Tendances et événements au Proche-Orient

Gaza au bord de l’explosion ; Israël embarrassé

Les organisations internationales et les ONG humanitaires mondiales tirent la sonnette d’alarme à propos de la situation à Gaza, meurtri par le blocus implacable imposé par Israël. Des rapports de ces organisations évoquent une prochaine explosion de la situation dans ce petit territoire surpeuplé et prévoient un vaste mouvement populaire destiné à forcer les points de passage et les barrières dans toutes les directions, surtout à la frontière avec l’Égypte.
Dans ce contexte, l’ouverture dont ont fait preuve le Hamas et les autres mouvements de la Résistance palestinienne, qui ont accepté un projet de trêve avec Israël négocié par l’Égypte, a provoqué un grand embarras chez les Israéliens. Cette confusion va clairement apparaître dans la réponse sur le projet de trêve, que doit rendre le Premier ministre Ehud Olmert au chef des services de renseignement égyptiens, Amr Sleimane, attendu la semaine prochaine en Israël.
Les divergences sur l’attitude à adopter à l’égard de la trêve ont même gagné le gouvernement israélien, notamment entre Ehud Olmert et son ministre de la Défense, Ehud Barak. Pendant ce temps, le Likoud et des cadres du Kadima, le parti d’Olmert, organisent une campagne politique appelant à l’invasion totale de Gaza et au refus de toute négociation avec le Hamas.
Sur le terrain, les tueries perpétrées par l’armée israélienne contre les civils palestiniens se poursuivent. Le Hamas, lui, a annoncé qu’il était disposé à utiliser tous ses moyens pour infliger une défaite à l’armée israélienne qui a renforcé ses mesures de sécurité dans les territoires de 1948 de peur d’une grande opération lancée par la Résistance à l’occasion des cérémonies marquant le 60ème anniversaire de la création d’Israël.
Sur le plan politique, la diplomatie états-unienne prépare la prochaine visite de la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, au Proche-Orient, qui vient elle-même préparer la tournée de George Bush, prévue entre le 13 et le 18 mai.

Presse et agences internationales

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Ezzeddine Darwiche
Aujourd’hui, demain et dans cent ans, les analystes, les chercheurs et les historiens écriront, et les habitants de la région raconteront, comment l’administration Bush était celle qui avait la position la plus hostile à l’égard des Arabes. Ils lui feront assumer la responsabilité des pires malheurs qui les ont frappés pendant toute leur histoire.

ANADOLU AJANSI (AGENCE DE PRESSE TURQUE)
L’AKP a déposé son mémoire en défense dans le procès qui lui intenté par le procureur général pour atteinte à la laïcité de l’État. L’AKP, parti au pouvoir en Turquie, est le successeur du parti islamiste Refah, dissout pour le même motif, Le document de 80 pages insiste sur la primauté de la démocratie, argument déjà présenté par les envoyés de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe : les juges ne pourraient interdire un parti auquel le vote populaire a donné une légitimité. La presse nationaliste a relevé cinq approximations dans le mémoire. Elle s’étonne de voir M. Erdogan se présenter désormais comme le co-président de l’Alliance des civilisations (l’organisme mis en place par l’Espagnol José-Luis Zapatero), alors qu’il s’affirmait il y a peu encore comme le principal partenaire de George W. Bush au sein du Middle East Partnership Initiative, le projet opposé de remodelage du Grand Moyen-Orient.

ITAR-TASS (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
Un sondage de Bashkirova & Partners, réalisé en Russie du 10 au 14 avril 2008, évalue à 84,7% le taux de crédibilité du président Vladimir Poutine à l’issue de son second mandat. Son successeur, Dmitry Medvedev, est crédité quant à lui de 71% de taux de crédibilité, avant même d’avoir pu faire ses preuves, car il bénéficie de son statut de dauphin de M. Poutine.

