Tendances et événements au Liban

Walid Joumblatt bat les tambours de la guerre

Les Libanais attendent avec un grand intérêt la double interview que doivent donner les deux principaux chefs de l’opposition nationale, le chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, et le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah. Les deux hommes, qui interviennent à l’occasion du deuxième anniversaire de la signature du document d’entente entre leurs deux partis, doivent adopter des positions qualifiées de « cruciales et de très importantes » par des sources bien informées, à un moment où le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, se prépare à revenir au Liban pour « une mission de la dernière chance ». À la veille de ces développements, les principales figures loyalistes ont fait des déclarations incendiaires.
La situation politique a enregistré, ces dernières 24 heures, les données suivantes :
- 1. Le chef druze du 14-mars, Walid Joumblatt, qui vient tout juste de rencontrer le roi Abdallah Ben Abdel Aziz, a affirmé que l’Arabie saoudite se tenait aux côtés du 14-mars « dans sa bataille contre le Hezbollah et la Syrie ». Il a accusé l’opposition d’être impliquée dans la vague d’assassinats et a, une nouvelle fois, brandi la menace du Tribunal international. Certains analystes inscrivent ces déclarations incendiaires dans le cadre d’une mobilisation de la base populaire du 14-mars à l’occasion du grand meeting que les loyalistes comptent organiser pour commémorer le troisième anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri. D’autres pensent, toutefois, que ces propos reflètent une volonté du 14-mars de recourir à une dangereuse escalade dans le pays à l’instigation de son tuteur états-unien.
- 2. Un rapport des services de renseignement US examiné par le Congrès met en garde contre le danger que représente al-Qaida au Liban. Le document révèle que toutes les milices libanaises se sont réarmées et que la crise politique va se poursuivre même après l’élection d’un nouveau président de la République.
- 3. Dans des propos qui lui sont attribués, Amr Moussa a salué l’idée de la formation d’un gouvernement d’union nationale composé de trois tiers égaux. Son retour à Beyrouth dans les jours qui viennent, même s’il a été annoncé, n’a toujours pas été officiellement confirmé.
- 4. Le commandant de l’Armée, le général Michel Sleimane, a effectué une tournée auprès des différentes unités. Dans une allocution devant les militaires, il a refusé que les officiers se trouvent des protections auprès des leaders politiques, comme cela était coutume pendant les années de guerre.

Principaux développements et déclarations

- IBRAHIM KANAAN, DEPUTE DU BLOC AOUN
« Amr Moussa devrait être porteur de l’esprit même de la feuille de route arabe telle qu’elle a été adoptée à l’unanimité par la Ligue lors de sa dernière réunion, sans rentrer dans les explications ayant trait au nombre de portefeuilles ministériels, car il s’agit d’une question purement libanaise. Michel Aoun et Hassan Nasrallah ont déjà précisé leur position par rapport à la candidature de Sleimane ainsi que leur vision concernant cette candidature. »

- SAMIR GEAGEA, CHEF DES FORCES LIBANAISES (14-MARS)
« La situation est extrêmement délicate. L’opposition en général et le Hezbollah en particulier, veulent saper l’institution militaire, la seule encore solide, la seule à préserver la paix civile, l’ordre et la stabilité dans le pays, maintenant que le palais de Baabda et le Parlement ont été fermés et que le gouvernement a subi de nombreux assauts. L’objectif est clair : Semer le chaos pour justifier le retour des forces syriennes au Liban. Il est désormais clair qu’ils ne veulent pas d’élection présidentielle. Les campagnes sauvages contre les FL, le PSP, le Courant du futur, les Kataëb, le BN et le PNL et les personnalités indépendantes du 14 Mars, reflètent une volonté du camp du 8 Mars (l’opposition) dans sa conception globale, locale et régionale, de modifier par la force la donne au Liban. Ils essayent de paralyser l’armée pour vider toute la scène, toutes les rues, afin de réaliser leurs objectifs, d’installer le chaos, et ils pensent, à tort, qu’ils sont les plus forts. Ils ont tout à fait le droit de changer le cours des choses, mais cela doit se faire par les voies démocratiques. »

