Tendances et événements au Proche-Orient

Les mouvements de la Résistance palestinienne ont encore une fois prouvé leurs capacités à faire face aux agressions israéliennes en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, aussi bien en s’opposant aux incursions terrestres qu’en poursuivant les tirs de roquettes contre les implantations du Néguev.
Pendant ce temps, le débat en Israël bat son plein sur la pertinence de la poursuite de l’alliance entre Israël et l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, et l’efficacité réelle des incursions militaires. Chaque opération israélienne se heurte à une forte résistance de la part des mouvements palestiniens qui ont poursuivi leurs activités en Cisjordanie malgré les mesures prises par le gouvernement de Salam Fayyad qui les a privés de toute légitimité en proclamant hors-la loi toute organisation qui porte les armes. En fait, Salam Fayyad et Mahmoud Abbas ont accepté le postulat israélien suivant : « La sécurité d’abord, les négociations politiques ensuite ». Des milieux proches de Abbas qualifient cette approche d’irréaliste, car elle ne prend pas en considération la situation délicate de l’Autorité palestinienne. En fait, ces milieux savent pertinemment -mais ne le reconnaissent pas ouvertement- qu’ils ne peuvent accepter un plafond plus bas que celui qu’avait fixé le leader historique des Palestiniens Yasser Arafat : pas de concessions sécuritaires avant d’obtenir un minimum d’acquis politiques.
Le chef palestinien qui acceptera ce que Yasser Arafat a refusé perdra immédiatement toute légitimité.

Presse et agences arabes et internationales

NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Les agences de renseignement états-uniennes font un bilan pessimiste des capacités du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki à parvenir à la réconciliation nationale dans un rapport qui devait être rendu public jeudi.
Ce document exprime de « sérieux doutes » et donne une « vision pessimiste » des capacités du gouvernement Maliki à « surmonter les différences confessionnelles » et à unifier le pays.
« Le rapport indique que peu de progrès en matière politique ont été faits à ce jour, et il est alarmiste sur les futures possibilités de progrès politiques », affirme un responsable du Congrès.
Le rapport conclut également que les troupes supplémentaires états-uniennes - déployées depuis le début de l’année dans le cadre de la nouvelle stratégie du président George W. Bush dont l’évaluation en septembre est très attendue - ont quelque peu réussi à réduire les violences confessionnelles dans le pays.
Le document est « plus sombre dans ses évaluations » de l’avenir en Irak que ne l’est l’administration Bush au cours de ses discussions internes.
Mais le rapport avertit également qu’un retrait prématuré des troupes US pourrait conduire à plus de chaos.
Le rapport « ne prend pas une position politique, cependant il vous donne le sentiment que ce que nous faisons ne fonctionne pas mais que nous ne pouvons pas laisser tomber parce que (la situation en Irak) empirerait », affirme un responsable cité par le quotidien.
Le document rédigé par le renseignement états-unien, intitulé Perspectives sur la stabilité en Irak, est destiné à aider à prévoir les événements au cours des six à 12 prochains mois.

EL PASO TIMES (QUOTIDIEN TEXAN)
Le renseignement états-unien écoute des milliers d’appels téléphoniques de l’étranger qui transitent par le territoire US, mais surveille les appels de moins d’une centaine de personnes sur son propre sol, a révélé le directeur du renseignement Mike McConnell.
M. McConnell a insisté dans cette interview sur le fait que les renseignements doivent encore obtenir un mandat lorsque les appels impliquent au moins une personne se trouvant sur le territoire US.
« Si un terroriste appelle ici un autre terroriste, je pense que le peuple américain voudrait qu’on surveille cette personne », a-t-il déclaré. « Dans ce cas, on demandera un mandat et on le fera », a-t-il ajouté.
« C’est gérable. Du côté américain, cela représente une centaine (de cas) ou moins. Et du côté étranger, cela se compte en milliers », a-t-il dit.
M. McConnell a défendu le passage de la nouvelle loi, qui a rencontré une forte opposition au Congrès, car elle permet selon lui de gagner du temps et de réduire les démarches administratives. « C’est une question de volume et de temps », a déclaré le chef du renseignement.
Il a également confirmé que les compagnies états-uniennes de télécommunications qui sont désormais poursuivies pour atteinte à la vie privée, avaient aidé les services de renseignement lors des écoutes. Selon lui, la nouvelle loi les dédouane de toute responsabilité dans le futur, mais n’est pas rétroactive.

TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
Pour les années à venir, l’armée britannique et les unités anti-terroristes auront besoin des services d’écrivains et d’interprètes arabes dignes de confiance. Les collaborateurs irakiens peuvent venir en Grande-Bretagne non pas en tant que demandeurs d’asile, mais en tant que valeur ajoutée. Beaucoup d’entre eux possèdent des compétences remarquables et pourront continuer à servir les forces armées non seulement en tant qu’interprètes mais aussi en leur qualité d’analystes ou de professeurs de langue arabe. Les services gouvernementaux, notamment les agences de renseignement, la police et le MI5, pourraient également les utiliser pour surveiller les mouvements et les activités des terroristes.
Ces personnes qui sont des patriotes pourraient un jour retourner en Irak. Les priver aujourd’hui de l’opportunité de fuir leur pays équivaut à signer leur arrêt de mort.

WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
En violant la souveraineté de la Géorgie, Moscou espérait peut-être susciter une riposte de la part de ce pays dans la région frontalière déjà très tendue. Provoquer une escalade dans cette région pourrait inciter les gouvernements occidentaux à se poser des questions sur la pertinence d’intégrer la Géorgie à l’Otan. L’adhésion à l’Alliance atlantique constitue pour le président Mikhaïl Saakachvili, un objectif prioritaire. Pour l’instant, la riposte géorgienne s’est limitée à une médiatisation de l’affaire et à des protestations diplomatiques.

• Citant le quotidien Palestine proche du Hamas, l’agence de presse allemande fait état de l’existence de profondes divergences entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad. M. Fayyad critique publiquement M. Abbas qu’il accuse de ne pas avoir une vision ou un programme politique clair. De plus, il ne sait pas comment réagir face à la crise actuelle, et estime que les décisions de Abbas sont empreintes d’une grande hésitation et de beaucoup de confusion.
Selon le journal, M. Abbas s’est entouré de nombreuses personnalités qu’il utilise pour faire du lobbying. Le président de l’Autorité Palestinienne n’est plus très convaincu par son Premier ministre qui lui a été imposé par l’administration états-unienne depuis qu’il était le chef du gouvernement du leader disparu Yasser Arafat. Washington considère Fayyad comme son homme dans les territoires palestiniens et pense qu’il devrait être le prochain président de l’Autorité palestinienne. Les États-Unis tentent actuellement de créer une ambiance favorable à M. Fayyad même au sein du mouvement Fatah.

Audiovisuel arabe

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Principal journal du soir
- Invité : Khaled Machaal, chef du bureau politique du Hamas
L’autre partie (Mahmoud Abbas) a fermé toutes les portes et a rejeté toutes les médiations palestiniennes et arabes, y compris les initiatives de certaines figures du Fatah.
Le Hamas n’a pas pris possession de Gaza afin qu’il la restitue à qui que ce soit. Le Hamas a en fait défendu la légitimité spoliée par la clique qui était aidée par les Israéliens et les États-uniens au niveau de l’argent, de l’armement et de l’entraînement.

Tendances et événements au Liban

La venue à Beyrouth de l’émissaire français Jean-Claude Cousseran ne dépasse pas le cadre de la visite d’information et d’exploration, après que la scène libanaise ait été plongée dans un climat d’escalade provoquée par le chef de l’ancienne milice des Forces libanaises, Samir Geagea, et le député Walid Joumblatt, représentants de l’aile extrémistes du 14-mars. La campagne initiée par les deux faucons s’articulait autour d’un seul thème : l’élection d’un président issu des rangs du 14-mars sans quorum des deux tiers et en dehors du Parlement s’il le faut. Les deux hommes ont également concentré leurs attaques contre le président de la Chambre Nabih Berri, qui reste au centre de toutes les initiatives visant à régler la crise actuelle.
Cependant, Jean-Claude Cousseran s’est montré particulièrement agacé par les outrances et l’intransigeance des leaders du 14-mars. Il a annoncé une prochaine tournée du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à Beyrouth et peut-être à Damas, qui donne le coup d’envoi à de nouvelles démarches à trois semaines du début du délai constitutionnel pour l’élection présidentielle. Mais une source diplomatique européenne assure que les contacts entre les acteurs régionaux et internationaux influents au Liban resteront interrompus pendant la première moitié de septembre. La France ou tout autre pays européen, sera incapable de jeter les fondements d’une initiative sérieuse tout au long de cette période en raison du veto états-unien. Les États-Unis attendent, eux, la fin de la réévaluation de leur stratégie en Irak avant d’arrêter leurs choix définitifs concernant aussi bien le pays des deux fleuves que le Liban ou la Palestine. Toute l’activité qui se déroulera entre-temps ne dépassera pas le cadre de l’exploration pour remplir le temps vide.

