Tendances et événements au Proche-Orient

Le quotidien de Gaza : des enfants massacrés par les Israéliens

La violence démentielle d’Israël dans les territoires palestiniens a atteint un nouveau pic, ces dernières 24 heures, avec un massacre perpétré par l’aviation israélienne contre des enfants à Gaza. Dans le même temps, le blocus imposé à 1,5 millions de personnes se poursuit sans la moindre réaction de la part de la communauté internationale et des pays arabes dits « modérés », tandis que les mouvements de la Résistance palestinienne continuent d’affronter les Israéliens soit frontalement, soit à travers le tir de roquettes contre les colonies du Sud d’Israël.
C’est dans ce contexte que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a fait des déclarations accusant le Hamas et d’autres organisations d’avoir des liens directs avec al-Qaida, fournissant ainsi un prétexte en or aux Israéliens afin qu’ils poursuivent et intensifient leurs agressions et renforcent le régime des punitions collectives imposées à la population. Les propos d’Abbas interviennent à la veille d’une visite dans la région de la secrétaire d’État états-unienne, Condoleezza Rice, qui sera en partie consacrée au dossier palestinien. Le président de l’Autorité espère de la sorte que Mme Rice pourra arracher ne serait-ce que des concessions de pures formes au Premier ministre israélien, Ehud Olmert, qui reste inflexible malgré tous les signes de « bonne volonté » exprimés par Abbas.
En parallèle à la poursuite du bain de sang, le débat continue en Israël sur l’attitude à adopter dans la bande de Gaza. De plus en plus de voie estiment que la meilleure méthode est de dialoguer avec le Hamas et le gouvernement d’Ismaïl Haniyé pour assurer la sécurité des habitants des colonies du sud d’Israël. Car tous les moyens militaires ont montré leurs limites dans le passé.

Presse et agences internationales

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Ezzeddine Darwiche
Israël possède ses propres objectifs qui sont en total contradiction avec les intérêts arabes. Cela est une évidence qui n’a pas besoin de preuves pour être démontrée. Les États-Unis aussi ont des intérêts qui divergent avec ceux des Arabes. Ces deux pays ont classé dans un axe les États qui s’opposent à leur hégémonie et dans un autre axe ceux qui gardent le silence. Voilà le problème des Arabes ces temps-ci. Pourquoi ne mettent-ils pas en tête de leurs préoccupations leurs propres intérêts au lieu de défendre ceux des autres ?

• Le numéro deux d’Al-Qaeda, Ayman al-Zawahri, a promis de venger la mort de l’ancien commandant en chef du groupe islamiste en Afghanistan, Abou Laïs al-Libi, dans une vidéo diffusée sur Internet. « Notre sang n’a jamais été versé sans réponse », déclare Zawahri dans ce document. Al-Libi, qui passait pour l’un des six principaux lieutenants d’Oussama Ben Laden, a été tué dans la province pakistanaise du Nord-Waziristan à la fin janvier, probablement par un tir de missile US.
« Si l’un de nos chefs meurt, un autre prend sa place », assure Zawahiri sans préciser qui est visé par ses menaces. « Alors cherchez de l’aide, ô États-uniens et agents des États-uniens (...) auprès de ceux qui cherchent une porte de sortie (...) Ils ne seront d’aucune aide pour vous », dit-il en faisant référence aux dignitaires religieux musulmans qui ont critiqué les jihadistes.

• Quatre otages colombiens détenus depuis au moins 6 ans par les FARC ont été libérés unilatéralement par la guérilla marxiste afin de les remettre au président vénézuélien Hugo Chavez. Des hélicoptères du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont venus récupérer les otages dans le sud-est de la Colombie.
Libérés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), les ex-otages sont arrivés au Venezuela, où leurs proches les attendaient et où ils devaient être reçus par M. Chavez. Ces anciens parlementaires colombiens, Gloria Polanco, Orlando Beltran, Luis Eladio Perez et Jorge Gechem, « sont dans un état de santé suffisamment bon pour voyager jusqu’à Caracas », a annoncé Barbara Hintermann, la responsable du CICR en Colombie.

