Tendances et événements au Proche-Orient

Israël dans l’embarras, la rue arabe fait pression

La question palestinienne occupe toujours le devant de la scène politique et médiatique arabe. Les dernières 24 heures on enregistré les développements suivants :
- 1. Les Israéliens poursuivent leurs tueries quotidiennes, et malgré le nombre élevé de victime, la détermination des Palestiniens à résister ne faiblit pas, aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie.
- 2. Les Israéliens tentent d’absorber le choc causé par la destruction par les Palestiniens du mur séparant Gaza et l’Égypte, brisant ainsi le blocus qui leur est imposé depuis six mois. L’attitude positive des autorités égyptiennes, qui ne se sont pas opposées à l’afflux de plus de 700 000 Palestiniens, est le résultat des pressions exercées par la rue en Égypte. Israël a tenté d’exporter vers l’Égypte la crise de Gaza en demandant au Caire de prendre en charge les besoins vitaux de ce territoire.
- 3. Les États-Unis ont une nouvelle fois saboté les tentatives visant à faire voter en Conseil de sécurité une résolution condamnant Israël et réclamant la levée immédiate du blocus. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a, lui, publié un communiqué dénonçant sans ambages l’État hébreu.
- 4. Les campagnes de solidarité se poursuivent dans le monde arabe et vont crescendo. Ce mouvement suscite l’inquiétude des Israéliens qui craignent qu’il ne se traduise par une radicalisation des positions des pays arabes les plus modérés.

Presse et agences internationales

AS-SAOURA (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Ahmad Hamadé
L’attachement des Palestiniens à leurs droits légitimes et à leur unité nationale constitue la seule voie susceptible de mener à la libération des territoires occupés et à la récupération des droits spoliés. Ces deux points étaient en tête des priorités de la conférence nationale palestinienne organisée à Damas ces deux derniers jours. Le but étant d’empêcher qu’Israël de poursuivre ses crimes impunément et de pousser le monde à agir pour stopper la machine agressive.

AL-QABAS (QUOTIDIEN KOWEITIEN)
- Mikael Abramovitch
Des candidats démocrates à la Maison-Blanche et des membres du Congrès ont attaqué le plan de l’administration visant à conclure un accord sécuritaire à long terme avec le gouvernement irakien. Les démocrates se sont opposés à la tentative de George Bush de consacrer une longue présence militaire en Irak avant la fin de son mandat. La candidate Hillary Clinton a accusé l’administration de vouloir lier le prochain gouvernement et le nouveau président à sa politique ratée en Irak.
- Roni Bregman
Grâce à de brillantes mesures politiques, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a réussi à devenir le persan le plus célèbre du monde. Mais le vrai patron, la personnalité la plus dangereuse qui décide tout à Téhéran, c’est le guide spirituel Ali Khaménei. Ahmadinejad n’oubliera pas pendant longtemps l’humiliation que lui a infligée le guide, mercredi. Élu en 2005 sur des promesses de justice sociale et d’assistance aux démunis, le président a récemment refusé des mesures susceptibles d’alléger le fardeau qui pèse sur les épaules des pauvres ruraux privés d’approvisionnement en gaz de chauffage en cet hiver rigoureux. Ahmadinajed a refusé de fournir du gaz aux villageois dans le besoin, invoquant la très forte demande pour une offre insuffisante.

MATINE (QUOTIDIEN IRANIEN)
Les propos du président George Bush sur le soutien accordé par les États-Unis aux opposants iraniens ont provoqué une crise politique qui ne s’est toujours pas résorbée en Iran. Surtout que le guide Ali Khaménei a incité les citoyens à élire les députés qui s’opposent à Bush et à sa politique, ajoutant que « l’Amérique continue de soutenir les forces prétendument modérées et attachées aux soi-disant réformes ». Réformistes et conservateurs s’accusent mutuellement d’être des agents pro-US.

