Tendances et événements au Proche-Orient

Les États-Unis veulent transformer l’invitation —non officielle— faite à la Syrie pour participer à la conférence de paix de George Bush en outil de marchandage autour des positions syriennes concernant le conflit israélo-arabe et tous les autres dossiers de la région. C’est en tout cas ce qui transparaît de la déclaration du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, qui a refusé de discuter du Golan tant que la Syrie n’aura pas rempli certaines conditions. Ces conditions rappellent celles que l’ancien secrétaire d’État états-unien, Colin Powell, avait transmises au président Bachar al-Assad, trois semaines après la chute de Bagdad, en mai 2003. À l’époque, le dirigeant syrien avait refusé les diktats et choisi la voie de la résistance aux pressions de Washington.
La déclaration d’Olmert intervient après des conseils jordaniens de ne pas aborder la question du Golan et de se concentrer sur le volet palestinien, lors de la conférence de Bush. Pourtant, les discussions préparatoires entre Israéliens et Palestiniens tournent dans le vide. « Accord cadre », « document conjoint » , « déclaration de principe », toutes ces expressions utilisées ne cachent pas les maigres résultats réalisés après quatre rencontres entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert. Tout bloque lorsque les questions clé du conflit sont évoquées : le droit au retour des réfugiés, le sort de Jérusalem, les frontières du futur État palestinien et l’eau. Toutes ces questions sont d’ailleurs reportées depuis 14 ans, date de la conclusion de l’accord d’Oslo. Pendant ce temps, Israël poursuit la colonisation et la confiscation des terres palestiniennes. Pas plus tard que lundi, 110 hectares ont été confisqués en Cisjordanie. De même, l’armée israélienne poursuit ses incursions et assassinats de résistants palestiniens, et renforce son blocus de la bande de Gaza.
Une source diplomatique arabe fait observer que la Syrie n’a pas demandé à être invitée à cette conférence. Et après avoir été conviée verbalement, elle a énuméré, par la bouche de son président, ses conditions : la question du Golan doit être discutée et un ordre du jour clair et précis des travaux de cette réunion doit être établi.
C’est Washington qui a annoncé son intention d’inviter la Syrie pour tenter d’enclencher avec elle un processus de marchandage à l’échelle régionale. Pourtant, les responsables états-uniens connaissent parfaitement la position inchangée de Damas : la simultanéité des volets, et le fait que toute réunion doit reposer sur les principes de la conférence de Madrid (la terre contre la paix). Pour la Syrie, les pays arabes qui ont choisi de participer à cette conférence, dont le seul objectif est la reconnaissance d’Israël sans contreparties, devront assumer la responsabilité de leur choix devant leur peuple et devant l’histoire.

Presse et agences internationales

FARS (AGENCE SEMI-OFFICIELLE IRANIENNE)
Les experts militaires iraniens ont mis au point une nouvelle « bombe intelligente » de deux tonnes. L’Iran a maîtrisé la technologie nécessaire pour la fabrication de ce type de bombe larguée par avion et téléguidée depuis de longues distances. Téhéran avait déjà annoncé, il y a deux mois, la mise en service d’une bombe intelligente appelée « Kassed ».

