Depuis 1990 la Société civile de la Province du Sud-Kivu, fer de lance des forces vives de la République démocratique du Congo, n’a cessé de faire montre à l’opinion nationale et internationale, de sa constance et de son dynamisme traditionnels dans ses prises de position pour le bien-être des populations.

En effet, cette Société civile dont la présidence avait été confiée à notre modeste personne de 1997 à 2006, s’est résolument investie dans sa mission sacrée, à savoir : préserver, promouvoir et diffuser les traditions démocratiques et rester à l’écoute permanente des populations dont elle est l’émanation. A cet effet, nous membres de cette société civile avons fait et continuons encore de tout faire, où que nous nous trouvions, pour résoudre directement et indirectement, par les voies pacifiques, tous les problèmes de conflits dans la Région du Kivu. Notre « Plan de paix » rendu public le 9 novembre 1998 dont les recommandations furent heureusement reprises tant dans l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, dans l’Accord global et inclusif et dans les Résolutions prises à Sun City lors du Dialogue inter-congolais dans les résolutions et recommandations de toutes les rencontres ultérieures tenues au pays ou à l’étranger pour la recherche de paix durable au Kivu ainsi que maintenant dans les résolutions et recommandations de la Conférence de Goma sur la paix, la sécurité et le développement dans les Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sont une preuve en plus que notre institution civile provinciale n’œuvre que pour la paix, rien que pour la paix et toujours pour la paix. Cela demeure encore et toujours valable non seulement pour les Provinces martyres du Kivu, mais également pour tout le Congo démocratique ainsi que pour toute la Région des Grands Lacs africains. En fait, ce Plan de paix élaboré par la Société civile du Sud-Kivu est destiné pour la République démocratique du Congo et l’Afrique des Grands Lacs. C’est donc un document précieux de référence.

La République démocratique du Congo et le Burundi qui ont suivi respectivement la voie d’un dialogue national inter-congolais et inter-burundais, se trouvent aujourd’hui sur les bons rails. Au Congo démocratique comme au Burundi, il y a eu les élections libres et démocratiques à l’issue desquelles ces deux pays ont chacun les institutions politiques incarnées par les véritables mandataires du peuple. La paix et sécurité se consolident lentement mais sûrement dans ces deux pays où les pratiques démocratiques sont de mise.

Mais la question de paix, de sécurité et de démocratie doit être résolue au Rwanda, car, en fait, elle constitue un danger permanent et un handicap réel pour toute la région des Grands Lacs africains d’évoluer en paix durable. Que faire ? La communauté internationale et certains gouvernements occidentaux qui continuent de cautionner le pouvoir actuel de l’homme fort de Kigali, Paul Kagamé, devraient cesser leurs besognes dont on connaît maintenant les objectifs [1]. Les représentants de la communauté internationale et des gouvernements occidentaux qui n’ont jamais voulu prendre au sérieux les réclamations et les recommandations de la Société civile de la République démocratique du Congo et de ses associations membres sur la construction de la démocratie au Rwanda, ont pu écouter directement les communications faites courageusement du haut de la tribune de la Conférence de Goma sur la paix, la sécurité et le développement dans les Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, par les communautés ethniques du Kivu, par les groupes armés négatifs étrangers et nationaux, les chefs coutumiers, les confessions religieuses, la société civile et les opérateurs économiques ; tous ont exigé le retour immédiat et sans condition dans leur pays, le Rwanda, de tous les réfugiés hutu-rwandais et leurs milices armées. En outre, tous les participants ont confié cette mission à la MONUC (Mission des Nations Unies en RDCongo) et ont recommandé à la communauté internationale d’exiger du pouvoir actuel à Kigali d’organiser le dialogue national inter-rwandais pour la démocratisation réelle du Rwanda. L’on a pu comprendre pourquoi le Rwanda n’a pas osé envoyer sa délégation aux assises de la conférence de Goma alors qu’il en avait reçu l’invitation officielle via la MONUC comme les autres pays voisins qui étaient représentés à Goma (notamment Ouganda, Burundi et Tanzanie).

La plupart des communications des communautés de base du Kivu n’ont pas hésité de pointer d’un doigt accusateur certaines grandes puissances qui importent illégalement du Rwanda et de l’Ouganda les riches ressources naturelles pillées au Kivu et en Ituri tout en sachant que ces deux pays n’en sont pas producteurs. Il va donc sans dire que se sont bien ces grandes puissances qui soutiennent, via Kigali et Kampala, la rébellion de Laurent Nkundabatware et par conséquent elles sont coresponsables de tous les crimes qui continuent d’être commis impunément dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le 23 janvier 2008, lors de la clôture de la conférence de Goma, la communauté internationale a officiellement déclaré de vouloir s’investir, en ce qui la concerne, dans l’exécution des décisions et recommandations prises par cette conférence.

De son côté, le Gouvernement de la République démocratique du Congo, aussitôt la conférence terminée, s’est engagé dans l’exécution des décisions et recommandations qui le concernent. Parmi celles-ci on peut épingler le brassage des éléments des groupes armés négatifs nationaux ; le dépôt au bureau de l’Assemblée nationale du projet de loi sur l’amnistie générale en faveur des membres des groupes armés négatifs nationaux, à l’exception des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide ; la planification du rapatriement de tous les réfugiés Hutu rwandais vivant sur le territoire congolais et ce conformément aux Accords de Nairobi conclu en novembre 2007 avec le gouvernement rwandais.

[1] En attisant des émeutes et des actes guerriers, les gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda tendent à provoquer la scission de la région de l’Est du Congo extrêmement riche en matières premières. Cela permettrait d’assurer le pillage des immenses ressources naturelles au profit des USA et de plusieurs pays d’Europe de l’Ouest. Ndlr.