Tendances et événements au Liban

Al-Siddik, le faux témoin dans l’affaire Hariri, disparaît

L’intérêt des milieux politiques et médiatiques est partagé, ce samedi, entre la politique, le social et la justice, alors que les Libanais observent avec inquiétude les grandes manœuvres que les Israéliens vont commencer dimanche :
- 1. Le scandale de la disparition de Mohammad Zouhair al-Siddik, le faux témoin dans l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri, a fait la « Une » de nombreux journaux libanais. Al-Siddik, qui s’était fait passer pour un officier supérieur des services de renseignement syriens, et qui avait inventé de toute pièce un scénario sur l’assassinat de Hariri sur la base duquel quatre généraux libanais ont été incarcérés, avait fuit pour la France où il bénéficiait d’une protection policière. Après la découverte de ses mensonges, l’ancien président de la Commission d’enquête, l’Allemand Detlev Mehlis, l’avait transformé de témoin en suspect. La France avait refusé de l’extrader comme l’a demandé à plusieurs reprises la justice libanaise.
Les articles de presse et les informations en provenance de Paris affirment qu’al-Saddik et sa famille ont disparu il y a un certain temps. Ils auraient été transférés en Arabie saoudite où aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une opération menée conjointement par des services de sécurité libanais et de certains pays du Golfe. C’est l’ancien ministre libanais de l’Information, Michal Samaha (Opposition), qui a révélé ces informations vendredi soir lors d’une émission de la télévision al-Manar du Hezbollah. La presse du matin a confirmé cette version dans des articles de ses correspondants à Paris, qui ont assuré qu’al-Siddik est introuvable depuis plusieurs jours.
- 2. Sur le plan politique, aucune date n’a encore été fixée pour la reprise du dialogue national comme l’a proposé le président de la Chambre, Nabih Berry. La coalition au pouvoir du 14-mars n’a toujours pas adopté une position officielle à cet égard. La scène politique est dominée par l’avertissement lancé par le candidat consensuel à la présidence, le général Michel Sleimane, qui a affirmé qu’il comptait quitter le commandement de l’armée le 21 août.
- 3. Les loyalistes du 14-mars pro-US semblent divisés sur la nouvelle proposition avancée par le chef chrétien de l’opposition, Sleimane Frangié. L’ancien ministre avait proposé l’élection d’un président de la République et l’adoption de la loi électorale de 1960 (basée sur les petites circonscriptions électorales) lors d’une même séance au Parlement, renonçant à la formation d’un gouvernement d’union nationale dans lequel l’opposition détiendrait une minorité de blocage. Un des ténors du 14-mars, le député Boutros Harb, s’est prononcé en faveur de cette proposition.
- 4. Les difficultés économiques grandissantes commencent à affecter les conditions de vie des Libanais. Les revendications à caractère social commencent à faire tâche d’huile à un tel point que le gouvernement de facto de Fouad Siniora ne peut plus les ignorer. Après la grève d’avertissement des 100 000 professeurs et enseignants, les Libanais sont appelés, début mai, à observer une grève générale.

Déclarations

- TALAL ARSLAN, CHEF DRUZE DE L’OPPOSITION
« Je suis fier des nos relations avec la République islamique d’Iran. Le rôle joué par Téhéran sur le plan régional est fondamental et prend en considération la spécificité du Liban. Nous remercions l’Iran de tout ce qu’il a offert à la population libanaise et à la communauté druze. »

- NASSER KANDIL, ANCIEN DEPUTE DE BEYROUTH (OPPOSITION)
« Le blocage de la solution est la conséquence de la crise des relations libano-saoudiennes. Riyad s’est auto-isolé en boycottant le sommet arabe qui a marqué la défaite de ceux qui avaient misé sur son échec et consacré le rapport de force qui a résulté de la guerre de juillet. Je soutiens la proposition de Sleimane Frangié qui a proposé l’adoption de la loi électorale de 1960 et l’élection d’un président lors d’une même séance au Parlement. Il est toutefois plus facile pour le 14-mars d’adopter la candidature du général Michel Aoun que de voter la loi de 1960. Ce camp sera incapable de faire élire le moindre candidat à la députation si les prochaines législatives étaient organisées sur base de la loi de 1960. Seule la prorogation du mandat de la Chambre actuelle permettra à la majorité de subsister. Je propose la formation d’un gouvernement intérimaire présidé par le commandant en chef de l’armée. »

- OMAR KARAME, ANCIEN PREMIER MINISTRE (OPPOSITION)
« Si chaque camp continue de camper sur ses positions, le dialogue auquel appelle le président Nabih Berry ne sera qu’un dialogue de sourds. Il serait plus utile de nous référer aux urnes afin de permettre à la population de décider de son avenir. »

