Tendances et événements au Liban

Le torpillage de la mission de Moussa et les menaces de guerre civile pavent la voie à l’internationalisation

Hicham Youssef, l’adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe a entamé ses contacts préliminaires avec les différents protagonistes de la crise libanaise pour préparer la venue à Beyrouth de Amr Moussa, prévue en principe vendredi ou samedi. Mais cette visite destinée à trouver un compromis entre le 14-mars pro-US et l’opposition nationale libanaise intervient dans des conditions d’autant plus difficiles que le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, a annoncé, de Buenos Aires, l’échec des efforts de Moussa avant même qu’ils ne commencent. Les propos du chef de la diplomatie wahhabite, qui a toujours tenté de rester « neutre » dans ses déclarations, ont étonné par leur partialité, faisant assumer aux « extrémistes » et aux « ingérences étrangères » la responsabilité de la crise. Le prince saoudien a même évoqué, pour la première fois, le risque de « guerre civile » au Liban. Ce ton agressif saoudien a été accompagné d’une escalade verbale des alliés libanais du royaume wahhabite qui ont concentré leurs attaques contre la formule du gouvernement des trois tiers sur laquelle travaille le président de l’Assemblée, Nabih Berry (Voir ci-dessous toutes les déclarations relatives à ces développements). Ces prises de positions permettent de relever les indices suivants :
- 1. La fébrile activité diplomatique étrangère traduit une décision américano-saoudienne de transporter la crise libanaise vers une étape nouvelle après le constat d’échec de la médiation arabe dont le décès avait prématurément été annoncé par le diplomate américain David Satterfield à Paris la semaine dernière.
- 2. Le chef d’état-major israélien, le général Gaby Ashkénazy, a ouvertement évoqué la possibilité d’une « prochaine guerre » lors d’une cérémonie de promotion d’officiers des forces terrestres, formés dans le contexte des enseignements tirés de la défaite de l’été 2006. Ces propos prouvent que l’assassinat du chef militaire de la Résistance libanaise s’inscrit dans le cadre d’un plan préparé par des chambres d’opération arabo-israélo-US chargées d’exécuter la « vision » de George Bush pour le Liban et la Palestine. Les informations faisant état de l’implication de ressortissant arabes dans l’attentat de Damas, le 12 février, renforcent cette hypothèse.
- 3. C’est dans ce contexte qu’intervient le discours que doit prononcer, vendredi, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Il évoquera dans son allocution la confrontation avec Israël au Liban et la crise interne.
- 4. Le Premier ministre Fouad Siniora et des délégations parlementaires du 14-mars ont entamé de vastes tournées à l’étranger pour faire du lobbying auprès des gouvernements occidentaux en faveur de l’internationalisation de la crise libanaise. Le 14-mars essaie de synchroniser cette internationalisation avec la prochaine agression israélienne contre le Liban. Les propos du candidat consensuel, Michel Sleimane, au Safir, sur son intention de démissionner en cas d’élection d’un président à la majorité absolue, confortent ces craintes. C’est parce qu’il sait que cette option est de nouveau remise sur le tapis par le 14-mars que le général Sleimane a tenu à se positionner.
- 5. Une source dirigeante de l’opposition souligne que la campagne médiatique et politique des loyalistes s’articule autour des points suivants :
• Répandre l’idée que sayyed Hassan Nasrallah a décrété une guerre ouverte, alors qu’en réalité le Hezbollah, qui a perdu son chef militaire, est victime d’un complot israélo-arabo-américain s’inscrivant dans le prolongement de la guerre de l’été 2006.
• Le Premier ministre Fouad Siniora fait sciemment l’amalgame entre la formule du gouvernement de trois tiers égaux -10 ministres pour l’opposition, 10 pour le 14-mars et autant pour le président de la République- (dans lequel le nombre de ministres chrétiens et musulmans serait égal, conformément à la Constitution) et la répartition des hautes fonctions de l’État en trois tiers entre les sunnites, les chiites et les chrétiens (ce qui torpillerait la parité entre musulmans et chrétiens). Cette manœuvre vise à effrayer les chrétiens de la formule du gouvernement des trois tiers et à imputer au Hezbollah, à tort, l’intention de vouloir modifier en profondeur la nature du système libanais. Le chef chrétien de l’opposition, le général Michel Aoun, a dénoncé cette manœuvre gratuite.