IHTIMAD (QUOTIDIEN IRANIEN)
Des médias réformistes et conservateurs ont largement commenté la décision du président Ahmadinejad de limoger l’ambassadeur en Italie, Aboul Fadl Zaherhond. Les milieux réformistes ont critiqué la décision du président, surtout que l’ambassadeur était un proche de l’ancien président Mohammad Khatami. Ces milieux ont prétendu que le ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mouttaki, s’est opposé au limogeage de l’ambassadeur et a présenté sa démission en signe de protestation.
Selon les réformistes, Zaherhond a été limogé après avoir été soupçonné d’avoir transmis à Mohammad Khatami une invitation à visiter Rome. Des photos et des images de ce voyage montrent Khatami en train de saluer des femmes iraniennes et étrangères ne portant pas le voile. Il semble que l’ambassadeur en Italie a également payé le prix de ces accusations.

AL-KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Les États-Unis n’ont exprimé aucune crainte lorsque Gaza était plongé dans le noir, lorsque les hôpitaux de la Bande ont failli cesser de fonctionner, et quand l’Unrwa a annoncé sa décision de suspendre une aide alimentaire aux réfugiés palestiniens si le blocus sur l’essence est maintenu. Mais ils se sont dits inquiets de l’afflux des Gazaouites vers l’Égypte pour s’approvisionner.

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
Le plan de la Ligue arabe pour le Liban est équilibré, mais les pressions états-uniennes ont réussi à contraindre Amr Moussa à en adopter une explication nettement partiale en faveur de la majorité, qui s’éloigne des idées contenues dans ce plan. En conséquence, la majorité libanaise a lancé de violentes critiques contre le Hezbollah et son secrétaire général Hassan Nasrallah, adoptant la même position qu’Israël.
Le 14-mars a commencé à laisser filtrer des informations sur la fin de la Résistance et sur le fait que les États-Unis étaient cette fois-ci sérieux dans leurs promesses d’éliminer les dirigeants. Aussi, toutes les options sont ouvertes, car la Résistance ne restera pas les bras croisés face aux tentatives de la liquider.

L’ORIENT-LE JOUR (QUOTIDIEN FRANCOPHONE LIBANAIS)
- Scarlett Haddad
En évoquant, en termes crus, la possession par le Hezbollah de parties de corps de soldats israéliens tombés pendant la guerre de l’été 2006, Hassan Nasrallah avait calculé son coup. S’il ne s’attendait sans doute pas à un tel tollé de la part de certaines figures politiques libanaises, il savait en tout cas que son discours pourrait choquer et même, selon une source proche du Hezbollah, il misait sur cela.
En fait, selon cette même source, ces parties de corps humains sont entre les mains du Hezbollah depuis plus d’un an et si le secrétaire général du parti a attendu tout ce temps pour révéler leur existence, c’est que le timing n’est pas un simple hasard ou une réaction impulsive de la part d’un homme connu pour son approche rationnelle des événements. La source proche du Hezbollah explique que le sayyed a voulu, à travers ces propos controversés, atteindre deux objectifs. D’abord, en évoquant ce sujet délicat à l’occasion de la commémoration de la Achoura, il a estimé qu’il provoquerait une tempête en Israël. Car il montre que les autorités israéliennes, notamment l’armée, ont menti à leurs citoyens et en particulier aux familles des soldats, en leur affirmant qu’elles ont rapatrié toutes les dépouilles de leurs militaires. Le sujet est important, car, selon les rites religieux juifs, il est indispensable qu’une dépouille soit complète pour que la prière puisse être prononcée au moment de l’inhumation.
Mais il avait aussi fait un autre calcul. La commémoration de la Achoura a précédé, cette année, d’une dizaine de jours, la publication du rapport complet de la commission Winograd sur la guerre au Liban. Ce rapport, dit-on, risque de provoquer des remous en Israël, d’autant qu’il mettrait, selon les pronostics, directement en cause le Premier ministre Ehud Olmert. Nasrallah aurait ainsi voulu, en faisant ces révélations choquantes, contribuer à affaiblir encore plus le Premier ministre israélien.
Selon la source proche du Hezbollah, Hassan Nasrallah ne serait pas du tout mécontent si Ehud Olmert se trouvait suffisamment en difficulté pour quitter le pouvoir. Non pas que le chef de la formation pense qu’il sera remplacé par une personnalité plus ouverte ou plus apte à modifier la politique offensive d’Israël, mais il estime qu’une démission, à ce moment précis, entraînerait des élections anticipées et ouvrirait la voie à un mécanisme qui prendrait quelques mois avant de mettre en place une nouvelle équipe.
Ce qui, toujours selon cette source, neutraliserait plus ou moins Israël pendant quelques mois et surtout risquerait de mettre en difficulté le processus déclenché à la conférence d’Annapolis et jugé, par le Hezbollah et ses alliés, insuffisant pour aboutir à une véritable paix. De plus, selon la source proche du Hezbollah, si le processus d’Annapolis est bloqué, au moins pour un temps, cela devrait affaiblir encore plus le président George Bush et l’empêcher d’élaborer de nouveaux projets pour la région...
Pour terminer, Hassan Nasrallah a non seulement tenu des propos incendiaires, mais il a, pour la première fois, marché en plein air, au milieu de la foule de ses partisans, alors qu’il y a deux semaines, on le disait tombé en disgrâce, contesté dans son propre parti et même malade. C’est un démenti à toutes ces rumeurs et un nouveau défi qu’il a ainsi voulu lancer, non pas à l’adresse des Libanais, mais en direction des Israéliens et de leurs alliés.

