Tendances et événements au Proche-Orient

La chambre des communes en Grande-Bretagne examine aujourd’hui un rapport de la Commission des Affaires étrangères qui tire des conclusions claires sur l’échec états-unien en Irak et appelle à une réorientation de la politique du Royaume-Uni en tenant en compte de cette réalité (voir document téléchargeable en fin d’article). Ce texte recommande par ailleurs le dialogue entre Londres et le Hamas pour encourager la formation d’un gouvernement d’union nationale palestinien.
La Grande-Bretagne est le premier partenaire international des États-Unis, et le nouveau Premier ministre, Gordon Brown, l’a encore réaffirmé lors de sa récente visite à Washington. Mais visiblement, l’échec états-unien en Irak devient la principale règle sur laquelle les différents pays bâtissent leurs politiques au Moyen-Orient, notamment en Irak et en Palestine, deux dossiers longuement évoqués dans le rapport parlementaire britannique.
De nombreux articles de presse affirment que le Pentagone craint un retrait-surprise et collectif de tous ses alliés d’Irak. Pour prévenir les retombées d’un tel scénario, le ministère US de la Défense élabore des plans pour combler les vides éventuels laissés sur le terrain. D’autre part, l’appel britannique au dialogue avec le Hamas illustre l’échec du pari états-unien d’une guerre civile inter-palestinienne à travers la mise sur pied de l’alliance israélo-arabe de Charm el-Cheikh, qui a pour but de soutenir l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. La Grande-Bretagne, qui connaît très bien la région, est consciente des inquiétudes égyptiennes exprimées ouvertement par le ministre des Renseignements Omar Suleimane. Elle sait aussi qu’Israël se trouve dans une impasse à cause de sa défaite de juillet 2006 face à la Résistance libanaise. Aussi, la réalité du paysage politique palestinien et la popularité dont jouit le Hamas auprès des Palestiniens ne lui sont pas inconnues. Londres pense que la gestion US de ce dossier ne conduira qu’à davantage de problèmes et menace les intérêts occidentaux au Moyen-Orient.
C’est peut-être tous ces facteurs réunis qui ont poussé le président de la Commission des Affaires étrangères au Congrès US, Tom Lantos, à déclarer qu’il était disposé à se rendre en Syrie pour la rassurer que l’État hébreu ne projette pas de l’attaquer.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, les Parlements des pays occidentaux reconnaissent l’échec des politiques adoptées dans la région ces quatre dernières années, alors que les gouvernements s’entêtent à poursuivre sur la même voie.

Presse et agences arabes et internationales

• La stratégie états-unienne en Irak, révisée en janvier par le président George W. Bush avec l’envoi de 30 000 militaires en renfort, semble destinée à l’échec, ont prévenu des parlementaires britanniques dans un rapport publié lundi.
« Il est trop tôt pour fournir une évaluation définitive » de la nouvelle stratégie US, « mais elle ne paraît pas devoir réussir », conclut la Commission des Affaires étrangères de la chambre des Communes. « Nous pensons que le succès de cette stratégie dépendra au final de la capacité ou non des hommes politiques irakiens à s’accorder sur un certain nombre de questions clés », ajoute-t-elle.
La Commission a appelé le gouvernement britannique à faire connaître les mesures qu’il entendait mettre en oeuvre pour faciliter la réconciliation politique entre chiites, kurdes et sunnites en Irak, et à fournir les preuves du soutien de l’Iran aux insurgés dans le sud irakien.
Le Premier ministre Gordon Brown, qui a jusqu’à présent rejeté l’éventualité d’un retrait de l’armée britannique tant que les forces irakiennes ne seraient pas en mesure d’assumer ses tâches, devrait dévoiler ses intentions devant le Parlement en octobre.
La presse anticipe que M. Brown, qui attend encore le résultat du rapport du général états-unien David Petraeus sur la situation en Irak, annoncera alors le retour progressif au pays des 5 500 hommes encore déployés près de la ville de Bassorah.
Le chef du contingent états-unien en Irak, le général David Petraeus, et l’ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, doivent faire le point sur la stratégie US en Irak d’ici mi-septembre devant le Congrès.
La Commission se montre aussi très critique de la gestion par les Occidentaux du conflit israélo-palestinien. Elle estime que la chute mi-juin du gouvernement d’union nationale entre le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas a été précipitée par le boycott économique imposé après l’arrivée au pouvoir fin mars 2006 du Hamas.
Il appelle le nouveau représentant du Quartette pour le Proche-Orient, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, à ouvrir le dialogue avec les « éléments modérés » du Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza le 15 juin après avoir défait les forces de sécurité du Fatah.
Les parlementaires considèrent de même que la « Feuille de route » du Quartette, le plan de paix international qui prévoit la création d’un État palestinien et la fin des violences, est « largement devenue inapplicable », même si ses objectifs finaux doivent être maintenus. Ils s’indignent enfin du refus du gouvernement britannique de réclamer un cessez-le-feu lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah pendant l’été 2006, ce qui « a causé des dommages importants à la réputation du Royaume-Uni dans une grande partie du monde ».

