Tendances et événements au Liban

Escalade politique en prélude de l’internationalisation

Une vague d’escalade politique et médiatique, initiée par le 14-mars pro-US, balaye le Liban depuis près d’une semaine. Elle pave la voie à de sombres perspectives qui pourraient se terminer par une confrontation, après le sabotage de l’appel au dialogue lancé par le président de la Chambre des députés, Nabih Berry. La scène libanaise a enregistré ces dernières heures les principaux développements suivants :
- 1. Le faucon du 14-mars, Walid Joumblatt, a intensifié sa campagne politique contre le Hezbollah, relayée par d’autres milieux loyalistes. Cette campagne pourrait franchir de nouvelles limites lors de la réunion du gouvernement de facto, ce lundi, qui va examiner, entre autres, le limogeage du chef du service de sécurité de l’aéroport international de Beyrouth, le général Wafic Choucair, et le réseau de communication sécurisé de la Résistance libanaise.
- 2. L’opposition a estimé que la campagne politique contre la Résistance répond aux instructions des États-Unis. Elle coïncide avec une nouvelle ingérence du Conseil de sécurité dans les affaires libanaises à l’occasion de l’examen du rapport de Terje Roed-Larsen sur la mise en œuvre de la résolution 1559, appelant au désarmement de la Résistance, et de menaces de transformer la séance de l’élection présidentielle du 13 mai en nouvel épisode sur la voie de l’internationalisation de la crise. C’est en tout cas ce qu’on laissé entendre le chef du 14-mars, Saad Hariri, du Koweït, et le patriarche maronite Nasrallah Sfeir, dans une déclaration avant son départ pour le Qatar.
- 3. L’opposition a averti les parties internes et externes, concernées par la crise libanaise, que tout franchissement des lignes rouges qui régissent la crise actuelle, sera considérée comme un coup d’État. De même que toute tentative visant à démanteler le réseau de communication sécurisé du Hezbollah —qui a été un des facteurs de sa victoire face aux Israéliens en 2006— provoquerait une explosion de la situation. La réaction à une telle mesure sera « inhabituelle », selon les sources de l’opposition. Toute atteinte à ce réseau sera considérée comme une atteinte aux armes de la Résistance.
- 4. Pour expliquer l’escalade actuelle, les analystes avancent plusieurs explications :
a) Le mouvement Amal et le Hezbollah ont rejeté une offre généreuse de Walid Joumblatt et de Saad Hariri pour réactiver l’alliance quadripartite de 2005 (au détriment du général Michel Aoun et des forces sunnites et druzes de l’opposition).
b) Les leaders loyalistes ont été mis dans les confidences d’opérations sécuritaires israélo-US contre le Hezbollah, qui nécessitent une préparation interne et internationale au niveau du Conseil de sécurité. Cette opérations seraient ainsi le couronnement de tout un processus couvert par les Arabes dits « modérés ».
c) Le président George Bush a besoin d’une escalade au Liban pour couvrir l’échec de sa secrétaire d’État Condoleezza Rice, qui n’a pas réussi à obtenir des Israéliens et des Palestiniens la signature d’une déclaration de principes lors de la visite du président états-unien dans la région, entre le 13 et le 18 mai. Les Arabes de Washington, c’est-à-dire la Jordanie, l’Égypte et l’Arabie saoudite, qui ont tout misé sur le « processus de paix », ont un besoin aussi urgent de détourner l’attention de leurs paris illusoires, en provoquant une grande explosion au Liban.
d) Certaines sources de l’opposition ont lié les dernières positions « positives » de Joumblatt appuyant le dialogue à des exigences financières qui n’ont pas été satisfaites. Aussi a-t-il changé son attitude comme il sait si bien le faire avec une facilité déconcertante. Ce chantage, Joumblatt avait l’habitude de le pratiquer avec l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.
e) Les loyalistes ne font que mettre en œuvre une décision saoudienne de provoquer une escalade au Liban, comme l’ont montré les dernières déclarations du ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, autour de l’internationalisation de la crise libanaise.

