Sur la route de Bagdad, j’ai vu de nombreux corps, la plupart dans des vêtemnts civils. Chaque fois qu’une voiture s’approchait de moi, j’imaginais qu’une arme allait être braquée sur moi. Quand l’ennemi n’est pas clair, tout le monde devient l’ennemi.
Je ne jugerai pas le Marines qui a abattu un civil irakien, je ne sais pas ce qui se passait autour de lui et je sais ce que le stress peut faire faire. Par contre, ceux qui l’ont mis dans cette situation devront répondre de leurs actes. Après avoir passé trop de temps à regardé CNN, les gens aux États-Unis ont oublié ce qu’est vraiment la guerre. Je sais, et les soldats en Irak le savent, que cette guerre n’a pas de rapport avec la défense de mon pays, les armes de destruction massive ou la démocratie, la raison d’être de cette guerre est le pétrole. Les soldats états-uniens, eux, se battent pour une seule raison : revenir en vie. Avec une telle optique en tête, il est facile de considérer l’autre comme un inférieur.
Ceux qui ont commis des actes atroces les traîneront toute leur vie. Ceux qui nous y ont envoyé, n’auront pas à traîner ça. C’est pourquoi ils doivent être jugés.

Source
The Guardian (Royaume-Uni)

« The civilians we killed », par Michael Hoffman, The Guardian, 2 décembre 2004.