Tendances et événements au Proche-Orient

Les paris perdus des États-Unis

Le sommet de Damas qui s’est tenu envers et contre tout a lancé, au niveau régional, de nouvelles dynamiques perçues par de nombreux analystes comme un tournant, amorcé après que la Syrie eut réussi à consacrer son rôle de référence au Moyen-Orient. Les principales caractéristiques de l’après-sommet se présentent comme suit :
- 1. Les gesticulations politiques et diplomatiques des États-Unis se poursuivent dans plusieurs directions. La machine US s’efforce, actuellement, de remonter le moral de ses alliés et satellites, fortement affectés par l’échec de toutes les tentatives visant à empêcher la tenue du sommet ou à en perturber le déroulement. Lors des contacts qu’ils entreprennent, les diplomates états-uniens promettent à leurs interlocuteurs des « changements dans les rapports de force régionaux » que viendrait couronner George Bush pendant son voyage en Israël, à la mi-mai. Le président états-unien mise sur une percée dans les négociations israélo-palestiniennes, notamment la signature d’une déclaration de principe entre le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Si un tel accord est conclu, l’administration US demandera aux dirigeants des pays arabes dits « modérés » de venir assister -en Israël ou en Égypte- à la signature de ce document.
- 2. Certains dirigeants arabes qui ont participé au sommet de Damas ont entamé des médiations dans le but d’assainir les relations interarabes. Ces efforts de bons offices se déroulent en coordination avec le président du sommet arabe, Bachar al-Assad, qui s’est fixé comme principal objectif de renforcer la solidarité arabe.
- 3. Les fortes pressions états-uniennes pourraient se traduire par une escalade de la violence conter la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Des dirigeants de la Résistance palestinienne assurent que Washington, déterminé à empêcher coûte que coûte toute réconciliation inter-palestinienne, a saboté l’accord de Sanaa entre le Fatah et le Hamas. Car un resserrement des rangs palestiniens rendrait impossible la conclusion d’un accord entre l’Autorité palestinienne et Israël, qui ne peut se faire sans concessions majeures de la part de Mahmoud Abbas.
- 4. De nombreux analystes affirment que les récents développements en Irak ont suscité une grande inquiétude chez les États-uniens. Car il est apparu que le mouvement de Moqtada Sadr, qui réclame la fin de l’occupation US, est beaucoup plus puissant, populairement et militairement, que le pensaient Washington et ses collaborateurs irakiens. L’échec de la tentative d’éradication du mouvement sadriste mélange les cartes en Irak, à quelques jours de l’audition du chef des troupes US, le général David Petraeus, devant le Congrès.

Presse et agences internationales

• « Les soldats israéliens surveillent ce qui se passe de l’autre côté de la frontière avec le Liban, et je ne conseille à personne de tester Israël qui est le pays le plus puissant de toute la région », a déclaré à la radio publique le ministre israélien de la Défense Ehud Barak. Le ministre a tenu ces propos lors d’une tournée d’inspection à la frontière israélo-libanaise. Selon la radio, il a affirmé lors d’une séance à huis clos de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, que « le Hezbollah continue de s’équiper en armements avec l’aide de l’Iran ». M. Barak a aussi indiqué que le parti de Dieu évitait les provocations, estimant qu’il avait tiré les leçons des coups qui lui ont été infligés durant la guerre du Liban.

• Le Premier ministre Nouri al-Maliki a ordonné la cessation les arrestations arbitraires de miliciens chiites, se félicitant du « succès » remporté à Bassora (Sud) contre son rival Moqtada Sadr qui de son côté a rendu hommage à ses partisans. Ces signes d’apaisement interviennent alors que mars a été l’un des mois les plus meurtriers en Irak récemment avec plus de 1 000 tués, dont près de la moitié dans les violences la semaine dernière entre miliciens chiites et forces régulières.