Presse libanaise

L’ORIENT-LE JOUR (QUOTIDIEN FRANCOPHONE LIBANAIS)
- Scarlett Haddad
La prétendue ouverture de Walid Joumblatt en direction de l’opposition et du président de la Chambre Nabih Berry en particulier, largement commentée et analysée dans les médias, a été rapidement balayée par ses deux dernières conférences de presse (...) Que s’est-il passé pour que, en quelques jours, le pays soit pratiquement au bord du gouffre ? Des sources proches de l’opposition estiment que le vent d’optimisme soulevé par la proposition du président Berry était en fait illusoire. Très vite, le refus des autorités saoudiennes de fixer un rendez-vous au président de la Chambre a montré les limites de l’action de Berry, mettant en évidence le fait que la situation régionale et internationale n’était pas encore mûre pour une solution au Liban. Les mêmes sources estiment que l’attitude de Joumblatt n’est pas une réaction à une soi-disant fin de non-recevoir que la Syrie aurait adressé à la médiation du président irakien Jalal Talabani en vue de renouer le dialogue entre Assad et le chef du PSP. Elle s’inscrirait plutôt dans un plan soigneusement établi et visant à aboutir à une internationalisation plus musclée de la crise libanaise.
Selon ces sources, Joumblatt aurait commencé par préparer le terrain en amplifiant l’incident survenu à Bir el-Abed avec l’émissaire socialiste français Karim Pakzad. Il a ensuite élaboré son scénario sur un prétendu projet d’attaque du Hezbollah contre la piste d’atterrissage numéro 17 qui accueille en général les avions privés. Le choix de l’aéroport n’est pas innocent puisqu’il permettra aux Forces du 14-mars et au gouvernement Siniora de soulever le thème de la sécurité dans cet espace stratégique lors de la réunion du Conseil de sécurité destinée à discuter le rapport élaboré par M. Terjé Roed-Larsen sur l’application de la résolution 1559. M. Larsen, qui est accusé par l’opposition d’être de parti pris, devrait profiter de cette nouvelle affaire pour réclamer une extension du rôle de la Finul au Liban de manière à y inclure l’aéroport. Cette initiative pourrait faire l’objet d’un débat au sein des membres du Conseil de sécurité, surtout après la déclaration du nouveau Premier ministre italien Silvio Berlusconi de modifier les règles d’engagement de la force onusienne au Liban.
Les sources proches de l’opposition rappellent toutefois que la zone de l’aéroport est considérée comme « la profondeur stratégique » de la banlieue sud et qu’elle revêt une grande importance pour le Hezbollah. Une force de l’ONU, déployée avec ses moyens de surveillance sophistiqués à quelques mètres à vol d’oiseau de ses propres institutions, ne serait pas vue d’un bon œil et susciterait forcément sa méfiance. Tout en estimant que certains membres du Conseil de sécurité ne devraient pas être favorables à ce projet d’étendre le rôle de la Finul, les sources de l’opposition affirment qu’il s’agit en tout cas d’une nouvelle tentative de redistribution des cartes au Liban. En avalisant les propos de Joumblatt, le gouvernement cherche aussi à exercer des pressions sur l’armée pour la pousser à remplacer le commandant du service de sécurité de l’aéroport, le général Wafic Choucair, par un officier qui serait plus acquis aux Forces du 14-mars. Ce qui pourrait aussi entraîner des frictions avec le Hezbollah qui fait régulièrement l’objet de menaces israéliennes et états-uniennes et qui par conséquent, toujours selon les mêmes sources, est contraint à rester très vigilant sur les questions qui touchent à sa sécurité.

Déclarations

WALID JOUMBLATT, CHEF DRUZE DU 14-MARS
« Grâce aux caméras de surveillance, le Hezbollah peut enlever ou assassiner la personne de son choix sur la route de l’aéroport et même sur la piste n° 17. Les zones interdites à l’État sont remplies de voitures piégées qui peuvent être envoyées n’importe où. Baabda (où a été assassiner le général François Hajj) n’est pas loin de l’une de ces zones. Le commandant des FSI, Wissam Eid, a été assassiné dans un lieu proche de cette zone. Il détenait des informations importantes sur les assassins de Rafic Hariri et peut-être d’autres personnalités. Il possédait également des informations sur le réseau de communications du Hezbollah. Ce n’est pas non plus un hasard si le sit-in de l’opposition s’est installé au centre-ville, où devrait aussi passer ce même réseau de communications. C’est le coordinateur de la sécurité du Hezbollah, Wafic Safa, qui décide si les forces de sécurité et l’armée peuvent se déplacer et installer une position dans la région de l’aéroport (...) Il n’y aura pas d’élection présidentielle le 13 mai. J’ai tenu à dires ces choses avant que l’on marche dans mon cortège funèbre ou dans celui de Saad Hariri ou d’autres encore, car, visiblement, ils préparent quelque chose. Hassan Nasrallah recherche le vide absolu. Je tiens à le prévenir, le vide se retournera contre tout le monde et il dissipera ce qu’il lui reste de crédibilité. Si c’est ce qu’il veut. Le Hezbollah est en train d’installer ses missiles partout. La route de l’aéroport est devenue dangereuse. »