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
• Comme chaque année et pour la 14e fois, Shimon Peres participait au Forum de Davos. Cette fois en tant que président d’Israël et accompagné de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Cependant, la table ronde sur la Palestine, à laquelle participait aussi le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, a été dominée par la crise de Gaza. Ce dernier a déclaré :« La situation est désastreuse à Gaza, nous ne pouvons l’ignorer et la négliger. L’ensemble de notre processus en est influencé. Il ne fait pas de doute que les violences sont parties de Gaza, mais il ne fait pas davantage de doute que la seule réplique a été la violence. Or, on ne peut serrer davantage la vis à Gaza, qui est devenue une marmite à vapeur. La situation menace de ne plus être maîtrisable. On ne fait qu’y propager le désespoir et la violence. »
• Les autorités israéliennes ont été surprises par l’action du Hamas qui a fait sauter les 2/3 de la barrière de béton et d’acier qui fermait le « couloir Philadelphie » et coupait la ville de Rafah en deux (une partie égyptienne et une partie palestinienne). Elles ont été dépassées par la migration de près de 700 000 personnes (la moitié de la population de Gaza) en deux jours. Cependant, les Égyptien ont empêchés les Palestiniens de se rendre dans d’autres villes. Surtout, Tel-Aviv se demande si ce fait accompli ne pourrait pas fournir une occasion de sortir de la situation inextricable dans laquelle il s’est mis en bloquant Gaza. Ainsi, le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnaï, est partisan de cesser tout approvisionnement en eau et en électricité et de défausser sur l’Égypte la responsabilité humanitaire d’Israël à Gaza.
• Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a participé à un repas rituel dans une fondation alévie. Bien que l’État soit laïque, on assiste aujourd’hui à une politique de sunnisation des institutions que tempère ce geste envers une communauté hétérodoxe qui représente 10 à 20% de la population.