• Les hauts responsables iraniens ont multiplié leurs critiques à l’adresse des États-Unis en dépit des informations sur la conclusion d’un accord sécuritaire bilatéral sur l’Irak. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a déclaré que « l’insécurité en Irak est le résultat de la mauvaise politique et des mauvaises décisions des États-Unis »
« Le soutien de l’Iran à la formation du gouvernement irakien, son plein soutien au gouvernement élu par le peuple (du Premier ministre) Nouri al-Maliki, ainsi que l’accent mis par les responsables irakiens sur le rôle constructif de l’Iran sont des preuves de la politique de la République islamique d’Iran envers l’Irak », a ajouté le porte-parole iranien dans un communiqué.
Selon lui, la tenue de trois réunions depuis mai à Bagdad entre responsables iraniens et états-uniens est un autre signe des tentatives de Téhéran pour améliorer la sécurité en Irak.
Pour sa part, l’ancien président iranien Akbar Hachemi Rafsandjani, s’est dit déçu par les récentes discussions entamées par Téhéran avec les États-Unis pour restaurer la paix en Irak, estimant que Washington n’avait pas envoyé de « bons signaux ».
« Des pourparlers peu efficaces ont débuté, nous espérons que les réalités seront prises en compte. Jusque-là, les États-uniens n’ont pas envoyé de bons signaux en disant à chaque réunion que nous interférons là-bas », a déclaré Hachemi Rafsandjani dans un sermon lors de la prière du vendredi dernier.
« Si nous ne critiquons pas l’occupation de l’Irak, ces discussions n’auront pas beaucoup de résultats », a ajouté M. Rafsandjani, un religieux pragmatique qui dirige le Conseil de discernement, la plus haute autorité arbitrale du pays.

• Le ministre iranien de la Défense, le général Moustapha Najjar, a déclaré que le développement et le renforcement des relations entre l’Iran et les États du Golfe constituait un des piliers essentiels de la politique défensive de son pays. Il a par ailleurs réfuté les accusations du président George Bush sur l’envoi par Téhéran d’armes et de matériels militaires en Irak. « Le président états-unien ne doit pas accuser les autres car nous possédons des informations sûres sur le fait que l’armée US appuie secrètement des groupes terroristes et que les attentats qui ont lieu en Irak, notamment à Bagdad, sont très bien planifiés », a-t-il dit.
Le retrait des forces d’occupation et l’arrêt de l’aide apportée par ces troupes aux terroristes est la seule voie pour rétablir la sécurité en Irak, ajoute le ministre iranien.

WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Le Congrès dominé par les démocrates a cédé aux exigences de l’Administration Bush en autorisant la surveillance sans contrôle ou garanties des conversations téléphoniques des États-uniens et de leurs courriers électroniques, sous une supervision judiciaire très réduite. Le Congrès n’a même pas besoin d’être mis au courant du nombre de téléphones mis sur écoute. Ce projet de loi n’a pas été du tout examiné. Il a été imposé de force par une administration qui a réussi à transformer en loi son programme d’écoutes illégales.

