Tendances et événements régionaux

Lorsque le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Hamas ont signé l’accord de La Mecque, certains milieux ont indiqué que les clauses de cet arrangement ont été peaufinées à Damas et que c’est la direction syrienne qui a encouragé Khaled Mechaal à le finaliser sous le patronage de l’Arabie saoudite. Pour la Syrie, il s’agissait de faire un geste de bonne volonté en direction du royaume, dans le but de relancer la coopération bilatérale sur les différents dossiers régionaux, y compris la question palestinienne.
Le silence observé par l’Arabie saoudite vis-à-vis de la tentative de sabotage de l’accord de La Mecque, menée par le général US Keith Dayton en coopération avec l’ancien chef des services de sécurité palestinienne, Mohammad Dahlan, a surpris les dirigeants syriens. Pour Damas, qui ne dit mot consent. Les responsables syriens ont estimé que l’inertie des autorités saoudiennes et leur indifférence à l’égard de ce qui se préparait à Gaza, signifie que le royaume est convaincu et impliqué dans le projet états-unien visant à mettre sur pied une alliance israélo-arabe pour soutenir Mahmoud Abbas.
Un spécialiste des affaires arabes affirme que la détérioration des relations syro-saoudiennes et les difficultés rencontrées par toutes les tentatives destinées à les améliorer, sont essentiellement dues aux liens organiques qui existent entre la politique régionale de Riyad et le projet états-unien au Moyen-Orient. Des courants influents au sein de l’élite dirigeante en Arabie agissent dans le seul but d’hériter du rôle syrien au Liban et d’affaiblir toute influence de Damas en Irak. Mais pendant ce temps, la diplomatie états-unienne sollicite la coopération syrienne sur tous les dossiers régionaux, ouvertement ou à travers des émissaires européens.
Cette lecture des développements montre que tout assainissement des relations entre Damas et Riyad est intrinsèquement lié à l’arrêt ou la baisse des pressions états-uniennes sur la Syrie. Et tant que l’administration Bush n’aura pas officiellement adopté les recommandations de la Commission Baker-Hamilton, essentiellement basées sur l’ouverture en direction de Damas et de Téhéran, les relations entre la Syrie et l’Arabie saoudite resteront froides. Lorsque Washington estimera qu’il est temps de parler sérieusement à ses deux bêtes noires, les pays arabes dits « modérés » suivront… comme les moutons de Panurge. Mais ils devront, auparavant, procéder à des changements dans les centres de décisions pour remplacer ceux qui, ces dernières années, ont poussé et œuvré pour la rupture des relations.

Presse et agences arabes et internationales

Un soldat britannique appartenant à un régiment de la Royal Air Force a été tué à Bassorah (550 km au sud de Bagdad) par des tirs d’armes légères. Ce décès porte à 166 le nombre des soldats britanniques tués en Irak depuis que la Grande-Bretagne a apporté son soutien à l’invasion états-unienne en mars 2003. Environ 5 500 soldats britanniques sont déployés dans la région de la ville portuaire de Bassorah, où ils tentent de faire cesser des combats opposant des milices rivales. Leur nombre devrait baisser à 5 000 d’ici à la fin de l’année. Après ce nouveau décès, la presse de Londres a largement commenté la présence de l’armée britannique en Irak.

TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE NÉOCONSERVATEUR)
Anthony Loyd, le correspondant du journal dans le sud de l’Irak, indique que l’intensité des attaques contre les troupes britanniques a atteint des sommets inégalés. Ces opérations sont devenues plus précises et plus complexes. L’armée britannique craint que Bassorah se transforme en repère de gangs où seules les armes parlent. Certes, tous les indices montrent que les troupes britanniques vont se retirer. Mais elles sont dans une course contre la montre. Plusieurs secteurs de la deuxième ville d’Irak sont désormais sous le contrôle de combattants irakiens qui sont armés, équipés et entraînés par l’Iran.