RIA-NOVOSTI (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a reçu à Téhéran le secrétaire par intérim du Conseil russe de sécurité, Valentin Sobolev. Ce dernier était porteur d’un message du président Poutine soulignant que les bonnes relations entre les deux pays continueraient au-delà des changements de dirigeants. Le délégué russe a confirmé que son pays ne croit pas à l’existence d’un programme militaire nucléaire iranien et qu’il respectera ses engagements de lancement physique de la centrale nucléaire de Bouchehr dont la construction s’achève dans le sud de l’Iran sous contrôle d’AtomStroïExport.

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
Pascal Couchepin, président du Conseil fédéral suisse, a rencontré le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, à Berne. Les deux hommes se sont efforcés de tourner la page de l’affaire des fonds de déshérence et d’ignorer la récente polémique sur le voyage de la cheffe des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey pour parler de « réconciliation définitive ».
M. Lauder, héritier des cosmétiques Estée Lauder et ancien ambassadeur des États-Unis à Vienne, a tenu à se démarquer de son prédécesseur, Israël Singer. Ce dernier, contraint à la démission pour détournements de fonds, avait mis la neutralité suisse durant la IIe Guerre mondiale sur le même plan que la « complicité » de l’Autriche ou que la « collaboration » en France.
En 1998, UBS et Credit Suisse, accusés de ne pas avoir rendu l’argent des personnes ayant ouvert des comptes sur la période 1933-45, avaient débloqué 1,25 milliard de dollars en vertu d’un accord global avec les organisations juives. Toutefois, les banquiers suisses ont toujours clamé leur innocence et cet accord concédé sous la pression a donné lieu à de nombreuses interprétations.

THE INDEPENDENT (QUOTIDIEN BRITANNIQUE)
Le centre Simon Wiesenthal lance l’Opération de la dernière chance. Il s’agit de capturer 10 criminels nazis qui seraient toujours en vie. Premier de ce macabre hit-parade, Aribert Heim, un médecin qui pratiqua des expériences sur les détenus de Mathausen. Son héritage n’ayant toujours pas été réclamé par ses ayants-droits, il est présumé vivant et serait âgé de 93 ans. Une prime de 485000 dollars est offerte pour sa capture.

THE GLOBE AND MAIL (QUOTIDIEN CANADIEN)
Un ancien membre du commando des services secrets canadien « Joint Task Force 2 », Denis Morisset, a été arrêté pour avoir sollicité sexuellement des mineures via Internet. Simultanément, son éditeur, JCL, a reçu une lettre du département de la Défense l’informant que la publication demain du livre-témoignage de M. Morisset était de nature à mettre en danger la sécurité nationale. L’ouvrage, intitulé Nous étions invincibles, relate huit années au sein de cette unité secrète : des interventions au Rwanda, en Bosnie et Afghanistan, mais aussi -et c’est une découverte- au Pérou et en Colombie. Parmi les révélations du livre, l’affirmation que le Canada est intervenu pour préparer l’attaque de l’Afghanistan avant que ne surviennent les attentats du 11 septembre 2001.
[Ce matin, l’annonce de l’ouvrage a été retirée du site internet de l’éditeur. Ndlr.]

PRESSE TRUST OF INDIA (AGENCE DE PRESSE INDIENNE)
Tirant les conséquences du rapprochement indo-iranien, une source du Conseil national de sécurité à Washington indique que le prochain président des États-Unis devrait annuler l’accord de coopération nucléaire indo-US.

THE NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Selon le chef des services de renseignement afghan, M. Saleh, l’attentat perpétré contre le président Karzai aurait été commandité par Jalaluddin Haqqani, un chef de guerre basé dans la zone tribale du Pakistan et entretenant des relations avec al-Qaeda.