COMMUNIQUE DU HEZBOLLAH
« Walid Joumblatt invente des scénarios hallucinants qui relèvent d’un film d’espionnage, pour servir ses intérêts politiques et provoquer une discorde interne. Joumblatt a bâti sa théorie sur l’existence de caméras de surveillance dans un terrain proche mais hors de l’enceinte de l’aéroport. Or, toutes les sociétés ont désormais des caméras de surveillance, mais l’imagination de M. Joumblatt a ajouté les missiles de type Sam 7 et la surveillance de personnalités. L’aéroport de Beyrouth pose depuis longtemps un problème à l’administration états-unienne, qui entraîne avec elle aujourd’hui des gens comme Joumblatt. L’aviation israélienne l’a violemment bombardé en juillet 2006 et a essayé de le placer sous contrôle sécuritaire US ou autres. Tout cela parce qu’il se trouve à proximité de la zone qui abrite la Résistance, sur laquelle Joumblatt déverse toute sa haine.
Qui a confié l’État et ses institutions à Joumblatt, au point que si un officier ou un fonctionnaire ne lui déclare pas son allégeance et ne travaille pas dans ses sociétés fictives, il devient aussitôt suspect et il est accusé de corruption alors que son remplacement est exigé ? Qui a chargé Joumblatt de la sécurité des Libanais, lui dont les hommes ne cessent d’attaquer les citoyens et la Résistance ?
Au lieu de critiquer les survols israéliens de l’espace aérien de Beyrouth, Joumblatt veut arrêter les vols des avions iraniens. Veut-il donc faire la guerre contre l’Iran pour le compte des États-Unis, après avoir récemment déclaré qu’Israël n’est pas un ennemi ? Les propos de Joumblatt sont la concrétisation de l’annonce faite par son parrain David Welch sur un « été chaud » qui attend les Libanais. Les informations publiées par les médias israéliens sur une coopération entre le Mossad et le service de sécurité de Joumblatt dans l’assassinat d’Imad Moghniyé font l’objet d’un examen très sérieux de la part du Hezbollah. Les informations fournies par Joumblatt sur le réseau de communications du Hezbollah sont un service rendu à Israël. Il cherche à entraîner l’armée et les forces de sécurité dans les conflits internes, une manœuvre risquée qui pourrait avoir des résultats désastreux pour tout le monde. Les divagations de Joumblatt et ses accusations mensongères cachent mal son dépit face à l’incapacité de l’administration états-unienne de mener à terme ses projets. La Résistance promet de poursuivre sa politique de défense du pays contre un ennemi bien défini qui le menace régulièrement à travers des manœuvres et des préparatifs permanents pour une nouvelle agression. »

SAAD HARIRI, DEPUTE DE BEYROUTH (14-MARS)
« Aujourd’hui, le Liban traverse une étape historique, une étape durant laquelle il doit élire un président de la République. Cette élection est prioritaire pour le Liban et les Libanais, le candidat consensuel est le général Michel Sleimane. Le Liban a besoin d’un président de la République. Dans tous les pays du monde, lorsqu’il y a un vide ou un déséquilibre au niveau de la présidence de la République, les responsables œuvrent immédiatement pour empêcher ce vide en organisant des élections ou en désignant un remplaçant (...) Il n’est pas normal que le Liban demeure privé de président. Nous souhaitons et nous œuvrons pour que les élections aient lieu le 13 mai, et, inchallah, c’est ce qui va se passer. Damas veut-il être le pays qui a entravé l’élection du président de la République ? J’espère que ce n’est pas la position de la Syrie, j’espère qu’elle jouera un rôle positif pour faire élire le général Michel Sleimane au lieu de jouer un rôle négatif. »