Principaux développements

• Le Premier ministre Fouad Siniora, arrivé mercredi à Paris dans le cadre d’une tournée dans plusieurs pays occidentaux, sera reçu ce jeudi par le président français, Nicolas Sarkozy. Lors de cette visite, la France doit finaliser un prêt de 375 millions d’euros au Liban décidé lors de la conférence de pays donateurs de Paris III, organisée en janvier 2007.

• Le courant des Marada, une formation chrétienne de l’opposition dirigée par le leader maronite du Liban-Nord, Sleimane Frangié, inaugure une permanence du parti dans la ville de Jbeil (Byblos) dimanche prochain. Les Marada, longtemps basé au Nord du pays, ont décidé de s’implanter dans toutes les régions chrétiennes du pays. Par ailleurs, une délégation des Marada est en tournée actuellement en Australie. Le membre du bureau politique du parti, l’ancien député Karim Racy, a affirmé devant des membres de la diaspora libanaise que « le monde entier ne parviendra pas à venir à bout de l’opposition parce qu’elle représente l’image réelle du Liban ».

Déclarations

- SAOUD AL-FAYÇAL, MINISTRE SAOUDIEN DES AFFAIRES ETRANGERES
« Je lance un appel à tous ceux ayant de l’influence pour favoriser le succès de l’initiative arabe. Les précédentes initiatives de la Ligue arabe n’ont pas eu le succès souhaité en raison des extrémismes qui se sont manifestés et qui ont laissé le Liban au bord de la guerre civile. »

- AMR MOUSSA, SECRETAIRE GENERAL DE LA LIGUE ARABE
« Le Liban n’est pas seulement un problème interne mais aussi un problème régional très grave. La solution réside dans une réconciliation approuvée par la Ligue arabe et par le monde. Le prochain président libanais devra travailler à obtenir une relation saine et équilibrée avec la Syrie. »

- SAAD HARIRI, CHEF SUNNITE DU 14-MARS
« Il n’y a pas dans l’air ni dans les contacts qui se déroulent en coulisses quelque chose qui indiquerait que la solution a mûri, surtout que l’opposition continue à distribuer les rôles entre ses leaderships dans deux directions qui ne peuvent conduire à l’issue souhaitable. La première orientation, qui proclame son attachement au tiers de blocage, est celle qu’exprime le général Michel Aoun ; et la seconde, défendue par le président de la Chambre, Nabih Berry, tente de faire passer l’idée des trois tiers. Cette dernière formule est une idée d’origine syrienne, qui a visé dès le début à saboter l’élection du président de la République et qui va au-delà des limites fixées par l’initiative arabe. Le 14-mars ira à la troisième séance de dialogue en restant engagée à l’égard de l’esprit et du texte de l’initiative arabe, comme exprimés par Amr Moussa, lorsqu’il a dit que l’équation posée est celle qui n’abolit pas la majorité, ne donne pas le droit de blocage à l’opposition et ne pose pas de conditions relatives au gouvernement, à son chef et à ses portefeuilles. Toute autre équation serait une tentative de servir des plats en préparation dans les cuisines du régime syrien. Or, nous-mêmes et l’ensemble des Libanais ne nous considérons pas contraints de consommer des recettes syriennes. »

- ALI HASSAN KHALIL, DEPUTE PROCHE DE NABIH BERRY (OPPOSITION)
« C’est le député Saad Hariri qui a lui-même proposé la formule des trois tiers lors de la dernière réunion parrainée par le secrétaire général de la Ligue arabe au Parlement. La majorité a entravé tout accord visant à dénouer la crise. L’opposition n’acceptera pas que ses revendications légitimes soient utilisées pour déclencher une confrontation interne. Il n’y aura pas de nouvelle guerre civile au Liban et il est de notre devoir de nous entendre. L’opposition a présenté un plan d’action unifié et nous attendons que l’autre camp accepte le compromis pour saisir la chance offerte par l’initiative arabe. »

