Tendances et événements au Proche-Orient

Complicité arabe dans le drame de Gaza

Le blocus inhumain imposé par Israël à la Bande de Gaza revient au cœur de l’actualité et plusieurs indices ont été enregistrés dans le cadre de cette affaire :
- 1. Le Hamas et les autres mouvements de la Résistance palestinienne ont clairement annoncé leur intention de briser le blocus hermétique imposé aux 1,5 millions de personnes vivant dans ce territoire, qui a la densité la plus élevée du monde. La Résistance a sommé tous les pays concernés à assumer leurs responsabilités.
- 2. Mahmoud Abbas a laissé éclater sa colère contre les mouvements de résistance, ignorant que l’agresseur c’est Israël et non pas les combattants qui résistent à son armée. Le président de l’Autorité palestinienne a justifié les mesures draconiennes prises par l’Égypte à sa frontière avec Gaza. M. Abbas a par ailleurs révélé que les démarches se poursuivent pour conclure une trêve entre Gaza et Israël. Les observateurs expliquent ces propos par le souci de Mahmoud Abbas de calmer la situation sur le terrain en prévision de la signature d’une déclaration de principe avec Ehud Olmert à l’occasion du 60ème anniversaire de la création de l’État d’Israël. Il est évident que la signature d’un tel document ne peut pas avoir lieu alors qu’au même moment Gaza est à feu et à sang.
- 3. Le Caire refuse toujours d’alléger le blocus imposé à Gaza. Les responsables égyptiens ont renouvelé leurs menaces contre les Palestiniens s’ils décident de forcer la frontière comme ils l’ont déjà fait début février. Selon certaines informations, la campagne politique et médiatique menée par le Hamas contre le blocus commence à avoir un impact auprès de la population égyptienne qui voit d’un très mauvais œil la participation de son gouvernement au blocus.
- 4. La Syrie, de son côté, a appelé les Arabes à conjuguer leurs efforts dans le but de lever le blocus injuste imposé à Gaza et de soutenir les Palestiniens. Selon des informations sûres, la direction syrienne va prochainement proposer des mesures concrètes allant dans ce sens.

Presse et agences internationales

AL-ANBA (QUOTIDIEN KOWEITIEN)
- Entretien avec le général Achraf Rifi, chef des Forces de sécurité intérieur au Liban
« Le mouvement Al-Qaida n’existe pas au Liban. Il y a seulement des individus affiliés à des courants extrémistes et ils sont poursuivis individuellement. C’est dans ce cadre que je place les combattants de Fateh el-Islam qui ont provoqué la guerre de Nahr el-Bared et ceux de Esbat el-Ansar à Aïn el-Héloué. Al-Qaida qui existe au Liban est clonée et falsifiée. Les habitants du camp de Nahr el-Bared sont revenus chez eux dans le nouveau camp, mais le vieux camp, où les combattants de Fateh el-Islam s’étaient retranchés, doit être entièrement rasé avant d’être reconstruit (…) La situation sécuritaire me paraît satisfaisante, contrairement à la situation politique. Mais le risque d’attentat est toujours présent. Les FSI regroupent désormais 24 000 hommes ayant subi des entraînements spéciaux. Les FSI comptent lancer 300 voitures de patrouille sur le terrain. Quinze d’entre elles sont déjà arrivées et le reste devrait suivre au cours des deux prochains mois grâce à un don états-unien. »

DAWN (QUOTIDIEN PAKISTANAIS)
L’Assemblée nationale pakistanaise a demandé au gouvernement d’enter en contact avec les Nations unies pour que soit créé une Commission internationale d’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, sur le modèle de celle existant à propos de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Selon ses proches, Mme Bhutto a été tué d’une balle dans la tête, tandis que selon Scotland Yard et l’ancien gouvernement Musharraf, elle serait morte des conséquences d’une explosion déclenchée par un kamikaze.

HURRIYET (QUOTIDIEN POPULAIRE TURC)
Le gouvernement turc fait marche arrière. Il envisageait de satisfaire l’Union européenne en rendant l’article 301 du Code pénal inapplicable. Les poursuites pour « dénigrement de l’identité turque » n’auraient pu être ouvertes qu’après avis favorable du président de la République. Devant le tollé provoqué par l’annonce de cet amendement, le ministre de la Justice, Mehmet Ali Sahi, y aurait renoncé.