THE GUARDIAN (QUOTIDIEN BRITANNIQUE TRAVAILLISTE)
Seumas Milne pense que les déclarations britanniques sur le retrait d’Irak et les inquiétudes qu’elles ont suscitées chez les États-uniens ne signifient pas que le compte à rebours du départ des troupes a commencé. Le point commun entre l’Irak, la Grande-Bretagne et les États-Unis, c’est que les opinions publiques dans ces trois pays refusent l’occupation de l’Irak. L’expérience a prouvé que toute Résistance qui veut atteindre ses objectifs doit reposer sur une large base populaire nationale. Si la Résistance en Irak arrive à se constituer une telle base, qui comprendrait les sunnites et les chiites, les États-uniens seront contraints tôt ou tard à négocier avec elle.

DAILY TELEGRAPH (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
Le coût de la guerre en Irak a influé sur l’aide apporté par les États-Unis à Israël, écrit le correspondant du journal à Jérusalem. Le Pentagone a demandé au Congrès de débloquer de manière urgente des fonds pour pouvoir envoyer rapidement en Irak des véhicules blindés spécialement conçus pour résister aux mines. Le secrétariat à la Défense a demandé 750 millions de dollars pour que l’armée puisse transporter ces véhicules par avions-cargo en 13 heures, au lieu de les convoyer par bateau, un voyage de plusieurs semaines. L’argent réclamé d’urgence fait partie d’un budget de 12 milliards de dollars portant sur l’acquisition de 8 000 de ces véhicules appelés MRAP (Mine Resistant Ambush Protected vehicles) destinés aux GI’s en Irak. C’est Israël qui va payer le prix de cette dépense colossale. D’ailleurs, le Premier ministre israélien a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire pour examiner les moyens de combler le déficit public de l’année prochaine qui pourrait atteindre 250 millions de dollars.
Les responsables états-uniens s’inquiètent des répercussions de ce déficit sur les capacités défensives d’Israël.

CSIS (THINK TANK AMERICANO-SAOUDINE)
Après une étude effectuée sur le terrain, le chercheur Anthony Cordesman estime que les États-Unis pourraient ne pas quitter l’Irak avant dix ans. Les chances de réussite du projet états-unien dans ce pays resteront toujours en deçà de 50 %. Dans la plupart des cas, Washington cherchera la moins pire des solutions, car la meilleure n’existe pas. Quelles que soient les mesures adoptées, les États-Unis feront toujours face à des difficultés militaires permanentes et à des défis d’ordre stratégique, politique et moral. Le chercheur prévoit que l’Irak jouera un grand rôle pour l’avenir du monde arabo-musulman et dans la lutte contre le terrorisme. De même qu’il sera un acteur essentiel pour la stabilisation politique et militaire du Golfe.

AL KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Des sources officielles au Conseil législatif palestinien (Parlement) s’attendent à des progrès dans les négociations indirectes entre Israël et le Hamas portant la libération du soldat Gilad Shalit, capturé par les brigades Ezzeddine Al-Qassam il y a 14 mois, en contrepartie de la libération de détenus palestiniens. Cet échange pourrait permettre la réactivation du Conseil législatif après la libération de dizaines de députés du Hamas incarcérés par les Israéliens.

SABA (AGENCE DE PRESSE YEMENITE)
Le chef du mouvement Hamas en exil, Khaled Mechaal, a accusé mercredi à Sanaa des parties régionales et internationales qu’il n’a pas identifiées de chercher à entraver la réconciliation avec le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas. M. Mechaal, arrivé dans la journée à Sanaa a dénoncé les « pressions exercées par certaines parties internationales et régionales qui ne veulent pas de cette entente, et qui cherchent même approfondir la fissure » entre les deux mouvements palestiniens. Il a indiqué qu’il allait informer le président yéménite Ali Abdallah Saleh des développements de la situation palestinienne et lui demander de « jouer un rôle dans l’entente inter-palestinienne ».
Le Fatah a rejeté mercredi un appel au dialogue du Premier ministre démis issu du Hamas, Ismaël Haniyeh, et demandé aux islamistes de rendre au préalable le pouvoir dans la bande de Gaza. Dans des déclarations à la presse mardi, M. Haniyeh, qui se considère toujours comme le Premier ministre légitime malgré son limogeage par M. Abbas, a affirmé qu’il était prêt à quitter ce poste pour parvenir à un accord.

