Les annonces faites par le président de la République d’envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan et de réintégrer le commandement militaire de l’OTAN sont extrêmement inquiétantes.

Le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée aujourd’hui par l’OTAN est dramatique : le pays s’enfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère. Le terrorisme s’est développé. Il manque toujours près de la moitié des aides internationales promises, soit 10 milliards de dollars, tandis que d’énormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction. L’usage de la force est un échec. Il est temps de mettre en œuvre une solution politique internationale, qui donne la priorité à l’aide d’urgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan. Un retrait rapide des troupes de l’OTAN s’impose. Au-delà des victimes dont on peut craindre qu’elles seront plus nombreuses, la décision d’envoyer des renforts est le signe d’un alignement inacceptable sur la politique des États-Unis. La volonté de réintégrer le commandement militaire de l’OTAN va dans le même sens.

La France ne doit pas endosser la vision manichéenne de « la guerre des civilisations » qui domine à l’OTAN et ainsi renoncer à faire prévaloir une politique indépendante, pour la primauté du droit international et contre la guerre. Elle risque d’entraîner toute l’Union européenne à ne devenir qu’un simple « pilier européen » de l’OTAN, source de nouvelles dépenses militaires au détriment des im­menses besoins sociaux.

Nous ne voulons pas d’une France et d’une Union européenne gendarmes du monde. Nous voulons une France et une Europe libres et indépendantes, développant avec tous les pays des coopérations en faveur de la paix, du développement durable et des droits de l’homme.

Nous exigeons que le président de la République renonce à l’envoi de renforts en Afghanistan et à la réintégration de la France dans le haut commandement militaire de l’OTAN.

Source : www.acdn.net, 1/5/08