• L’équipe de Barack Obama a annoncé que plus d’un million de personnes avaient financièrement soutenu sa campagne, alors que sa rivale pour l’investiture démocrate à la présidentielle Hillary Clinton met en cause des médias qu’elle soupçonne d’être tombés sous son charme. À en croire le site Internet de M. Obama, mis à jour automatiquement, plusieurs centaines de nouveaux partisans contribuaient toutes les heures mercredi à son effort pour décrocher l’investiture démocrate, puis en novembre conquérir la Maison-Blanche. Il y a une semaine, des analystes tablaient sur une collecte de fonds record pour le sénateur de l’Illinois en février, pouvant atteindre 50 millions de dollars –potentiellement le double des sommes déjà énormes attendues dans le camp Clinton, qui annonçait il y a quelques jours un million de dollars par jour. Le rythme des contributions semble indiquer que M. Obama serait sorti vainqueur de son 20e et ultime face-à-face télévisé avec Mme Clinton avant les primaires cruciales de mardi prochain, où l’ex-Première dame joue à quitte ou double. De l’avis de son propre mari l’ex-président Bill Clinton, soit Mme Clinton remporte les primaires à la fois du Texas (Sud) et de l’Ohio (Nord), et elle peut poursuivre sa campagne, soit elle perd tout espoir de combler l’écart avec M. Obama.

AGENCE EUROPE (AGENCE DE PRESSE DE L’UNION EURPOPEENNE)
• Le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, en visite officielle de deux jours au Caire, dimanche 24 et lundi 25 février, à l’invitation de son homologue égyptien Fathi Sourour, estime avoir réussi à atténuer la rancœur égyptienne après l’adoption, le 17 janvier, d’une résolution du Parlement européen sur les droits de l’Homme en Égypte.
Dans un entretien à Al-Ahram hebdo, M. Sourour avait précisé ses griefs : le Parlement européen se serait fondé sur des informations erronnées fournies par l’opposition et n’aurait pas questionné l’Égypte pour les vérifier, ce qui contredit la logique du partenariat.
• L’UE exprime « sa vive préoccupation quant aux informations selon lesquelles le Parlement iranien examinerait actuellement un projet de code pénal », dont le chapitre cinq est consacré à l’apostasie, à l’hérésie et à la sorcellerie. Si cette loi est adoptée, le crime d’apostasie sera passible de la peine de mort, observe la Présidence slovène du Conseil de l’UE dans un communiqué publié lundi 25 février.

EUROPOLITIQUE (AGENCE DE PRESSE DE L’UNION EUROPÉENNE)
Conséquence directe de la libération des infirmières bulgares en juillet dernier par la Libye, la Commission européenne a soumis le 27 février une initiative visant à normaliser les relations entre l’UE et Tripoli. Elle vise un accord de libre-échange couvrant les biens, les services et les investissements, qui inclurait des normes relatives aux droits de la propriété intellectuelle et aux marchés publics, ainsi qu’un « cadre réglementaire transparent et stable pour l’énergie ». L’immigration est aussi à l’agenda : alors que l’UE veut renforcer sa coopération contre l’immigration clandestine, Tripoli souhaite la facilitation des visas en retour. Les négociations commenceront dès que la Commission aura reçu le feu vert du Conseil. Elles prendront au moins un an et demi.

ITAR-TASS (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
« Le rapport du directeur général de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) ne lève pas toutes les questions sur le passé nucléaire de l’Iran, a indiqué l’ambassadeurs russe à l’ONU Vitali Tchourkine, en duplex à la télévision, mercredi. « L’Iran n’a pas rempli la condition principale avancée par la communauté internationale, à savoir, il n’a pas arrêté son réacteur à eau lourde et il n’a pas immobilisé non plus la réalisation de son programme nucléaire. L’ONU est de ce fait obligée de se pencher sur le projet de nouvelle résolution dans le contexte de l’article 41, chapitre 7 ». Cependant, « Les sanctions toucheront exclusivement les organisations dont les activités sont concernées par la non-prolifération ». La Russie s’opposera à toute aqutre mesure.