Tendances et événements au Proche-Orient

Rice échoue à sauver la tournée de Bush

La secrétaire d’État US, Condoleezza Rice, poursuit ses efforts désespérés pour tenter de sauver la prochaine tournée de Bush dans la région, que le président états-unien souhaiterait couronner par la signature d’une déclaration de principes entre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien, Ehud Olmert. Mais de nombreux obstacles se dressent devant Mme Rice :
- 1. Les grands blocs de colonies, les centaines de barrages installés par les Israéliens en Cisjordanie et les tueries perpétrées à Gaza constituent des constantes indiscutables pour l’État hébreu. L’intransigeance d’Israël rend difficile pour Abbas la signature d’un accord dans de telles conditions.
- 2. Ehud Olmert est rattrapé par les scandales et les affaires de corruption qui en font un Premier ministre très faible. Les voix appelant à sa démission se multiplient au sein de son parti Kadima et de son partenaire dans la coalition gouvernement, le Parti travailliste.
- 3. Les efforts pour la conclusion d’une trêve à Gaza entre Israël et les mouvements de la Résistance palestinienne se poursuivent par le biais d’une médiation égyptienne. Les Israéliens doivent remettre leur réponse au chef des services de renseignement égyptiens, le général Amr Sleimane, attendu dans les prochaines heures à Tel-Aviv. Israël est embarrassé et souhaite gagner du temps, pour laisser passer la visite de Bush sans encombre. Dans la seconde moitié de mai, le ministre de la Défense, Ehud Barak et l’état-major souhaitent lancer une vaste offensive contre Gaza. Mais de nombreux experts craignent un désastre pour l’armée israélienne, semblable à celui de l’été 2006 au Liban.
- 4. Les mouvements de la Résistance palestinienne ont promis de faire payer un prix très lourd à l’armée israélienne si elle tentait d’envahir Gaza. Ils refusent de faciliter les manœuvres politiques d’Israël et sont déterminés à obtenir une réponse rapide sur leurs propositions concernant la trêve.

Presse et agences internationales

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Ezzeddine Darwiche
A peine un responsable américain a-t-il quitté la région qu’un autre pointe son nez. Tous se rendent ou passent par Israël, pour lui exprimer leur soutien et leur appui dans tout ce qu’il fait subir aux Palestiniens. Chacun se vante de l’assistance financière, militaire et politique qu’il se promet de fournir à l’État hébreu. Et après cela, ils tiennent des conférences de presse pour évoquer leur apport au « processus de paix » et l’attachement d’Israël à la paix « sauf que... ». Ce « sauf que » est conditionné non seulement par la destruction du processus de paix mais aussi du peuple palestinien.

ACH SHARK AL-AWSAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
- Entretien avec la secrétaire d’État US, Condoleezza Rice
« Washington ne fera pas obstacle aux tentatives d’Israël de signer la paix avec ses voisins, y compris la Syrie. Toutefois, la Syrie n’a pas manifesté jusqu’à présent le désir de voir une paix s’instaurer au Moyen-Orient. Ce qu’il faut éviter, c’est de parler de paix avec la Syrie en oubliant le Liban. Il est indispensable que la Syrie délimite ses frontières avec le Liban et respecte la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qu’il y ait un échange d’ambassadeurs entre la Syrie et le Liban et que Damas cesse de traiter avec le Liban comme s’il était une province syrienne. »

ITAR-TASS (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
« Nos premières conditions, c’est le gel, la suspension d’enrichissement d’uranium. Et l’approche des Six consiste à faire que l’Iran suspende l’enrichissement seulement pour la période des négociations », a dit Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie russe a souligné que les ministres des Affaires étrangères des Six (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) ont décidé à Londres de présenter une nouvelle offre à l’Iran, sans parler de nouvelles sanctions. « Il n’y avait rien sur de nouvelles sanctions, bien que nos collègues américains considèrent que la pression sur l’Iran doit être maintenue », a dit M. Lavrov. « Il est nécessaire d’expliquer à l’Iran les avantages qu’il obtiendra en acceptant d’ouvrir les pourparlers, sur la base d’une seule condition, le gel de l’enrichissement d’uranium », a-t-il précisé. L’offre des Six concerne, selon M. Lavrov, l’énergie, le commerce et les investissements, ainsi que la sécurité régionale. Selon le chef de la diplomatie russe, « ce n’est pas un ultimatum, mais une offre d’essayer » de résoudre le problème. « Si cela ne va pas, l’offre sera retirée », a dit M. Lavrov. Mais « à mon avis, c’est une offre très honnête. Je compte que l’Iran en pèsera tous ses aspects », a-t-il ajouté.