- AKRAM CHEHAYEB, DEPUTE DU BLOC JOUMBLATT
« Nous ne conseillons pas à l’honorable cheikh (Naïm Kassem, numéro 2 du Hezbollah, ndlr) de se mettre à la découverte des provocateurs. Les enquêteurs savent déjà qui a été à l’origine des troubles. Les intentions exprimées à travers leurs médias et leurs tribunes sont claires. Ils veulent prendre le contrôle de l’armée et inciter les forces de l’ordre à faire allégeance au baassisme, au service de leur État et de leur projet. Leur objectif est de saboter l’armée de l’intérieur pour qu’elle soit impuissante. Le scandale politique, honorable cheikh, c’est votre projet hostile au Liban, à l’État, à l’armée et aux forces de l’ordre. Jour après jour, votre projet et ses liens n’en sont que plus évidents. Nous avons entendu Ali Larijani affirmer, dans une université de Téhéran, que ‘la victoire du Hezbollah durant la guerre de juillet est le fruit de la Révolution islamique iranienne’. »

- MOHAMMAD HUSSEIN FADLALLAH, GRAND ULEMA CHIITE
« Le problème mondial découle de l’absence de dialogue objectif et rationnel entre les peuples et du manque de compréhension entre les individus. Cela a des répercussions sur les relations entre les peuples, et entre les groupes religieux et politiques. L’Administration états-unienne cherche à diriger les peuples et présente l’islam comme une religion ambitieuse dont les adeptes cherchent à envahir le monde. Il faut relancer le dialogue religieux à travers le monde pour réunir l’humanité. Au Liban, les chrétiens ne sont pas tous d’un seul bord politique, de même que les musulmans. Cela n’empêche pas le peuple libanais de faire preuve d’ouverture, car il croit dans le dialogue et recherche l’unité. Cependant, la classe politique et les dirigeants traditionnels œuvrent à rendre plus difficiles les relations entre les Libanais. »

Audiovisuel libanais

AL-MANAR (CHAINE DU HEZBOLLAH)
Émission : Avec l’événement
- Moshen Dalloul, ancien ministre de la Défense (indépendant)
« Le monde arabe n’a pas le droit de donner des leçons au Liban en matière de démocratie. Que les Arabes apprennent d’abord la démocratie avant de prétendre nous l’enseigner (…) Walid Joumblatt a essayé de rétablir le contact avec la Syrie mais il n’a pas réussi. J’ai personnellement conseillé à Saad Hariri de ne pas se transformer en leader sunnite mais de rester un leader d’envergure nationale, comme son père l’était. Mais visiblement, certains le veulent uniquement chef sunnite ».

Tendances et événements au Proche-Orient

Le massacre continue dans les territoires palestiniens

Alors que le rapport Winograd n’a pas fini de faire des vagues en Israël, l’armée israélienne a poursuivi ses massacres ambulants dans les territoires palestiniens. Mardi, ce sont neuf palestiniens qui ont été tués dans des actons militaires dans la bande de Gaza.
Pendant ce temps, les contacts inter-palestiniens et entre les Palestiniens et les Égyptiens sont au point mort concernant le la gestion des points de passage entre la bande de Gaza et l’Égypte.
En Israël, les pressions exercées sur le ministre de la Défense, Ehud Barak, de l’intérieur et de l’extérieur de son parti travailliste afin qu’il quitte le gouvernement Olmert se poursuivent. Les milieux politiques israéliens affirment que la décision de Barak de rester au gouvernement est motivée par des calculs personnels, car il estime que le moment n’est pas propice pour faire tomber Olmert. Mais ces appels à la démission à Barak interviennent après le vote de confiance à la Knesset. Ce qui signifie qu’ils n’auront aucune conséquence… en attendant d’autres développements.

Presse et agences internationales

MAARIV (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
L’Iran disposera d’une capacité nucléaire militaire dans trois ans, a estimé Méir Dagan, le chef du Mossad (service de renseignement extérieur israélien). M. Dagan a tenu ces propos à huis clos, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset. Selon lui, l’Iran constitue actuellement la principale menace visant Israël, en raison de sa détermination à disposer de l’arme nucléaire, mais aussi de son appui à des pays comme la Syrie ou des organisations hostiles à l’État hébreu, notamment le Hezbollah et le Hamas, auxquels il apporte un soutien financier, technologique et en armes. Outre son programme d’enrichissement d’uranium, l’Iran développe aussi des missiles balistiques à longue portée. « Les roquettes et les missiles constituent aujourd’hui une menace beaucoup plus sérieuse que dans le passé. La Syrie renforce son réseau de missiles sol-sol et la quantité de roquettes dont elle dispose est aujourd’hui deux fois supérieure à celle qu’elle possédait il y a tout juste deux ans », a déclaré M. Dagan.