RIA-NOVOSTI (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
• Le nouveau report de l’élection présidentielle libanaise fait obstacle à la paix et à la stabilité dans le pays, estime Mikhaïl Marguelov, président du Comité pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération de Russie. Le diplomate a rappelé que la Ligue arabe avait soutenu l’initiative russe visant l’élection immédiate d’un président de consensus en la personne du général Michel Sleimane. En outre, la Russie propose de former au Liban un gouvernement d’unité nationale et d’adopter une nouvelle loi sur les élections législatives. « Certaines forces utilisent le Liban afin d’atteindre leurs buts égoïstes et destructeurs pour l’ensemble du pays », a poursuivi M. Marguelov en référence au Hezbollah. « On se demande entre quelles mains se trouvent la politique et le destin du Liban : celles d’un gouvernement légitime ou celles de cette organisation militaire dotée d’un arsenal militaire incontrôlable ? », a demandé le sénateur.
• Le président syrien Bachar al-Assad est prêt à rencontrer le premier ministre israélien Ehud Olmert à Moscou pour étudier les possibilités de rétablir la paix entre les deux pays, a annoncé mercredi l’ex-ministre israélien de la Justice Yossi Beilin. Le chef de l’État syrien participera à une telle rencontre, « si le premier ministre israélien promet de respecter les engagements pris par son prédécesseur Yitzhak Rabin », qui a notamment indiqué qu’Israël quitterait les territoires occupés pendant la guerre arabo-israélienne de 1967, a dit M.Beilin dans une interview au journal arabe Al-Shark al-Awsat. L’éventuelle reprise des négociations syro-israélienne a été évoquée au cours d’une rencontre du président Assad avec le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Russie Evguéni Primakov. La Syrie a fait connaître la position de son président aux autorités israéliennes par le biais d’intermédiaires, selon lui.

LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE DASSAULT)
La commission sur la mémoire de la Shoah s’est réunie mercredi pour la première fois à Paris. Après les polémiques autour de la proposition de Nicolas Sarkozy de confier la mémoire de chacun des 11 500 enfants juifs morts en déportation aux CM2 (enfants de 9-10 ans), il s’agissait d’abord de déminer le dossier. Le « parrainage » d’un enfant mort par un enfant vivant est abandonné. Le projet alternatif de confier la mémoire d’un enfant déporté à toute une classe subsiste mais n’est plus qu’une voie parmi d’autres. Chaque professeur doit trouver comment étudier ce sujet, à travers le destin d’enfants juifs, a plaidé le ministre de l’Éducation Xavier Darcos.

LE MONDE (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE LAGARDERE)
• La Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a ouvert à signature un appel au boycott de la conférence de suivi des Nations Unies contre le racisme, dite « Durban 2 », qui doit se tenir en 2009. Les signataires dénoncent une tentative d’anéantir la liberté d’expression, de légitimier l’oppression des femmes et de stigmatiser les démocraties occidentales. Ils s’inquiètent surtout de ce que les critiques de l’islam ou le blasphème puissent être interdits et qualifiés « d’islamophobie occidentale ». Parmi les premiers signataires, on relève des intellectuels néoconservateurs (Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut), des féministes (Elisabeth Badinter, Catherine Kintzler) et des Prix Nobel (Georges Charpak, Elie Wiesel).
• Un processus de réconciliation entre les Afghans, incluant les talibans, « est inévitable » à un certain stade, a estimé le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. « Dans tout conflit, il faut, à un certain stade, un processus de réconciliation », a déclaré Jaap de Hoop Scheffer. Le secrétaire général de l’OTAN vient d’effectuer une mission dans le sud de l’Afghanistan, où il a appelé à un engagement international accru au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), forte de quelque 50000 hommes, placée sous commandement de l’OTAN.

