Tendances et événements au Proche-Orient

Condoleezza Rice tente de limiter les conséquences du grand échec des États-Unis

La tournée de la secrétaire d’État US, Condoleezza Rice, au Proche-Orient, a coïncidé avec le sommet arabe de Damas qui a consacré l’échec de la politique régionale de Washington après celui essuyé par les Israéliens à Gaza. Mme Rice n’a pas réussi à convaincre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de boycotter le sommet de Damas, bien qu’elle ait réussi, à la dernière minute, à influer sur la décision du roi Abdallah II de Jordanie, qui a fait preuve d’hésitation jusqu’à la dernière minute. L’échec états-unien ne s’est pas seulement illustré par la tenue du sommet à la date et à l’endroit prévus. Il s’est également manifesté à deux autres niveaux :
- 1. Un grand nombre de chefs d’État considérés comme des alliés de Washington, et faisant partie de l’axe des pays dits « modérés », ont décidé de participer au sommet de Damas. En se rendant en Syrie, ces dirigeants ont clairement voulu exprimer leur rejet de la bipolarisation que les États-Unis tentent de mettre en place dans le monde arabe depuis l’invasion de l’Irak : c’est-à-dire la mise en place d’un système régional arabe articulé autour de l’Arabie saoudite et de l’Égypte, et qui marginaliserait tous les autres pays qui deviendraient des satellites de ces deux États. En d’autres termes, Riyad et Le Caire s’engageraient à sous-traiter pour le compte des États-uniens les dossiers de la région —évidemment dans un sens servant les intérêts des États-Unis et d’Israël—, comme c’est déjà le cas au Liban et en Palestine.
Il est en effet assez frappant que les présidents et émirs de Tunisie, de Libye, d’Algérie, du Koweit, du Qatar et des Émirats arabes unis, qui entretiennent de bonnes relations avec Washington, aient malgré tout décidé de se rendre à Damas. En fait, en ne s’y rendant pas, ces dirigeants auraient reconnu le rôle prédominant de l’Arabie saoudite et de l’Egypte et auraient contribué à consacrer cette bipolarité qui finira pas leur ôter tout poids et toute influence dans le monde arabe.
- 2. Les répercussions du discours du président syrien Bachar al-Assad. Celui-ci a réussi à arracher, envers et contre tout, une reconnaissance arabe du rôle de son pays et s’est vu investi par les Arabes de la présidence du sommet qu’il exercera pendant un an. Certains de ceux qui étaient absents du sommet commencent à exprimer leurs regrets, surtout qu’ils apparaissent, devant leur opinion publique, comme des marionnettes inféodées aux États-Unis et ayant accepté de contribuer aux efforts d’isolement de la Syrie, perçue par les peuples arabes comme le dernier rempart devant l’hégémonie états-unienne au Proche-Orient.
En parallèle, le travail de sabotage des États-Unis se poursuit sur les différents dossiers. C’est ainsi que Mme Condoleezza Rice a déployé de sérieux efforts pour creuser le fossé inter-palestinien en torpillant le plan yéménite de réconciliation entre le Fatah et le Hamas. La secrétaire d’État a également accentué ses pressions sur le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et son équipe, afin qu’il revienne à la table des négociations avec les Israéliens et présente davantage de concessions. En contrepartie, elle lui a jeté des miettes en annonçant que l’État hébreu s’est engagé à enlever 50 barrages en Cisjordanie. Mais l’opinion publique doit savoir que depuis la conférence de « paix » d’Annapolis, en novembre 2007, le nombre de barrages est passé de 500 à plus de 580.
Le souci de l’administration Bush est de parvenir à une déclaration de principe qui serait annoncée lors des cérémonies marquant le 60ème anniversaire de la création d’Israël. Cela justifierait le début de la normalisation des relations entre les Arabes dits « modérés » et Israël. C’est sans doute dans ce cadre qui s’inscrit la décision de l’Arabie saoudite d’inviter un groupe de rabbins israéliens, qui voyageront avec leurs passeports israéliens.