LE MONDE (QUOTIDIEN FRANÇAIS, SOCIAL-DEMOCRATE)
Le Combating Terrorism Center (CTC), un organisme de recherche de l’académie militaire américaine de West Point, vient de mettre en ligne une liste répertoriant 606 personnes, majoritairement saoudiennes, identifiées comme des jihadistes au service de la branche d’Al-Qaida en Irak. Il s’agit de formulaires quasiment administratifs, estampillés « État islamique en Irak », nom de l’alliance sunnite de la guérilla irakienne ayant officiellement fait allégeance à Al-Qaida. Ces formulaires comprennent les identités, « noms de guerre », pays et villes d’origine, numéros de téléphone, voire photos, des recrues (classées comme « combattants » ou « martyrs »), enregistrées à leur arrivée sur le sol irakien par le réseau islamiste. Dans certains cas figurent également les réponses à un questionnaire : où ont été effectués les entraînements ?, quels ont été les pays de transit ?, quelle est la contribution financière apportée par la recrue ?, etc. [Voir document joint]

LIBERATION (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE ROTHSCHILD)
• En débloquant Gaza, le Hamas s’est imposé comme interlocuteur incontournable pour la diplomatie égyptienne. Le Caire doit maintenant affronter son opinion publique qui a très mal vécu les images de Palestiniens repoussés à coups de canons à eau. Des manifestations de soutien aux Palestiniens, organisées par les Frères musulmans, ont éclaté partout dans le pays et 500 manifestants ont été interpellés au Caire.
• La chaîne de télévision publique franco-allemande diffuse ce soir Les Discours de Hambourg de Romuald Karmakar. Il s’agit de la lecture, par un acteur, de deux prêches prononcés par l’imam intégriste Mohammed Fazazi à la mosquée Al-Quds de Hambourg en janvier 2000. Cette même mosquée que fréquentaient trois des quatre pilotes qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001. Fazazi, dont les prêches circulaient sous forme de cassettes vidéo dans le monde arabe, est également considéré comme l’instigateur des attentats de Casablanca. Il a pu quitter l’Allemagne sans être inquiété en octobre 2001. Il purge actuellement une peine de prison à vie au Maroc.

LE POINT (HEBDOMADAIRE FRANÇAIS, GROUPE PINAULT)
L’annonce par Nicolas Sarkozy de la création d’une base interarmes française permanente à Abou Dhabi n’a pas soulevé l’enthousiasme des militaires français. Ceux-ci craignent d’une part d’engager leur flotte dans le Golfe persique et ne pas pouvoir en sortir et, d’autre part, de disperser leurs forces. Le dispositif français dans la région est organisé autour de trois moles : Dakar, N’Djamena et Djibouti, et n’a nul besoin de nouvelles bases. Au demeurant, les armées françaises sont déjà présentes aux Émirats. Elles participent chaque année à l’exercice Gulf Shield (Bouclier du Golfe), qui concernera également l’émirat voisin du Qatar. Il se déroulera cette année du 14 février au 5 mars, avec 1500 soldats français : l’armée de terre déploiera 600 hommes avec des blindés AMX 10-RC et de l’artillerie, et la marine enverra 2 frégates, le « Jean-Bart » et le « Guépratte ». L’armée de l’air a prévu de dépêcher 8 Mirage 2000 et 1 Awacs sur la base d’Al-Dhafra, qu’elle connaît bien. Non seulement pour participer régulièrement aux exercices organisés au-dessus du désert, donc sans provoquer de nuisances, par le centre d’entraînement émirien AWC (Air Warfare Center), mais aussi pour des missions opérationnelles plus discrètes. L’une des dernières fut l’opération Tarpan de surveillance aérienne de l’Irak, organisée dans le cadre de l’Onu dans les semaines précédant l’intervention américaine, en mars 2003. Elle mettait en œuvre d’anciens bombardiers stratégiques Mirage IV transformés en avions-espions. Ces appareils sont aujourd’hui retirés du service.

LA VANGUARDIA (QUOTIDIEN ESPAGNOL)
Des sources islamistes confirment que le dynamitage de la barrière de Gaza a été préparé par le Hamas durant les trois derniers mois. Mercredi, à 3h du matin, ce sont 17 points différents qui ont explosé simultanément libérant une marée humaine. Au moins 350000 personnes ont franchi la frontière selon l’Onu. Pour beaucoup, il s’agit d’un événement aussi important que la chute du Mur de Berlin. Pour le commentateur Ali Waked, le Hamas vient de marquer un quatrième point contre Israël après le retrait des forces d’occupation (2005), la victoire aux élections législatives (2006), et le renversement du Fatah.