• La secrétaire d’État Condoleezza Rice entame vendredi une tournée à Moscou et au Proche-Orient destinée à calmer les inquiétudes de la Russie sur le projet de bouclier antimissile en Europe et à préparer la rencontre internationale sur le Proche-Orient de novembre.
La chef de la diplomatie US doit quitter Washington jeudi pour arriver vendredi matin à Moscou, où une réunion à quatre est prévue avec son collègue à la Défense Robert Gates et leurs homologues russes Sergueï Lavrov et Anatoli Serdioukov.
Le principal dossier à l’ordre du jour sera l’épineuse question du bouclier antimissile que les États-Unis veulent installer en Pologne et en République tchèque.
Moscou qui s’y oppose farouchement, y voyant un danger direct pour sa sécurité, a proposé à Washington d’y renoncer et d’utiliser, entre autres, son radar de Gabala en Azerbaïdjan, jusqu’ici sans succès.
Washington, qui a besoin du soutien de la Russie sur les dossiers nucléaires iranien et nord-coréen, a « des idées » pour débloquer la situation, selon le secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes, Daniel Fried, qui doit participer mercredi et jeudi à Moscou à des discussions préparatoires.
Dans la seconde partie de son voyage, Mme Rice se rendra à Jérusalem et Ramallah, où elle souhaite faire progresser les discussions entre Israéliens et Palestiniens avant la conférence internationale prévue aux États-Unis.
Elle a aussi planifié de courtes visites à Amman et en Égypte pour des entretiens avec les alliés arabes des États-Unis dont elle souhaite s’assurer le soutien au cours de cette réunion.
Le calendrier de ses rencontres avec responsables israéliens et palestiniens n’a pas été publié mais la durée exceptionnelle de son séjour à Jérusalem —cinq jours d’affilée du 14 au 18 octobre— devrait lui permettre de se plier à l’exercice traditionnel de la « navette diplomatique » auquel elle s’est longtemps refusée en arguant de son inutilité.
Signe des incertitudes entourant cet événement, ni le lieu ni la date de la rencontre internationale n’ont été annoncés, même si croient savoir plusieurs médias, elle aurait lieu fin novembre à Annapolis, site d’une importante école navale sur la baie de Chesapeake, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Washington.
En outre, les invitations n’ont pas été officiellement lancées, le niveau de représentation de chaque pays reste flou et l’appellation de la rencontre reste inconnue, ce qui conduit à des divergences sur ce qu’on peut en attendre : pour les Arabes, c’est une conférence de paix et elle doit avoir des résultats tangibles, tandis que pour les Israéliens, c’est une simple réunion dont les résultats ne doivent pas être contraignants.
D’ailleurs, alors même que les dirigeants israélien Ehud Olmert et palestinien Mahmoud Abbas travaillent sur un « document commun », destiné à servir de base aux négociations qui seront entamées après cette rencontre, Israël a ordonné la confiscation de 110 hectares de terres près de Jérusalem.
Or, la colonisation juive est l’une des principales questions sur lesquelles ont buté les précédentes négociations et Israël s’était engagé en 2005 auprès des Etats-Unis à geler un vaste projet de construction dans ce secteur.
Embarrassé par cette annonce, le porte-parole du département d’État, Sean McCormack, s’est abstenu de tout commentaire mardi. « Nous n’avons aucune information du gouvernement israélien, a-t-il déclaré. Nous allons nous renseigner ».

• Israël a ordonné la confiscation de 110 hectares de terres près de Jérusalem, faisant craindre aux Palestiniens une relance d’un projet destiné à relier la colonie de Maalé Adoumim à la ville sainte.
Les ordres de confiscation émis fin septembre portent sur 110 hectares répartis sur les localités palestiniennes d’Abou Dis, Al-Sawahreh Al-Sharqiyeh, Nabi Moussa et Al-Khan Al-Ahmar.
Ces confiscations visent à créer un bloc de colonies autour de Maalé Adoumim, la plus grande colonie juive de Cisjordanie où habitent plus de 30 000 Israéliens, et empêcher toute continuité territoriale palestinienne avec la vallée du Jourdain.
Dans les ordres remis aux propriétaires des terres, l’armée israélienne invoque pour justifier ces confiscations « des fins militaires » et « "des mesures destinées à empêcher des actes terroristes ».
Selon Haaretz, les terres confisquées devraient servir à la construction d’une nouvelle route reliant Jérusalem à Jéricho en Cisjordanie.
« Cette nouvelle route permettra de dégager la zone dite E-1, par laquelle passe l’actuelle route Jérusalem-Jéricho, au profit d’un projet juif de longue date consistant à construire 3 500 logements et un parc industriel », affirme le journal.
L’armée a confirmé avoir confisqué des terres palestiniennes. Son porte-parole a soutenu que cette mesure répondait aux besoins de la construction d’une route reliant le sud de la Cisjordanie à Jéricho et la vallée du Jourdain « pour améliorer la qualité de vie des Palestiniens ». « La construction de cette route est devenue nécessaire en raison de la barrière de sécurité bâtie dans le secteur de Maalé Adoumim », a-t-il dit dans un communiqué.
Ce projet coupe pratiquement en deux la Cisjordanie, compliquant la création d’un État palestinien viable.

