime étant de permettre à Israël de devenir le super-État d’un Moyen-Orient entièrement sous sa domination.
Un livre publié récemment aux Etats-Unis intitulé Blackwater, du nom de la principale société étasunienne de recrutement de mercenaires pour l’Irak, évoque la même question. Cet ouvrage contient des révélation sur l’implication de ces mercenaires dans des attentats à l’explosif et des massacres dans le but d’exacerber les tensions entre sunnites et chiites dans l’espoir de précipiter l’Irak dans l’enfer de la guerre civile. Des journaux occidentaux ont appelé ces mercenaires, les escadrons de la mort, contrôlés par les forces d’occupation étasuniennes. C’est ainsi qu’étaient appelés les groupes de tueurs manipulés par les services de renseignements américains et qui semaient mort et désolation au Salvador et au Pérou dans le cadre de leur lutte contre les mouvements de la gauche et les courants de la théologie de la libération. Parmi les victimes de ces tueurs, des prêtres, des évêques, des syndicalistes (entre autres), un peu comme c’est le cas aujourd’hui en Irak.

Presse et agences arabes internationales

WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ETASUNIEN)
La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a bien défini l’objectif des contrats de vente d’armes aux pays du Golfe. Il s’agit de « montrer l’importance qu’accordent les États-Unis à cette région dans cette période délicate ». Les difficultés rencontrées par Washington au Moyen-Orient sont surtout dues au fait qu’il pourrait être obligé de réduire les troupes en Irak ou même de procéder à un retrait complet. Le président George Bush met en œuvre aujourd’hui dans cette région du monde une stratégie qu’il avait déjà rejetée par le passé. Il a ainsi accepté de vendre des armes et d’augmenter les aides militaires dans ce qui apparaît être plus une initiative politique que des contrats militaires. Seul Israël pourrait utiliser des armes conventionnelles pour se défendre. L‘Égypte, elle, ne fait face à aucune menace alors que l’Arabie saoudite et les pays du Golfe continueront à compter sur les États-Unis pour dissuader l’Iran de le attaquer.

GLOBAL POINTVIEW (SITE INTERNET)
Richard Holbrooke, ancien ambassadeur de Washington aux Nations unies, a estimé qu’un éventuel échec de la communauté internationale en Afghanistan aboutirait au retour au pouvoir des taliban et d’al-Qaida, qui sont déjà assez dangereux. Mais leur présence se limite pour l’instant aux régions tribales frontalières du Pakistan. Ces deux mouvements deviendraient beaucoup plus dangereux s’ils parviennent, par exemple, à prendre le contrôle de villes comme Kandahar. Cela leur permettrait d’arriver à des moyens de communication plus développés pour toucher un plus vaste public composé de personnes croyantes et religieuses.
Nombre de ceux qui ont participé au 11-septembre ont vécu et fait leurs études en Allemagne. Et nombre de sites pris pour cibles par les terroristes sont situés en Europe. Ce qui fait qu’il est très embarrassant d’expliquer aux Européens le danger auquel nous sommes confrontés. Mais la chancelière Angela Merkel semble déterminée à faire face à ce fléau.

AL-SARQ AL-AWSAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, a déclaré que la clé de la solution au Liban réside dans l’unité des Libanais. Le chef de la diplomatie égyptienne a emprunté une célèbre phrase à l’ancien président égyptien, Anouar el-Sadate : « Otez vos mains du Liban ». Il a dit que tous doivent ôtez leurs mains de ce pays.
Concernant la question palestinienne, M. Aboul Gheit a estimé que le seul moyen rétablir la légitimité à Gaza c’est le dialogue. Commentant la conférence de paix pour le Moyen-Orient convoquée à l’automne par George Bush il a dit : « L’important c’est les actes et non pas les intentions ».

AL-WATAN (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
La présence de l’Arabie saoudite à la conférence de paix de George Bush doit avoir pour but d’encourager et de pousser vers l’avant le processus de paix entre les Palestiniens et les Israéliens. Elle ne doit pas du tout ressembler à la participation des Arabes à la conférence de Madrid (en 1991). _ Elle ne signifie en aucun cas la normalisation des relations avec l’État hébreu en dépit des insinuations israéliennes allant dans ce sens. L’Arabie saoudite ne normalisera ses rapports avec Israël qu’après la récupération des droits arabes conformément à l’initiative de paix réactivée au sommet de Riyad, en mars dernier.