Presse et agences internationales

• Un militaire de métier de l’armée israélienne a été inculpé d’espionnage au profit du Hezbollah, a indiqué une source militaire israélienne. Le sergent Louaï Balout, un Bédouin servant dans les rangs de l’armée israélienne, a été inculpé par un tribunal militaire à Haïfa, dans le nord d’Israël. Il est notamment soupçonné d’avoir « prêté assistance à l’ennemi en temps de guerre », de « haute trahison », de « contacts avec agents étrangers » au Liban, un pays en état de belligérance avec Israël. Selon l’acte d’accusation, entre décembre 2007 et février 2008, le militaire israélien était « en contact téléphonique avec trois Libanais opérant pour le Hezbollah » auxquels il a transmis des informations relatives au positionnement de l’armée israélienne le long de la frontière avec le Liban. Il est par ailleurs soupçonné de s’être livré à un trafic de drogue entre le Liban et Israël, toujours selon une source militaire.

• Les périodes de rappels de réservistes au sein de l’armée israélienne vont être réduites au terme d’une décision de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense approuvée hier en première et deuxième lectures. Selon ce texte qui doit encore être adopté en troisième et dernière lecture dans les prochains jours, les réservistes de l’armée ne pourront pas être rappelés sous les drapeaux plus de 54 jours en trois ans pour les simples soldats, et 84 jours pour les officiers. Chaque période de rappel ne pourra pas excéder 25 jours, au lieu des 30 jours actuellement en vigueur. En cas d’aggravation de la situation en matière de sécurité, qui sera réévaluée chaque année, le ministre de la Défense se réserve le droit de suspendre ces nouvelles réglementations en imposant aux soldats et aux officiers des périodes de réserves prolongées, avec l’assentiment de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset. L’armée israélienne compte dans ses rangs quelque 190 000 conscrits et peut appeler sous les drapeaux, en cas de conflit généralisé, environ un demi-million de réservistes, selon des experts.

• Les partisans de Moqtada Sadr ont quitté les rues de Bagdad et du grand port pétrolier de Bassora hier, après six jours de combats meurtriers avec les troupes régulières qui ont fait au moins 461 tués et plus d’un millier de blessés. Aucune présence de combattants de l’Armée du mahdi n’était visible à Sadr City, le bastion de cette puissante milice dans le nord-est de Bagdad, ni à Kazimiyah, un autre grand quartier chiite de la capitale irakienne. La vie a repris son cours normal à Sadr City et dans plusieurs quartiers chiites de la capitale.

• La Cour constitutionnelle a donné suite lundi à une requête visant à obtenir l’interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, une procédure qui pourrait menacer la stabilité politique et les aspirations européennes de la Turquie. La plus haute instance judiciaire du pays a jugé recevable le recours déposé le 14 mars par le procureur en chef de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, qui estime que l’AKP, qui gouverne depuis 2002, est devenu un « foyer d’activités allant à l’encontre de la laïcité », fondement de la république turque. « Le modèle d’islam modéré préconisé pour la Turquie vise à établir un État gouverné par la charia et si nécessaire recourir à cette fin au terrorisme », selon le réquisitoire. « L’AKP se servira jusqu’au bout du “takiyye” (la pratique de dissimuler ses véritables convictions), jusqu’à ce que les objectifs d’un État inspiré du modèle islamique soient atteints », déclare le procureur, qui compare l’ascension de l’AKP à celle des nazis en Allemagne dans les années 1930. Le procureur cite la récente libéralisation du voile islamique à l’Université, dont l’application est toujours suspendue à une décision de justice, ou l’invocation des ulémas plutôt que des juges pour trancher des questions de société.
Le vice-président de la Cour constitutionnelle Osman Paksüt a déclaré devant une myriade de caméras, au terme d’une réunion, que la décision avait été prise à l’unanimité des 11 juges. Une majorité des juges a par ailleurs décidé d’inclure dans le procès le chef de l’État Abdullah Gül, un ancien cadre de l’AKP, a dit M. Paksüt, sans donner d’autres détails. Dans son réquisitoire, le procureur a réclamé cinq années d’interdiction de toute activité politique à l’encontre de 71 responsables de l’AKP, dont M. Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