• Près de trois millions d’Irakiens ont fui leur foyer depuis l’invasion occidentale de mars 2003 et deux millions d’autres se sont réfugiés à l’étranger, a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Dans une étude publiée avec des associations et l’Organisation internationale pour les migrations, le HCR a dénombré 2,77 millions de déplacés à l’intérieur de l’Irak, a déclaré la porte-parole du HCR à Genève, Jennifer Pagonis. Ce chiffre représente une hausse de 300 000 par rapport à la fin de 2007 grâce à une meilleure méthode de calcul.

• La Grande-Bretagne a décidé de repousser la réduction de son contingent en Irak, initialement programmée pour ce printemps, en raison de la situation dans la région de Bassora (Sud), a annoncé le ministre britannique de la Défense Des Browne. « À la lumière des événements de ces dernières semaines (à Bassora), il est prudent que nous fassions une pause avant de nouvelles réductions de troupes », a déclaré M. Browne lors d’une déclaration au Parlement. Il a rappelé qu’environ 4 000 soldats britanniques étaient actuellement déployés en Irak, près de Bassora. En octobre, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait annoncé devant le Parlement que le contingent militaire britannique en Irak serait ramené à 2 500 hommes au printemps 2008.

• Le candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle états-unienne Barack Obama voudrait, s’il est élu président, ne maintenir en Irak qu’un nombre de soldats suffisant pour protéger l’ambassade US à Bagdad. « Nous aurons des soldats pour protéger notre ambassade comme nous en avons partout. Nous en avons en France. Nous en avons en Grande-Bretagne. Nous avons du personnel militaire pour protéger nos diplomates », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Manheim en Pennsylvanie (Est). S’il devient président, M. Obama a prévu de retirer les troupes de combat dans un délai de 16 mois après son entrée en fonction. Il a critiqué le républicain John McCain qui, selon lui, veut laisser des soldats américains en Irak pendant 100 ans. Alors qu’un journaliste lui faisait remarquer que M. McCain n’avait pas parlé de maintenir des troupes de combat pendant un siècle en Irak, mais qu’il imaginait plutôt la présence militaire à long terme comme celle qui existe en Allemagne ou au Japon, M. Obama a maintenu ses accusations.

• Le nombre des malades palestiniens refoulés par Israël s’est accru depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en juin dernier et le blocus du territoire par l’État hébreu, entraînant des morts qui étaient évitables, a affirmé hier l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Israël a refusé en 2007 un permis d’entrée à 18,5 % des patients gazaouis cherchant à s’y faire soigner, contre 10 % en 2006. En décembre 2007, 36 % des patients ont été refusés, contre 8,5 % un an plus tôt, a déclaré Ambrogio Manenti, chef du bureau de l’OMS pour la Cisjordanie et Gaza. Trente-deux Gazaouis sont morts entre le 1er octobre 2007 et le 2 mars 2008 en attendant des permis d’entrée en Israël, a-t-il dit, sans pouvoir fournir de chiffres comparatifs avec une période précédente, mais en soulignant que « toutes ces tragédies auraient pu être aisément évitées ». « Cela est inhumain, absurde et, au final, tragique », a-t-il insisté, avant d’ajouter : « L’accès aux soins semble être un droit en option pour les Palestiniens. » La procédure même d’octroi de laissez-passer est décrite par M. Manenti comme un « cauchemar » pour les Palestiniens de Gaza en raison de la multiplication des étapes pour obtenir le feu vert des autorités israéliennes.

• L’Égypte a donné son feu vert pour que près de 500 de ses ressortissants bloqués dans la bande de Gaza puissent regagner leur pays par le terminal frontalier de Rafah. Ces Égyptiens, en majorité des femmes et des enfants, étaient bloqués depuis près de deux mois dans le petit territoire palestinien, qui partage une frontière de 14 km avec l’Égypte. Ils s’y étaient rendus, notamment pour rendre visite à leurs proches, après la destruction le 23 janvier à l’explosif et au bulldozer de la clôture frontalière par des combattants du Hamas.