LES ECHOS (QUOTIDIEN ECONOMIQUE FRANÇAIS, GROUPE ARNAULT)
Les appels de pays et organisations arabes à boycotter le Salon du livre de Paris se multiplient à deux semaines de l’ouverture de la manifestation, dont Israël est l’invité d’honneur. Premier pays à annoncer sa décision, le Liban, a indiqué mercredi qu’il s’« abstiendrait de participer » au Salon (14-19 mars), pour protester contre l’invitation d’Israël. Dans la foulée de l’Union des écrivains palestiniens, une organisation panislamique pour l’éducation, les sciences et la culture, l’Isesco, a également appelé hier ses 50 pays membres à boycotter le Salon.

EL MUNDO (QUOTIDIEN ESPAGNOL, OPPOSITION)
La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Turquie dans l’affaire de la disparition de 9 Chypriotes grecs, en 1974. A l’époque de la partition de l’île, plus de 1500 personnes ont disparues.

EL PAIS (QUOTIDIEN ESPAGNOL, MAJORITE)
- Éditorial
En vertu d’une loi européenne injuste et par la volonté d’un juge unique, Baltasar Garzón, deux Britanniques, Jamil el Banna et Omar Desghayes, qui ont été injustement détenus cinq ans et cruellempent torturés à Guatanamo, ont été arrêtés à leur arrivée à l’aéroport de Luton en vue de leur extradition vers l’Espagne. Ainsi des hommes qui ont déjà été jugés innocents par les États-Unis et le Royaume-Uni sont à nouveau incarcérés pour satisfaire les caprices d’un juge espagnol.

THE DAILY TELEGRAPH (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
En visite de deux jours à Delhi, le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, a proposé de déployer en Inde le bouclier antimissiles. Pékin craint qu’il ne s’agisse d’une initiative du Pentagone pour l’encercler par proxies interposés : d’abord l’Inde, puis le Japon et l’Australie. Cette surenchère ne pourra que relancer la course aux armements.

THE GUARDIAN (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, MAJORITE)
• L’ambassade des États-Unis à Islamabad a été chargée de vérifier l’usage des 5,4 milliards d’aide militaire versés par Washington au régime de Musharraf. 70% de ces subventions auraient été détournées par des officiers supérieurs. Chaque mois, le Pakistan demande sans justificatif 80 millions de dollars d’aide pour combattre les talibans dans les zones tribales. Ils sont versés directement au ministre des Finances et ne font pas même l’objet d’un reçu.
• Le Prix Nobel d’Économie, Joseph Sitglitz est à Londres à l’occasion de la sortie de son dernier livre sur le coût de la guerre à la terreur. Il témoignera dans les prochans jours devant le Congrés états-unien. Il estime que la facture pour les seuls Etats-Unis dépasse déjà les 3 trilliards de dollars (en incluant les pensions à venir des vétérans). En outre, c’est la guerre qui serait la principale raison du quadruplement du prix du pétrole et de la récession économique en occident.

THE GLOBE AND MAIL (QUOTIDIEN CANADIEN)
Le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, s’est déclaré optimiste quant au fait que l’OTAN accepterait de renforcer de 1000 hommes les troupes canadiennes combattant au sud de l’Afghanistan. Il a rejeté les informations du quotidien français Le Monde, selon lequel le président Sarkozy envisagerait d’envoyer de nouvelles troupes uniquement à l’Est du pays, et a affirmé que la France n’avait pas encore tranché.

THE HINDUSTAN TIMES (QUOTIDIEN INDIEN)
Le Jamaat-ud-Dawa (organisation de libération du Jammou et Cashmire, liée au Lashkar-e-Taiba pakistanais) a opéré une volte-face stratégique complète. Tout en continuant à promouvoir la lutte armée contre Delhi, le Jamaat condamne désormais le terrorisme —dont il a fait grand usage— dès lors que celui-ci affaiblit des dirigeants musulmans (comprenez le Pakistan). Ce spectaculaire retournement serait la conséquence des pressions d’Islamabad en cette période de transition.