• Plusieurs réceptionnistes d’hôtels internationaux à La Havane ont confirmé qu’ils avaient reçu une instruction gouvernementale les autorisant désormais à accepter des clients cubains. Les Cubains qui accéderont à ces hôtels devront payer en devises —le peso convertible appelé aussi CUC— et aux prix pratiqués pour les étrangers. En outre, les Cubains pourront aussi louer des voitures de tourisme auprès des agences de location, au même tarif que les étrangers. Après la mise en vente libre des ordinateurs et des téléphones portables la semaine dernière, il s’agit de la mesure la plus symbolique adoptée par le nouveau président cubain, dans le sens d’un assouplissement des réglementations régissant la vie des Cubains. Raul Castro, dans son discours d’investiture du 24 février, avait promis de lever « dans les prochaines semaines » certaines des « interdictions les plus simples » qui encombrent l’économie cubaine.

• La Maison-Blanche s’est dite confiante dans un prochain engagement des alliés de l’OTAN à envoyer plus d’hommes en Afghanistan et dans la possibilité d’une entente avec la Russie sur la défense antimissile, alors que le président George W. Bush était en route pour l’Europe. Une autre préoccupation de M. Bush, à l’heure de son dernier sommet de l’OTAN, paraissait, elle, vouée à une réponse très aléatoire, tant les membres de l’Alliance sont divisés, sur l’octroi à la Géorgie et à l’Ukraine du statut de candidates à l’adhésion. Une dizaine de pays de l’OTAN sont opposés à ce rapprochement souhaité par les autorités de Kiev. Ils invoquent les sentiments des Ukrainiens eux-mêmes, mais aussi la nécessité de ménager la Russie voisine, crispée par la question. Plusieurs milliers d’Ukrainiens, réunis à l’appel de partis prorusses, dont les communistes et les socialistes, ont brûlé l’effigie de M. Bush sur la place centrale de Kiev avant son arrivée.

IZVESTIA (QUOTIDIEN RUSSE)
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé Washington de « pénétrer d’une manière de plus en plus active dans l’espace post-soviétique : l’Ukraine et la Géorgie sont les exemples les plus frappants. »

ACH CHARK AL AWSAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
- Entretien avec Nicolas Michel, conseiller juridique de l’Onu
« Le tribunal international chargé de juger les inculpés dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, qui comptera 11 juges, n’est pas un instrument politique. Ce tribunal ne doit pas être un instrument politique entre les mains d’une partie ou d’une autre car, dans ce cas, il serait un facteur de division supplémentaire au Liban. Ce tribunal sera utile s’il est accepté par une large majorité de Libanais. Dans un premier temps, le tribunal aura trois juges, un Libanais et deux étrangers. Une cour d’appel est également prévue, composée de cinq juges, deux Libanais et trois étrangers. Un juge de la mise en état (chargé de suivre l’instruction) et deux juges suppléants, dont un libanais, ont également été nommés. Le Canadien Daniel Bellemare, actuellement président de la commission d’enquête internationale, deviendra le procureur de ce procès et aura un adjoint libanais. Le greffier du tribunal entamera son travail avant l’été ou dans un avenir proche. Il s’agira du premier pas dans la mise en marche du tribunal. »

Audiovisuel international

SKY NEWS (CHAINE DE TELEVISION BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
- Invité : Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas
« Gilad Shalit est toujours en vie. Nous le traitons bien alors que les Israéliens traitent mal nos prisonniers et tout le monde le sait. Nous renouvelons notre offre à Israël afin d’éviter que les civils, des deux côtés, soient pris dans ce conflit. Si Israël accepte de ne pas tuer de civils palestiniens, le Hamas ne s’en prendrait qu’à des cibles militaires en Israël. Nous renouvelons cette offre aujourd’hui. Cette proposition a été faite pour la première fois il y a dix ans. Nous invitons M. Mahmoud Abbas à venir à Gaza pour parler directement et sans conditions (...), pour travailler ensemble afin de trouver une solution aux problèmes à Gaza et en Cisjordanie. L’objectif de ces discussions est de retrouver notre unité palestinienne, trouver les raisons de nos problèmes et résoudre le problème de la sécurité. »