• Le chef du Parti socialiste français (PS), François Hollande, a de nouveau réclamé la « transparence » sur les négociations avec la Libye, après des déclarations du fils du dirigeant libyen, Seïf al-Islam Kadhafi qui a évoqué, dans un entretien au journal Le Monde, l’existence d’un contrat d’armements avec Paris portant notamment sur la fourniture de missiles anti-chars pour un montant de 100 millions d’euros.
« Ce que je demande, c’est la transparence : qu’est-ce qui s’est passé ? qu’est-ce qu’on a donné en échange ? » de la libération des infirmières et du médecin bulgares, a déclaré M. Hollande sur la télévision France 2.
« Et s’il n’y a pas eu échange, s’il n’y a pas eu troc, s’il n’y a pas eu de contreparties, pourquoi signer un accord militaire avec le régime Kadhafi, qui a été à l’origine d’actes terroristes, qui a été un État voyou ? », a-t-il dit.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, issu des rangs socialistes, a une nouvelle fois démenti que la France eut accordé à la Libye des « contreparties » pour la libération des infirmières bulgares.
M. Kouchner, entendu cette semaine par les commissions des Affaires étrangères de l’Assemblée et du Sénat, « a démenti que cette libération ait été obtenue avec des contreparties telles que des versements financiers de la France ou un contrat d’armement », a déclaré son ministère dans un communiqué.
Paris et Tripoli ont conclu un mémorandum sur un projet de fourniture d’un réacteur nucléaire civil permettant la désalinisation de l’eau de mer, ainsi qu’un accord dans le domaine militaire, dont le contenu exact n’a pas été rendu public, lors d’une visite de M. Sarkozy à Tripoli le 25 juillet, au lendemain de la libération des infirmières.
M. Sarkozy a réaffirmé mercredi que cette libération s’était faite sans « aucune » contrepartie. La présidence a assuré qu’il « n’y avait pas eu de contrat d’armement signé » lors de la visite de M. Sarkozy. L’accord sur le nucléaire a aussi suscité de vives critiques en Allemagne.

• Cité par le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat, un responsable libyen a déclaré que le fils de Moammar Kadhafi, Seif al-Islam, n’occupe aucune fonction officielle au sein de l’État libyen. Aussi, ses propos n’engagent en rien les autorités de Tripoli. Ce responsable a par ailleurs nié l’existence d’une sourde lutte interne en Libye entre Seif al-Islam et la vieille garde proche du leader libyen Moammar Kadhafi. Cette précision intervient après les déclarations de Seif al-Islam qui avait accusé la Libye d’avoir inventé l’affaire des infirmières bulgares accusées d’avoir inoculé le virus du sida à 426 enfants libyens.

• Les États-Unis ont estimé que la Russie n’avait pas de droits particuliers sur le sous-sol arctique après l’exploit d’explorateurs russes qui ont planté un drapeau de la Russie au fond de l’océan arctique, à plus de 4 000 mètres sous le pôle Nord. « Je ne sais pas s’ils ont planté un drapeau métallique, un drapeau en plastique ou couvert le fond de l’océan avec un drap. Mais cela n’a aucune signification » quant à d’éventuels droits sur les richesses du sous-sol arctique, a estimé Tom Casey, porte-parole du département d’État.
Des explorateurs russes ont planté jeudi un drapeau de la Russie au fond de l’Arctique au terme d’une expédition présentée comme pionnière et symbolique des velléités territoriales de Moscou sur l’Arctique et ses hydrocarbures.
Au-delà de l’intérêt scientifique, cette expédition entendait rappeler les visées russes sur le contrôle de ces territoires, disputés avec d’autres pays, dont les États-Unis, et qui pourraient être riches en pétrole et en gaz. La convention de l’ONU sur le droit de la mer que la Russie a ratifié en 1997, donne aux pays qui en font partie la possibilité de déposer des revendications sur les fonds marins s’ils veulent étendre leur souveraineté au delà de leur zone des 200 milles. En 2001, Moscou a déposé une requête devant une commission de l’ONU sur le droit de la mer pour revendiquer le fond marin arctique.