IISS (INSTITUT DE REFLEXION STRATEGIQUE, BASE A LONDRES)
- Le rapport « Military Balance 2008 »
L’Afghanistan, susceptible de devenir un État défaillant, est propice à la propagation de l’extrémisme islamiste, si l’Otan ne parvient pas à vaincre les talibans. Les difficultés de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’Otan, jusqu’ici incapable d’inverser les problèmes de l’Afghanistan, suscite une inquiétude croissante dans la région. Un échec de l’Otan aurait pour effet d’encourager l’extrémisme islamiste en Afghanistan et dans d’autres régions du monde, de produire un État défaillant dans une zone d’importance stratégique, et d’offrir un refuge pour les organisations terroristes et le commerce de la drogue. Cela affaiblirait également la crédibilité de l’Otan pour sa première opération majeure sur un théâtre militaire extérieur. En dépit des efforts de l’Alliance, le gouvernement afghan n’impose pas encore son autorité sur une grande partie du pays. Même si les opérations conjointes entre les forces afghanes et l’ISAF ont permis d’améliorer la sécurité dans certaines zones, l’ISAF souffre d’un manque de ressources en hommes et équipement. Elle est aussi pénalisée par les conditions posées par plusieurs gouvernements occidentaux sur l’utilisation de leurs soldats.
En Irak, la situation sécuritaire reste très volatile. Les opérations menées par la coalition et les forces irakiennes ont largement permis d’améliorer la sécurité et de réduire la violence. Néanmoins, il n’est pas certain que ces progrès militaires trouvent une traduction politique et économique. Les progrès jusqu’à présent ont été mitigés, avec des avancées dans le développement de l’armée irakienne, mais moins pour la police. L’accroissement des effectifs américains a énormément réduit la violence envers les militaires et les civils. Mais la criminalité, les violences entre milices communautaires et les conflits communautaires restent le lot commun.
En Iran, la publication en décembre d’un rapport des agences de renseignement US concluant à la suspension à partir de 2003 par Téhéran de son programme nucléaire militaire a enlevé la perspective à moyen terme d’une action militaire états-unienne.

• Israël a fermé, dans la partie orientale annexée de Jérusalem, une institution éducative palestinienne soupçonnée d’être liée au Hamas. « Le ministre de la Défense Ehud Barak a récemment décidé de considérer comme illégale l’institution “Club de l’éducation” fonctionnant à Sour Baher, et la police du district de Jérusalem l’a fermée », a indiqué un communiqué de la police. « Cette institution dépendait du Hamas, qui l’animait et la finançait, notamment pour mobiliser les foules contre Israël. Elle était dirigée par Ahmad Attoun », un député du Hamas au Conseil législatif palestinien emprisonné par Israël, a encore indiqué ce communiqué.

• Le statut des sociétés privées de sécurité du genre de Blackwater figurera au centre des négociations entre l’Irak et les États-Unis pour fixer les futures relations entre les deux pays, a déclaré l’ambassadeur d’Irak à Washington, Samir Soumaidaie. « En ce qui concerne les compagnies privées de sécurité, je ne veux pas devancer les discussions, mais c’est l’une des principales sources d’inquiétude que les Irakiens vont mettre sur la table », a indiqué l’émissaire irakien. « Nous voulons qu’elles puissent être tenues pour responsables. Notre position est qu’elles puissent être considérées comme responsables selon la loi irakienne ». Les sociétés privées qui assurent actuellement la sécurité des diplomates et de nombreux autres étrangers en Irak bénéficient de l’immunité en Irak, conformément à une directive de l’ancienne Autorité provisoire de la coalition, mise en place après l’invasion de l’Irak en 2003. Leurs agents ne peuvent être jugés par des tribunaux militaires US et il n’est pas établi s’ils peuvent être jugés aux États-Unis pour des crimes commis à l’étranger.