THE NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
La nouvelle loi électorale irakienne, adoptée en fanafare il y a deux semaines, a été bloquée par un veto inattendu des trois membres chiites du Conseil présidentiel, incluant le président Talabani lui-même. Le nouveau découpage électoral devait permettre de rééquilibrer la représentation des chiites et des kurdes par rapport à celle des sunnites, mais elle aurait aussi eu pour conséquence d’assurer le triomphe de l’opposant Moktada el-Sadr, au détriment du Suprême conseil islamique irakien qui siège au gouvernement.

THE WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
- Editorial
Dans son dernier livre, Marc Sageman, un psychiatre ancien agent de la CIA au Pakistan, remet en cause la stratégie de la guerre au terrorisme. Selon lui, le premier groupe d’Ossama Ben Laden comptait une douzaine de membres tout au plus. Puis, le second groupe, une centaine. Pas de quoi menacer la sécurité des États-Unis au point d’envahir l’Afghanistan et l’Irak. Ce serait au contraire ces guerres qui lèveraient une nouvelle génération de terroristes.
• La stratégie US de recours aux volontaires irakiens pour rétablir l’ordre et faire baisser la violence semble trouver ses limites. Des milliers de supplétifs ont été engagés à 10 dollars la journée, auxquels se sont joints des bénévoles, pour mettre fin avec succès à l’anarchie et aux excès des fondamentalistes. Mais ces volontaires sont mal encadrés et mal intégrés dans le dispositif US. Ils se plaignent aujourd’hui des violences imputées aux GI’s et du manque d’appui militaire. Nombre d’entre eux, qui sont d’anciens insurgés, refusent de retourner à leur poste. Le gouvernement irakien souhaite intégrer un tiers des volontaires dans sa propre armée, mais les leaders du mouvement du Réveil vivent cela comme un moyen de les marginaliser après les avoir faits passer pour « des agents de l’Amérique ».

Audiovisuel international

AL ALAM (CHAINE IRANIENNE ARABOPHONE)
Couverture de l’actualité
- Invité : Manouchehr Mouttaki, ministre iranien des Affaires étrangères
« Le rapport du directeur de l’AIEI, Mohammad El-Baradéi, prouve que toutes les résolutions votées par le Conseil de sécurité pour imposer des sanctions à l’Iran n’avaient aucune base ou justification technique ou juridique. Ces résolutions avaient des objectifs politiques servant les intérêts de quelques Etats. »

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
Le président Bachar al-Assad a reçu le prince héritier du Qatar avec qui il a passé en revue les relations bilatérales et les projets communs d’investissements.