THE WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
• Le chef d’état major interarmes, Michael Mullen, a mis en garde face à la vulnérabilité des États-Unis pendant la période de transition présidentielle. D’autant que le Pentagone conduit deux guerres à la fois, en Irak et en Afghanistan, avec chaque fois des interférences iraniennes. De son côté, le département d’État, dans son rapport annuel sur le terrorisme, affirme que les Gardiens de la Révolution iranienne ont fourni des grenades, des mortiers et des roquettes, voir des missiles sol-air, aux Talibans afghans et à des insurgés chiites irakiens.
• Dans un discours à l’université du Kansa, Michael Hayden, directeur de la CIA, a pointé les trois menaces majeures du futur et en premier lieu la croissance démographique mondiale, source de déstabilisation régionale. La question terroriste ne vient qu’en seconde position avec le « fossé transatlatique » qui sépare la vision US (la « guerre au terrorisme ») de celle de ses alliés européens (un problème de police). Enfin, troisièmement, le développement de la Chine qui, sans constituer une menace directe, perturbe les règles du jeu.

« Il y a eu à Sadr City 925 martyrs et 2605 blessés. Les autorités leur ont fourni tous les soins nécessaires », a déclaré le porte-parole civil du plan de sécurité de Bagdad, Tahsin Cheikhly, sans préciser la proportion -dans ce bilan- de victimes civiles et de combattants.
Les affrontements à Sadr City dans Bagdad, les plus meurtriers depuis 2004, opposent des troupes régulières irakiennes et des unités américaines à des combattants chiites, dans le fief de Moqtada Sadr, où vivent plus de deux millions d’habitants.
Cette hausse de la violence en avril intervient alors que les responsables américains assurent que leurs renforts, déployés en Irak en 2007, ont permis d’améliorer la sécurité dans le pays.
D’autre part, trois GI’s ont été tués mercredi dans Bagdad et au nord de la capitale. Ces trois nouveaux décès portent à 47 le nombre des GI’stués en Irak au mois d’avril, qui devient ainsi le mois le plus meurtrier depuis septembre 2007, au cours duquel 65 soldats des États-Unis avaient perdu la vie. Environ la moitié des pertes US en avril ont été enregistrées à Bagdad. Le bilan des pertes états-uniennes en avril est toutefois très inférieur à celui enregistré il y a un an, où 104 GI’s avaient été tués. Le bilan des GI’s tués en Irak depuis le début des opérations en mars 2003 s’établit à 4059.

L’Iran reste le principal État qui soutienne des mouvements terroristes, précise un document US publié mercredi, qui mentionne notamment le soutien iranien au Hezbollah et à certains groupes armés chiites irakiens. « Les dirigeants iraniens sont persuadés que cela les aide à assurer la sécurité du régime en dissuadant les États-Unis ou Israël de lancer des attaques (...) que cela affaiblit les États-Unis, que l’intimidation renforce l’influence de l’Iran dans la région et que cela aide à chasser les États-Unis du Proche-Orient », explique le rapport.
Le rapport dénonce également la Syrie pour son soutien au Hezbollah et aux mouvements palestiniens qui poursuivent la résistance armée. « Le gouvernement syrien n’a pas été impliqué directement dans un acte terroriste depuis 1986 mais une enquête de l’ONU est en cours pour examiner l’implication de la Syrie dans l’assassinat en février 2005 de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri », précise le rapport.
Cuba reste également sur cette liste noire en raison de son refus d’extrader des auteurs d’actes terroristes datant des années 70. En ce qui concerne le Soudan, le rapport souligne les efforts du gouvernement de Khartoum pour coopérer dans la lutte contre le terrorisme sans toutefois l’ôter de la liste noire. La Corée du Nord reste elle aussi sur cette liste mais le document note que le pays n’a commandité aucun acte terroriste depuis 1987 et que Washington s’est engagé à retirer le pays de la liste noire si le régime de Pyongyang remplit ses promesses de dénucléarisation.
Le nombre d’actes terroristes recensés par le Centre national états-unien du contre-terrorisme (NCTC) s’est stabilisé à 14499 en 2007 contre 14570 l’année précédente. Une hausse sensible au Pakistan et en Afghanistan a été compensée par une baisse du nombre des attentats en Irak, explique le rapport. Il précise que le nombre d’attaques « terroristes » en Afghanistan a atteint 1127 en 2007 contre 969 l’année précédente, tandis que celles en Irak diminuaient, à 6212 en 2007, contre 6628 en 2006.