- NABIL KAOUK, RESPONSABLE DU HEZBOLLAH AU LIBAN-SUD
« Le 14-mars est soumis au diktat états-unien. On ne peut plus faire confiance à ce camp en matière de gestion de l’État et de protection de la Résistance. »

- OUSSAMA SAAD, DEPUTE DE SAÏDA (OPPOSITION)
« L’opposition envisage sérieusement de former un comité politique auquel il incombera de gérer la confrontation avec la partie qui monopolise le pouvoir et qui refuse de le partager. »

- AHMAD FATFAT, MINISTRE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS (14-MARS)
« Le 14-mars est favorable au dialogue, mais exige de connaître le sort des décisions des précédentes sessions de dialogue national. Le président Berry a agi en tant que chef d’un parti politique et n’est plus en mesure de gérer le dialogue. Il lui est demandé d’ouvrir les portes du Parlement pour qu’un président soit élu. Et il incombera au nouveau chef de l’État de parrainer le dialogue. »

- SAMIR GEAGEA, CHEF CHRETIEN DU 14-MARS
« Michel Sleimane restera candidat à la présidence après la fin de son mandat en tant que commandant en chef de l’armée. Il sera le candidat de choix, car son élection ne sera plus tributaire d’un amendement constitutionnel. Le cas échéant, le gouvernement se réunira après le 21 août prochain pour désigner un nouveau commandant en chef de l’armée, même si aucun président de la République n’est élu d’ici là. Concernant la redynamisation du gouvernement actuel, cette décision n’a toujours pas été prise car ce n’est pas encore le bon moment pour cela. »

Tendances et événements au Proche-Orient

L’Irak à l’aube d’une nouvelle ère

Les développements qui se succèdent en Irak suscitent l’intérêt croissant des acteurs concernés. Les observateurs notent une série d’indices politiques et matériels qui renforcent la thèse selon laquelle les États-uniens sont confrontés à une impasse qui s’approfondit de jour en jour. De sorte qu’il sera difficile à George Bush et à son administration de parler d’un quelconque succès après cinq ans d’occupation :
- 1. C’est à l’initiative du gouvernement de Nouri al-Maliki que l’offensive contre l’Armée du Mahdi a commencé. Les troupes américaines et britanniques ont participé aux combats, présentés par George Bush comme un couronnement de la stratégie d’escalade (Surge), lancée il y a un an sous la supervision du général David Petraeus, sous le titre du soutien au gouvernement irakien dans ses efforts visant à étendre son autorité sur l’ensemble du territoire. Une mesure impossible à réaliser sans l’éradication du mouvement de Moqtada Sadr.
- 2. Le déroulement des combats a montré la puissance du mouvement sadriste et l’étendue de son influence qui va de la ville Kirkouk aux villages les plus reculés du sud de l’Irak. L’Armée du Mahdi a fait échec à l’offensive de l’armée régulière et des troupes d’occupation. Des unités entières de l’armée irakienne ont préféré déserter plutôt que de combattre les sadristes. Al-Maliki a finalement été contraint de revoir à la baisse ses ambitions et, dans un deuxième temps, de suspendre les opérations militaires avant qu’elles n’aient atteint leur objectif. Moqtada Sadr, qui a annoncé le cessez-le-feu, est apparu aux yeux de l’opinion publique irakienne comme le grand gagnant de cette confrontation.
- 3. La manifestation « millionienne » à laquelle a appelé Sadr avec la participation des Irakiens de toutes les communautés, pour commémorer la chute de Bagdad aux mains des États-uniens, inquiète les troupes d’occupation. C’est la première fois qu’un courant populaire, essentiellement chiite, fait de la lutte pour la libération nationale son principal objectif. Les États-uniens sont d’autant plus inquiets que Moqtada Sadr est capable d’établir des relations avec les autres composantes du peuple irakien, comme il l’a montré lorsqu’il a appuyé les résistants de Fallouja, en 2004, qui le lui ont bien rendu en le soutenant dans son combat contre les États-uniens lors de la bataille de Najaf, en 2005.