Tendances et événements au Liban

Attentisme, prudence et nouvelle démarche française

Certains médias libanais parlent d’une relative accalmie politique après le recul –limité- des polémiques au lendemain de l’échec de la réunion entre le 14-mars et l’opposition sous l’égide du secrétaire général de la Ligue arabe. Voici les principales caractéristiques du paysage politique libanais :
- 1. La réunion entre un fonctionnaire du Quai d’Orsay et le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, s’inscrit dans le cadre d’une mission d’exploration et d’information pour tâter le terrain en perspective d’une nouvelle initiative française qui complèterait les efforts de la Ligue arabe. La visite de Ludovic Bouille fait suite à des informations qui ont fait état de rencontres, à Paris, entre des personnalités libanaises proches de l’opposition et des responsables français à l’Élysée et au Quai d’Orsay. Des milieux du ministère français des Affaires étrangères ont estimé qu’il est nécessaire de reprendre le dialogue avec la Syrie après que les États-Unis aient torpillé les contacts qui avaient repris le dernier trimestre de l’année dernière.
- 2. Des déclarations de responsables européens de différents niveaux traduisent une hésitation à suivre aveuglément les États-Unis dans leur campagne contre la Syrie et l’opposition libanaise, en partant du principe que la sécurité des troupes déployées dans le cadre de la Finul est une priorité. Dans ce cadre, le chef des Casques bleus, le général italien Claudio Grazioni, a rappelé que la Finul se trouve dans le Sud du Liban grâce à l’accueil réservé par les habitants de cette région. Les principaux contributeurs à la force des Nations unies insistent sur le fait qu’il est important de préserver un minimum d’impartialité dans l’approche de la crise libanaise.
- 3. Les différents milieux libanais attendent les résultats des contacts interarabes concernant le sommet de Damas. L’enjeu est important puisque l’Arabie saoudite utilise ouvertement cette échéance pour exercer des pressions sur Damas afin de le pousser à convaincre ses alliés libanais à accepter l’élection d’un président sans accord préalable sur toutes les autres questions faisant l’objet d’un différend (composition du gouvernement d’union nationale, répartition des portefeuilles, découpage électoral… etc.)
- 4. Des positions syriennes non officielles affirment la détermination de la Syrie à ne pas céder à ces pressions et au chantage. Damas « préfère perdre le sommet plutôt que de livrer le Liban aux États-uniens et à leurs alliés », précise une source syrienne citée par le quotidien As Safir. Douze chefs d’État arabes ont déjà annoncé leur intention de participer au sommet de Damas. Quatre n’ont pas donné de réponse et six ont assuré qu’ils participeraient à des niveaux subalternes.
- 5. Le refus du chef chrétien du 14-mars, Amine Gemayel, d’inclure dans la prochaine déclaration ministérielle une clause exigeant le retour des déplacés de la guerre civile (des chrétiens dans leur écrasante majorité) ainsi que le découpage électoral basé sur le caza (une ancienne revendication chrétienne), continue de susciter de vives réactions.

Déclarations publiques

- SAMIR GEAGEA, CHEF CHRETIEN DU 14-MARS
« La tactique de l’opposition ressemble aux vieilles tactiques, notamment celles de 1985 et 1986, fondées sur les tentatives d’étouffer le peuple libanais sur le plan économique, social, culturel, sociétal, pour éreinter les Libanais et les pousser à jeter l’éponge. Ils ont utilisé cette même tactique à partir de novembre 2006, par différents moyens : le sit-in de la place Riad el-Solh, le retrait du gouvernement, le torpillage de l’élection présidentielle, la fermeture des points de passage, les pneus brûlés, pour exercer une pression psychologique sur les citoyens. Face à cette tactique, il existe à la fois une solution simple et dure, qui nécessite de la patience et du nerf : ne pas céder à leurs pressions. Nous devons continuer à vivre normalement dans ces circonstances anormales. Leur pari est de forcer le peuple à se résigner, à se plier à leur volonté. Nous n’en arriverons pas là, parce que nous n’accepterons pas de retourner à la situation qui prévalait entre 1990 et 2005. »

- VIRAJ SINGH, PORTE-PAROLE DE LA FINUL
« Malgré la tension qui régnait ces derniers jours parmi les habitants du Liban-Sud, il n’y a rien qui suscite l’inquiétude. Nous sommes en contact avec les différentes parties. Celles-ci ont réitéré leur engagement en faveur de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Aucune partie ne veut une guerre ou une escalade au Liban-Sud. Si un danger devait guetter les habitants des régions placées sous contrôle de la Finul, la 1701 autorise les Casques bleus à agir pour protéger les civils. Suite aux derniers développements qui ont provoqué une tension dans la région, la Finul a renforcé ses opérations sur le terrain, en coordination avec l’armée libanaise. L’Espagne et l’ambassade à Beyrouth ont réitéré leur engagement à la mission au Liban-Sud. Le retrait des forces qataries, finlandaises et irlandaises n’a aucun lien avec la situation actuelle dans le pays. La Finul n’a aucune preuve de l’entrée illégale d’armes dans sa zone d’action. Mais des armes et des dépôts anciens ont été découverts lors de missions conjointes avec l’armée libanaise. »

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.