• Des manœuvres militaires navales dirigées par les États-Unis et impliquant onze pays de la zone méditerranéenne, dont la Libye, auront lieu du 8 au 22 avril en Méditerranée, au départ de la base navale grecque de Souda, en Crète, a annoncé la marine grecque. Des navires de la 6e flotte US, ainsi que des bateaux français, espagnols, italiens, turcs, portugais, marocains, algériens et grecs, doivent prendre part à ces manœuvres, qui impliqueront aussi des militaires maltais, tunisiens, mauritaniens et libyens. L’objectif de l’opération, baptisée « Phoenix Express 2008 », est « de former en commun des unités de la VIe Flotte, de pays de l’OTAN et du Dialogue méditerranéen, aux procédures de contrôle des bateaux commerciaux ainsi qu’aux opérations d’interdiction maritime et de sauvetage », a précisé l’état-major de la marine dans un communiqué.

• Une fille de l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser a été condamnée pour diffamation après avoir accusé le successeur de Nasser, Anouar Sadate, d’être derrière la mort de son père et d’être un agent des États-Unis. Hoda Abdel Nasser devra payer 100 000 livres égyptiennes (plus de 18000 dollars) à Rouqaiya Sadate, l’une des filles de l’ancien président égyptien.

• Les États-Unis ont appelé les autorités libyennes à libérer sans condition un opposant libyen, Fasi al-Jahmi, qui souffre de problèmes de santé. Emprisonné depuis quatre ans, Jahmi, un ancien gouverneur de province, a été transféré au début du mois dans un centre médical où il est soigné pour des problèmes de diabète, d’hypertension et des troubles cardiaques. Jahmi a été arrêté pour la première fois en 2002 après avoir critiqué le dirigeant Mouammar Kadhafi et réclamé des élections, la liberté de la presse et la libération des prisonniers politiques.

• Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a prévenu que l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN provoquerait une « crise profonde » entre Kiev et Moscou, qui aurait « un impact négatif sur la sécurité européenne ». George Bush a en revanche répété à plusieurs reprises son « ferme » soutien aux aspirations des gouvernements ukrainien et géorgien, lors d’une conférence de presse avec son homologue ukrainien Viktor Iouchtchenko. Il a aussi écarté un « marchandage » avec la Russie, dans lequel les États-Unis renonceraient à pousser à l’entrée de l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN, tandis que la Russie se montrerait plus conciliante avec un projet antimissile US en Europe, autre motif de tensions entre Washington et Moscou ces derniers mois.

• Aux États-Unis, trois élèves sur dix dans les établissements publics ne terminent pas l’école secondaire, c’est-à-dire n’obtiennent pas le « High School Diploma » qui sanctionne la fin des études scolaires, selon une étude publiée mardi par un centre de recherche américain sur l’éducation, EPE Research Center, et l’organisation America’s Promise Alliance. Les taux d’échec sont plus forts dans les centre-ville appauvris, où seulement 64,4 % des élèves terminent l’école avec le diplôme, que dans les banlieues résidentielles (75 %) ou en milieu rural (73,2 %). Le taux de réussite national est de 69,9%, ce qui correspond à 1,2 million d’élèves ne finissant pas l’école. À l’exception des élèves d’origine asiatique, dont le taux de réussite dépasse 80 %, les minorités ont moins de chances de conclure leur éducation secondaire.

LE CANARD ENCHAINE (HEBDOMADAIRE SATIRIQUE FRANÇAIS)
Le président Nicolas Sarkozy a été inscrit hors délai sur les listes électorales du VIIIe arrondissement pour voter lors des élections municipales à Paris. Deux collaborateurs du président sont venus apporter le 3 janvier 2008 les documents nécessaires à son inscription et le chef de l’État a signé un document antidaté. En vertu du code électoral, l’inscription sur les listes électorales était légalement close depuis le 31 décembre. Le cabinet de Nicolas Sarkozy s’est donné beaucoup de mal pour camoufler la manœuvre, mais le maire du VIIIe arrondissement, François Lebel, a découvert la vérité et passé un savon aux collaborateurs du président.