ITAR-TASS (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
La Géorgie a décidé de retirer son contingent de maintien de la paix au Kosovo au cours du mois. Après une courte permission auprès de leurs familles, les 150 hommes de cette unité seront envoyés en Afghanistan pour servir aux côtés des Français et des Néerlandais. Par ce geste de bonne volonté, la Géorgie espère préparer son entrée dans l’Otan.

RIA-NOVOSTI (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
Le président Vladimir Poutine sera en visite officielle en Libye les 16 et 17 avril. Il sera accompagné de son ministre des Finances, Alexei Kourdine, et du directeur de l’agence d’exportation d’armement Rosobonorexport, Annatoli Issaikine. La Libye doit en effet négocier le solde de sa dette à l’ex-URSS, estimée à 3,5 milliards de dollars, avant de conclure de nouveaux contrats d’armement. Elle souhaite acquérir des chasseurs Sukhoi-35 et des missiles sol-air à courte portée Tor M2E. On sait que la France espère emporter ce marché avec ses propres chasseurs Rafales.

LA CROIX (QUOTIDIEN CATHOLIQUE FRANÇAIS)
Le ministre allemand de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, a indiqué au Bild am Sonntag que l’Allemagne accueillerait des réfugiés irakiens. On parle de 30 000, principalement des chrétiens. Le 19 mars, Bernard Kouchner avait indiqué que la France, quant à elle, allait recevoir environ 500 Chaldéens. La Suède a déjà accordé le séjour à 14 000 Irakiens, là aussi principalement des chrétiens.

LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, GROUPE DASSAULT)
Le 3 mars dernier, trois anciens diplomates états-uniens (Thomas Pickering, William Luers, James Walsh) publiaient une tribune libre dans l’International Herald Tribune. Ils y proposaient de résoudre la crise iranienne en créant un consortium international pour gérer l’enrichissement de l’uranium iranien sur le sol iranien. On apprend aujourd’hui, via The Independent, que ces trois hommes font partie d’un groupe d’une douzaine d’experts qui, sous couvert de l’UN Association of the USA, poursuivent depuis quatre ans des contacts « informels » avec leurs homologues iraniens, en territoire neutre.

THE TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
Les soldats afghans ont reçu des M-16 états-uniens pour remplacer leurs AK-47. La prise de contact avec leurs nouvelles armes a été difficile. Les M-16 leur paraissent trop légers et fragiles. En outre, ils doivent modifier leurs habitudes de tir. Ils ne peuvent les utiliser en mode automatique en permanence au vu de leur cadence de tir. Il leur faudra du temps pour en apprécier la précision et pour en maîtriser l’entretien.

THE AUSTRALIAN (QUOTIDIEN AUSTRALIEN, GROUPE MURDOCH)
Le procès d’une cellule terroriste islamiste est ouvert devant la Cour suprême de Victoria. Les audiences ont déjà permis d’établir que les terroristes, tous des musulmans australiens, avaient initialement projeté d’attaquer la finale 2005 de la coupe de football d’Australie, mais en avaient été empêchés par des raids de police. Ils avaient alors planifié un attentat lors de la coupe NAB de 2006. Les débats se poursuivent, les 12 accusés plaident coupables.

THE GLOBE AND MAIL (QUOTIDIEN CANADIEN)
A l’issue de sa visite de trois jours en Afghanistan, le ministre canadien des Affaires étrangères, Maxime Bernier, s’est entretenu à bâtons rompus avec les journalistes. Mal lui en a pris : parlant un peu vite, il a fait état de ses démarches auprès du président Karzaï pour qu’il remplace le gouverneur de Kandahar, Asadullah Khalid, dont le Globe and Mail a révélé l’implication personnelle dans des tortures. Ce faisant, Bernier est apparu comme exerçant une pression sur le gouvernement de Kaboul et a miné les patients efforts des diplomates canadiens en poste. En effet, il est désormais peu probable que le président Karzaï, stigmatisé comme une marionnette des Occidentaux, puisse donner suite à cette demande sans s’affaiblir.

JEWISH TELEGRAPHIC AGENCY (AGENCE DE PRESSE JUIVE)
Le passage de la flamme olympique à San Francisco a été l’occasion pour les associations juives d’injecter une seconde revendication dans les manifestations. Jusqu’ici, on ne parlait que du Tibet, désormais il faudra aussi compter avec le Darfour.