HERALD TRIBUNE (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN EN EUROPE)
Le fait que le président George Bush veuille coûte que coûte enregistrer un succès en politique étrangère ne justifie pas que sa position de principe sur la non-prolifération des armes atomiques soit sacrifiée à travers un accord de coopération nucléaire avec l’Inde. L’accord signé pourrait aider New Delhi non seulement à maîtriser l’énergie nucléaire mais aussi à renforcer son arsenal d’armes atomiques. Le Congrès doit refuser cet accord et demander à l’administration actuelle, ou celle qui sa lui succéder, d’en renégocier les termes. Le nouvel accord ne doit pas entraver les efforts visant à lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Des sources journalistiques proches du Hamas ont dévoilé l’existence d’une cassette-vidéo comportant des aveux de membres des services de sécurité palestiniens de Mahmoud Abbas, qui reconnaissent avoir tiré en direction du Premier ministre limogé Ismaïl Haniyeh, le 14 janvier dernier. Une autre cassette montre des policiers palestiniens, le visage masqué, avouant avoir ouvert le feu sur un convoi de médiateurs égyptiens.

REUTERS (AGENCE DE PRESSE BRITANNIQUE)
Mme Benazir Bhutto, ancienne Premier ministre pakistanaise et présidente du Parti du peuple (opposition), a fait état d’un accord secret avec le président Pervez Musharraf. L’arrangement prévoit son retour d’exil et l’abandon par M. Musharraf de ses fonctions de commandant en chef de l’armée pakistanaise. Lors d’une rencontre à New York avec des journalistes, Mme Bhutto n’a ni confirmé ni démenti les informations sur une réunion secrète avec M. Musharraf à Abou Dhabi, le mois dernier.

AFP (AGENCE FRANCE PRESSE)
Drapeau planté au pôle Nord, bombardiers nucléaires en patrouille au-dessus du Pacifique, manœuvres militaires avec la Chine : l’ours russe multiplie les coups de griffes aux Occidentaux marquant la volonté de Moscou de défendre ses ambitions de superpuissance.
Le dernier incident en date remonte à mercredi, quand deux bombardiers stratégiques Tu-95 russes ont affolé les radars états-uniens en venant narguer leurs chasseurs au large de la base de Guam, dans le Pacifique, renouant avec une tradition abandonnée depuis la fin de la Guerre froide.
« Deux de nos jeunes équipages ont fait une visite du côté de l’île de Guam », s’est félicité jeudi un haut responsable de l’armée de l’air, le général Pavel Androssov, en révélant cette sortie confirmée par le Pentagone.
« Cela a toujours été une tradition de nos bombardiers stratégiques d’effectuer de longs vols au-dessus de l’océan, d’y rencontrer des avions états-uniens et de saluer de visu leurs pilotes. Et mercredi, nous avons repris cette tradition », a-t-il ajouté.
Cet incident qui rappelle une scène du film américain Top Gun (dans laquelle Tom Cruise toise un pilote russe en volant juste au-dessus de lui) n’est que le dernier en date d’une politique étrangère russe affirmant le statut retrouvé de grande puissance, un des thèmes-clefs de la présidence de Vladimir Poutine.
Moscou a déjà procédé cet été à des vols de bombardiers, sur fond de crise russo-britannique liée à l’empoisonnement à Londres de l’ex-agent Alexandre Litvinenko. Le 20 juillet, l’armée norvégienne avait signalé des bombardiers russes en mer du Nord, volant à des latitudes « inhabituelles » entre la Norvège et la Grande-Bretagne, et provoquant l’envoi de chasseurs intercepteurs norvégiens et britanniques.
« Dès qu’elle le peut, la Russie montre le retour de sa puissance, y compris militaire », souligne l’analyste Alexandre Golts.
Les vols de bombardiers stratégiques à long rayon d’action avaient diminué après la chute de l’URSS en raison du manque de financement de l’armée.
Mais la Russie ne limite pas ses ambitions aux cieux. Le 2 août, une mission d’exploration russe a planté un drapeau russe au fond de l’océan Arctique, à plus de 4000 mètres sous le pôle Nord, un exploit salué par le président Poutine, partisan de la main-mise sur ces régions riches en hydrocarbures.
Le lendemain de cet exploit très médiatisé, le chef de la Flotte russe en mer Noire, l’amiral Vladimir Massorine, évoquait la possibilité de rétablir une présence navale permanente en Méditerranée, où les Etats-Unis ont déployé leur VIe Flotte.
Selon la presse russe, le port syrien de Tartus, déjà utilisé par la flotte soviétique à l’époque de l’URSS, pourrait de nouveau accueillir des escales de navires militaires russes. L’armée de terre russe n’est pas en reste, avec de gigantesques manoeuvres lancées en Chine la semaine dernière par des troupes russes, chinoises et d’ex-républiques soviétiques d’Asie centrale.
Ce regain militaire de la Russie survient après une période de 16 ans marquée par le déclin militaire et diplomatique de la Russie face aux États-Unis. « Pour le Kremlin, c’est très important de garder au moins un domaine dans lequel nous sommes à égalité avec les États-Unis. Et on le montre avec obstination », estime Alexandre Golts.
Le pied-de-nez des bombardiers russes à Guam a été précédé cette semaine par un tir de missile lundi soir en Géorgie, pays du Caucase qui a accusé la Russie, son grand voisin du Nord. Moscou dément catégoriquement. L’analyste politique Ioulia Latynina espère que Moscou en restera au stade de la démonstration de force.
L’armée de l’air russe a justifié le passage des deux bombardiers près de la base états-unienne de Guam. « Et quand les États-uniens volent le long de nos frontières, qu’est-ce que c’est ? », a réagi le porte-parole de l’armée de l’air, Alexandre Drobychevsky, interrogé sur la réaction du Pentagone à ce survol russe, largement interprété comme un retour à une pratique de la Guerre froide.
Un haut responsable de l’armée de l’air, le général Pavel Androssov, avait étonné en annonçant le passage à proximité de Guam de deux bombardiers russes. « L’aviation stratégique a passé un test. Avec succès, je dirais », avait-il alors déclaré, cité par l’agence Ria Novosti.
Le Pentagone a confirmé jeudi ce survol près de sa base de Guam, tout en précisant que les deux bombardiers TU-95 n’étaient pas passés assez près pour justifier une réaction. Ces survols russes sont intervenus peu après le lancement d’importants exercices de l’armée états-unienne dans les eaux de Guam.