Tals-shows audiovisuels arabes

AL-ALAM (TELEVISION IRANIENNE ARABOPHONE )
Reportage
- Invité : Mark Fitzpatrick, expert américain dans les questions de défense et des affaires étrangères à l’Institut des études stratégiques (Londres)
En armant massivement les pays du Golfe, les États-Unis cherchent à contrer l’influence de l’Iran dans la région. Leur objectif est de faire face au rôle grandissant de Téhéran et de contrer son programme nucléaire.

AL-JAZEERA (TELEVISION QATARI)
Le journal du soir
- Invité : Robert Gates, secrétaire à la Défense des États-Unis
Les pays arabes riverains du Golfe doivent exercer des pressions sur l’Iran afin qu’il abandonne son programme nucléaire.
Le gouvernement irakien est confronté à de grandes difficultés qui l’empêchent de réaliser la réconciliation nationale dans le pays.
La situation sécuritaire en Irak va prochainement s’améliorer.

Tendances et événements au Liban

Le Conseil de sécurité des Nations unies a une nouvelle fois échoué à adopter un communiqué présidentiel autour de l’application de la résolution 1701 qui a mis fin à la guerre de l’été 2006 entre le Liban et Israël. Lors du débat, les délégués de certains pays ont vivement critiqué le texte proposé trop favorable à Israël et qui adopte les versions israéliennes des faits. Il ne contient aucune mention, même timide, de la poursuite des violations israéliennes de la souveraineté du Liban et de l’occupation de terres libanaises.
Selon les informations de presse, le Qatar, l’Afrique du Sud, la Russie, la Chine et des pays d’Amérique latine y ont fait obstacle. Mais aussi bizarre que cela puise paraître, le ministre libanais Tarek Mitri, chargé des Affaires étrangères après la démission de Fawzi Salloukh (membre de l’opposition) et présent aux délibérations, n’a exprimé aucune objection sur le contenu du communiqué présidentiel proposé.
Les rapports successifs du Conseil de sécurité sur la situation au Liban sont rédigés par Terje Rød-Larsen, dont les sympathies israéliennes et états-uniennes ne sont plus à prouver. Ce fonctionnaire, chargé du suivi de la mise en œuvre de la résolution 1559 et d’autres textes, ne cache plus sa partialité et tous ses rapports reprennent en intégralité les observations et les souhaits de l’État hébreu. Ce parti pris est devenu tellement flagrant que de nombreux membres du Conseil de sécurité s’opposent avec vigueur à la plupart des communiqués ou des projets de résolutions concoctés par Rød-Larsen.
Interrogée par Tendances, une source de l’opposition a dit : « C’est une honte que des pays arabes et étrangers prennent la défense des intérêts du Liban au Conseil de sécurité alors que le délégué de Fouad Siniora (le Premier ministre) reste muet pendant les débats et les délibérations ».

Informations de presse relatives au Liban

La fièvre de la partielle du Metn s’est emparée des hommes et des esprits, ainsi que des journaux libanais. Cela n’a pas occulté la poursuite des combats dans le camp de Nahr al-Bared.

• Le pouvoir et l’opposition libanaises, qui se livrent un bras de fer depuis le 1er décembre 2006, s’affrontent dimanche lors de législatives partielles qui ont valeur de test, à l’approche de l’élection présidentielle, pour la communauté chrétienne.
Deux sièges sont à pourvoir, pour remplacer deux députés, Pierre Gemayel et Walid Eido, tués dans des attentats. À Beyrouth, le siège de Walid Eido, député sunnite assassiné dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth le 13 juin dernier, devrait logiquement revenir au candidat du pouvoir, surtout que le Hezbollah a annoncé qu’il ne participerait pas au scrutin.
Mais dans la circonscription a majorité chrétienne du Metn (est de Beyrouth), la campagne pour le siège de Pierre Gemayel a donné lieu à une virulente bataille entre chrétiens.
Ce scrutin met face à face Camille Khoury, un candidat soutenu par Michel Aoun, chef de l’opposition chrétienne, président du plus important bloc parlementaire de cette communauté (22 sièges sur 128), et prétendant déclaré à la présidentielle, et l’ancien président Amine Gemayel, candidat au siège de son fils Pierre, assassiné le 21 novembre 2006 près de Beyrouth. Amine Gemayel est appuyé par le clan Hariri.
Cette élection, soulignent des observateurs, sera donc un indicateur de la tendance au sein de la communauté chrétienne à moins de deux mois de l’élection présidentielle, le chef de l’État étant par tradition issu de la communauté maronite, la plus puissante église chrétienne du Liban.
Le CPL avait remporté une large majorité du vote chrétien aux dernières législatives de 2005.