- NAJAH WAKIM, ANCIEN DEPUTE DE BEYROUTH (OPPOSITION)
« L’Arabie saoudite c’est le mouvement du 14-mars à l’échelle régionale (…) La guerre ouverte a été imposée au secrétaire général du Hezbollah. Sayyed Hassan Nasrallah n’a pas eu le choix. Personne ne lui a demandé de baisser les bras, mis à part les États-Unis. »

- GENERAL ACHRAF RIFI, CHEF DES FORCES DE SECURITE INTERIEURE (GENDARMERIE)
« En l’absence d’accord politique entre les différents protagonistes, la situation sécuritaire demeurera précaire et les FSI et l’armée ne pourront que combler des brèches. »

- MOHAMMAD HUSSEIN FADLALLAH, GRAND ULEMA CHIITE
« Pourquoi l’Occident accepte-t-il les critiques contre Jésus et Mohammad, mais poursuit ceux qui critiquent les juifs. Les sociétés occidentales doivent comprendre ce que représente le prophète pour les musulmans. Elles doivent respecter toutes les religions, y compris l’islam. Les communautés musulmanes dans les pays occidentaux doivent, elle, respecter la sécurité et les lois de ces pays. »

Tendances et événements au Proche-Orient

Les pressions s’accentuent en prévision du sommet arabe

Des médias arabes ont véhiculé des informations selon lesquelles l’Égypte et l’Arabie saoudite auraient pris la décision de réduire le niveau de leur représentation lors du prochain sommet arabe à Damas fin mars. D’autres informations assurent qu’un certain nombre de rois et chefs d’États arabes vont participer à cette réunion. Quoi qu’il soit, une source diplomatique syrienne a annoncé que Damas n’acceptera en aucun cas que la tenue du sommet fasse l’objet d’un chantage politique destiné à arracher des concessions politiques sur des questions fondamentales. La même source a ajouté que le sommet aura lieu quel que soit le niveau de représentation, précisant que Damas fera tout ce qui n son pouvoir pour renforcer la solidarité interarabe, réactiver l’action commune entre les États arabes et promouvoir le dialogue pour régler les différend, Ce que l’Arabie saoudite ne fait en exerçant des pressions sur la Syrie afin qu’elle pousse l’opposition libanaise à présenter des concessions qui la priverait de tout rôle effectif dans la gestion des affaires du pays.
La campagne farouche menée dans la presse saoudienne -et de certains pays du Golfe- contre la Syrie et l’opposition libanaise illustrent à quel point les relations interarabes sont mauvaises.
Des sources arabes estiment que les absents du sommet de Damas seront les grands perdants, car quels que soient les résultats, Bachar al-Assad sera le président du sommet pendant un an, jusqu’à la prochaine réunion. Il profitera de cette période pour lancer des initiatives et mettre en place des dynamiques qui serviront certainement plus les intérêts des arabes que les interminables concessions présentées par le camps des « modérés » sans aucun contrepartie.

Presse et agences internationales

• Le président du centre arabo-américain à Washington, James Zoghby, a estimé que la méthode de Barak Obama est convaincante. Depuis le début, il s’est opposé à la guerre en Irak et a accepté le plan de sortie de crise proposé par la commission bipartisane Baker-Hamilton. Il a aussi appuyé le lancement d’une vaste action diplomatique pour régler les problèmes du Moyen-Orient. Le changement de mentalité et de méthode est extrêmement important, Il existe beaucoup de raisons pour soutenir la candidature d’Obama et cela en est une.