EUROPOLITIQUE (QUOTIDIEN DES AFFAIRES EUROPEENNES)
• Tony Blair, l’envoyé du Quartet au Proche-Orient, commence à être tenté par ce poste honorifique de président de l’Union européenne, libre dès 2009 pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois. Il sait qu’il aura le soutien du président français, Nicolas Sarkozy. Le Britannique ne fait toutefois pas l’unanimité : plusieurs personnalités ont exprimé leur opposition à ce candidat dont le pays n’appartient pas à la zone euro ni à l’espace Schengen et a des dérogations sur la Charte des droits fondamentaux et la politique policière et judiciaire commune. D’autres noms circulent : Joschka Fischer, ex-ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, l’ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar ou le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. Le choix du gagnant dépendra du poids donné à ce poste et de l’équilibre politique à respecter en fonction du futur président de la Commission et du haut représentant pour la politique étrangère.
• Le ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan a confirmé, le 2 février, que le gouvernement comptait autoriser le port du voile à l’université. Il a déclaré à la presse que cette démarche controversée s’inscrivait dans les réformes politiques à mettre en oeuvre pour atteindre « l’objectif stratégique » d’une adhésion intégrale à l’UE. Or, si l’Union incite Ankara à renforcer les droits des femmes, elle n’a jamais demandé d’autoriser le voile à l’université. Le dernier rapport de la Commission sur la Turquie (novembre 2007) ne mentionne même pas cette question. D’autant que plusieurs États membres, dont la France et les Pays-Bas, interdisent aussi le voile. La proposition sur le voile islamique entre dans le cadre du débat entre les composantes laïques et musulmanes de la société turque. La levée de l’interdiction suscite la colère du principal parti d’opposition, du CHP et des élites laïques.

LE MONDE (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE LAGARDERE)
- Entretien avec Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d’Iran (l’interview accordé au Monde a été retransmise à la télévision iranienne)
« Nous croyons que ces propos -de M. Sarkozy sur le nucléaire iranien- n’ont pas leur place aujourd’hui. Nous ne les prenons pas trop au sérieux ; nous avons pensé que c’est le début de ce nouveau gouvernement français. Nous attendons les vraies positions de la France, celles qui auront un effet pratique. Nous n’avons pas d’inquiétudes à ce sujet. La présence de la France à la tête de l’Union peut être une occasion pour l’Europe de développer une politique indépendante, surtout dans la région du Moyen-Orient, autour de la Méditerranée. Quant à M. Sarkozy, il peut venir en Iran à tout moment ; nous l’accueillerons quand il le désirera. Nous voulons que tous les pays -à commencer par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité- permettent à l’AIEA -Agence internationale de l’énergie atomique, qui dépend de l’ONU et est chargée de faire respecter le Traité de non-prolifération (TNP)-, d’agir conformément à sa mission. Les problèmes ont commencé quand certains pays membres -les cinq permanents- ont voulu s’arroger des droits qui dépassent ceux des autres pays membres de l’AIEA (…)
Nous ne considérons pas que [la vente par la France de sa technologie nucléaire civile dans de nombreux pays soit] une mauvaise chose. En cette matière, nous n’entendons pas fixer des limites aux autres. Nous croyons que tous les pays devraient pouvoir jouir de l’énergie nucléaire. Nous croyons que c’est opprimer une partie de l’humanité que d’assimiler l’énergie nucléaire à la bombe nucléaire (…)
Le Hamas a remporté les élections législatives dans les territoires palestiniens en janvier 2006 puis s’est emparé par la force de l’administration de la bande de Gaza le 15 juin 2007. Nous sommes actuellement le seul pays qui soutient le gouvernement légal de la Palestine. Alors, qui réprime ce peuple ? Qui lui impose des sanctions économiques ? Je suis désolé de dire que ce sont les gouvernements des pays européens qui collaborent avec les sionistes dans cette affaire (…)
Pourquoi le peuple palestinien doit-il accepter d’être amputé d’une partie de son territoire ? Ce n’est pas parce que l’Onu a reconnu -Israël- que cela confère une légitimité à cette reconnaissance. Un peuple falsifié, inventé -le peuple israélien- ne va pas durer ; il doit sortir de ce territoire. Ce n’est pas parce que tout le monde dit quelque chose de faux que cela devient juste (…)
Ce que demande le peuple iranien, c’est la dignité humaine. C’est une certaine place de l’homme dans l’univers. C’est la justice. C’est la pureté. C’est le refus de la domination. Et tout cela n’est possible qu’avec la croyance en Dieu. Et tout cela est plus haut que la démocratie. La démocratie n’est qu’une petite partie des acquis du peuple iranien. Le peuple iranien a ses racines dans l’Histoire. L’Iran a été le foyer de grandes civilisations mondiales. Ce n’est pas un peuple qui craint les tempêtes, le vent. Vous avez vu que huit ans de guerre - la guerre irano-irakienne de 1980 à 1988 - ont rendu notre peuple encore plus avisé. Et le genre de boycottages, de sanctions, le genre de menaces dont nous faisons l’objet nous donnent encore plus de maturité. Sans aucun doute, l’Iran est actuellement une puissance mondiale. Il ne tire pas sa force de ses armes, mais de la vigueur de son influence culturelle. »