Tendances et événements au Liban

Les répercussions libanaises du sommet de Damas

La scène politique libanaise reste dominée par les réactions aux résultats du sommet arabe de Damas, perçus d’une manière contradictoire par les loyalistes pro-US du 14-mars et l’opposition nationale. On peut résumer par les points suivants les développements des dernières 24 heures :
- 1. Les milieux du 14-mars continuent de parler d’« échec » du sommet de Damas alors que de nombreux analystes, connus pour leur objectivité et leur indépendance, assurent que la Syrie a enregistré un succès politique certain lors de cette réunion. Des figures du 14-mars et les milieux du gouvernement de facto de Fouad Siniora ont repris leurs attaques contre la Syrie et l’opposition. Mais d’autres personnalités loyalistes assurent que la décision de Siniora de boycotter le sommet continue de faire des vagues à l’intérieur du 14-mars, certaines personnalités considérant que le gouvernement de facto a raté une occasion importante.
- 2. Le chef chrétien de l’opposition, le général Michel Aoun, a répondu au ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, qui a fait assumer à l’opposition la responsabilité du blocage politique et de la persistance de la crise. Le général Aoun a réaffirmé que l’initiative arabe est composée de trois points indivisibles et a confirmé les propos des responsables syriens selon lesquels il est impossible de demander à l’opposition de faire des concessions supplémentaires qui réduirait à néant son poids politique. Il a fait assumer aux loyalistes la responsabilité de la crise et appelé les États concernés par la situation au Liban à ne plus appuyer aveuglément une partie des Libanais au détriment des autres (Voir ci-dessous).
- 3. Certaines informations de presse indiquent que le président de la Chambre, Nabih Berry, va entamer une tournée auprès de plusieurs pays, notamment européens, avant de visiter les pays arabes, afin de recueillir un soutien à sa proposition de relancer le dialogue interlibanais autour de la nouvelle loi électorale. La presse assure par ailleurs que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ne prévoit pas de revenir de sitôt au Liban pour tenter de trouver un compromis autour de l’initiative arabe entre le 14-mars et l’opposition. Enfin, d’autres journaux font état d’une démarche algérienne pour tenter une réconciliation entre la Syrie d’une part, l’Arabie saoudite et l’Égypte de l’autre. Le Caire aurait favorablement accueilli les bons offices du président Bouteflika, mais aurait réaffirmé que tout assainissement des relations avec Damas passe par le règlement de la crise libanaise.
- 4. Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, et le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad, sont intervenus dans plusieurs médias audiovisuels libanais pour expliquer en détail les résultats du sommet arabe. Les deux responsables ont révélé qu’un marché avait été proposé à la Syrie afin qu’elle exerce des pressions sur l’opposition libanaise en contrepartie de concessions sur le tribunal international chargé de juger les assassins de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
- 5. Le Patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, a indirectement fait état des dangers que comporterait le replâtrage ou l’élargissement du gouvernement de Fouad Siniora. Il a remis sur le tapis la proposition d’un gouvernement transitoire qui avait déjà été évoqué entre les Saoudiens et les États-uniens lors de la tournée du vice-président Dick Cheney dans la région.
- 6. L’opposition est sur le point d’annoncer la création d’une structure de coordination entre ses différentes composantes, tandis que les efforts de réconciliation entre les chefs chrétiens de l’opposition et le patriarche maronite se poursuivent.