Tendances et événements au Liban

Le politique et le social s’entremêlent

L’activité politique, véhiculée par des déclarations et des communiqués, des talk-shows télévisés et des écrits d’analystes et de journalistes, s’est articulée autour des thèmes suivants :
- 1. La question sociale est revenue sur le devant de la scène avec la décision des professeurs de l’Université libanaise (publique) et des écoles publiques et privées d’observer une grève d’un jour, jeudi, pour protester contre le gel des salaires. Ce mouvement de protestation illustre le malaise grandissant chez les travailleurs en raison de la hausse des prix et de l’érosion de leur pouvoir d’achat.
- 2. Les propos du ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, accusant l’opposition de torpiller les solutions à la crise, a suscité de vives réactions de la part de l’opposition. Après le général Michel Aoun, c’est le Hezbollah et le Rassemblement national (un groupe de personnalités politiques opposantes) qui ont condamné la déclaration du chef de la diplomatie saoudienne.
- 3. Le président de la Chambre, Nabih Berry, a commencé ses contacts avec des pays arabes et européens dans le cadre d’une tourné destinée à obtenir un soutien à sa proposition de relancer le dialogue national. Pendant ce temps, les loyalistes poursuivent leur campagne contre M. Berry et contre sa proposition.
- 4. L’opposition met les dernières touches à son projet de structure de coordination qui sera rendu public dans quelques jours. Par ailleurs, les ténors du 14-mars pro-US vont prochainement tenir une réunion élargie pour prendre position au sujet de la proposition de M. Berry et des récents développements.
- 5. L’entourage du Premier ministre de facto, Fouad Siniora, a indiqué que le replâtrage ou l’élargissement du gouvernement dépendent des résultats des concertations avec les différentes parties politiques et les autorités religieuses. Il semble, dans ce cadre, que le patriarche maronite Nasrallah Sfeir, engagé dans un processus de réconciliation avec les chefs chrétiens de l’opposition, ne couvrirait pas une telle mesure considérée par l’opposition comme un casus belli. Le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, qui est aussi le candidat consensuel à la présidence, est également opposé à une telle provocation. Cette mesure avait été défendue par le faucon du 14-mars, Marwan Hamadé.
- 6. Les milieux du 14-mars restent sous le choc de la réussite du sommet de Damas après des mois de lavage de cerveau sur l’échec annoncé de cette réunion. Ils ont découvert avec consternation que l’absence de l’Arabie saoudite, leur principal soutien, n’a pas eu d’effet significatif sur le cours du sommet.

Déclarations

- REPONSE DU HEZBOLLAH AU MINISTRE SAOUD AL-FAYÇAL
« Le Hezbollah refuse le fait que le ministre (saoudien des Affaires étrangères. Ndlr) Saoud al-Fayçal ait rendu l’opposition responsable du blocage de la vie politique au Liban. Le ministre a ignoré tout ce que le pouvoir a fait pour bloquer les initiatives arabes, notamment les fréquentes tentatives saoudiennes de règlement. Cette accusation adressée à l’opposition soulève d’importantes interrogations sur la position de l’Arabie saoudite et son rôle dans la crise politique libanaise. Les propos du prince al-Fayçal montrent que l’Arabie saoudite est partiale et incapable de jouer un rôle positif dans le règlement de la crise (…) Le sommet arabe a réussi en dépit de toutes les pressions, infligeant une forte gifle à tous ceux qui avaient parié sur son échec. »

- ALI HASSAN KHALIL, DEPUTE DU BLOC BERRY (OPPOSITION)
« Le président Nabih Berry tient à donner une nouvelle chance afin d’appliquer l’initiative arabe, notamment après la déclaration de Damas et l’engagement qui s’est renouvelé à cet égard. Les rencontres à l’étranger que M. Berry est en train d’effectuer en ce moment s’inscrivent dans le cadre de l’appel au dialogue qu’il compte lancer prochainement. »

- OMAR KARAME, ANCIEN PREMIER MINISTRE (OPPOSITION)
« La redynamisation du gouvernement n’est pas une question simple à envisager. Si toutes les parties laissent les Libanais seuls, ils seront capables de s’entendre entre eux. »