• Quatre avocats koweïtiens ont porté plainte contre cinq responsables chiites, dont deux députés, pour avoir organisé un rassemblement à la mémoire d’Imad Mughniyé. La plainte a visé les députés Adnane Abdelsamad, qui s’est exprimé durant le rassemblement, et Ahmad Lari, ainsi que l’ancien ministre Abdelhadi al-Saleh, l’ex-député Abdelmohsen Jamal et le conseiller municipal Fadhel Safar, a déclaré à l’AFP l’un des plaignants, Me Dhaidan al-Mutairi.
« Nous les accusons d’être fondateurs et membres de Hezbollah-Koweït, de saper l’unité nationale et de proclamer leur loyauté au Hezbollah du Liban », a-t-il ajouté après une audience au parquet.
Ces accusations sont condamnables selon le code pénal koweïtien, a-t-il dit. Le Hezbollah n’est pas connu pour avoir des ramifications au Koweït, mais certains milieux dans l’émirat croient à l’existence d’un tel groupe clandestin, qu’ils présentent comme le « Hezbollah-Koweït ».
Au Koweït, un député ne peut être arrêté ni interrogé que si le Parlement accepte de lever son immunité, à la demande du parquet.
Le rassemblement tenu samedi à la mémoire de Imad Moghniyé, tué le 12 février, avait réuni des centaines de personnes.
M. Abdelsamad avait qualifié Moghniyé de « héros martyr » et démenti qu’il ait été impliqué en 1988 dans le détournement d’un avion, qui s’était soldé par la mort de deux Koweïtiens sur l’aéroport chypriote de Larnaca.

• « Notre peuple a le droit de proclamer son indépendance comme le peuple du Kosovo. Nous avons été occupés bien avant que le problème du Kosovo ne surgisse », a déclaré Yasser Abed Rabbo, secrétaire général du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). « Il faut que des mesures soient prises en vue d’une proclamation unilatérale d’indépendance comme le Kosovo l’a fait, et le monde devra ensuite se charger de mettre fin à l’occupation de notre terre », a ajouté M. Abed Rabbo.
Il a rappelé que l’indépendance symbolique proclamée en 1988 par le chef historique des Palestiniens, Yasser Arafat, n’avait « jamais été appliquée sur le terrain car nous voulions que cela soit fait par la négociation ». « Aujourd’hui, nous voulons proclamer notre indépendance unilatéralement sur le terrain et par des moyens pacifistes, et appellerons notre peuple à protéger son État, ses frontières, ses institutions et l’avenir de ses enfants », a-t-il ajouté. Il a affirmé que les Palestiniens devaient agir ainsi car les négociations avec Israël, relancées en novembre lors de la conférence d’Annapolis aux États-Unis, n’avaient « enregistré aucun progrès ». « Israël cherche à gagner du temps pour mettre la main sur davantage de terres et imposer des faits accomplis sur le terrain qui conduiront à la création d’un État palestinien doté de frontières temporaires, c’est-à-dire un État morcelé en Cisjordanie », a ajouté M. Abed Rabbo.
Dans un communiqué, M. Abbas, dont M. Abed Rabbo est un proche collaborateur, a toutefois affirmé qu’il entendait continuer les négociations avec Israël pour tenter de parvenir à un accord sur la création d’un État palestinien.

JERUSALEM POST (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
Des responsables du ministère israélien de la Défense ont révélé que les États-Unis envisagent la possibilité de déployer temporairement des troupes de l’OTAN en Cisjordanie à la suite d’un retrait de l’armée israélienne. L’envoyé spécial des États-Unis pour la sécurité au Proche-Orient, le général James Jones, va tenter de promouvoir cette idée d’un déploiement de troupes de l’OTAN durant la période de transition entre le retrait militaire israélien et le moment où l’Autorité palestinienne sera en mesure de prendre la contrôle de la situation. Le ministre de la Défense Ehud Barak a été mis au courant, mais n’a pas encore arrêté sa position.

• Les États-Unis se rendent coupables de discrimination raciale « persistante et systématique » depuis les geôles de Guantanamo jusqu’aux tribunaux ou aux cours d’école, ont accusé des associations de défense des droits de l’homme. L’Administration américaine « ne s’est pas attaquée aux cas persistants et systématiques de discrimination raciale » en dépit de l’adoption par Washington en 1994 de la Convention des Nations unies pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, a déclaré Ajamu Baraka, directeur de l’association US Human Rights Network. Les États-Unis sont entendus cette semaine à Genève par le comité chargé de surveiller l’application de ce texte par les pays signataires.