THE ASSOCIATED PRESS (AGENCE DE PRESSE AMERICAINE)
Le cabinet israélien a annoncé dimanche la dissolution du ministère des Affaires stratégiques —chargé de la surveillance du nucléaire iranien—, créé sur mesure en décembre pour Avigdor Lieberman. Les services de ministère seront répartis entre ceux existants. Il s’agit évidemment d’une reconnaissance implicite d’un changement de priorité.

THE CHRISTIAN SCIENCE MONITOR (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
- Nicholas Blanford
Le Hezbollah poursuit son réarmement au Sud du Liban. Mais il ne s’agit pas uniquement de reconstituer un arsenal et de construire des lignes de fortification. Le Hezbollah suscite la création de nombreux groupes armés au-delà de la communauté chiite de sorte qu’en cas de nouvelle action israélienne la résistance soit beaucoup plus vaste, embrassant toutes les communautés.

THE LOS ANGELES TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Il est de plus en plus évident que les Etats-Unis mènent une guerre contre l’Iran par proxies interposés. Des guérilleros kurdes du PEJAK passent la frontière, et en réponse l’artillerie iranienne bombarde des positions kurdes en Irak. Beaucoup attribuent l’explosion dans une mosquée de Shiraz, dimanche, à des terroristes de type Al-Qaeda. Aucun de ces groupes ne menace réellement l’Iran, mais Washington dispose quand même ainsi d’un moyen de pression. C’est peut-être un mauvais calcul, observe un analyste, car ce climat renforce ceux qui, en Iran, sont favorables à un soutien appuyé aux insurgés irakiens, lesquels deviendraient leur proxies contre les Etats-Unis.

THE WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Des juifs états-uniens libéraux ont décidé de créer un nouveau lobby pour contrer l’influence de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) aux mains des néoconservateurs et des évangéliques. Le nouveau groupe, dénommé « J Street », est dirigé par Jeremy Ben-Ami, un ancien conseiller en politique intérieure de Bill Clinton. Le défi sera dur à tenir : l’AIPAC est forte de 100 000 membres et dispose d’un budget annuel supérieur à 100 millions de dollars. Beaucoup doutent de la viabilité d’une entreprise concurrente.

• L’ancien président états-unien Jimmy Carter a prôné, hier en Israël, le dialogue avec la Syrie et le Hamas, malgré de virulentes critiques de l’État hébreu et de Washington. « Je pense qu’il est absolument crucial que le Hamas et la Syrie soient impliqués dans un accord de paix final, rêvé et souhaité pour la région », a défendu M. Carter lors d’une rencontre avec des acteurs économiques israéliens à Lod. « Même si je ne suis pas dans un rôle de négociateur ou de médiateur, j’espère que nous pourrons amener les Palestiniens dans leur ensemble à signer un cessez-le-feu et avancer vers la paix et la justice », a ajouté l’ancien président, qui doit rencontrer dans quelques jours le chef du Hamas, Khaled Mechaal, à Damas. M. Carter, qui avait permis la signature d’un accord de paix entre l’Égypte et Israël en 1979, s’est attiré de nombreuses critiques en Israël et aux États-Unis. « J’ai du mal à comprendre ce qu’il y a à gagner à discuter de la paix avec le Hamas, alors que le Hamas est en fait le principal obstacle à la paix », a critiqué, vendredi, la chef de la diplomatie américaine, Condoleezza Rice. Hier, ce sont les deux candidats démocrates à la Maison-Blanche, Barack Obama et Hillary Clinton, qui ont condamné cette future rencontre, qualifiant le Hamas d’« organisation terroriste ».

• Des représentants des six pays voisins de l’Irak, réunis hier à Damas en présence de délégués des États-Unis, de la Russie, de l’Union européenne, de Chine, d’Égypte, de l’ONU et de la Ligue arabe, sont convenus de renforcer leur coopération pour prévenir les menaces extérieures contre la stabilité du gouvernement de Bagdad. Mais cette concertation, devenue régulière depuis l’an dernier, a peu de chances de tarir l’infiltration en Irak de combattants islamistes étrangers. Les participants à la conférence ont recommandé l’adoption de critères internationaux pour combattre le terrorisme et l’échange d’informations sur les groupes qui combattent le gouvernement irakien. « Mettre en place des canaux d’information sur les questions de sécurité est une obligation », déclare le document adopté à Damas à la fin des travaux. L’ambassade des États-Unis à Damas a exprimé l’espoir que cette réunion, la seconde en six mois, déboucherait sur un « engagement sérieux » à lutter contre les infiltrations de terroristes et d’armes en Irak. Les réseaux régionaux de soutien au terrorisme « continuent de constituer une menace sérieuse pour la stabilité en Irak », indique le communiqué de l’ambassade.