SANA (AGENCE DE PRESSE SYRIENNE)
Le ministre de l’Intérieur Bassam Abd el-Majid a déclaré lors d’une allocution à l’ouverture de la réunion sur la sécurité en Irak que l’objectif de Damas est « d’aider le peuple irakien à surmonter la crise et à préserver son territoire ». « Nous éprouvons une grande souffrance face aux actes de terrorisme, aux assassinats et aux destructions en Irak », a ajouté-t-il, faisant état de mesures prises par la Syrie « pour contribuer à assurer la sécurité en Irak ».
« Nous avons renforcé le contrôle de la frontière (avec l’Irak) afin d’empêcher le passage illégal de personnes et de produits interdits », a-t-il affirmé en relevant que « des promesses de fourniture d’équipements de vision nocturne pour aider la Syrie à surveiller cette frontière n’ont pas été tenues ». Selon lui, « un grand nombre de ressortissants étrangers ainsi que des Syriens qui tentaient de passer illégalement en Irak ont été arrêtés ».
De hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères ou de l’Intérieur de Syrie, d’Irak, d’Iran, de Jordanie, de Turquie, d’Égypte, de Koweït, de Bahreïn, de Russie, de Chine, ainsi que des représentants de l’ONU et de la Ligue arabe prennent part à cette réunion de deux jours.
Les États-Unis sont représentés par leur chargé d’affaires en Syrie, Michael Corbin, et l’Irak et l’Iran par de hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères, Loubaid Abbaoui et Mohammad Jalal Fayrouz Nia. L’Arabie saoudite ne participe pas à cette réunion.

NOVOSTI (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
Le commandant de l’aviation russe, Alexander Zilin, a déclaré que les forces aériennes recevront, avant 2011, des drones (avions sans pilote) modernes ayant un rayon d’action de 300 à 400 kilomètres et une autonomie de vol de 12 heures. Il a ajouté que la Russie va prochainement commencer la fabrication de chasseurs-bombardiers de la cinquième génération. Les plans sont déjà prêts.

• Le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki a rencontré à Téhéran le vice-président Parviz Davoudi et Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. « Lors de sa rencontre avec M. Larijani, la partie iranienne a exprimé sa volonté d’aider l’Irak à régler ses problèmes de sécurité », ont rapporté des médias iraniens.
M. Maliki, dont la dernière visite en Iran remonte au 12 septembre 2006, devrait aussi rencontrer le président Mahmoud Ahmadinejad et l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran. « Le but de cette visite est d’améliorer nos relations bilatérales et de discuter des questions qui nous préoccupent, notamment la sécurité, la coopération économique et commerciale. Nous avons à étudier un large éventail de questions », avait dit le ministre des Affaires étrangères irakien Hoshyar Zebari à son arrivée à Téhéran.
Cette visite de trois jours intervient sur fond de crise politique à Bagdad avec la démission de six ministres sunnites. Lundi, ce sont les quatre ministres de la Liste nationale irakienne, des hommes politiques laïques, qui ont annoncé le boycottage des réunions du gouvernement.
Dans un geste symbolique, M. Maliki a rencontré les familles des cinq Iraniens enlevés par l’armée états-unienne et promis de tout faire pour obtenir leur libération. « Le gouvernement irakien fera tout ce qu’il peut pour libérer ces personnes », a dit M. Maliki se disant optimiste quant à leur sort.

• La Maison-Blanche a salué un possible renforcement du rôle des Nations unies en Irak, malgré la persistance de la violence. « Les États-Unis plaident pour que de nombreux pays aient un rôle plus étendu en Irak sur toute une série de fronts, le front diplomatique, le front économique, nous saluons donc l’aide de quiconque est prêt à relever ses manches et à aider au succès de la démocratie irakienne », a dit devant la presse le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow. « Cette administration a beaucoup fait pour encourager les Nations unies, mais aussi les voisins (de l’Irak) et les alliés à s’impliquer et à aider les Irakiens », a-t-il dit.
Le Conseil de sécurité des Nations unies devait adopter jeudi un projet de résolution déposé par les États-Unis et la Grande-Bretagne et renforçant de manière limitée le rôle de l’Onu en Irak. Face aux difficultés, les États-Unis s’efforcent depuis des mois d’obtenir que l’Onu joue un rôle accru en Irak.

