Moi qui suis un optimiste par nature, je suis désolé de devoir refroidir les ardeurs de ceux qui sont devenus euphoriques depuis l’arrivée de Mahmoud Abbas au pouvoir. Pourtant, malgré les remarquables développements de ces dernières semaines, il y a des raisons de s’inquiéter. Les fanatiques palestiniens feront tout pour torpiller l’accord avec Israël et les fanatiques de notre côté ne vont reculer devant rien pour faire échouer le retrait de Gaza. En outre, et c’est le problème majeur, il existe une grande différence entre ce que veulent Ariel Sharon et Mahmoud Abbas.
Côté israélien, on veut la fin des attaques terroristes, restaurer la sécurité et trouver un accord intérimaire, mais pas rechercher un accord définitif. Côté palestinien, si on accepte aujourd’hui les conditions israéliennes, c’est qu’on espère un accord final. Ces différences apparaîtront dès le retrait de la bande de Gaza : les Palestiniens demanderont une application de la « feuille de route », nous affirmerons qu’ils n’ont pas assez fait contre le terrorisme et nous repousserons les négociations. Cela frustrera les Palestiniens et il y aura un retour à la violence.
Bien sûr, ce n’est qu’une hypothèse. Toutefois, comme Abbas veut un retour aux frontières de 1967 et que Sharon juge cette demande inacceptable, il y aura forcément un affrontement sur ce point.

Source
Jerusalem Post (Israël)

« Getting beyond euphoria », par David Kimche, Jerusalem Post, 14 février 2005.