Audiovisuel arabe

AL-ARABIYA (CHAINE SAOUDIENNE BASEE A ABOU DHABI)
Emission : Panorama
- Invité : Nayef Hawatmeh, secrétaire général du Front démocratique de libération de la Palestine
J’émets des doutes sur la légitimité du président (de l’Autorité palestinienne) Mahmoud Abbas et sur celle du Conseil consultatif où le Hamas dispose d’une majorité. Car les élections présidentielles de 2005 et législatives de 2006, n’ont vu la participation que de 40 % des électeurs à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Tendances et événements au Liban

L’escalade verbale sans précédent du chef druze Walid Joumblatt (14-mars) a fait l’objet d’une large couverture et de nombreux commentaires. Dans un discours prononcé dimanche, Joumblatt a catégoriquement rejeté tout compromis politique pour régler la crise qui secoue le pays. Cette attaque d’une rare violence intervient alors que les médiations étrangères doivent reprendre et que le président de la Chambre, M. Nabih Berri (Opposition), s’apprête à lancer des initiatives dont on ne connaît pas encore la teneur dans le but de décrisper la situation à deux mois de l’élection présidentielle.
Les observateurs soulignent le refus catégorique de M. Joumblatt de tout compromis interne et son attaque au vitriol contre la Résistance, l’Iran et la Syrie. Il a utilisé un vocabulaire encore plus agressif que celui des États-Unis et l’Arabie saoudite, principaux soutiens du pouvoir libanais.
Mais M. Joumblatt n’a pas limité ses critiques à ces trois parties. Il a également lancé ses flèches contre des alliés du 14-mars —qu’il n’a pas cité— et qui seraient tenté d’accepter un compromis avec l’opposition. Il les a qualifiés de traîtres et a affirmé qu’ils seront exécutés moralement et politiquement et que l’Histoire ne leur pardonnerait pas un tel acte.
Une source de l’opposition estime que les attaques de M. Joumblatt prouvent qu’un débat interne a actuellement lieu entre les personnalités du 14-mars sur l’attitude à adopter à l’égard de l’élection présidentielle. Certaines figures de ce mouvement hésitent à organiser une élection sans le quorum constitutionnel des deux tiers. Mais les plus extrémistes plaident en faveur de l’élection d’un successeur à Émile Lahoud quel que soit le nombre de députés présents lors de la séance. En haussant le ton de cette façon inédite, M. Joumblatt veut menacer indirectement les députés du 14-mars qui projettent de faire défection pour répondre au souhait du patriarche maronite Nasrallah Sfeir de ne pas élire un président à la majorité absolue.