DE TELEGRAAF (QUOTIDIEN NEERLANDAIS)
Deux cents organisations musulmanes néerlandaises ont appelé à ouvrir les mosquées le jour de la diffusion du film anti-islam du député Geert Wilders. Demandant à tous les musulmans des Pays-Bas de faire preuve de sang-froid, ces organisations estiment qu’il ne faut pas répondre par la violence aux provocations, mais inviter ce jour-là tous les Néerlandais au dialogue et leur montrer que l’intolérance n’est pas là où on veut le faire croire.

THE TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
• La BBC va diffuser une série en dix épisodes sur la guerre en Irak. Le scénario a été écrit par Ronan Bennett, un activiste républicain irlandais opposé à la guerre. Il vise à questionner la légitimité de la guerre, l’incompétence des Nations unies, et à mettre en scène la recherche des armes de destruction massive. Les efforts passés pour empêcher la diffusion d’émissions pareilles par la BBC ont malheureusement échouées.
• Au forum de Davos, Jeroen van der Veer, le patron de la Shell (seconde compagnie pétrolière au monde) a estimé que le pic pétrolier sera atteint au plus tard en 2015. Il faudra alors se tourner vers le nucléaire et vers les sources fossiles non-conventionnelles tels que les sables bitumineux.
• Au forum de Davos, le président afghan Hamid Karzai a affirmé qu’il n’y avait pas d’échec militaire dans son pays, mais que de graves erreurs avaient été commises sous l’influence des Britanniques. Ainsi, c’est la révocation du gouverneur de Helmand, Sher Mohammed Akhunzada (accusé de trafic de drogue), qui aurait permis le retour des talibans. Une politique que regrette M. Karzai et qui l’a conduit à nommer récemment Musa Qala à ce poste. La sécurité ne pourrait être assurée que par des chefs de guerre afghans.

LA PRESSE CANADIENNE (QUOTIDIEN CANADIEN)
La commission présidée par l’ancien ministre John Manley a rendu son rapport. Selon elle, les efforts d’aide à l’Afghanistan ont eu peu de résultats. Il conviendrait de réorienter les 1,2 milliard de dollars vers des projets qui répondraient aux besoins plus immédiats des Afghans, particulièrement à Kandahar. M. Manley propose notamment un projet-phare, comme la construction d’un hôpital. Pour le comité, « un tel projet serait clairement identifié au Canada et mené à terme par des Canadiens ». [Voir document joint]

Audiovisuel international

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
- Fayçal Hamaoui, ambassadeur de Syrie à l’ONU à Genève
Le Comité des droits de l’homme de l’Onu doit adresser un message clair aux autorités israéliennes pour leur dire qu’il faut qu’elles cessent immédiatement leurs crimes contre le peuple palestinien et qu’elles doivent lever le blocus imposé aux Palestiniens.