• Après la mort de quinze soldats tués ces derniers jours par les séparatistes kurdes, le gouvernement turc a décidé mardi d’agiter la menace d’une opération transfrontalière en Irak contre les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Un communiqué publié après une réunion du Conseil supérieur de la lutte contre le terrorisme, dirigé par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, explique que « des ordres ont été donnés à l’armée pour le lancement si nécessaire d’une opération transfrontalière » contre les rebelles réfugiés en Irak, sans citer nommément ce pays voisin.
Le gouvernement a décidé de transmettre au Parlement un projet de résolution autorisant une telle opération, a rapporté la chaîne télévisée d’information CNN-Turk, précisant que le texte était en cours de rédaction.
Une autorisation particulière du Parlement est nécessaire pour l’envoi de troupes dans un pays étranger pour une opération d’envergure, a indiqué le ministre de la Défense Vecdi Gonul.
Le cabinet de M. Erdogan a été sommé par l’opposition parlementaire et la presse nationaliste de durcir son attitude contre le PKK, après la mort de 13 soldats dimanche dans un guet-apens près de la frontière irakienne et la perte de deux autres soldats lundi, le bilan le plus lourd depuis 1995.
Des manifestations spontanées ont été organisées dans plusieurs villes, tandis que de nombreux journaux publiaient les photos des 15 soldats tombés au combat.
Washington et Bagdad ont pour leur part tenté de dissuader Ankara de recourir à une intervention militaire unilatérale.
« Je ne suis pas sûr que les incursions unilatérales soient la solution pour résoudre ce problème », a déclaré à la presse le porte-parole du département d’État, Sean McCormack.

• Le gouvernement irakien a affirmé que l’accord passé avec la Turquie restait le meilleur moyen pour lutter contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
« L’accord de sécurité signé entre la Turquie et l’Irak est le cadre à travers lequel la sécurité des deux pays peut être préservée », a indiqué le porte-parole du gouvernement irakien Ali al-Dabbagh, dans un communiqué.
« Nous exprimons notre soutien au peuple turc. La coopération régionale est la meilleure garantie pour lutter contre le groupe terroriste qui menace la sécurité régionale », a-t-il ajouté.
Ankara et Bagdad ont signé le 28 septembre un accord pour contrer le PKK, mais il ne permet pas aux troupes turques de pourchasser les rebelles en fuite en territoire irakien.

• Une des plus importantes figures religieuses des sunnites en Irak, cheikh Harith al-Dhari, a appelé ses coreligionnaires à ne pas soutenir les États-uniens dans leur bataille contre les extrémistes d’Al-Qaïda, dans une déclaration mise en ligne mardi.
« La décision de s’allier aux forces d’occupation pour justifier leur maintien en Irak sous prétexte de détruire Al-Qaïda est une erreur d’un point de vue du droit, de la patrie et de la raison », assure le cheikh, qui est le secrétaire général de l’Association des oulémas musulmans, la principale organisation religieuse sunnite.
Cheikh Harith al-Dhari réside à Amman. Il est recherché par la justice irakienne pour avoir incité à la lutte contre le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki.
Cette nouvelle déclaration intervient alors que le commandement américain a lancé depuis des mois une stratégie de mobilisation des tribus sunnites et des communautés locales pour combattre les extrémistes, notamment les cellules d’Al-Qaïda.
Des groupes armés soutenus logistiquement et financièrement par le commandement états-unien assurent l’ordre dans des régions ou des villes et y pourchassent ceux qui sont suspectés de faire partie de la mouvance d’Al-Qaïda en Irak.
Cette stratégie a été vivement critiquée par le gouvernement Maliki qui y voit la création de forces paramilitaires qui échappent à l’autorité de l’État et entament sa crédibilité de force unique de maintien de l’ordre.
Les cellules d’Al-Qaïda en Irak avaient annoncé qu’elles allaient prendre pour cibles les responsables sunnites qui se sont rangés aux côtés des États-uniens.