Déclarations

- MICHEL AOUN, CHEF CHRETIEN DE L’OPPOSITION NATIONALE
« Nous avons été surpris par l’attitude de l’Arabie saoudite. Les États qui se disent amis ne devraient pas être parties prenantes au conflit. Ils ne peuvent pas demander à d’autres États d’exercer des pressions sur nous pour que nous renoncions à nos droit. La Syrie ne peut pas exercer des pressions sur moi et sur l’opposition, car cela signifierait qu’elle nous demande de nous saborder. Nous sommes prêts à discuter avec tous les États, mais nous n’accepterons pas de nous éliminer nous-mêmes pour faire plaisir à qui que ce soit. Il est inconcevable de revenir sur ce qui a été convenu lors des réunions quadripartites car cela représente le minimum réclamé par l’opposition. L’opposition a accepté l’initiative arabe qui est un accord global dont l’exécution se fait de façon graduelle. L’opposition a fait des concessions énormes en renonçant à son candidat à la présidence de la République, c’est-à-dire moi-même, et en acceptant de ne pas nommer le candidat consensuel. Les autres veulent un président qui ne soit qu’un portrait accroché à un mur. Mon entrée au gouvernement est-elle devenue une revendication iranienne ? Je ne comprends pas l’incohérence des loyalistes. Fouad Siniora a participé au sommet de Dakar alors qu’il a refusé d’aller au sommet de Damas. Au Sénégal il y avait un président de la République et à Damas il n’y en avait plus ? (…) L’armement massif des partisans des groupes au pouvoir est inacceptable. Les milices sont désormais partout et au Metn, elles travaillent sous couvert de compagnies de sécurité et sont déployées dans les rues. »

- AMINE GEMAYEL, ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE (14-MARS)
« Nous aurions espéré que le sommet nous apporterait une interprétation claire et définitive du règlement de la crise préconisé par la Ligue arabe, ou du moins qu’il adopterait l’interprétation qu’en fait le secrétaire général. Malheureusement, tout est resté en l’état, avec un communiqué final absolument insipide, le secrétaire général exigeant de nous encore plus, sans que rien ne soit prévu pour la mise en œuvre de l’initiative de règlement de la Ligue arabe. »

- MGR NASRALLAH SFEIR, PATRIARCHE MARONITE
« Un replâtrage du gouvernement n’a pas de sens quand six ministres sont démissionnaires et exercent leurs fonctions de façon sélective. Par le passé, quand une crise gouvernementale éclatait, on formait un gouvernement restreint de quatre ministres, pendant qu’on s’employait à régler la crise, et avant qu’un nouveau gouvernement soit mis en place. Il s’agit là d’une idée parmi d’autres, qui sont en cours de discussion. L’appel au dialogue lancé par le président de la Chambre, Nabih Berry, vaut mieux que le dialogue dans la rue. Il faut éviter les discours enflammés, car la guerre commence souvent par des mots. »

- ABDEL AZIZ KHOJA, AMBASSADEUR D’ARABIE SAOUDITE AU LIBAN
« L’initiative arabe reste la base de la solution. Nous espérons que cette initiative puisse aboutir et que M. Amr Moussa reviendra rapidement au Liban et se réunira avec toutes les parties, qui feront preuve cette fois de réalisme et auront à cœur les intérêts de leur pays. »

- WALID JOUMBLATT, CHEF DRUZE DU 14-MARS
« Le sommet arabe de Damas est aussi fade que ses hôtes et n’a permis aucun progrès au niveau du règlement des dossiers épineux tels que ceux de la Palestine, de l’Irak et du Liban, sachant que le régime syrien assume un rôle prépondérant dans le blocage et les divisions dans ces pays. En dépit de toutes les manœuvres menées par le régime de Damas, le sommet arabe n’a pas permis de renflouer ce dernier et de briser l’isolement qu’il s’est imposé à cause de ses politiques négatives à tous les niveaux, dont la campagne d’assassinat orchestrée contre des responsables politiques libanais, les exactions contre les hommes libres en Syrie, l’aggravation des divisions entre les Palestiniens, l’exportation du terrorisme vers l’Irak et l’exacerbation des divisions arabes. »

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.