EUROPOLITIQUE (AGENCE DE PRESSE DE L’UNION EUROPÉENNE)
Devant la presse le 20 février à Bruxelles, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI - Moudjahidine du Peuple) a invité l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) et l’Union européenne à durcir le ton et leur a présenté un rapport. Le document révèle l’existence de deux sites secrets au sud-est de Téhéran. Des têtes nucléaires y seraient mises au point et produites, selon des sources internes ayant eu accès à ces installations.
Rappelant l’arrêt du 12 décembre 2006 de la Cour de Justice européenne , le responsable de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple (OMPI) iranien a également demandé que celle-ci soit retirée de la liste des organisations terroristes de l’UE. L’OMPI est la branche militaire du CNRI.

• Le socialiste François Zimeray a été nommé par Nicolas Sarkozy « ambassadeur pour les Droits de l’homme », un poste mal défini, mais qui semble lié à la préparation du sabotage de la Conférence de suivi des Nations unies contre le racisme et la xénophobie (Durban II). Tel-Aviv et Paris craignent en effet que cette conférence ne re-qualifie le sionisme de racisme. Avec Willy de Clercq, François Léotard et Marco Panella, François Zimeray a créé Medbridge, le lobby israélien au Parlement européen. Il a également créé le Cercle Léon Blum, le lobby israélien au Parti socialiste français. François Zimeray est partisan du nettoyage ethnique d’Israël, qui devrait être la patrie des juifs (donc débarrassé de ses citoyens non-juifs), tandis que la Palestine serait la patrie des Palestiniens ; une position officialisée par le président Sarkozy lors de son discours au CRIF.

• Nicolas Sarkozy a nommé Christine Ockrent, compagne du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, directrice de l’audiovisuel français extérieur (RFI, TV5 Monde, France 24). Les Kouchner, qui passaient jadis leurs vacances dans la résidence de campagne de François Mitterrand, puis dans la villa corse de Michel Rocard, étaient récemment les invités du couple sarkozy-Bruni en Égypte. Madame Ockrent siège au conseil de l’International Crisis Group de George Soros.

LA CROIX (QUOTIDIEN CATHOLIQUE FRANçAIS)
Le Premier ministre marocain Abbas El Fassi a annoncé hier la dissolution du parti islamiste Al Badil Al Hadari, créé en 2005, dont le chef Mustapha Moatassim a été arrêté dans le cadre du « démantèlement » d’un réseau terroriste dont il ferait parti. La dissolution a été décidée dans ce même cadre. Deux de ses principaux dirigeants, soupçonnés d’être impliqués, ont été placés en garde à vue.`

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
• L’ex-avocat Israël Perry a été condamné en Israël à 12 ans de prison pour avoir détourné une partie des compensations allemandes destinées aux rescapés des camps nazis. En 1983, l’Etat hébreu et la République fédérale allemande ont en effet conclu un accord selon lequel tout ancien déporté bénéficiant de la nationalité israélienne depuis 1953 et ne résidant pas dans les territoires occupés peut bénéficier d’un dédommagement pouvant atteindre 100000 marks ainsi que d’une pension allemande et des avantages sociaux joints. Israël Perry, qui a traité des milliers de dossiers, détournait une partei des allocations. Il aurait ainsi détourné au moins 150 millions d’euros.
• La justice suisse devait statuer hier sur la continuation ou non de la procédure pour détournement de fonds et blanchiment d’argent intentée par le Pakistan contre la défunte Benazir Bhutto et son époux, Asif Ali Zardari, l’un des vainqueurs des récentes élections législatives. 60 millions de dollars sont actuellement bloqués sur divers comptes. Le bijoutier londonien chez qui a été saisie la parure de 117000 livres sterling n’a pas été en mesure de reconnaître si Bénazir Bhutto était bien sa cliente voilée. Le parquet est seul à même de décider ou non de la continuation des poursuites est d’avis d’attendre de savoir si, une fois le nouveau gouvernement formé (avec le prévenu comme ministre), le Pakistan s’estimera toujours lésé. M. Zardari-Bhutto avait été brièvement ministre des Investissements extérieurs, ce qu’un grand journal pakistanais décrivait alors comme « nommer Dracula à la tête de la banque du sang ».

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.