• Les États-Unis ont accepté qu’Israël se connecte à leur système de détection de missiles balistiques pour se prémunir contre une éventuelle attaque – en particulier de l’Iran –, a annoncé un haut responsable du ministère israélien de la Défense, sous le couvert de l’anonymat. L’ambassade US en Israël n’a pas commenté cette information. Israël, seule puissance nucléaire du Proche-Orient, considère la République islamique comme une menace pour son existence.

• Le parti au pouvoir, Russie unie, a convoqué hier son grand congrès annuel, avec comme enjeu la nomination de Vladimir Poutine à la tête de cette formation majoritaire au Parlement et son maintien comme « numéro un » du pays après son départ du Kremlin dans trois semaines. « Aujourd’hui, nous parlons des fonctions concrètes que nous sommes prêts à proposer à Vladimir Poutine. Il s’agit de celles de président du parti », a déclaré Boris Gryzlov, qui céderait ainsi son poste à M. Poutine. Réunissant des centaines de délégués, le IXe congrès annuel de ce parti a débuté à deux pas du Kremlin, avec en fond de scène le slogan « Ensemble, nous gagnerons »

Tendances et événements au Liban

La décision des États-Unis : prolonger la crise libanaise

La crise libanaise a enregistré ces dernières 24 heures les développements suivants :
- 1. Le président du Parlement, Nabih Berry, a poursuivi sa tournée arabe. Il était, hier, à Doha, où il a rencontré les principaux responsables qataris. Cette tournée s’accompagnent d’informations en provenance du Caire selon lesquelles M. Berry aurait proposé à Hosni Moubarak, en coordination avec les dirigeants syriens, des idées concrètes pour assurer au Liban une sortie de crise. Mais les milieux loyalistes ont rapidement refermé cette fenêtre d’espoir, en rejetant les appels au dialogue lancés par M. Berry et en refusant qu’une date soit fixée pour la reprise des discussions interlibanaises.
- 2. L’Arabie saoudite et l’Égypte continuent d’adopter une position ferme sur le dossier des relations interarabes et de la crise libanaise. Les analystes observent de près l’attitude de ces deux pays dont la marge de manœuvre régionale, très limitée, reste tributaire des priorités américaines. Or les États-Unis sont déterminés à empêcher tout assainissement des relations entre Damas d’un côté, Riyad et Le Caire de l’autre, jusqu’à la fin du mandat de Bush.
- 3. Les propos attribués à la secrétaire d’État Condoleezza Rice, qui avait minimisé, devant des membres du Conseil de sécurité, la gravité du vide institutionnel au Liban et n’avait pas exclu la prorogation du mandat du Parlement actuel, prouvent que Washington n’est pas du tout pressé de trouver une issue à la crise libanaise.
- 4. Les déclarations de Mme Rice et les démarches du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, pour organiser une rencontre internationale de soutien au gouvernement de facto de Fouad Siniora, sont une preuve supplémentaire du refus de Paris et de Washington de toute entente interlibanaise. La France a visiblement été chargée par les États-Unis de trouver une couverture arabe et internationale au refus de tout compromis, sous la forme d’une conférence internationale sur laquelle travaille depuis plusieurs semaines le diplomate onusien Terje Roed-Larsen. Des sources dirigeantes de l’opposition libanaises affirment que les États-Unis ont pris la décision d’empêcher toute solution à la crise libanaise et ont chargé la France et certains pays arabes de mettre à exécution cette décision.
- 5. Le chef chrétien de l’opposition, le général Michel Aoun, a révélé lundi que quatre députés du 14-mars pro-US vont prochainement rejoindre son bloc parlementaire (21 députés). Cette information a semé le trouble dans les rangs loyalistes qui s’interrogent sur l’identité de ces transfuges. Cette annonce constitue, selon les observateurs, une riposte réussie à la campagne médiatique orchestrée par le 14-mars sur le prochain départ de plusieurs députés du bloc Aoun, après le retrait de Michel Murr.
- 6. Des fantassins israéliens ont violé hier l’intégrité territoriale du Liban en pénétrant dans un village Libanais au sud-est du pays (Voir ci-dessous). Cette violation s’accompagne d’une forte tension au Liban-Sud, où la Finul a pris de nouvelles mesures qui laissent présager de développements dramatiques dans cette région. Cela n’a pas empêché les habitants du Liban-Sud de poursuivre leur vie normalement.

