Le Guardian a révélé le contenu d’une note de synthèse de l’unité des sciences du comportement des services de contre-espionnage britanniques (MI5) dressant le profil des « extrémistes islamiques » au Royaume-Uni.

Le document, daté du 12 juin 2008, conteste l’idée communément admise que les personnes soutenant activement des mouvements « terroristes » sont des fous et des méchants (« mad and bad »).

Il se fonde sur l’observation de groupes suspects et non pas sur le profilage rétrospectif de personnes décédées et accusées post-mortem d’activités « terroristes ». [1]

Il souligne que :
- immigrés ou jeunes Britanniques convertis, ils sont en situation régulière ;
- ils ne sont pas fanatiques et n’ont pas de formation religieuse particulière. Ils sont pratiquants occasionnels et n’ont rien de fanatiques ;
- ils ne sont ni déficients mentaux, ni mentalement malades ;
- ils appartiennent aux groupes ethniques les plus divers. Ce sont plutôt des hommes, mais ce peut être aussi bien des femmes ;
- ils peuvent être célibataires ou mariés, mais ne sont pas isolés au plan affectif. Ils ne sont pas victimes de frustrations sexuelles et n’espèrent pas de verges au paradis ;
- ils sont plutôt éduqués, mais ont souvent des emplois inférieurs à leur qualification.

En d’autres termes, loin de la théorie du « choc des civilisations », les personnes soutenant des groupes qualifiés par le gouvernement de « terroristes islamistes » sont des gens normaux mûs par des mobiles politiques. Bref, le MI5 découvre l’eau chaude : alors que la Couronne est impliquée dans des opérations militaires en Afghanistan et en Irak, ceux de ses sujets qui sont liés à des « mouvements terroristes » sont simplement des opposants politiques soutenant la résistance armée à l’impérialisme britannique.

[1] Nous insistons sur cet aspect méthodologique : l’étude se limite à des cas vérifiables. Elle exclut de facto les individus accusés des attentats du 7 juillet 2005 à Londres. Ce point est d’importance car nous ne considérons pas ces événements comme des attentats islamiques, mais comme une provocation de l’OTAN.