• Le président George Bush a annoncé jeudi le gel des avoirs aux États-Unis de toute personne considérée comme une menace pour la stabilité politique du Liban. Cette décision, qui vise à accroître la pression essentiellement sur la Syrie, intervient un mois après celle d’interdire à de hauts responsables syriens et à plusieurs personnalités libanaises et prosyriennes d’entrer sur le territoire états-unien.
Mais selon des observateurs, Washington, qui craint de nouvelles défection de la coalition du 14-mars, veut intimider ceux qui seraient tentés de changer de camp dou de prendre une position plus neutre.
Désormais, les avoirs aux États-Unis de toute personne considérée comme agissant « dans le but ou avec pour résultat de saper les institutions et les progrès démocratiques du Liban ou contribuant à briser l’État de droit » dans ce pays seront gelés, selon le décret.
La mesure s’applique aussi à ceux qui « soutiennent le restauration du contrôle de la Syrie ou qui contribuent à l’ingérence de la Syrie, ou qui empiètent ou sapent la souveraineté libanaise ».
Le 29 juin, le président des États-Unis avait déjà interdit l’entrée du territoire à de hauts responsables du Renseignement militaire syrien, un conseiller du président Bachar al-Assad et plusieurs ministres des anciens gouvernements libanais.
L’administration Bush est cependant soumise à une forte pression aux États-Unis pour renouer le dialogue avec la Syrie de même qu’avec l’Iran pour qu’elle l’aide à résoudre ses problèmes dans la région.

• De nouveaux combats ont éclaté dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, dans le nord du Liban, entre l’armée libanaise et les intégristes sunnites de Fatah al-Islam qui ont tiré une nouvelle roquette sur une centrale électrique voisine. La centrale de Deir Ammar, située à quelques kilomètres au sud de Nahr el-Bared, est à l’arrêt depuis de premiers tirs de roquettes jeudi, ce qui aggrave le problème chronique de la distribution d’électricité à travers le pays.
La centrale de Deir Ammar, l’une des plus importantes du Liban, produit 400 mégawatts par jour, sur un total de 1500 mégawatts pour l’ensemble du pays.
L’armée annonce quotidiennement poursuivre sa lente progression dans le camp, où les islamistes ont piégé le terrain en dispersant des mines et des explosifs. Selon l’armée, Fatah al-Islam ne contrôle plus qu’un petit secteur de 15000 mètres carrés.

• Une des plus hautes autorités de l’islam chiite au Liban et dans le monde, sayyed Mohamad Hussein Fadlallah, a publié une fatwa (décret religieux) interdisant les crimes d’honneur qu’il a qualifiés « d’actes ignobles » contredisant la loi islamique.
« Les crimes d’honneur sont des actes ignobles interdits par la Charia », a déclaré Hussein Fadlallah, chef spirituel des chiites fondamentalistes, dont l’influence s’étend bien au-delà du Liban.
Le responsable religieux a souligné dans un communiqué que cette fatwa était publiée alors que des informations font état d’une augmentation de cette pratique dans le monde arabe, « en particulier en Palestine, en Jordanie et au Liban ».
Il a dénoncé « les crimes d’honneur par lesquels les hommes tuent leurs sœurs, leurs filles et d’autres (femmes) de leur famille, sous le prétexte qu’elles ont commis des actes contraires à la décence et à l’honneur ».
« Les crimes d’honneur sont comme n’importe quel crime qui ne supporte pas de circonstances atténuantes », ajoute sayyed Fadlallah. Au Liban, le code pénal prévoit des circonstances atténuantes pour les crimes d’honneur.

Talks shows audiovisuels libanais

LBC (FORCES LIBANAISES, 14-MARS)
Emission : Tout le monde en parle
- Invité : Amine Gemayel, candidat du pouvoir à la partielle du Metn
Nous traversons une étape difficile. Nous n’avions d’autres choix que de participer à cette élection.
Michel Aoun fait le jeu des Syriens et de l’Iran et son alliance avec le Hezbollah est contre-nature.
J’ai refusé l’initiative du patriarche maronite car elle comportait des clauses qui affirment que le gouvernement de Fouad Siniora est illégitime.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.