Déclarations

MICHEL AOUN, CHEF CHRETIEN DE L’OPPOSITION NATIONALE
« Nous vivons encore le climat du 13 avril [date du déclenchement de la guerre civile, en 1975. NDLR], mais sans armes. Je rappelle au Premier ministre Fouad Siniora et aux forces loyalistes que la guerre civile s’est produite sous le slogan de la participation, de la marginalisation et de la privation, et le peuple souffre des mêmes maux à l’ombre de votre gouvernement. Il n’y a plus de participation du tout, la marginalisation et la privation ont augmenté. Qu’ils se souviennent pour savoir ce qui se produit actuellement (…)
J’ai chargé les députés de Jbeil de suivre l’affaire de la récente découverte de la fosse commune à Halate [des victimes de l’extrême droite chrétienne lors de la guerre civile]. Nous avons des informations sur d’autres cas un peu partout sur l’ensemble du territoire. Il faut qu’une fois au moins l’on sache la vérité, pour toutes les fois. Qu’ils ouvrent une fosse pour qu’ils puissent voir leur image se refléter dedans. Le but de ce gouvernement est de prendre la décision de l’implantation les réfugiés palestiniens. Nous voulons savoir quelle est la position pratique du gouvernement à ce sujet. George Bush a annoncé la prochaine création d’un fonds d’indemnisation pour les Palestiniens. Cette caisse prendra la place de l’Unrwa (Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens). L’implantation se profile à l’horizon. Souvenez-vous des réunions entre Mahmoud Abbas et Yossi Beilin en 1995, puis Yasser Abed Rabbo et Yossi Beilin à la tête d’une délégation de 45 personnes, réunions qui ont débouché sur un document qui assure la réalisation du processus de l’implantation. Les États-Unis, qui encouragent Siniora à refuser tout accord interne au Liban, assument la responsabilité du vide actuel. Washington, et plus précisément Condoleezza Rice, a saboté le dialogue entre moi et Saad Hariri, l’an dernier, puis l’initiative arabe. Le gouvernement Siniora est un tueur à gages sur le plan économique. Pourquoi la question des déplacés de la guerre civile demeure irrésolue, 18 ans après la fin des combats ? Pourquoi le camp de Nahr el-Bared a-t-il été reconstruit en deux mois ? Nous ne sommes pas contre, mais pourquoi les déplacés doivent-ils, eux, subir ce sort ? Pour faire plaisir à Walid Joumblatt ? Et pourquoi donc lui faire plaisir ? Pour son passé rutilant ? (…)
C’est lorsque le député Antoine Ghanem a ouvert le dialogue avec nous qu’ils l’ont tué (le 19 septembre 2007). Je ne donnerai pas le nom de quatre députés qui projettent de nous rejoindre car ils pourraient se retrouver dans le collimateur. »

AMR MOUSSA, SECRETAIRE GENERAL DE LA LIGUE ARABE
« Pour organiser à une réunion exceptionnelle des chefs de la diplomatie arabes, il faut mener des concertations avec les différentes capitales, et notamment Djibouti qui assume la présidence tournante du comité ministériel de la Ligue. Nous devons commencer par nous entretenir avec Damas et Beyrouth. Mais le Liban n’a toujours pas déposé de demande officielle en ce sens. Nous venons d’organiser un sommet et il faut attendre les résultats des concertations en cours avant d’envisager des mesures à prendre. Une réunion ministérielle est une chose, un sommet exceptionnel en est une autre. Dans le cas d’une réunion ministérielle, la Syrie est simplement un pays membre et un des principaux acteurs au Liban. La situation actuelle au Liban ne doit plus perdurer, car un homme malade peut rester dans une situation stable pendant un moment avant de s’effondrer. Le Liban ne doit pas rester dans une situation précaire, alors que la région traverse une période dangereuse. »