Manchettes des journaux libanais

• L’émissaire français Jean-Claude Cousseran a entamé jeudi à Beyrouth une nouvelle mission destinée à préparer une prochaine visite du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dans le cadre des efforts entrepris par Paris pour sortir le Liban de la crise.
Après une rencontre avec le Premier ministre Fouad Siniora, M. Cousseran a déclaré avoir « confirmé » à son interlocuteur « le principe de la prochaine visite » de M. Kouchner au Liban.
« Je lui ai indiqué que la date de cette visite serait prochainement fixée », a-t-il ajouté devant la presse, en soulignant que la France entendait « poursuivre dans le même esprit » sa mission entamée en juillet.
« La mission d’aujourd’hui est une mission simple dans la perspective de la prochaine visite de M. Kouchner à Beyrouth, afin d’écouter les différentes factions libanaises », a dit M. Cousseran.
L’émissaire français a aussi rencontré le président du Parlement Nabih Berri, un des chefs de l’opposition. Il poursuivra sa visite au Liban vendredi.
La visite de M. Cousseran fait suite à un premier déplacement de Bernard Kouchner à Beyrouth, les 28 et 29 juillet.
Le ministre français avait alors rencontré les dirigeants de tous les partis politiques libanais mais avait quitté le pays sans avancée concrète.

• Deux Palestiniens soupçonnés d’appartenir à un groupe extrémiste ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur une attaque qui a visé un véhicule de la force de l’Onu au Liban en juillet.
« Ces deux hommes ont avoué être les responsables » de l’attaque survenue le 16 juillet contre un véhicule de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à Qasmiyé, dans le sud du pays, selon un porte-parole des Forces de sécurité intérieure (Police).
Cet attentat n’avait pas fait de victimes.
Le porte-parole a indiqué que les deux Palestiniens sont soupçonnés d’appartenir à l’ancien groupuscule extrémiste sunnite Jund al-Cham (les « soldats du Levant »), qui a fusionné récemment avec un autre groupuscule, Ousbat al-Ansar.
Ces groupuscules sont implantés à Aïn Heloué, le plus grand des camps de réfugiés palestiniens du Liban, situé à Saïda (sud).
Les suspects « ont pu être appréhendés grâce à une action conjointe de la direction des renseignements de l’armée et de la section des renseignements des FSI.
Le véhicule visé, qui appartenait au bataillon tanzanien de la Finul, avait été légèrement endommagé par l’explosion d’un engin de faible puissance.

• Les familles des islamistes retranchés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, soit quelques dizaines de femmes et d’enfants, devaient être évacuées vendredi après-midi.
« L’armée observera une trêve une heure avant l’évacuation », a déclaré un porte-parole militaire.
Le Croissant rouge palestinien et la Croix rouge libanaise vont être chargés des évacuations.
Les religieux palestiniens qui tentent depuis mardi d’organiser cette évacuation avaient annoncé un peu plus tôt avoir reçu un nouvel appel téléphonique des islamistes, qui leur ont communiqué une liste de 22 femmes et 41 enfants à faire sortir du camp.
Abou Salim Taha « a repris contact avec nous cette nuit et a déclaré que 63 civils, 22 femmes et 41 enfants, étaient prêts à quitter le camp », a déclaré Cheikh Mohammad Hajj, porte-parole du Rassemblement des oulémas palestiniens.
Ces civils sont les derniers restés dans le camp de réfugiés palestiniens en ruines, dont les 31 000 habitants ont fui depuis le début des combats le 20 mai entre l’armée et Fatah al-Islam.
Les combats ont fait plus de 200 morts, dont 142 soldats libanais, un chiffre qui ne prend pas en compte les islamistes tués dont les corps sont restés dans le camp.

AS-SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Les milieux de Nabih Berri répondent violemment au député Walid Joumblatt : « C’est à vous qu’il faut demander des comptes les sonnantes et les trébuchantes disparues des fonds et des caisses ».
Les guéguerres politiques menacent de faire avorter la nouvelle mission de Jean-Claude Cousseran.

AL-AKHBAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Le secrétaire d’Etat adjoint, David Welsh, a déclaré que son pays souhaitait l’élection d’un président qui lui est acquis, même à la majorité absolue. Pendant ce temps, Jean-Claude Cousseran prépare la visite de Bernard Kouchner le 1er septembre. D’autre autre coté, le général Michel Aoun a demandé aux sunnites d’exprimer une position claire et nette à l’égard de Walid Joumblatt et Samir Geagea qui œuvrent pour la partition du Liban.
Selon le quotidien, des profondes divergences sont apparues entre les Français et les États-uniens lors de discussions sur le Liban qui ont eu lieu à Paris. Le diplomate US a rejeté l’idée de présenter des concessions pour faciliter une entente inter-libanaise.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.