Une liste de diplomates états-uniens déclarés persona non grata et qui doivent quitter le territoire du Belarus dans les 72 heures a été remise à Jonathan Moore, le chargé d’affaires des États-Unis à Minsk, convoqué mercredi au ministère bélarusse des Affaires étrangères. Cette décision a été prise « en raison du refus de la partie américaine de suivre les recommandations du ministère des Affaires étrangères sur la réduction du nombre des employés de l’ambassade des États-Unis à Minsk », selon un communiqué du ministère. Après leur départ, il ne resterait que cinq diplomates US à Minsk.
Le Belarus et les États-Unis s’affrontent depuis mars dans une guerre diplomatique à coups de réduction de personnel déclenchée par Minsk. Dans le cadre de ce différend, l’ambassadeur des États-Unis, Karen Stewart, a déjà quitté Minsk le 12 mars pour des « consultations » à Washington.

Déclaration

VALENTIN SLOBODEV, SECRETAIRE INTERIMAIRE DU CONSEIL RUSSE DE SECURITE
« La position de la Russie se résume à ceci :
1-L’Iran a le droit de posséder le cycle de combustible nucléaire, sous toute forme. Sauf une chose : l’Iran doit respecter le Traité de non-prolifération de l’arme nucléaire, autrement dit ne pas en profiter pour créer l’arme nucléaire.
2-Nous estimons que l’Iran ne mène actuellement aucune étude militaire nucléaire mais nous sommes sûrs que ce point de vue doit être partagé non seulement par la Russie mais aussi par tous les pays qui prennent part au règlement de cette question ».

Audiovisuel international

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
• Les forces d’occupation états-uniennes ont transformé Sadr city en immense cimetière.
• Le Département d’État distribue des certificats de bonne conduite, tandis que son terrorisme s’amplifie en Somalie.

TELEVISION D’ETAT IRANIENNE
- L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien
« Le peuple iranien, grâce à Dieu, résistera face aux sanctions économiques et fera en sorte de multiplier encore ses progrès. Les ennemis ont imposé des sanctions contre l’Iran depuis trente ans, avec l’avènement de la révolution islamique de 1979, sans rien obtenir. En revanche, nous avons transformé ces menaces et sanctions en opportunités et, de l’avis même des ennemis, nous sommes devenus la première puissance de la région. Les ennemis tentent de faire croire que le pays est en crise économique, mais ils sont eux-mêmes en crise. Pour déjouer la propagande occidentale, il faut faire preuve de discipline financière et économiser les ressources du pays. Il faut s’éloigner de la culture de la consommation, qui est une maladie terrible pour toute nation quand elle est excessive. »