• Dans la province irakienne de Salaheddine, théâtre d’une offensive de la branche irakienne du réseau Al-Qaïda contre les groupes ralliés aux États-uniens, deux kamikazes visant un responsable de la police et un chef tribal ont raté leurs objectifs mais fait au moins 19 morts à Baïji, à 200 km au nord de Bagdad.
Ils ont précipité leur véhicule bourré de liquide inflammable sur la maison du chef de la police, le colonel Saad al-Noufouss, et sur celle de Thamer Ibrahim Atallah, un des chefs du « réveil de Salaheddine », groupe de combattants tribaux mobilisés par les États-uniens.
Dans le même temps, à Mossoul, 370 km au nord de Bagdad, des hommes armés ont tué le général Abdel Al Znoun Moubarak, chef adjoint des opérations de la police dans la province de Ninive, qui circulait dans sa voiture, selon la police.
Également à Mossoul, un engin piégé a tué un policier et blessé deux autres au passage de leur patrouille.
En partie repoussés en périphérie de Bagdad par une vaste offensive américaine lancée en février dans la capitale, de nombreux combattants ont trouvé refuge dans des zones sunnites, où ils poursuivent leurs attaques. Dans Salaheddine, les militants islamistes ont lancé voilà deux semaines une nouvelle série d’attentats contre les responsables des forces de sécurité et les chefs tribaux ralliés à l’armée US.
Le 4 octobre, l’un des chefs du « Réveil de Salaheddine », cheikh Maawia Naji Jebara, a été tué dans un attentat revendiqué par Al-Qaïda. Cet attentat survenait après la mort du charismatique cheikh Abdoul Sattar Abou Richa, tué le 13 septembre. Ce chef sunnite avait convaincu les tribus hostiles à l’occupation US dans la province d’Al-Anbar (ouest) de retourner leurs armes contre les cellules extrémistes inspirées par le réseau d’Oussama ben Laden.

• Une entreprise de sécurité internationale basée à Dubaï mais dont le personnel est occidental a reconnu mercredi être impliquée dans une fusillade mardi à Bagdad qui a fait deux tués civils.
« Nous sommes au courant d’un incident armé le mardi 9 octobre à 13 h 40 dans le quartier de Karrada, impliquant une des escortes de Unity Resources Group. Nous attendons des détails sur les circonstances exactes », indique Unity Resources Group (URG) dans un communiqué.
Deux femmes ont été tuées et une troisième blessée lorsque les gardes de sécurité ont ouvert le feu sur une voiture qui s’est approchée de la queue du convoi, selon la police irakienne et des témoins.
La voiture criblée de balles a fini sa course sur le terre-plein central d’une avenue fréquentée de Bagdad, et le convoi de sécurité s’est éloigné sans s’arrêter.
Cette fusillade intervient moins d’un mois après une autre qui a fait 17 tués civils irakiens à Bagdad et impliquant l’entreprise de sécurité privée Blackwater, qui assure la sécurité des personnels de l’ambassade des États-Unis.
Une enquête irakienne a considéré que les gardes de Blackwater avaient commis « un crime délibéré », et le gouvernement de Bagdad s’est dit déterminé à brider ces entreprises qui ont proliféré en Irak depuis l’invasion états-unienne en mars 2003.