Agences et presse internationales

• Le chef irakien Moqtada Sadr a appelé à une manifestation de masse à Bagdad le 9 avril contre l’occupation US. « La grande manifestation prévue le 9 avril dans la ville sainte chiite de Najaf aura lieu finalement à Bagdad », a annoncé Salah al-Obeïdi, porte-parole du mouvement Sadr à Najaf. « Cette manifestation aura plus d’impact dans la capitale », a expliqué M. Obeïdi, jugeant également que les Irakiens de toutes confessions qui « veulent mettre fin à l’occupation » pourront y participer en plus grand nombre. La manifestation aura lieu 10 jours après la fin de violents combats entre les membres de l’Armée du Mahdi de Moqtada Sadr et les forces régulières irakiennes soutenues par l’armée US. Ces affrontements se sont déroulés du 25 au 30 mars à Bassora, dans plusieurs villes chiites du sud du pays et à Bagdad. Ils ont cessé après que M. Sadr eut ordonné le 30 mars à ses hommes de se retirer des rues. Des affrontements sporadiques se poursuivent néanmoins entre les belligérants et la tension reste vive dans les régions chiites. Ces violences ont fait 700 morts et plus de 1500 blessés, selon le coordinateur humanitaire de l’ONU pour l’Irak, David Shearer. Il n’a donné aucune précision sur la proportion de civils, de miliciens et de militaires dans le bilan. Un précédent bilan, établi par le gouvernement irakien, faisait état de 461 tués et de plus 1100 blessés.

• Selon les médias israéliens, le plus important exercice de défense de l’histoire d’Israël doit débuter dimanche. L’objectif officiel de l’opération est de tester les procédures de secours ainsi que les installations censées assurer la protection de la population civile, de même que les mesures devant permettre le fonctionnement des administrations et ministères en cas d’attaques de missiles conventionnels ou chimiques. Dans ce contexte, les troupes israéliennes ont intensifié leurs patrouilles en face du secteur est du Liban-Sud.

• Mati Gill, le chef de cabinet du ministre israélien de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, a été blessé vendredi par des balles tirées depuis la bande de Gaza alors qu’il était en visite dans une région d’Israël limitrophe du territoire palestinien. M. Gill a été blessé par des tirs à l’arme automatique dans la colonie de Nir-Am dans le sud d’Israël, à proximité du nord de la bande de Gaza, lors d’une visite sur place avec M. Dichter. Atteint à la hanche, il a été évacué vers l’hôpital Barzilaï dans la ville israélienne proche d’Ashkélon. M. Dichter accompagnait une délégation de juifs nord-américains venus exprimer leur solidarité avec les habitants des localités israéliennes proches de la bande de Gaza et cibles régulières de tirs palestiniens de roquettes en provenance de la bande de Gaza.
Les tirs ont été revendiqués conjointement à Gaza par la branche armée du Hamas et un groupe qui se manifeste pour la première fois, les « Protecteurs d’al-Aqsa ». « Nos combattants ont visé le ministre israélien Avi Dichter lors d’une opération menée conjointement avec les Protecteurs d’al-Aqsa. Nous avons gravement blessé un de ses collaborateurs », a déclaré Abou Obeidah, le porte-parole de la branche armée du Hamas. Le Hamas a précisé, dans un communiqué, que les combattants palestiniens avaient « ouvert un feu nourri pendant 10 minutes » en direction de M. Dichter et de la délégation qu’il accompagnait. « Cette opération s’inscrit dans le cadre de la riposte aux crimes, et à l’holocauste commis par l’occupation israélienne dans la bande de Gaza et le blocus injuste qui y est imposé », a ajouté le Hamas.

• Une commission d’enquête palestinienne composée de députés indépendants a imputé jeudi au service de renseignement dépendant de l’Autorité palestinienne la responsabilité de la mort d’un détenu du Hamas, disant qu’il avait été torturé. La commission a appelé le président palestinien, Mahmoud Abbas, à « sanctionner » et à faire traduire en justice tout responsable ou membre de service de sécurité qui ordonne, inflige ou passe sous silence des actes de torture dont sont victimes des détenus.

KYODO (AGENCE DE PRESSE JAPONAISE)
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a rejeté une série de propositions des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies visant à inciter Téhéran à renoncer à ses activités d’enrichissement de l’uranium. « C’est un sujet non négociable. L’Iran est un pays nucléaire et n’a aucune raison d’abandonner cette technologie », a déclaré M. Ahmadinejad dans une interview. Le Washington Times rapportait récemment que les cinq du Conseil préparaient une série de mesures incitatives visant le Parlement nouvellement élu à Téhéran, parmi lesquelles des aides économiques, technologiques et sécuritaires. Mais le président iranien a indiqué que la question d’un arrêt des activités d’enrichissement appartenait désormais au passé. « Nous avons franchi cette étape », a-t-il dit, en répétant que Téhéran ne considérait que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) comme interlocutrice sur la question nucléaire.