Tendances et événements au Liban

Moussa à Beyrouth pour tenter de relancer le dialogue

La visite à Beyrouth du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, et les rencontres qu’il y a tenu, notamment avec le président de la Chambre, Nabih Berry, étaient au centre de l’actualité politique. Les développements des dernières 48 heures permettent de noter les observations suivantes :
- 1. Amr Moussa a annoncé qu’il sondait avec ses interlocuteurs plusieurs idées susceptibles de provoquer une percée dans la crise. Il a établi un lien entre l’initiative de M. Berry visant à réactiver le dialogue national et le plan arabe de règlement au Liban. Des sources politiques libanaises n’ont pas exclu une rencontre entre M. Berry et le chef des loyalistes, Saad Hariri, sous le patronage de Moussa. Au cours de cette réunion, les deux hommes pourraient s’entendre sur la date de la reprise du dialogue élargi.
- 2. Il est clair que des ténors loyalistes, dont le chef druze Walid Joumblatt, refusent l’option de l’élection d’un président à la majorité absolue à laquelle Saad Hariri et Samir Geagea ont fait allusion. Saad Hariri aurait évoqué cette option avec le patriarche maronite Nasrallah Sfeir et le commandant en chef de l’armée, Michel Sleimane, également candidat consensuel à la présidence. Mais le prélat a refusé d’assurer une couverture à une telle mesure -anticonstitutionnelle- de peur que l’opposition ne procède, elle aussi, à l’élection d’un président en dehors du quorum règlementaire. Le général Sleimane, lui, a informé son interlocuteur qu’il n’accepterait la fonction présidentielle que s’il était élu par l’ensemble des forces politiques libanaises.
- 3. L’affaire de la disparition, à Paris, du faux témoin dans l’enquête Hariri, Mohammad Zouhair as-Siddik, continue de défrayer la chronique. La famille du disparu a annoncé son intention d’entamer de vastes contacts en direction des ambassades occidentales et du Saint-Siège à Damas pour connaître le sort de son fils. Les frères d’as-Siddik soupçonnent la France et des milieux loyalistes libanais, avec à leur tête le ministre Marwan Hamadé, d’être impliqués dans sa disparition et craignent qu’il ait été liquidé.

Déclarations

MICHEL AOUN, CHEF CHRETIEN DE L’OPPOSITION
« La visite en Syrie est importante pour nous et cette visite nous est très chère. Nous espérons que les circonstances le permettront le plus rapidement possible. Le président Nabih Berry est le mieux placé pour mener le dialogue avec le 14-mars car il s’agit d’une tâche fatigante et nous avons confiance en lui. Il n’existe aucun conflit au sein de l’opposition à ce sujet. Il existe un complot contre le Liban qui vise à démembrer le pays. C’est le pouvoir en place et ceux qui le soutiennent à l’étranger qui sont responsables du vide. Ce n’est pas Michel Aoun qui est responsable du vide. Michel Aoun limite, au contraire, les effets du vide. Ce sont les loyalistes qui ont voulu cette crise. C’est la faction au pouvoir qui gouverne le pays depuis 2006 qui nous a conduits au vide. Dans tous les pays du monde, sauf au Liban, c’est le gouvernement en place, et non l’opposition, qui est responsable des crises. Le 14-mars cherche à faire approuver une loi électorale qui lui permettrait de rester au pouvoir durant une période supplémentaire de quatre ans. Nous n’accepterons pas moins qu’une participation totale au pouvoir et nous n’accepterons pas moins qu’une loi électorale qui puisse assurer une bonne représentation des Libanais. Nous n’accepterons en aucune façon que le pouvoir actuel se perpétue, ou qu’il y ait un pouvoir qui soit une continuité du pouvoir actuel. J’ai la conscience tranquille car je n’ai pas contribué à la chute de ce qui reste du système démocratique libanais. Je ne participerai pas à des élections qui ne nous assurent pas une participation active à la prise de décision au sein du futur pouvoir ou qui ne garantiraient pas une loi électorale assurant une bonne représentation des Libanais. Notre refus de l’implantation (des réfugiés palestiniens. NDLR) n’est pas dictée par une attitude chauviniste, mais par une volonté de préserver le droit au retour des Palestiniens. »

AMR MOUSSA, SECRETAIRE GENERAL DE LA LIGUE ARABE
« Il existe une entente entre les différents dirigeants libanais de nature à faciliter l’élection d’un président. Il existe une chance de parvenir à un accord sur la composition du prochain cabinet. Pour faire bouger les choses, il faudrait commencer par élire un président. Tout appel au dialogue est positif. Et nous souhaitons un rapprochement des points de vue pour que le dialogue soit constructif. »