L’HUMANITE DIMANCHE (HEBDOMADAIRE COMMUNISTE FRANÇAIS)
Le logo des Frères musulmans, constitué de deux sabres croisés sur fond vert, a été momentanément abandonné au profit d’un autre, moins agressif, représentant deux mains jointes autour d’une motte de terre d’où une plante prend racine. On retrouve les deux mêmes sabres croisés dans le logo du Hamas, mouvement qui précise dans sa charte qu’il est une des ailes des Frères musulmans en Palestine et que son objectif central est la destruction de l’État d’Israël.

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
En souffrance depuis des années, le projet européen de gazoduc « Nabucco » doit entrer en service en 2012, en permettant aux Vingt-Sept de s’affranchir du gaz russe (un quart de leurs besoins). Pour un coût estimé à 5 milliards d’euros, il devrait permettre de délivrer 31 milliards de m3 de gaz par an aux pays membres de l’Union européenne, depuis les champs gaziers d’Azerbaïdjan et du Kazakhstan, voire de l’Iran, en transitant par la Turquie et l’Europe centrale, le long d’un tracé de 3300 km. Hier à Vienne, les compagnies pétro-gazières prenant part au projet —ÖMV (Autriche), MOL (Hongrie), Transgaz (Roumanie), Bulgargaz (Bulgarie) et Botas (Turquie)— ont désigné l’allemand RWE comme sixième partenaire de Nabucco. Principal concurrent de RWE, Gaz de France, qui faisait l’objet d’une vive hostilité de la part de la Turquie, pourrait être intégré comme septième « associé ».
De son côté, la Russie a annoncé en janvier à Sofia l’inauguration de son projet South Stream, développé conjointement par le géant gazier Gazprom avec l’Italien ENI, pour un montant de 10 milliards d’euros. Concurrent direct de Nabucco, il partira de Russie, passera sous la mer Noire, puis se divisera en Bulgarie entre une branche nord-ouest vers l’Autriche et une autre vers le sud, vers la Grèce et l’Italie. L’objectif, ici, est clairement d’étouffer dans l’œuf l’entreprise Nabucco.

EL PAIS (QUOTIDIEN ESPAGNOL, MAJORITE PARLEMENTAIRE)
Les six Pakistanais arrêtés à Londres la semaine dernière en provenance de Barcelone, soupçonnés de préparer un attentat dans le métro de Barcelonne, se sont avérés être des familiers du pouvoir à Islamabad. Parmi eux se trouvaient le frère, le fils et deux neveux du président du parti politique de Pervez Musharraf. Ils ont tous été immédiatement expulsés vers le Pakistan.

THE TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
A l’occasion de la remise du rapport annuel de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, Nigel Inkster, ancien n°2 des services secrets extérieurs britanniques (MI6), a désigné le chef néo-taliban Baitullah Mahsud comme le nouvel ennemi public n°1 en remplacement d’Ossama Ben Laden. Mashud, qui vivrait au sud du Waziristan (zone tribale du Pakistan à la frontière afghane) aurait commandité l’assassinat de Benazir Bhutto et aurait envoyé des combattants en Occident, donnant ainsi raison au président Bush qui annonçait déjà l’an dernier que les talibans étaient sur le point de devenir une menace globale.

Audiovisuel international

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
- Mohammad Habache, député syrien
« Damas souhaite que l’équilibre soit respecté au Liban. Il n’a jamais constitué un obstacle devant la stabilité dans ce pays. La Syrie a tenté par tous les moyens de régler la crise libanaise et s’est même entendue avec les Français sur un plan de règlement. Mais subitement, les Français ont décidé de se plier aux instructions des États-Unis qui refusent toute entente inter-libanaise. »

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.