AMINE GEMAYEL, ANCIEN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE (14-MARS)
« Les concertations que je mène n’excluent pas certaines propositions de l’opposition qui a limité l’accord autour de la présidentielle à l’élection d’un chef de l’État et l’adoption de la loi électorale de 1960. Il faut toutefois amender la loi de 1960 dont certaines dispositions ne sont pas en accord avec les règles édictées par Taëf qui a établi une distribution paritaire des sièges parlementaires entre musulmans et chrétiens. Il faut donc amender cette loi pour garantir la représentation juste et équitable de toutes les composantes libanaises. Les précédentes expériences de dialogue n’ont guère été encourageantes. Et les négociations en coulisses sont préférables pour concilier les points de vue, en vue d’établir un mécanisme qui permettrait de consacrer ultérieurement un éventuel accord. Je mets en garde contre l’action de certaines parties locales et étrangères qui œuvrent pour le maintien du vide au niveau de la magistrature suprême, en provoquant l’échec de toutes les initiatives locales ou internationales dont le but était de faciliter l’élection d’un chef de l’État. »

Développements libanais

• Des soldats israéliens ont fait une brève incursion dans le territoire libanais dimanche, près des fermes de Chebaa, a annoncé l’armée libanaise. « Un groupe de cinq soldats a fait 150 mètres à l’intérieur de la zone d’al-Shaal, à l’est de Kfarchouba, et est resté dans les parages pendant 10 minutes avant de quitter les lieux », selon un communiqué de l’armée. « Il s’agit d’une violation flagrante et répétée de la souveraineté libanaise », poursuit l’armée. Par ailleurs, des patrouilles israéliennes formées de Hummer blindés ont sillonné de manière intensive hier après-midi la frontière le long de la ligne Mayss el-Jabal-Marjeyoun, près des villages de Markaba, Houla, Hounin, Adaïssé et Kfarkila. Une activité anormale de véhicules militaires israéliens a été enregistrée hier au point militaire israélien de Dahr el-Assi, à l’est de Mayss el-Jabal. Selon des témoins oculaires, six soldats israéliens se sont rapprochés du point frontalier connu sous le nom de « Jidar Mayss » et ont ratissé la région. L’armée libanaise et le contingent espagnol de la Finul ont eux aussi fait circuler séparément des patrouilles à l’intérieur des villages frontaliers qui bordent les colonies israéliennes.

• Le Hezbollah a démenti, dans un communiqué, les informations publiées par le site www.syriatruth.org et reprises par l’agence iranienne Fars, selon lesquelles le parti vengera l’assassinat de son chef militaire, Imad Moghniyé par une opération menée à l’intérieur des terres de 1948. Le site indique également que « la dépouille de Imad Moghniyé a quitté le territoire syrien avant que les SR syriens ne puissent l’apercevoir, car le Hezbollah ne leur fait pas entièrement confiance ». Le communiqué du Hezbollah affirme qu’« aucun membre du Conseil de la choura n’a été interrogé par le site en question et que les informations qu’il a publiées sont dénuées de tout fondement ».

Audiovisuel libanais

FTV (CHAINE APPARTENANT A LA FAMILLE HARIRI)
- MICHEL SLEIMANE, COMMANDANT EN CHEF DE L’ARMEE LIBANAISE
(Propos rapportés par ses visiteurs)
« Je rejette catégoriquement l’idée de présider un gouvernement de transition. Cette proposition constitue une atteinte flagrante à l’accord de Taëf, qui met en évidence la nécessité de procéder à des consultations parlementaires obligatoires, et un contournement d’une solution sérieuse fondée sur l’élection présidentielle. Je m’apprête à prendre un congé hors du pays à partir du 21 août, sans pour autant renoncer aux efforts pour assurer la stabilité, et pour préserver l’institution militaire et la dignité de ses officiers et de ses soldats. Tout le monde doit assumer ses responsabilités et je refuse toute prorogation de mon mandat à la tête de l’armée. Une telle proposition est peu crédible et susciterait bien des interrogations. Cette solution ne pourrait être adoptée que si la Chambre se réunissait et décidait de proroger le mandat pour une durée déterminée courte. Mais d’autres conditions sont également requises : la loi prorogeant le mandat devra spécifier quelles sont les prérogatives qu’assumera le chef de l’armée, et les parties devront s’engager à mettre en place une solution rapide pour l’élection d’un président. Je ne vois aucun inconvénient à ce que le chef d’état-major Chawki Masri [Un proche du chef druze du 14-mars, Walid Joumblatt. NDRL] soit nommé à la tête de l’institution. »

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.