- SLEIMANE FRANGIE, CHEF CHRETIEN DE L’OPPOSITION
« Nous sommes tous conscients que le général Michel Aoun est fondamental sur la scène maronite chrétienne. Nous sommes tous à ses côtés, pour que la position des chrétiens se consolide et qu’ils récupèrent leur rôle efficient sur la scène libanaise. Nos détracteurs ne sont pas habitués à voir deux chefs maronites s’entendre. L’entente entre nous se poursuivra d’autant qu’elle assure la pérennité des chrétiens au Liban. Nous restons cependant deux courants ouverts à tous ceux qui veulent s’entendre avec tous. Mon alliance avec le général Aoun est indéfectible. Le 14-mars bloque la présidentielle en refusant l’accession du général Aoun à la tête de l’État. On estime que Saad Hariri doit être à la tête du gouvernement parce qu’il est le chef le plus représentatif de sa communauté qui lui a donné 60 % de ses voix et que Nabih Berry doit présider le Parlement à cause d’un consensus de sa communauté sur ce point. Pourquoi faut-il alors interdire à Michel Aoun, qui a obtenu 70 % des voix des chrétiens, d’accéder à la magistrature suprême ? Les législatives sont prévues l’an prochain, mais si une loi électorale satisfaisante pour tous n’est pas élaborée d’ici là, les élections n’auront pas lieu. Même si elles seront organisées, leurs résultats créeront de nouveaux conflits qui feront perdurer le problème pour quatre années supplémentaires. »

- COMMUNIQUE DU GENERAL JAMIL SAYYED
Le bureau de presse de l’ancien directeur général de la Sûreté générale, Jamil Sayyed, emprisonné dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri a fait paraitre le communiqué suivant :
« J’appelle à ma libération immédiate. Ma requête se fonde sur le rapport du président de la commission internationale d’enquête, Daniel Bellemare, qui a affirmé qu’un réseau criminel d’individus est responsable de l’assassinat de Rafic Hariri et d’autres attentats au Liban. Je n’ai pas été interrogé par un magistrat ou confronté à des témoins au cours des deux dernières années. Je suis prêt à rester à la disposition des enquêteurs après ma libération. Mon maintien en détention va à l’encontre des données recueillies par la commission internationale d’enquête et confirme le caractère politique de mon incarcération. »

- SAMIR GEAGEA, CHEF CHRETIEN DU 14-MARS PRO-US
« Au sujet de l’implantation des Palestiniens au Liban, il y a des popularités qui se font et se défont sur ce fonds de commerce. Personnellement, je suis tranquille à ce sujet parce que les Libanais sont entièrement d’accord sur la nécessité d’empêcher une telle implantation. Même si les États-Unis et Israël le voulaient, cela n’aurait pas lieu. Or, nous savons tous qu’Israël souhaite que les Palestiniens soient implantés, mais ce n’est pas du tout la position des États-Unis qui sont parfaitement conscients du cas libanais. Certains au Liban ont réagi à ce que j’avais déclaré à ce propos aux États-Unis en disant que l’essentiel, ce n’est pas ce que dit Samir Geagea, mais ce que proclament les responsables américains eux-mêmes. D’abord, je voudrais attirer l’attention sur le fait que je ne rapporte que ce j’entends. Ensuite, il semble que certains ne lisent pas la presse et ne savent pas que David Welch (le secrétaire d’État adjoint) a affirmé devant le Congrès que l’avenir des Palestiniens du Liban est dans un État palestinien. Au sujet du tribunal international, nous avons reçu, notamment aux Nations unies, des réponses claires et franches. Le tribunal est en marche et rien ne l’arrêtera. L’acte d’accusation paraîtra avant la fin de l’année et, à partir de là, commencera le dernier acte. Tout pousse donc à l’optimisme au sujet du tribunal qui sera international dans le plein sens du terme. Il y aura quatre juges libanais et sept internationaux, venant chacun d’un État différent. Nul ne pourra tenter de manipuler un tribunal comme celui-ci. L’importance du tribunal international ne réside pas uniquement dans la découverte des auteurs de l’assassinat de Rafic Hariri et des autres meurtres survenus depuis. Elle est aussi dans le fait que ce tribunal fera la lumière sur les trente dernières années de l’histoire du Liban. Cela est d’une importance extrême pour les Libanais. »

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.