Audiovisuel arabe

ANB (APPARTIENT A L’HOMME D’AFFAIRES IRAKIEN NAZMI OJI)
Couverture de l’actualité
- Invité : Bryan Whitman, porte-parole du Pentagone
Le nombre de GI’s déployés en Irak a atteint près de 162 000, son niveau le plus élevé en plus de quatre ans.
Cela est dû à la présence simultanée d’unités sur le départ et d’autres arrivant sur le terrain.
Il n’y a pas de changement sur le niveau des forces que nous prévoyons en Irak. Les 20 brigades de combat et les services associés nécessaires pour maintenir ce niveau restent identiques.

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Principal journal du soir
- Invité : Hugo Chavez, président du Venezuela
George Bush a donné l’ordre de m’assassiner.
Où sont les armes de destruction massive que l’Irak possédait comme l’a affirmé Bush pour justifier son invasion de l’Irak ?

Tendances et événements au Liban

Les observateurs notent un recentrage du débat politique interne, après la partielle du Metn, vers la question de l’élection présidentielle qui doit avoir dans la période s’étendant du 25 septembre au 24 novembre. Les milieux politiques attendent l’initiative que devrait lancer le président de la Chambre, M. Nabih Berri (opposition), et dont personne ne connaît encore la nature ou le contenu.
En attendant cette démarche qui bénéficierait de l’encouragement de la France et de la Ligue arabe, le tableau politique local se présente comme suit :
- Le pouvoir (14-mars) refuse toujours la formation d’un cabinet d’union nationale avant l’élection présidentielle.
- L’opposition, elle, estime qu’un tel gouvernement constitue l’entrée en matière naturelle avant d’aborder la question de la présidentielle.
Le Liban semble donc s’installer dans un cercle vicieux car l’opposition refusera de garantir le quorum constitutionnel des deux tiers des députés tant qu’un cabinet d’union n’aura pas été formé. Et c’est au sein de ce gouvernement que devra être examinée la question de l’élection d’un nouveau président.
Pendant des semaines, le pouvoir, encouragé par les États-Unis et leur ambassadeur à Beyrouth Jeffrey Feltman, avait caressé l’idée de violer la loi fondamentale et les traditions constitutionnelles en élisant un chef de l’État à la majorité absolue. Mais après avoir perdu la partielle du Metn et la défection d’au moins six députés, le 14-mars ne possède plus cette majorité absolue (65 députés sur les 128 que compte le Parlement).
Aujourd’hui plus que jamais, l’échéance présidentielle au Liban semble étroitement liée aux autres dossiers du Moyen-Orient. Et ce sont les États-Unis qui s’entêtent à faire du Liban l’otage de leurs choix régionaux. Tant que les options états-uniennes ne sont pas clairement définies, la situation restera bloquée au pays du Cèdre. Si Washington opte pour la confrontation, le Liban risque de sombrer dans le désordre. Si, au contraire, il se résigne à coopérer avec les forces actives au Liban et dans la région, le pays retrouvera sa stabilité.

Résumés d’articles relatifs au Liban

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
L’envoyé spécial du journal au Liban, Alain Campiotti, a recueilli une interview du général Michel Aoun, chef de l’opposition chrétienne, au lendemain de la partielle du Metn remportée par son candidat. Ci-après le texte de l’interview :

Question : Depuis que vous avez vaincu l’ancien président Amine Gemayel dans une élection dimanche, vos adversaires maronites disent que vous avez perdu : vous ne contrôlez plus, comme en 2005, cette communauté catholique.

Michel Aoun : Ils m’amusent ! Ceux d’entre eux qui sont au Parlement ont été élus avec une majorité sunnite dans laquelle le vote chrétien est dilué. Nos candidats sont en général élus par un vote moitié chrétien, moitié non chrétien. Mais c’est une vieille manière de penser. Je suis prêt à sacrifier 20 % de ma popularité si c’est le prix à payer pour éviter une confrontation dans le pays. Or c’est précisément ce que nous avons cherché en signant l’an passé une entente avec le Hezbollah.

Q-Vous voulez la fin du système d’équilibre confessionnel dans les institutions ?

M.A. : C’est un système condamné, en voie de disparition. Nous voulons établir, pas à pas, la laïcité de l’État. Il faut que les Libanais s’habituent à l’exercice du pouvoir sur la base de choix politiques et non d’arrangements confessionnels.

Q-Votre entente avec le Hezbollah, n’est-ce pas une manière d’arrangement ?