• Le guide suprême de la Révolution iranien l’ayatollah Ali Khamenei a déclaré dimanche que l’Iran poursuivra son programme nucléaire malgré les menaces des grandes puissances, sans toutefois réagir directement à l’offre du groupe 5+1 pour trouver une solution à la crise. « N’avez-vous pas déjà testé le peuple iranien ? Nous continuerons avec force notre chemin et ne permettrons pas aux puissances oppressives de piétiner nos droits », a déclaré l’ayatollah Khamenei. « La menace ne fera pas reculer le peuple iranien », a-t-il poursuivi.
Samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a expliqué avoir averti précédemment son homologue britannique David Milliband que les Six ne devaient pas « franchir la ligne rouge » que représente pour l’Iran la demande de suspension de l’enrichissement d’uranium.

• La secrétaire d’État Condoleezza Rice a prolongé ses entretiens à Jérusalem, n’ayant obtenu aucun engagement d’Israël sur la levée de ses barrages militaires en Cisjordanie ou la colonisation. La chef de la diplomatie états-unienne, qui avait annoncé son intention de demander à Israël la levée d’autres barrages routiers en Cisjordanie, estimant que ceux qui l’ont été récemment n’amélioraient pas suffisamment la vie quotidienne des Palestiniens, a eu une série d’entretiens avec les dirigeants israéliens, notamment le ministre de la Défense, Ehud Barak. « L’une des choses que nous sommes en train d’examiner, c’est l’impact qualitatif et non quantitatif de certaines améliorations aux mouvements et accès », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse commune avec le président palestinien Mahmoud Abbas, qu’elle venait de rencontrer à Ramallah, en Cisjordanie. Mais lorsqu’on lui a demandé si Israël s’était engagé à lever d’autres barrages en Cisjordanie, elle s’est abstenue de parler d’accord. « C’était la première fois que je soulevais cette question. La discussion va maintenant porter sur la façon de procéder », a-t-elle simplement répondu. Selon un rapport de l’ONU, Israël a levé 44 « obstacles » en Cisjordanie sur les 61 qu’il s’était engagé à supprimer. Mais la plupart n’ont que peu ou pas d’importance.
Sur la question de la poursuite des activités de colonisation israélienne, l’un des principaux obstacles aux négociations de paix israélo-palestiniennes, Mme Rice n’a pas non plus obtenu d’engagement d’Israël. Alors que le quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) a appelé vendredi Israël à « geler toute activité (d’extension) des colonies, y compris la croissance naturelle », la chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, s’est gardée de s’engager publiquement. « Il est clair que nous devons nous occuper de la situation sur le terrain, d’un côté. De l’autre, Israël respectera ses obligations de la "feuille de route" », a-t-elle simplement déclaré, laissant entendre que l’arrêt de la colonisation dépendrait de la sécurité sur le terrain.

AGENCE CHINE NOUVELLE (AGENCE DE PRESSE CHINOISE)
Le gouvernement central chinois et les représentants privés du 14ème dalaï-lama se sont mis d’accord pour avoir de nouveaux contacts et consultations à une date appropriée. La rencontre se déroulait à huis clos à Shenzhen, dans le sud de la Chine. Les responsables chinois ont réitéré les conditions maintes fois répétées pour la réussite d’un dialogue, à savoir que le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, renonce à militer en faveur de l’indépendance et à tenter de saboter les Jeux olympiques.

Audiovisuel international

CHAINE SATELLITAIRE SYRIENNE
• L’Université d’Alep a célébré son jubilé d’or sous le patronage du président Bachar al-Assad. — • La secrétaire d’État US Condoleezza Rice est arrivée dans la région avec dans sa besace des recettes empoisonnées. Pendant ce temps, ses soldats tombent sur la terre des deux fleuves.

Tendances est un bulletin quotidien de veille politique sur le Proche-Orient, réalisé par l’agence New Orient News à Beyrouth. Retrouvez-le sur Voltairenet.org, en versions allemande, arabe, anglaise, espagnole et française. Consultez également Indicators, le bulletin quotidien de veille économique sur le Proche-Orient, disponible en versions anglaise, espagnole et arabe.