YEDIOT AHARONOT (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
• Le tir, samedi, de roquettes contre l’ouest du Néguev et la localité de Ntifot illustre un changement qualitatif des capacités des organisations palestiniennes qui aura des répercussions sur la vision de l’armée concernant l’opération militaire planifiée contre la Bande de Gaza. La direction politique et militaire israélienne préfère commencer ses opérations terrestres contre Gaza après la conférence de l’automne convoquée par George Bush. Des sources militaires ont indiqué que quatre roquettes katioucha et non pas une seule, ont été tirées contre l’ouest du Néguev. L’inspection balistique a montré que ces projectiles ont une portée de 20 kilomètres et sont dotés d’une charge de plus d’un kilogramme d’explosif. Le Hamas a testé, la semaine dernière, des missiles d’une plus longue portée qui ont été tirés sur la localité de Yed Mordékhaî. Les brigades de Salaheddine, le bras armé des Comités de la résistance populaire, avaient revendiqué le tir de huit obus de mortier d’un calibre de 100 millimètres sur une zone résidentielle près du point de passage de Karm Abou Salem, à l’est de la ville de Rafah.
• Les Israéliens sont dans leur écrasante majorité hostiles à un partage de Jérusalem dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens, selon un sondage publié mardi par le journal.
Pas moins de 63 % des Israéliens sont par principe hostiles à tout compromis sur Jérusalem.
La partie orientale arabe de la Ville sainte a été occupée et annexée par Israël en juin 1967, et les Palestiniens aspirent à en faire la capitale de leur futur État.
Selon le sondage, 68 % des Israéliens se disent hostiles au transfert sous souveraineté palestinienne des quartiers arabes de la ville, contre 20 % qui y sont favorables et 11 % qui en seraient d’accord uniquement dans le cas où la majorité de leurs compatriotes l’approuveraient par référendum.
Interrogés sur le sort de la Vieille ville de Jérusalem qui abrite les lieux saints du judaïsme, de l’islam et de la chrétienté, 61 % des Israéliens pensent que la souveraineté doit y être assumée par Israël, contre 21 % qui préconisent une souveraineté internationale, 16 % une souveraineté conjointe israélo-palestinienne et 1 % une souveraineté du Royaume hachémite de Jordanie.
Enfin, 52 % des Israéliens estiment que M. Olmert n’a pas reçu de mandat pour trancher du sort de Jérusalem dans le cadre d’un règlement avec les Palestiniens, à moins d’avoir le soutien en ce sens de 80 des 120 députés de la Knesset (Parlement).
Sur ce dernier point, 22 % des Israéliens estiment que M. Olmert devrait obtenir l’aval de la majorité de ses compatriotes dans un référendum, tandis que 10 % affirment qu’il a reçu un mandat pour agir librement, ce que lui contestent catégoriquement 7 %.
Le sondage a été réalisé par l’Institut Mina Tzemach dans des conditions non précisées.

Audiovisuel international

AL-ARABIYA (CHAINE SAOUDIENNE BASEE A DUBAÏ)
Émission : Le principal journal du soir
- Invité : Salam Fayyad, Premier ministre de Mahmoud Abbas
La conférence internationale prévue à l’automne pourrait constituer une chance irremplaçable, bien qu’elle pourrait ne pas être aussi importante que les précédentes. La date de cette conférence n’a pas encore été fixée.
Le gouvernement palestinien est attaché à la position exprimée par la direction palestinienne selon laquelle la Feuille de route et l’initiative de paix arabe doivent constituer les fondements de cette conférence.
Nous savons tous que la cause palestinienne a régressé ces dernières années. Si une occasion se présente pour sortir de la marginalisation, nous devons la saisir.