M.A. : C’est un programme politique ! Sur la réforme de l’État, son indépendance, les relations avec la Syrie, avec les Palestiniens. Le Hezbollah est acquis à l’idée d’un code civil libanais. Et son chef, Hassan Nasrallah, a déclaré il y a dix jours qu’il était prêt à discuter du désarmement de son mouvement, et d’un armistice entre Israël et le Liban, indépendamment de la situation dans le reste du Proche-Orient. Je défie nos adversaires, que l’Occident soutient, d’avoir un tel courage.

Q-Mais le Hezbollah est-il lui-même indépendant : le principe du « Velayat al-faqih » ne le lie-t-il pas directement au guide de la révolution iranienne ?

M.A. : Si vous pensez que l’homme est une pierre, et ne change jamais, alors vous avez raison. Quand le Hezbollah faisait référence au « Velayat al-faqih », Samir Geagea, le chef des Forces libanaises, parlait de cantons chrétiens, et Walid Joumblatt de frontières druzes. Les temps ont changé. Le Hezbollah, aujourd’hui, revendique sa part de pouvoir, rien de plus.

Q-La Syrie n’est-elle pas plus pesante que l’Iran sur le Liban ? Et n’avez-vous pas rencontré récemment en Allemagne un émissaire syrien, comme le disent les Saoudiens ?

M.A. : C’est une diffamation colportée par des moulins à mensonges. J’ai confondu Amine Gemayel qui reprenait cette calomnie. La Syrie joue contre moi. Des mouvements pro-syriens ont appelé dimanche à voter pour notre candidat, et ça lui a coûté des voix, par répulsion.

Q-Tenez-vous les Occidentaux, les États-Unis, pour vos adversaires ?

M.A. : Les Américains refusent notre tentative de sortir le Hezbollah de son isolement. Et ils soutiennent sans faille le gouvernement de Fouad Siniora contre ce projet. George Bush a annoncé il y a une semaine le gel des avoirs de ceux qui agissent contre le « gouvernement légitime » du Liban, dont nous contestons la légitimité depuis un an. Trois jours avant l’élection de dimanche, cette menace a effrayé ceux qui nous soutiennent de leurs dons.

Q-Vous appelez à un gouvernement d’union nationale. Croyez-vous l’unité du Liban menacée ?

M.A. : L’entente et l’union que nous proposons sont la seule voie de salut. Or l’Occident n’en veut pas. Je soupçonne les États-Unis de travailler à la déstabilisation du Liban, après celle de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Somalie, etc. Je crois en fait que les Américains souhaitent un nouvel affrontement dans ce pays. Pour organiser, à la faveur de ce désordre, l’implantation au Liban des Palestiniens qui y résident, parce qu’on ne leur donnera pas d’autre pays.

AN-NAHAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
Le secrétaire d’État adjoint pour les Affaires du Moyen-Orient, David Welch, a affirmé que la participation des États-Unis en tant qu’observateur à une réunion sécuritaire sur l’Irak à Damas ne reflète aucun changement dans la politique états-unienne à l’égard de la Syrie. Les inquiétudes libanaises de voir la crise du Liban examinée avec les Syriens à l’occasion de cette réunion sont infondées, a-t-il ajouté. « Il n’y aura pas de marché avec la Syrie au détriment du Liban ou de tout autre dossier », a-t-il assuré.

Audiovisuel libanais

AL-MOUSTAQBAL (APPARTIENT A LA FAMILLE HARIRI)
Émission : L’échéance
- Invité : Amine Gemayel, candidat malheureux à la partielle du Metn
Le Tachnag entraîne les Arméniens (qui ont voté en majorité pour le candidat de l’opposition, ndlr) dans ses prises de position.
La partielle du Metn inaugure une ère nouvelle dans le Metn et au Liban.
Le général Michel Aoun n’est plus le plus fort chez les maronites et ses orientations sont rejetées par les chrétiens.

NBN (PROCHE DU PRESIDENT DU PARLEMENT NABIH BERRI-OPPOSITION)
- Invité : Mikhaël Daher, ancien député (Indépendant)
La réaction d’Amine Gemayel à l’égard des Arméniens après l’annonce des résultats est inacceptable. Ce genre de comportement menace la cohésion nationale.
Le discours à dimension nationale recule au profit de discours à connotations confessionnelles et sectaires.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.