Nous vivons un moment rare d’opportunité au Proche-Orient : le dirigeant palestinien modéré Mahmoud Abbas est le favori de la prochaine élection palestinienne ; Ariel Sharon appelle les travaillistes dans son gouvernement ; les relations entre Israël et l’Égypte se réchauffent ; et l’Union européenne, les États-Unis et les pays arabes donateurs ont décidé un accroissement significatif de l’aide apportée aux Palestiniens. Ce qui est désormais nécessaire, c’est un rôle actif des États-Unis.
Les États-Unis ont toujours été indispensables pour le progrès grâce à une soutien financier aux différentes parties, mais surtout grâce à des actions politiques nettes. George W. Bush et Condoleezza Rice doivent aller plus loin que de simples discours. Seules deux approches ont des chances de fonctionner :
- Avec l’approbation du président, la nouvelle secrétaire d’État doit voyager fréquemment dans la région et rencontrer les différents partis. Le problème est qu’un tel engagement demande beaucoup d’énergie alors que d’autres dossiers brûlants l’attendent et réclament son attention. Ces efforts devront donc peut-être être payés ailleurs.
- Mieux vaut donc nommer un envoyé spécial au Proche-Orient. La proximité de Rice avec le président devrait permettre qu’une telle nomination n’affaiblisse pas son autorité. Il devra s’agir d’une personne reconnue pouvant incarner la voix du président Bush comme James Baker III ou John Danforth. Cela doit également être une personne pouvant remplir ce rôle à plein temps. Le président doit également être prêt à se rendre dans la région.

Source
International Herald Tribune (France)
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« O come, o come, United States », par Warren Christopher, International Herald Tribune, 31 décembre 2004.