Résumés d’articles relatifs au Liban

La presse libanaise souligne que la semaine écoulée s’est achevée sur de profondes divergences inter-chrétiennes, surtout après les critiques à caractère raciste adressées à la communauté arménienne par des personnalités proches du pouvoir, pour avoir voté massivement en faveur du candidat de l’opposition à la partielle du Metn, le 5 août dernier.

AL-ANWAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
Le patriarche maronite Nasrallah Sfeir a critiqué le fait que les hommes politiques se disputent les plus hautes fonctions de l’Etat. Pendant ce temps, le député Boutros Harb (14-mars) s’apprête à annoncer sa candidature à l’élection présidentielle qui doit avoir lieu entre le 25 septembre et le 24 novembre.

AL-AKHBAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
D’intenses contacts locaux, régionaux et internationaux ont actuellement lieu pour préparer la tenue d’une conférence régionale et internationale sur le Liban à l’initiative de la France. C’est pour cette raison que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a annulé la visite qu’il devait effectuer au Liban, le 23 août.
Cette conférence devrait regrouper la France, l’Arabie saoudite, la Syrie, l’Égypte, l’Espagne et l’Allemagne.

• L’armée libanaise a rejeté une proposition de reddition conditionnelle des islamistes du Fatah al-Islam encerclés dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, dans le nord du Liban. « Le porte-parole des islamistes, Chahine Chahine, nous a fait parvenir une proposition de reddition à un comité palestinien qui a été rejetée par l’armée », a indiqué Mohammad Hajj, porte-parole du Rassemblement des oulémas palestiniens. « L’armée exige une reddition sans conditions, la remise des armes et l’annonce de la dissolution du Fatah Al-Islam ».
Un porte-parole de l’armée a confirmé à ce rejet. « Les hommes du Fatah al-Islam ne sont pas en mesure d’imposer des conditions. Il n’ont d’autre choix que de se rendre à l’armée et d’être traduits en justice », a-t-il indiqué. « Par contre nous sommes prêts à donner toutes les garanties à l’évacuation pacifique de leurs familles. Qu’ils proposent un mécanisme et nous sommes prêts à l’exécuter ».
Sur les 31 000 réfugiés du camp où les combats se poursuivent depuis le 20 mai, il n’en reste plus qu’une soixantaine, les femmes et les enfants des combattants. Les islamistes contrôlent toujours un territoire de 15 000 mètres carrés.
Deux roquettes tirés à partir du camp se sont abattus dimanche sur la plaine du Akkar, distante de quatre kilomètres, sans faire ni victime, ni dégâts. Des tirs similaires avaient provoqué le 2 août l’arrêt du fonctionnement de la centrale électrique de Deir Ammar, l’une des plus importantes du Liban. La centrale est toujours en panne, entraînant un rationnement du courant.

• Le Hezbollah célèbre cette semaine l’anniversaire de la « divine victoire », il y a un an, contre Israël. Sur les avenues des quartiers de Beyrouth et de ses banlieues au sud des banderoles proclament que « l’ère des défaites est révolue, celle de la victoire est arrivée ».
Un grand rassemblement est organisé dans la banlieue sud mardi, jour anniversaire de la trêve du 14 août 2006, avec un discours attendu du chef de la Résistance, sayyed Hassan Nasrallah. « C’est un grand anniversaire national pour le Liban, affirme Hussein Rahhal, le porte-parole du Hezbollah. Cette victoire a prouvé que le Liban peut se défendre lui-même. Le Hezbollah, en tenant tête à l’armée israélienne, a prouvé qu’Israël est incapable de gagner une bataille au Liban ou ailleurs dans la région ».
« Nous avons un ennemi qui est toujours prêt à lancer des agressions », affirme le porte-parole du Hezbollah. Nous sommes toujours prêts à faire face à toute nouvelle agression ».

Documents joints


Rapport de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes britannique sur la politique de sécurité anglo-saxonne au Proche-Orient (13 août 2007) [en anglais].


(PDF - 3.6 Mo)

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.