Tendances et événements au Liban

La crise persiste en attendant l’initiative arabe

Entre une grève syndicale et un attentat, les Libanais attendent les résultats du Conseil ministériel arabe consacré à la crise libanaise, dimanche. À deux jours de cette réunion importante, la scène libanaise a connu les développements suivants :
- 1. Reprise des attentats au lendemain d’une mise en garde de Walid Joumblatt, une des figures du 14-mars, qui a prédit la poursuite des assassinats.
- 2. La grève des syndicats des transports terrestres et des agriculteurs, appuyés politiquement par l’opposition, s’est déroulée dans le calme. A part quelques incidents mineurs, la journée s’est terminée sans problème important, reflétant ainsi une volonté des différents protagonistes d’éviter l’escalade sur le terrain. Les syndicats sont satisfaits des résultats de ce mouvement de protestation et prévoient de nouvelles mesures pour dénoncer la dégradation des conditions de vie.
- 3. Le 14-mars a lancé une campagne orchestrée contre l’opposition l’accusant de vouloir transposer le conflit politique dans la rue, et a estimé que la grève était un échec.
- 4. Selon certaines sources, le rapport que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, va présenter aux ministres des Affaires étrangères arabes, dimanche au Caire, va faire état d’un manque de confiance entre le 14-mars et l’opposition au Liban. M. Moussa va s’abstenir de rejeter sur une des deux parties la responsabilité de l’échec de sa mission à Beyrouth. Les deux protagonistes ont préparé des mémorandums expliquant leur vision et leurs positions aux ministres arabes. Le mémorandum de l’opposition sera remis aux ministres par une délégation composée des députés Oussama Saad (Opposition sunnite), Nawar Sahili (Hezbollah) et Salim Aoun (Opposition chrétienne).
- 5. La Syrie a réaffirmé son soutien total à l’initiative arabe et a mis l’accent sur la nécessité de déployer les efforts nécessaires pour la faire réussir. L’Égypte aurait entamé des contacts pour remettre sur rail le plan de paix qui a eu des ratés après l’échec de la mission de Moussa à Beyrouth.
- 6. Walid Joumblatt a déclaré que des parties arabes et étrangères ont proposé de choisir un candidat consensuel autre que le général Michel Sleimane. Des journalistes et des analystes proches du 14-mars ont par ailleurs écrit que la coalition au pouvoir va retarder toute solution au Liban jusqu’à la mise en place du tribunal international chargé de juger les assassins de Rafic Hariri, dans l’espoir que le début du procès va contribuer à changer les rapports de force au Liban. Des sources de l’opposition se sont étonnées de ces écrits qui prouvent que le 14-mars veut instrumentaliser le tribunal à des fins politiques.

Presse relative au Liban

AFP (AGENCE FRANCE PRESSE)
Un haut responsable de la sécurité libanaise a été tué vendredi avec neuf autres personnes dans un attentat à la bombe près de Beyrouth, dernier en date d’une vague d’attaques qui menacent encore davantage la stabilité du Liban plongé dans une grave crise politique.
« Le capitaine Wissam Eid, un haut responsable des Forces de sécurité intérieure (FSI), et son garde du corps ont été tués dans l’explosion, provoquée par une charge d’au moins 50 kg d’explosifs, a affirmé une source au sein des services de sécurité. Il s’agit d’une grande perte pour nous ».
Responsable des services de renseignement au sein des FSI, Eid, âgé d’une trentaine d’années, enquêtait sur plusieurs attentats survenus ces dernières années au Liban. Il était officier des FSI, qui dépendent du ministère de l’Intérieur, depuis près de huit ans. Neuf autres personnes ont péri dans l’attentat survenu peu après 10H00 (08H00 GMT) sur une route très fréquentée du quartier résidentiel et commercial chrétien de Hazmieh, à l’est de Beyrouth, selon les sources des services de sécurité et des sources militaires. Plusieurs personnes ont été blessées. Un correspondant de l’AFP a vu les corps de huit personnes, alors que la police ramassait des restes de corps. L’un des corps a été projeté contre un pont et un autre calciné se trouvait toujours dans une voiture. Des lambeaux de chair étaient visibles sur la route au milieu de voitures calcinées et d’autres en feu. L’explosion a fait un cratère de 5 mètres de diamètre. « C’était comme un tremblement de terre », affirme une employée d’une société à quelques mètres de l’attaque qui a fait d’importants dégâts.
L’attentat est le plus meurtrier depuis celui qui a visé le 13 juin 2007 le député de la majorité Walid Eido, tué avec neuf autres personnes à Beyrouth. Il est le dernier en date d’une vague d’attaques au Liban, où un conflit sur le partage du pouvoir et une crise de confiance entre la majorité parlementaire antisyrienne et l’opposition, soutenue par Damas et Téhéran, font perdurer le blocage politique qui empêche l’élection d’un président.
« Cet attentat ne nous empêchera pas de continuer notre mission de protéger le pays et d’assurer la sécurité », a déclaré le général Achraf Rifi, chef des FSI. « Il s’agit d’un message aux FSI après le message adressé à l’armée en décembre avec l’assassinat du général François el-Hajj ».
Le dernier attentat au Liban remonte au 15 janvier. Une voiture piégée avait explosé au passage d’une voiture de l’ambassade des Etats-Unis près de Beyrouth, tuant trois civils. Il était intervenu à la veille d’une nouvelle médiation du chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a échoué.