Tendances et événements au Liban

Les Libanais observent avec angoisse les signaux contradictoires émis autour de l’échéance présidentielle. Toutes les parties assurent que les contacts sont maintenus entre le président de la Chambre, Nabih Berri, et le chef de la coalition au pouvoir, Saad Hariri, pour tenter de dégager un consensus autour du nom du prochain président de la République. En dépit de cette note d’optimisme, il est de plus en plus question d’un report de la séance présidentielle du 23 octobre. _ Certains députés loyalistes évoquent la possibilité de tenir, ce jour-là, une réunion sous la direction du vice-président Farid Makari, pour élire un des leur. Mais de l’avis de sources politiques concordantes, cette éventualité est peu probable en dépit de l’escalade verbale de personnalités du 14-mars, qui a atteint son pic avec l’attaque sans précédent lancée à partir des États-Unis par Saad Hariri contre le Hezbollah et l’opposition, adoptant ainsi le même ton que ses alliés Walid Joumblatt et Samir Geagea.
Les regards sont rivés sur le siège du patriarcat maronite de Bkerké, qui accueille séparément, jeudi et vendredi, les leaders maronites du 14-mars et de l’opposition. Ces démarches sont le fruit de concertations entre le patriarcat et le Vatican. Mais de l’avis de nombreux observateurs, elles ont peu de chance d’aboutir à un accord. Surtout que le 14-mars n’a pas cessé une minute ses attaques malgré la politique de la main tendue de Nabih Berri, du Hezbollah et du général Michel Aoun, qui ont réaffirmé, mardi, leur disposition au dialogue et à l’entente.
Des sources bien informées assurent que parallèlement à ses déclarations sur la poursuite des concertations avec Nabih Berri, le 14-mars s’emploie, loin des feux de la rampe, à parachever le plan d’internationalisation de l’élection présidentielle. _ Ces mêmes sources s’interrogent sur le timing des lettres secrètes envoyées par le Premier Fouad Siniora au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, au sujet de la situation sécuritaire au Liban. Sans même consulter le Conseil des ministres, Siniora a informé M. Ban des prétendus entraînements et réarmements de l’opposition et du réseau de communication téléphonique parallèle installé par le Hezbollah. Celui-ci est en fait destiné à protéger la Résistance des écoutes israéliennes et états-uniennes, surtout depuis que Tel-Aviv et Washington ont ouvertement annoncé le premier d’assassiner Hassan Nasrallah et le deuxième de mener des actions contre le Hezbollah.
Les rencontres de Saad Hariri à Washington et New York s’inscrivent dans ce cadre. Et Walid Joumblatt, qui se rend aux États-Unis dans les prochaines 72 heures, va également plaider pour l’internationalisation de l’élection présidentielle. _ Un euphémisme pour justifier la désignation d’un président-fonctionnaire à la solde de Washington. Pour l’instant, plusieurs députés du 14-mars mars refusent ce scénario. Mais si les deux candidats proclamés de cette coalition, Nassib Lahoud et Boutros Harb, refusent de jouer le jeu, Washington pourrait nommer à la présidence… Samir Geagea.

Articles relatifs au Liban

AL-BAAS (QUOTIDIEN SYRIEN)
Le groupe du 14 mars déclare son attachement à l’indépendance et à la liberté de décision alors que ses responsables passent leur temps dans les capitales occidentales à implorer des solutions à la crise libanaise et ne prêtant pas d’importance à l’initiative du président du Parlement libanais Nabih Berri en faveur de l’entente.
Il est ridicule que les responsables du groupe du 14 mars parlent d’un président qui soit nommé par les Libanais (...) alors qu’ils ouvrent grand la porte aux ingérences étrangères. Ce groupe a accepté de devenir un pion dans le plan américano-israélien qui a commencé en Irak et qui veut aujourd’hui punir le Liban qui résiste à l’occupation israélienne.
Il est préférable que l’on désigne d’abord ceux qui (au Liban) entravent le dialogue et les initiatives. Tous les efforts internationaux resteront incomplets s’ils ne sont pas fondés sur une entente entre les Libanais.

• Des représentants de l’Onu et des armées israélienne et libanaise ont tenu mardi une réunion tripartite sur le marquage de la Ligne bleue tracée entre le Liban et Israël, a annoncé la Finul.
La réunion portait également sur la sécurité autour du village de Ghajar, en partie occupé par l’État hébreu depuis, a-t-on précisé de même source.
« Les discussions ont été constructives (..) j’espère qu’on enregistrera des progrès sur le marquage de la Ligne bleue et sur des arrangements temporaires de sécurité au nord de Ghajar », a déclaré le commandant en chef de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le général italien Claudio Graziano.
Selon un communiqué du porte-parole de la Finul, le général Graziano a ajouté que « les deux parties ont manifesté leur détermination à faire appliquer les clauses de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies » ayant mis fin à la guerre de 12 juillet 2006.
La Ligne bleue a été tracée par l’Onu à la suite du retrait de l’armée israélienne en mai 2000 du Liban sud au bout de 22 ans d’occupation. Elle est sans cesse violé par l’ramée israélienne.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions arabe, anglaise et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise et arabe.