COMMUNIQUE DU BLOC PARLEMENTAIRE DU HEZBOLLAH
« Les forces internationales et régionales qui soutiennent l’équipe au pouvoir entravent toujours toute tentative de parvenir à un accord consensuel global qui pourrait soustraire le pays au contrôle et à la tutelle de l’administration américaine. L’équipe au pouvoir a accueilli la souplesse dont ont fait montre M. Nabih Berry et l’opposition, en jouant au plus malin et en manœuvrant, ce qui signifie implicitement qu’elle refuse un dialogue autour de tout le package (gouvernement d’union, loi électorale et présidentielle. NDLR) et qu’elle insiste pour maintenir la sélectivité et la segmentation, afin de pouvoir hypothéquer la présidence de la République, sous prétexte de l’entente au sujet de la personne du prochain chef de l’État, sans avoir à reconnaître le principe de la participation au pouvoir qui constitue l’essence du document d’entente nationale. Le nouvel appel au dialogue du président de la Chambre constitue une nouvelle opportunité de sauvetage du pays et ne doit pas, par conséquent, être noyé par les conditions de la majorité ou fragmenté pour le bloquer. Les Libanais ne pardonneront pas le crime de la marginalisation d’une communauté entière et de l’absence d’une autre, commis sans que le chef de l’équipe au pouvoir ne sourcille, à cause de lamentations sournoises sur la vacance au niveau de la présidentielle. Les déclarations et les positions de certains responsables régionaux qui font abstraction des éléments objectifs de la crise ne peuvent que favoriser un blocage des solutions possibles et entraver les efforts visant à parvenir à une entente acceptable et réaliste. »

NASRALLAH SFEIR, PATRIARCHE MARONITE (PROCHE DU 14-MARS)
« Normalement, c’est la majorité qui gouverne et la minorité qui s’oppose, et puis les rôles s’échangent, mais cela ne semble pas être respecté dans notre pays. La démocratie n’est pas toujours consensuelle, il y a une équipe qui réussit à prendre le pouvoir et une autre qui se cantonne dans l’opposition tant qu’elle se trouve éloignée du pouvoir. Il faut que les députés fassent leur examen de conscience et reviennent à leur conscience nationale. Il faut qu’ils recherchent l’intérêt national avant tout, c’est là le rôle d’un député. Le pays se dirige vers la désagrégation et la paralysie, parce que les Libanais sont habitués à élire leur président deux mois au moins avant la fin du mandat du président sortant. Le peuple est dans un état de désespoir, et plus d’un million de personnes, musulmans et chrétiens, ont quitté le pays. Concernant la loi électorale, le caza dans sa forme la plus réduite est ce que les spécialistes ont trouvé de mieux car cela rend peut-être la corruption plus difficile. »

MOUSTAPHA ALLOUCHE, DEPUTE DU 14-MARS
« L’initiative du président Berry est une perte de temps, et la preuve, c’est son refus de commencer ce dialogue par l’ouverture d’un débat avec lui. Il existe une demande insistante et répétée de la part des députés du 14-mars pour procéder à une élection à la majorité simple, après qu’il se fut avéré que les forces de l’opposition veulent un vide d’une durée indéfinie à la présidence. »

COMMUNIQUE DU GENERAL JAMIL SAYYED
(L’ancien directeur de la Sûreté générale est incarcéré depuis deux ans et demi dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri sans qu’aucun accusation ne lui soit adressée)
« Je suis surpris du fait que le parquet n’ait pas démenti les informations de presse relatives à une réhabilitation de la prison de Tripoli, afin d’y transférer les quatre généraux. Ces informations, si elles sont confirmées, reflèteraient un esprit communautaire malade et viseraient principalement à intimider les quatre généraux en les transférant vers un lieu contrôlé géographiquement par le Courant du futur (du clan Hariri) pour qu’ils cessent de réclamer leur remise en liberté. Le meilleur moyen de protéger les généraux en cas de besoin serait de les transférer à la caserne des forces spéciales, jouxtant la prison de Roumié, ou à la prison du ministère de la Défense. »

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.