Le Premier ministre Iyad Allaoui remercie dans The Times le peuple britannique pour les sacrifices qu’il a consenti en faveur de la libération de l’Irak. C’est la moindre des choses pour cet ex-agent du MI6 devenu Premier ministre par la grâce de Sa Majesté.
Plus concret, Leslie H. Gelb du Council on Foreign Relations s’inquiète d’une constitution qui serait écrite par une assemblée dominée par les chiites, donc portée à l’intolérance. Il serait sage de transférer le pouvoir constituant à une commission d’experts et de n’octroyer à l’assemblée qu’un pouvoir de ratification.

De son côté, Edward Kennedy a co-signé une tribune dans le Boston Globe avec les parents d’un GI mort en Irak. C’est l’occasion pour lui de dénoncer l’impréparation de l’occupation par Donald Rumsfeld et de relayer les demandes des soldats, notamment en ce qui concerne le manque de véhicules blindés.
Sur le fond, le sénateur Kennedy a présenté un plan de retrait des troupes US lors d’une conférence à l’université John Hopkins dont The Independent publie des extraits.
James Steinberg et Michael O’Hanlon de la Brookings Institution réfutent dans le Washington Post les arguments de MM Kissinger & Shultz. Contrairement à ce qu’affirment ces sommités, on ne peut comparer la reconstruction hier de l’Allemagne et du Japon à celle de l’Irak aujourd’hui. En effet, dans les premiers cas, l’Army occupait des pays vaincus et pacifiés. Aujourd’hui, elle doit faire face à une insurrection. Cette distinction faite, nos deux auteurs réitèrent leur demande, déjà ancienne, de fixer un calendrier de retrait, tant il est vrai que celui-ci priverait la Résistance de son objet.

Le philosophe anti-impérialiste Noam Chomsky souligne, dans El Periodico, que la Coalition ne peut admettre la démocratie en Irak car la volonté du peuple irakien est incompatible avec les objectifs de guerre : contrôle du pétrole et monopole politique. Au passage, il rappelle que l’actuelle doctrine interventionniste n’est pas une innovation de George W. Bush, mais avait été énoncée et mise en pratique par Bill Clinton en Yougoslavie.

La Gazeta a interrogé cinq politologues à propos du retour de l’oligarque Boris Berezovski en Ukraine et son possible usage de cette base arrière pour reconquérir la Russie.
À Kiev, Vadim Karassev ne pense pas que Berezovski puisse constituer autour de lui un vrai parti libéral avec des figures nombreuses et compétentes. Vladimir Malenkovitch est encore plus dur : il stigmatise une fausse révolution qui a permis aux libéraux de s’emparer du pouvoir et d’y placer une délinquante financière.
À Moscou, Andreï Piontkovski assure, désabusé, que Berezovski est si détesté par le peuple russe qu’il discréditera tous ceux qui s’allieront avec lui. Gleb Palovski ajoute que l’oligarque est un homme du passé qui ne peut espérer un retour sur la scène russe. Enfin Marc Urnov observe que la seule opposition qui puisse l’emporter face à Poutine serait celle de la réussite économique, si l’Ukraine s’en sort visiblement mieux que la Russie. Reste donc à chacun de faire ses preuves.

Enfin, la revue Trud a interrogé deux figures russes sur la théorie du complot visant à renverser le président Poutine et à démanteler la Russie.
Pour Alexandre Douguine, président du mouvement Eurasie, le complot est organisé de l’extérieur par Londres et Washington et relayé de l’intérieur par les oligarques. Khodorkovski était son fer de lance, tandis que les nouvelles générations de cadres nationalistes seront ses adversaires.
À l’inverse pour le journaliste de télévision Alexeï Pouchkov, il n’y a pas de complot parce que les évènements ne sont pas organisés à l’avance. Mais il y a une habile exploitation politique des situations. Précisément en supprimant les avantages sociaux en nature de certaines catégories sociales défavorisées, le président Poutine commet une erreur sous la pression des libéraux et s’expose à une exploitation politique de cette situation contre lui.