MEHR (AGENCE DE PRESSE IRANIENNE)
L’Iran a joué un rôle dans l’arrêt des combats entre l’armée irakienne et l’Armée du Mahdi le week-end dernier, a déclaré un responsable du Conseil suprême islamique irakien (CSII), principale formation chiite du pays. Mohsen Hakim, conseiller et fils du président du CSII, Abdelaziz Hakim, explique qu’une délégation irakienne a été reçue en Iran vendredi dernier. Deux jours plus tard, l’imam Moqtada Sadr appelait l’Armée du Mahdi à cesser le combat. « Téhéran, en se servant de son influence positive sur la nation irakienne, a ouvert la voie à un retour à la paix en Irak, et la nouvelle situation est le résultat de ses efforts », a dit M. Hakim.

THE WALL STREET JOURNAL (QUOTIDIEN ECONOMIQUE ÉTATS-UNIEN)
Une nouvelle évaluation des services de renseignement US concernant la situation en Irak dépeint une situation plus positive sur le terrain que les précédents rapports. L’évaluation, qui n’a pas été rendue publique, a été remise à un nombre limité de parlementaires. Des responsables ont indiqué que ce document soutenait la stratégie des renforts initiée l’an dernier par M. Bush. Ils ont refusé de détailler les éléments du rapport, mais ont affirmé qu’il était axé sur les améliorations de la sécurité et du gouvernement irakien. Des élus démocrates ont noté que le rapport n’examinait pas la question de l’impact de changements dans la région sur le développement irakien. De précédents rapports évoquaient, notamment, les conséquences d’un retrait des GI’s.

• Le général David Petraeus, commandant des forces US en Irak, qui s’adressera mardi au Congrès, n’annoncera pas de retraits de troupes importants après juillet, jugeant prématuré de prendre des décisions pour la seconde moitié de l’année, indiquent des responsables militaires. Il fera valoir au Capitole que l’armée US doit prendre le temps d’apprécier la situation sur le terrain, dans l’ensemble de l’Irak, avant de programmer de nouvelles réductions d’effectifs d’ici à la fin de 2008. Cette période d’évaluation, désignée comme une « pause » entre les retraits, revêt une importance accrue aux yeux des chefs du Pentagone depuis les accrochages de la semaine passée entre les forces irakiennes, et les miliciens chiites à Bassora et Bagdad, ces combats ayant inspiré des doutes quant à la capacité opérationnelle des soldats irakiens formés par les États-uniens. Ce projet de pause ne manquera pas d’irriter les démocrates et d’autres adversaires de la politique irakienne de l’Administration Bush, qui ont vu dans les combats de Bassora le signe que l’envoi de renforts américains l’an dernier en Irak n’a pas permis d’y rétablir la sécurité et la stabilité. La pause risque aussi d’ajouter aux tensions qui affectent une armée américaine déjà mise à rude épreuve, problème que mentionnent souvent les chefs des différentes armes, surtout ceux de l’armée de terre. Elle peut en outre retarder la réduction de la durée des déploiements de 15 à 12 mois. Le général Petraeus, qui a retardé son arrivée à Washington en raison des combats à Bassora, a déjà transmis ses recommandations sur la prochaine phase de la guerre au président George W. Bush. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, devrait s’adresser au Congrès jeudi, après le passage de M. Petraeus.

• Un incendie s’est déclaré vendredi à bord d’un bombardier US B-1 qui venait de se poser sur la base états-unienne d’al-Udeid au Qatar. Cet incendie a été maîtrisé et l’équipage est sain et sauf, a annoncé l’US Air Force dans un communiqué. Auparavant, la chaîne de télévision qatari al-Jazeera avait affirmé qu’un bombardier B-1 s’était écrasé à l’atterrissage sur la base d’al-Udeid, située à 35 kilomètres au sud de la capitale Doha. Une enquête a été ouverte pour déterminer la cause de l’incident, ajoute le communiqué. Un responsable états-unien de la Défense, parlant sous le couvert de l’anonymat, a déclaré que le bombardier avait heurté quelque chose alors qu’il roulait et que ce choc avait provoqué une explosion. Il a précisé que l’équipage comprenait quatre personnes.

• Vladimir Poutine a fermement dénoncé la volonté des dirigeants de l’OTAN d’étendre à terme leur alliance à l’Ukraine et la Géorgie. Mais le président russe s’est félicité du dialogue ouvert avec les dirigeants des 26 pays de l’OTAN, réunis en sommet dans la capitale roumaine. L’alliance a décidé d’appuyer l’implantation en Europe centrale d’éléments du bouclier antimissile américain, fortement combattu par la Russie qui y voit une menace. Et si l’OTAN n’a pas accordé de statut officiel de candidat à l’Ukraine et à la Géorgie, elle a promis à ces deux pays limitrophes de la Russie qu’ils la rejoindraient un jour. « L’apparition d’un bloc puissant à nos frontières sera considérée en Russie comme une menace directe contre notre sécurité », a averti Poutine.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.