Déclarations

- FOUAD SINIORA, PREMIER MINISTRE DE FACTO
Nous savons qu’en définitive, les Libanais reviendront à la table de dialogue. Toutefois, aujourd’hui, ils n’ont même pas de lieu pour se retrouver, puisque le Parlement est fermé. Et lorsque le Parlement est fermé, les Libanais n’ont plus que la rue pour s’exprimer. Et la rue a ses propres règles, qui ne sont pas dans l’intérêt du pays.
Les Libanais doivent savoir qu’il ne sert à rien de se cacher derrière des revendications sociales pour obtenir des gains politiques. D’ailleurs, l’agitation sociale n’améliorera en rien les conditions de vie des Libanais. Les problèmes sociaux se sont accumulés depuis des années et ils ne peuvent être résolus aujourd’hui, dans la situation économique actuelle du pays.

- DAVID MARTINON, PORTE-PAROLE DE L’ELYSEE
La solution à la crise libanaise, c’est l’application du projet de la Ligue arabe qui est le meilleur projet et il n’y a pas d’autres moyens de trouver un règlement au Liban.
La France maintient la même attitude à l’égard du Liban et elle poursuivra ses efforts en vue de parvenir à une solution du problème libanais.
Il n’existe aucun contact avec la Syrie en ce moment estimant. Des contacts franco-syriens sur le Liban ne signifient pas une normalisation des relations entre Paris et Damas car les responsables français attendent de la part des dirigeants syriens des gestes et des actes concrets.

- ALEXANDRE SULTANOV, VICE-MINISTRE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGERE
Les parties libanaises ont franchi un cap important en direction de l’issue de la crise en s’entendant sur l’élection du général Michel Sleimane. Il est temps d’appliquer cet accord.

- WALID JOUMBLATT, CHEF DRUZE DU 14-MARS
Le secrétaire général du Hezbollah cherche à déclencher une nouvelle guerre avec Israël. Je crains que Hassan Nasrallah ne cherche à réitérer l’expérience de juillet 2006, en évoquant l’affaire des restes de soldats israéliens qui sont en sa possession.
J’invite sayyed Nasrallah à retrouver sa libanité en acceptant de dialoguer avec la majorité. Nous nous engageons à ce que la question de l’armement du Hezbollah soit réglée ultérieurement, par le dialogue, et lorsque les contextes régionaux seront opportuns. Il faudrait adopter une formule flexible qui permettrait de placer ces armes sous le contrôle de l’État, tout en prenant en considération les spécificités propres au Parti de Dieu.
Nous sommes confrontés à un axe syro-iranien qui veut annexer le Liban et en faire une arène de guerre contre l’Occident.
L’officier des SR syriens Ali Safi a tourné dans le Hermel et à Baalbeck en compagnie d’un ancien député. Mais les chars syriens devront passer sur nos corps avant de revenir au Liban.
Les parties régionales et leurs alliés locaux cherchent à anéantir l’État, l’économie, les références religieuses et puis l’armée. Ce projet est complètement absurde. Et seuls des esprits malades peuvent attaquer le patriarche Sfeir. Mais ces esprits sont en train de s’effondrer.

Documents joints


600 fiches nominatives des jihadistes d’Al Qaida en Irak, version anglaise. Source : Combating Terrorism Center (West Point)


(PDF - 6.5 Mo)

Rapport du panel d’experts indépendants présidé par John Manley sur le rôle futur du Canada en Afghanistan


(PDF - 1.8 Mo)

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.